Catégorie : Prière des âmes

  • Que notre âme soit toujours une maison de prière !

    « Ma maison est une maison de prière ; vous en avez fait une caverne de voleurs » (Mt 21,13) : Ceci nous indique le respect infini que nous devons avoir pour toute église, chapelle ; avec quel recueillement, quel respect, il faut nous y tenir (…).

    La parole de Notre-Seigneur nous dit encore autre chose, elle s’applique à notre âme : notre âme, aussi, est une maison de prière ; la prière doit, sans interruption, s’élever d’elle vers le ciel, comme une fumée d’encens, et combien de fois, hélas ! les distractions, les pensées terrestres, les pensées qui ne sont pas pour la plus grande gloire de Dieu, les pensées mauvaises même, l’occupent, la remplissent de bruit, de trouble et de souillures, et en font une caverne de voleurs !… Efforçons-nous de toute notre puissance de faire que notre esprit soit toujours occupé de Dieu ou de ce qu’Il nous charge de faire pour Son service ; et même, qu’en faisant ce dont Il nous charge, nous jetions sans cesse un regard vers Lui, sans jamais détacher le cœur en aucune façon, et les yeux le moins possible, n’attachant nos yeux à nos occupations qu’autant que c’est nécessaire, et notre cœur pas du tout : que Dieu soit le Roi de nos pensées, le Seigneur de nos pensées, que Sa pensée ne nous quitte pas et que tout ce que nous disons, faisons, pensons, soit pour Lui, soit dirigé par Son amour. (…)

    Qu’ainsi notre âme soit toujours une maison de prière, jamais une caverne de voleurs. Que rien d’étranger n’y ait accès ; qu’aucune chose profane n’y entre, même en passant. Qu’elle s’occupe sans cesse de son Bien-Aimé… Quand on aime, on ne perd pas de vue ce qu’on aime…

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

     

     

     

  • Une prière pour tous les états

    Afin de vous tenir toujours dans la pensée de Dieu, vous devrez continuellement vous proposer cette formule de pitié : « Mon Dieu, venez à mon aide ; hâtez-vous, Seigneur, de me secourir ! » Ce n’est pas sans raison que ce court verset a été choisi particulièrement de tout le corps des Écritures. Il exprime tous les sentiments dont la nature humaine est susceptible ; il s’adapte heureusement à tous les états, et convient en toutes les sortes de tentations.

    On y trouve l’appel à Dieu contre tous les dangers, une humble et pieuse confession, la vigilance d’une âme toujours en éveil et pénétré d’une crainte continuelle, la considération de notre fragilité ; il dit aussi la confiance d’être exaucé et l’assurance du secours toujours et partout présent, car celui qui ne cesse d’invoquer son protecteur est bien certain de l’avoir près de soi. C’est la voix de l’amour et de la charité ardente ; c’est le cri de l’âme qui a l’œil ouvert sur les pièges à elle tendus, qui tremble en face de ses ennemis, et, se voyant assiégée par eux nuit et jour, confesse qu’elle ne saurait échapper, si son défenseur ne la secourt. Pour tous ceux que harcèlent les attaques des démons, ce verset est un rempart inexpugnable, une impénétrable cuirasse et le plus solide des boucliers. (…)

    Bref, à tous et en toutes circonstances il est utile, il est nécessaire. Car désirer d’être aidé toujours et pour toutes choses, c’est dire clairement que l’on a autant besoin du secours divin, lorsque tout nous favorise et nous sourit, que dans les épreuves et les tristesses : Dieu seul nous tire de l’adversité, lui seul aussi donne la durée à nos joies ; dans l’un et dans l’autre cas, la fragilité humaine ne saurait se soutenir sans son secours.

    Saint Jean Cassien (v. 360-435)

     

     

     

  • « Ils ont reconnu que tout vient de toi. » (Jn 17,7)

    Ô Dieu éternel, ô Lumière au-dessus de toute lumière et foyer de toute lumière ! Ô Feu au-dessus de tout autre feu, Feu qui seul brûle sans se consumer ! Feu qui consume dans l’âme tout péché et tout amour-propre, Feu qui ne consume pas l’âme, mais la nourrit d’un amour insatiable, puisqu’en la rassasiant, vous ne la rassasiez pas, elle vous désire toujours ; et plus elle vous désire plus elle vous possède, plus elle vous cherche et plus elle vous trouve, plus elle vous goûte, Ô Feu souverain, Feu éternel, abîme de Charité !

    Ô Bien suprême et éternel, qui vous a donc porté, vous le Dieu infini, à m’éclairer de la lumière de votre Vérité, moi votre petite créature ? Nul autre que vous-même, Ô Feu d’amour ! L’Amour, toujours, l’Amour seul, vous a poussé et vous pousse encore à créer à votre image et ressemblance vos créatures raisonnables, et à leur faire miséricorde, en les comblant de grâces infinies et de dons sans mesure.

    Ô Bonté au-dessus de toute bonté, vous seul êtes souverainement bon ! Et, cependant, vous nous avez donné le Verbe, votre Fils unique, pour qu’il vécût avec nous, en contact avec notre être de corruption et nos ténèbres ! De ce don quelle fut la cause ? L’amour car vous nous avez aimés avant que nous ne fussions. Ô Grandeur éternelle ! ô ! grandeur de Bonté. Vous vous êtes abaissée, vous vous êtes faite petite, pour faire l’homme grand. De quelque côté que je me tourne, je ne trouve qu’abîme et feu de votre Charité.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

     

  • La prière est la source de notre bonheur

    Non, mes frères, rien de plus consolant pour nous que les promesses que Jésus-Christ nous fait dans l’Évangile, en nous disant que tout ce que nous demanderons à son Père en son nom, il nous l’accordera (cf. Jn 16, 23). Non content de cela, mes frères, non seulement il nous permet de lui demander ce que nous désirons ; mais il va jusqu’à nous le commander, il nous en prie. Il disait à ses Apôtres : « Voilà bien trois ans que je suis avec vous et vous ne me demandez rien. Demandez-moi donc, afin que votre joie soit pleine et parfaite. » (cf. Jn 16, 24) Ce qui nous montre que la prière est la source de tous les biens et de tout le bonheur que nous pouvons espérer sur la terre.

    D’après cela, mes frères, si nous sommes si pauvres, si dénués de lumières et des biens de la grâce ; c’est que nous ne prions pas ou que nous prions mal. (…) Ne soyons pas étonnés de ce que le démon fait tout ce qu’il peut pour nous faire manquer nos prières, et nous les faire faire mal ; c’est qu’il comprend bien mieux que nous combien la prière est redoutable à l’enfer, et qu’il est impossible que le bon Dieu puisse nous refuser ce que nous lui demandons par la prière. Oh ! que de pécheurs sortiraient du péché, s’ils avaient le bonheur d’avoir recours à la prière ! (…) Une prière bien faite est une huile embaumée qui se répand dans toute notre âme, qui semble déjà lui faire sentir le bonheur dont jouissent les bienheureux dans le ciel.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

     

     

     

  • « Que votre cœur ne soit pas bouleversé. » (Jn 14,1)

    Je suis assuré que je serai éternellement heureux, parce que j’espère fermement de l’être et que c’est de vous, ô mon Dieu, que je l’espère : « En toi, Seigneur, j’ai mis mon espoir ; je ne serai jamais confondu » (Ps 31,2 Vg).

    Je connais, hélas ! je ne le connais que trop, que je suis fragile et changeant ; je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les mieux affermies ; j’ai vu tomber les astres du ciel et les colonnes du firmament. Mais tout cela ne peut m’effrayer tandis que j’espérerai ; je me tiens à couvert de tous les malheurs et je suis assuré d’espérer toujours, parce que j’espère encore cette invariable espérance. Enfin, je suis sûre que je ne puis trop espérer en vous et que je ne puis avoir moins que ce que j’aurais espéré de vous. Ainsi j’espère que vous me tiendrez dans les penchants les plus impétueux, que vous me soutiendrez contre les plus furieux assauts et que vous ferez triompher ma faiblesse de mes plus redoutables ennemis.

    J’espère que vous m’aimerez toujours et que je vous aimerai ainsi sans relâche ; et, pour porter tout d’un coup mon espérance aussi loin qu’elle peut aller, je vous espère vous-même de vous-même, ô mon Créateur, et pour le temps, et pour l’éternité ! Amen

    Saint Claude la Colombière (1641-1682)

     

     

     

  • Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, docteur de l’Eglise, copatronne de l’Europe

    Ô Père, je vous remercie de ce que vous n’avez pas méprisé votre créature. Vous n’avez pas détourné de moi votre visage, et vous n’avez pas repoussé mes désirs. Vous, la Lumière, vous n’avez pas considéré mes ténèbres ; vous, la Vie, vous ne vous êtes pas éloigné de moi, qui suis la mort ; vous, le Médecin suprême, vous avez regardé ma grande infirmité ; vous, l’éternelle Pureté, vous ne vous êtes pas détourné de mes souillures et de mes misères ; vous, l’Infini ; moi, le néant ; vous, la Sagesse ; moi, la folie. Malgré les fautes et les vices innombrables qui sont en moi, vous ne m’avez pas méprisée : oui, vous, la Sagesse, la Bonté, la Clémence ; vous, le Bien suprême et infini. Dans votre lumière j’ai trouvé la lumière ; dans votre sagesse, la vérité ; dans votre clémence, la charité et l’amour du prochain. Qui vous a déterminé ? Ce ne sont pas mes vertus, c’est votre seule charité. L’amour vous a porté à éclairer l’œil de mon intelligence par la lumière de la foi, pour me faire connaître et comprendre votre Vérité qui se manifestait à moi.

    Faites, Seigneur, que ma mémoire puisse retenir vos bienfaits ; que ma volonté s’embrase, du feu de votre charité ; que ce feu me fasse répandre tout mon sang, et qu’avec ce sang donné pour l’amour du Sang et avec la clef de l’obéissance, je puisse ouvrir la porte du ciel. Je vous demande du fond de mon cœur cette grâce pour toutes les créatures raisonnables, en général et en particulier, et pour le corps mystique de l’Église. Je confesse et je ne nie pas que vous m’avez aimée avant ma naissance, et que vous m’aimez jusqu’à la folie de l’amour.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

  • « Afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. »

    Mon Seigneur et mon Dieu,
    tu m’as guidée sur un long chemin obscur, pierreux et dur.

    Mes forces semblaient souvent vouloir m’abandonner,
    je n’espérais presque plus voir un jour la lumière.
    Mon cœur se pétrifiait dans une souffrance profonde
    quand la clarté d’une douce étoile se leva à mes yeux.

    Fidèle, elle me guida et je la suivis
    d’un pas d’abord timide, plus assuré ensuite.
    J’arrivai enfin devant la porte de l’Église.
    Elle s’ouvrit. Je demandai à entrer.

    Ta bénédiction m’accueille par la bouche de ton prêtre.
    À l’intérieur des étoiles se succèdent,
    des étoiles de fleurs rouges qui me montrent le chemin jusqu’à toi…
    Et ta bonté permet qu’elles m’éclairent dans mon chemin vers toi.

    Le mystère qu’il me fallait garder caché au profond de mon cœur,
    je peux désormais l’annoncer à haute voix :
    Je crois, je confesse ma foi !

    Le prêtre me conduit aux marches de l’autel,
    j’incline le front,
    l’eau sainte coule sur ma tête.

    Seigneur, est-il possible à quelqu’un de renaître
    une fois écoulée la moitié de sa vie ? (Jn 3,4)
    Tu l’as dit, et c’est pour moi devenu réalité.

    Le poids des fautes et des peines de ma longue vie m’a quittée.
    Debout, j’ai reçu le manteau blanc placé sur mes épaules,
    symbole lumineux de la pureté !

    J’ai porté à la main le cierge dont la flamme annonce
    qu’en moi brûle ta vie sainte.
    Mon cœur est désormais devenu la crèche qui attend ta présence.
    Pour peu de temps !

    Marie, ta mère, qui est aussi la mienne, m’a donné son nom.
    À minuit elle dépose en mon cœur son enfant nouveau-né.
    Oh ! nul cœur humain ne peut concevoir
    ce que tu prépares à ceux qui t’aiment (1Co 2,9).

    Tu es à moi désormais et jamais plus je ne te quitterai.
    Où que puisse aller la route de ma vie, tu es auprès de moi.
    Rien jamais ne pourra me séparer de ton amour (Rm 8,39).

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942)

     

     

     

  • Les entrailles de la miséricorde divine nous sont ouvertes !

    La miséricorde du Seigneur je chanterai,
    Pour les siècles devant tout le peuple,
    Car c’est le plus grand attribut de Dieu,
    Et pour nous un incessant miracle.

    Tu jaillis de la Trinité divine
    Mais d’un seul sein plein d’amour ;
    La miséricorde du Seigneur se montrera dans l’âme
    Dans la plénitude, quand le voile tombera.

    De la source de Ta miséricorde, ô Seigneur,
    Découle tout bonheur et toute vie ;
    Ainsi donc, toutes les créatures et toutes les œuvres
    Chantez dans le ravissement un chant de miséricorde.

    Les entrailles de la miséricorde divine nous sont ouvertes,
    Par la vie de Jésus, cloué sur la croix ;
    Tu ne dois pas douter, ni désespérer, pécheur,
    Mais avoir confiance en la miséricorde, car toi aussi tu peux devenir saint.

    Deux sources en forme de rayons ont jailli
    Du Cœur de Jésus,
    Non pour les anges, ni pour les chérubins, ni pour les Séraphins,
    Mais pour le salut de l’homme pécheur.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

  • Solennité de l’Annonciation du Seigneur

    Salut, Enfant Généreuse, Glorieuse, Immaculée !
    Pupille de chasteté, substance de sainteté, ô Plaisir de Dieu !
    En toi s’est répandue l’effusion céleste
    Par laquelle le Verbe souverain, en toi, a revêtu la chair.

    Lys étincelant que Dieu admirait avant toute créature,
    Toi la plus belle et la plus douce, toi, en qui Dieu trouva sa complaisance
    Lorsqu’il déposa en toi toute l’ardeur de sa chaleur
    Pour que, de toi, Son Fils goûte le lait maternel.
    Ton sein fut alors rempli d’allégresse,
    Toute la symphonie céleste a résonné en toi.
    Car, Vierge, tu portais le Fils de Dieu et ta pureté a été magnifiée en Dieu.
    Tes entrailles se sont réjouies
    Comme une herbe inondée de rosée recevant d’elle sa verdeur.

    Ainsi advint-il en ton sein, Mère de toute joie !
    Que l’Église, désormais, resplendisse de joie, qu’elle retentisse en harmonie
    Chantant la Vierge toute douce, Marie l’admirable, la Mère de Dieu ! Amen.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

     

     

     

  • Les armes du chrétien contre le démon

    Un chrétien qui fait un saint usage de la prière et des sacrements, est aussi redoutable au démon qu’un dragon monté sur un coursier, les yeux étincelants, armé de sa cuirasse, de son sabre et de ses pistolets, en présence de son ennemi sans armes : sa seule présence le renverse de front et le met en fuite. Mais, qu’il descende de son cheval et qu’il quitte ses armes : de suite son ennemi lui tombe dessus, le foule sous ses pieds et s’en rend maître ; tandis que, muni de ses armes, sa seule présence semblait anéantir cet ennemi. Image sensible d’un chrétien qui est muni des armes de la prière et des sacrements. Non, non, un chrétien qui prie, et qui fréquente les sacrements avec les dispositions nécessaires, est plus redoutable au démon que ce dragon dont je viens de vous parler. (…)

    Pourquoi ? C’est que les sacrements nous donnent tant de force pour persévérer dans la grâce de Dieu, que jamais l’on n’a vu un saint s’éloigner des sacrements et persévérer dans l’amitié de Dieu ; et que dans les sacrements, ils ont trouvé toutes les forces pour ne pas se laisser vaincre par le démon : en voici la raison. Quand nous prions, Dieu nous donne des amis, il nous envoie tantôt un saint ou un ange pour nous consoler (…), il nous fait sentir avec plus d’abondance ses grâces pour nous fortifier et nous encourager. Mais dans les sacrements, c’est non un saint ou un ange, c’est lui-même qui vient avec ses foudres pour anéantir notre ennemi. Le démon, le voyant dans notre cœur, se précipite comme un désespéré dans les abîmes ; voilà précisément pourquoi le démon fait tout ce qu’il peut pour nous en éloigner et nous les faire profaner. Oui, mes frères, dès qu’une personne fréquente les sacrements, le démon perd toute sa puissance.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)