Catégorie : Prière des âmes

  • Suivez mes exemples en veillant dans le recueillement !

    [Notre-Seigneur :] « C’est ainsi que J’ai passé devant vos yeux les trois ans de Ma vie publique, passant les jours tout entiers à instruire et à guérir, à faire le bien, aux âmes d’abord, aux corps ensuite. Et, le soir, que faisais-Je ? Le soir, Je me retirais loin de cette foule à laquelle Je m’étais si pleinement consacré le jour, et, cherchant la solitude, Je m’enfermais avec vous dans une maison hospitalière, ou bien J’allais dans la montagne, sur quelque sommet désert, et Je passais la nuit en prière…, de toute manière, Je passais la nuit dans le recueillement, le silence, à l’écart des foules, dans la veille et la prière… C’est l’exemple que Je vous laisse.

    C’est pour vous que J’ai agi ainsi : Moi qui suis assez fort, assez maître de Moi pour être partout comme seul avec Mon Père, puisque je Le vois sans cesse, Je suis toujours avec Lui, Je n’ai besoin ni de solitude pour Me recueillir, ni de silence pour Le prier, ni de prières particulières pour M’unir à Lui. Au milieu des foules, en parlant, Je suis aussi uni à Lui que dans plus profonde solitude. Je n’ai pas besoin de méditer pour Le connaitre ; car Je Le connais ; Je n’ai pas besoin de Me fortifier par Sa contemplation, car Je suis divinement fort… Je n’ai besoin ni de solitude, ni de veille, ni de silence, ni de prière, car, au-dedans de Moi, la prière est continuelle et parfaite… C’est pour vous donner l’exemple que J’ai passé tant de nuits dans une veille solitaire, à prier Mon Père, sous le ciel étoilé ou dans le secret d’une chambre close…

    Puisque Je fais tout pour vous tous, aimez-Moi donc et aimez-vous les uns les autres… Et suivez Mes exemples (…) en veillant dans le recueillement et le silence, en priant, en contemplant, en vous abîmant en Dieu… »

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

     

     

     

     

  • Donne-moi la force de te chercher !

    Seigneur, notre Dieu, nous croyons en toi,
    Père, Fils et Saint-Esprit. (…)
    Autant que je l’ai pu,
    autant que tu m’en as donné le pouvoir,
    je t’ai cherché,
    j’ai désiré voir ce que j’ai cru,
    j’ai beaucoup débattu et travaillé.
    Seigneur, mon Dieu, mon unique espoir,
    permets que je ne me lasse jamais de te chercher,
    mais fais que je cherche toujours ardemment ta Face.
    Donne-moi la force de te chercher,
    toi qui m’a fait te trouver,
    toi qui m’a donné de plus en plus
    l’espoir de te trouver.
    Devant toi est ma fermeté et mon infirmité,
    garde celle-là, guéris celle-ci ;
    devant toi est ma force et mon ignorance.
    Là où tu m’as ouvert, accueille mon entrée ;
    là où tu m’as fermé, ouvre à mon appel ;
    accorde-moi de me souvenir de toi,
    de te comprendre,
    de t’aimer.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

  • Que je te suive avec amour et sagesse

    Reçois-moi, Père saint, dans ta très clémente paternité, afin que dans le stade de ce saint propos où, par ton amour, j’ai commencé à courir, je te reçoive toi-même comme récompense et éternel héritage (1 Co 9,24). Reçois-moi, Jésus très aimant, dans ta très douce fraternité : toi, porte avec moi tout le poids du jour et de la chaleur (Mt 20,12) et sois ma consolation dans tout mon labeur, compagnon de mon voyage, guide et associé. Reçois-moi, Esprit Saint, Dieu-amour, dans ta très aimante miséricorde et charité : sois le maître et le précepteur de toute ma vie et le plus tendre ami de mon cœur. (…)

    Renverse le mur de mon existence passée, ce mur qui m’isolait de toi (Is 5,5). Attire-moi à toi avec tant de violence que, ravie par la douceur de ton inextinguible tendresse, je te suive avec amour et sagesse. Ô miséricordieux Jésus, vouloir est à ma portée mais parfaire je n’en trouve pas le moyen : tire-moi donc de la fragilité de la condition humaine par l’aide de ta grâce (Rm 7,18), et tourne mon âme vers toi par la loi immaculée de ton amour. Alors je courrai sans me lasser dans la voie de tes commandements (Ps 118,32) ; je m’attacherai à toi d’une manière inséparable, et tu seras avec moi, ô mon Seigneur, m’aidant sans cesse et me fortifiant dans l’œuvre que j’ai entreprise par amour de ton amour.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

     

     

     

  • Viens chercher ta brebis perdue

    Seigneur Jésus Christ, pour nous enseigner le sommet des vertus, tu as gravi la montagne avec tes disciples, tu leur as enseigné les Béatitudes et les vertus sublimes, leur promettant des récompenses propres à chacune. Accorde à ma fragilité d’entendre ta voix, de m’appliquer par leur pratique à acquérir le mérite des vertus, afin que par ta miséricorde j’obtienne la récompense promise. Fais qu’en considérant le salaire, je ne refuse pas la peine du travail. Fais que l’espérance du salut éternel adoucisse pour moi l’amertume du remède, en enflammant mon âme par la splendeur de ton œuvre. Du misérable que je suis, Seigneur, fais un bienheureux ; de la béatitude d’ici-bas, par ta grâce, conduis-moi à la béatitude de la patrie.

    Viens, Seigneur Jésus, à la recherche de ton serviteur, à la recherche de ta brebis errante et harassée. Viens, Époux de l’Église, à la recherche de la pièce d’argent perdue. Viens, Père de miséricorde, recevoir le fils prodigue qui revient à toi. Viens donc, Seigneur, car tu es le seul à pouvoir rappeler la brebis qui s’égare, à retrouver la pièce d’argent perdue, à réconcilier le fils fugitif. Viens, afin qu’il y ait salut sur la terre et joie au ciel ! Convertis-moi à toi et donne-moi d’accomplir une vraie et parfaite pénitence, pour que je sois occasion de joie pour les anges. Très doux Jésus, je t’en prie, par l’immensité de ton amour pour moi pécheur, que je t’aime toi seul, par dessus tout, que je ne sois consolé que par toi, mon Dieu très doux !

    Ludolphe de Saxe

     

     

     

  • « Toujours prier sans se décourager »

    Aime prier. Ressens souvent le besoin de prier tout au long de la journée. La prière dilate le cœur jusqu’à ce que celui-ci puisse recevoir le don de Dieu qui est lui-même. Demande, cherche, et ton cœur grandira au point de le recevoir, de le garder comme ton bien.

    Nous désirons tellement bien prier, et puis nous échouons. Alors nous nous décourageons et renonçons. Si tu veux prier mieux, tu dois prier plus. Dieu accepte l’échec, mais il ne veut pas du découragement. Toujours plus, il nous veut tels des enfants, toujours plus humbles, toujours plus remplis de gratitude dans l’oraison. Il veut que nous nous souvenions de notre appartenance à tous au corps mystique du Christ, qui est prière perpétuelle.

    Nous devons nous aider l’un l’autre dans nos prières. Libérons nos esprits. Ne prions pas longuement, que nos prières ne s’étirent pas sans fin, mais qu’elles soient brèves, pleines d’amour. Prions pour ceux qui ne prient pas. Souvenons-nous que celui qui veut pouvoir aimer, doit pouvoir prier.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

     

     

     

     

  • « Un jour, quelque part, Jésus était en prière. »

    « Jésus priait à l’écart » (Lc 9,18). La prière trouve sa source dans le silence et la paix intérieure ; c’est là que se manifeste la gloire de Dieu (cf Lc 9,29). Car, lorsque nous fermerons les yeux et les oreilles, que nous nous trouverons au-dedans en présence de Dieu, lorsque libérés de l’agitation du monde extérieur nous serons à l’intérieur de nous-mêmes, alors nous verrons clairement en nos âmes le Royaume de Dieu. Car le Royaume des cieux ou, si l’on préfère, le Royaume de Dieu, est en nous-mêmes : c’est Jésus notre Seigneur qui nous l’a dit (Lc 17,21).

    Pourtant, les croyants et le Seigneur prient d’une façon différente. Les serviteurs, en effet, s’approchent du Seigneur dans leur prière avec une crainte mêlée de désir, et la prière devient pour eux voyage vers Dieu et vers l’union avec lui, les nourrissant de sa propre substance et les fortifiant. Mais pour le Christ dont l’âme sainte est unie au Verbe de Dieu, comment va-t-il prier ? Comment le Maître va-t-il se présenter dans une attitude de demande ? S’il le fait, n’est-ce pas qu’après avoir revêtu notre nature, il veut nous instruire et nous montrer le chemin qui, par la prière, nous fait monter vers Dieu ? Ne veut-il pas nous apprendre que l’oraison abrite en son sein la gloire de Dieu ?

    Saint Jean de Damas (v. 675-749)

     

     

     

  • « Marie a choisi la meilleure part. »

    Une âme embrasée d’amour ne peut rester inactive ; sans doute comme Sainte Madeleine elle se tient aux pieds de Jésus, elle écoute sa parole douce et enflammée. Paraissant ne rien donner, elle donne bien plus que Marthe qui se tourmente de beaucoup de choses et voudrait que sa sœur l’imite. Ce ne sont point les travaux de Marthe que Jésus blâme ; ces travaux, sa divine Mère s’y est humblement soumise toute sa vie puisqu’il lui fallait préparer les repas de la Sainte Famille. C’est l’inquiétude seule de son ardente hôtesse qu’il voulait corriger.

    Tous les saints l’ont compris et plus particulièrement peut-être ceux qui remplirent l’univers de l’illumination de la doctrine évangélique. N’est-ce point dans l’oraison que les Sts Paul, Augustin, Jean de la Croix, Thomas d’Aquin, François, Dominique et tant d’autres illustres amis de Dieu ont puisé cette science divine qui ravit les plus grands génies ? Un savant a dit : « Donnez-moi un levier, un point d’appui, et je soulèverai le monde. » Ce qu’Archimède n’a pu obtenir, parce que sa demande ne s’adressait point à Dieu et qu’elle n’était faite qu’au point de vue matériel, les saints l’ont obtenu dans toute sa plénitude. Le Tout-Puissant leur a donné pour points d’appui : Lui-même et Lui seul ; pour levier : l’oraison, qui embrase d’un feu d’amour, et c’est ainsi qu’ils ont soulevé le monde. C’est ainsi que les saints encore militants le soulèvent et que, jusqu’à la fin du monde, les saints à venir le soulèveront aussi.

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

     

     

  • « Pour vous, qui suis-je ? »

    Qui est Jésus pour moi ?
    Jésus est le Verbe fait chair (Jn 1,14).
    Jésus est le Pain de Vie (Jn 6,35).
    Jésus est la victime offerte pour nos péchés sur la croix (1Jn 4,19).
    Jésus est le sacrifice offert à la Sainte Messe pour les péchés du monde et pour les miens (Jn 1,29).

    Jésus est la parole – à exprimer
    Jésus est la vérité – à dire
    Jésus est le chemin – à emprunter (Jn 14,6)
    Jésus est la Lumière – à allumer (Jn 8,12)
    Jésus est l’amour – à aimer
    Jésus est la joie – à partager
    Jésus est le sacrifice – à offrir
    Jésus est la paix – à donner
    Jésus est le Pain de Vie – à manger
    Jésus est l’affamé – à nourrir (Mt 25,35)
    Jésus est l’assoiffé – à désaltérer
    Jésus est le nu – à vêtir
    Jésus est le sans-logis – à abriter
    Jésus est le malade – à soigner
    Jésus est le solitaire – à aimer
    Jésus est l’exclu – à accueillir
    Jésus est le lépreux – à qui laver les blessures
    Jésus est le mendiant – à qui offrir un sourire
    Jésus est l’ivrogne – à écouter
    Jésus est le malade mental – à protéger
    Jésus est le tout-petit – à cajoler
    Jésus est l’aveugle – à guider
    Jésus est le muet – à qui l’on prête sa voix
    Jésus est l’infirme – avec qui marcher
    Jésus est le drogué – à qui offrir son amitié
    Jésus est la prostituée – à éloigner du danger et à protéger avec affection
    Jésus est le prisonnier – à visiter
    Jésus est le vieillard – à servir

    Pour moi
    Jésus est mon Dieu
    Jésus est mon époux
    Jésus est ma vie
    Jésus est mon unique amour
    Jésus est mon tout, chaque personne et chaque chose.
    Jésus, je t’aime avec tout mon cœur, avec tout mon être.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

     

     

  • « Heureux, vous les pauvres… »

    Les défavorisés apprennent de l’Église que, selon le jugement de Dieu lui-même, la pauvreté n’est pas un opprobre et qu’il ne faut pas rougir de devoir gagner son pain par le travail. C’est ce que Jésus Christ notre Seigneur a confirmé par son exemple, lui qui « de riche qu’il était, s’est fait pauvre » (2Co 8,9) pour le salut des hommes. Fils de Dieu et Dieu lui-même, il a voulu passer aux yeux du monde pour le fils d’un ouvrier ; il est allé jusqu’à passer une grande partie de sa vie à travailler pour gagner sa vie : « N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? » (Mc 6,3)

    Quiconque tiendra sous son regard ce modèle divin comprendra facilement ce que nous allons dire : la vraie dignité de l’homme et son excellence résident dans ses mœurs, c’est-à-dire dans sa vertu ; la vertu est le patrimoine commun des mortels, à la portée de tous, des petits et des grands, des pauvres et des riches ; seuls la vertu et les mérites, partout où on les rencontre, obtiendront la récompense de l’éternelle béatitude. Bien plus, c’est vers les défavorisés que le cœur de Dieu semble s’incliner davantage. Jésus Christ appelle les pauvres des bienheureux ; il invite avec amour tous ceux qui souffrent et qui pleurent à venir à lui, afin de les consoler (Mt 11,28) ; il embrasse avec une charité plus tendre les petits et les opprimés.

    Ces doctrines sont bien faites certainement pour humilier l’âme hautaine du riche et le rendre plus compatissant, pour relever le courage de ceux qui souffrent et leur inspirer de la confiance. Elles pourraient diminuer cette distance que l’orgueil se plaît à maintenir ; on obtiendrait sans peine que des deux côtés on se donne la main et que les volontés s’unissent dans une même amitié.

    Léon XIII

     

     

     

  • « Il passa la nuit à prier Dieu. »

    Tout homme qui demande au Seigneur « une seule chose » et qui « la cherche » (Ps 26,4), la demande avec certitude et sécurité (…). Cette chose unique, c’est la seule et véritable vie bienheureuse qui consiste à contempler l’amabilité de Dieu pour toujours, quand nous serons devenus immortels de corps et d’esprit. C’est pour elle seule que nous recherchons tout le reste et que nous le demandons comme il convient. L’homme qui la possédera possédera tout ce qu’il veut, et alors il ne pourra ni vouloir ni posséder quelque chose qui ne conviendrait pas.

    Là, en effet, se trouve la source de vie, dont il faut avoir soif maintenant dans la prière, aussi longtemps que nous vivons dans l’espérance et que nous ne voyons pas encore ce que nous espérons (Rm 8,25). Nous sommes cachés « à l’ombre de ses ailes ; devant lui est tout notre désir » (Ps 35,8; 37,10) ; nous voulons « nous enivrer des richesses de sa maison, nous abreuver au torrent de ses délices », parce qu’« en lui est la source de vie » et que « dans sa lumière nous verrons la lumière » (Ps 35,8s). Alors notre désir sera rassasié de bonheur et nous n’aurons plus rien à chercher en gémissant, puisque nous le posséderons dans la joie.

    Cependant, comme il s’agit d’une « paix qui surpasse toute intelligence » (Ph 4,7), même lorsque nous la réclamons dans la prière, « nous ne savons pas ce que nous devons demander pour prier comme il faut » (Rm 8,26). Une chose que nous ne pouvons pas concevoir telle qu’elle est, il est évident que nous ne la savons pas. (…) L’apôtre Paul écrit : « Nous qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance ». Et il ajoute : « L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas ce que nous devons demander pour prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des gémissements inexprimables » (Rm 8,25s).

    Saint Augustin (354-430)