Étiquette : Ste Thérèse Bénédicte de la Croix

  • « Seigneur, que je voie ! »

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    Souvent mes forces semblaient vouloir m’abandonner.
    Plus souvent encore, je désespérais de voir la lumière.
    Mais alors que mon cœur était saisi de douleur,
    une étoile brillante se leva en moi.
    Elle me conduisit, je la suivis,
    d’abord d’un pas hésitant, puis avec assurance…

    Ce que je devais dissimuler au plus profond de mon cœur,
    à présent je peux le proclamer haut et fort :
    « Je crois, je confesse ma foi »…
    Seigneur, est-il possible que renaisse
    celui qui a déjà vécu la moitié de sa vie ? (Jn 3,4)
    Tu l’as dit, et pour moi cela s’est vérifié.
    Le fardeau d’une longue vie de fautes et de souffrances
    est tombé de mes épaules…

    Ah ! aucun cœur humain ne peut comprendre
    ce que tu réserves à ceux qui t’aiment (cf 1Co 2,9).
    Maintenant que je t’ai saisi, je ne te lâcherai pas (Ct 3,4).
    Quel que soit le chemin qu’emprunte ma vie,
    tu es avec moi (cf Ps 22).
    Rien ne pourra me séparer de ton amour (cf Rm 8,39).

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Poésie « Heilige Nacht »

     

     

     

     

  • « Heureux est l’homme… qui se plaît dans la loi du Seigneur et médite sa loi jour et nuit. » (Ps 1,1-2)

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    Que signifie « la Loi du Seigneur » ? Le psaume 118…est tout empli du désir de connaître la Loi du Seigneur et de se laisser guider par elle tout au long de la vie. Il se peut bien que le psalmiste ait songé là à la Loi de l’Ancienne Alliance. Sa connaissance exigeait effectivement une étude à longueur de vie et son accomplissement un effort de volonté qui dure aussi toute la vie. Mais le Seigneur nous a libérés du joug de cette Loi. Nous pouvons considérer comme la Loi de la Nouvelle Alliance le grand précepte de l’amour qui renferme, ainsi qu’il l’a dit, toute la Loi et les prophètes ; le parfait amour de Dieu et du prochain serait certes un objet digne d’être médité une vie entière.

    Mais mieux encore, nous entendons par la Loi de la Nouvelle Alliance le Seigneur Jésus lui-même, puisque sa vie constitue pour nous le modèle de la vie que nous devons vivre. Nous accomplissons donc notre règle si nous gardons sans cesse devant nos yeux l’image du Seigneur Jésus pour lui être configurés. L’Évangile est le livre que nous n’aurons jamais fini d’étudier. Mais nous ne trouvons pas le Sauveur dans les seuls récits des témoins de sa vie. Il nous est présent dans le très Saint Sacrement, et les heures d’adoration devant le Bien suprême, l’écoute attentive de la voix du Dieu de l’eucharistie sont à la fois « méditation de la Loi du Seigneur » et « veille dans la prière ». Cependant le plus haut degré est atteint lorsque « la Loi habite au milieu de notre cœur » (Ps 39,11).

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    L’Histoire et l’esprit du Carmel (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 221)

     

     

     

     

  • Fête de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein), vierge et martyre, copatronne de l’Europe

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    Chers frères et sœurs, parce qu’elle était juive, Edith Stein fut déportée avec sa sœur Rosa et de nombreux autres juifs des Pays-Bas dans le camp de concentration d’Auschwitz, où elle trouva la mort avec eux dans les chambres à gaz. Nous évoquons aujourd’hui la mémoire de chacun d’eux, avec un profond respect. Quelques jours avant sa déportation, à la possibilité qui lui était offerte de sauver sa vie, elle avait répondu : « Ne le faites pas ! Pourquoi devrait-on faire pour moi une exception ? Il est tout à fait juste de ne pas tirer avantage de mon baptême. Si je ne peux pas partager le sort de mes frères et sœurs, dans un certain sens ma vie est détruite ».

    Quand nous célébrerons désormais chaque année la mémoire de la nouvelle sainte, nous devrons nous souvenir de la Shoah, ce programme barbare d’anéantissement d’un peuple qui coûta la vie à des millions de frères et de sœurs juifs. « Que le Seigneur fasse pour eux rayonner son visage et leur apporte la paix » (Nb 6,25-26). Pour l’amour de Dieu et des hommes, j’élève une fois encore une imploration chargée d’inquiétude : que jamais plus ne se répète une telle action criminelle contre aucun groupe ethnique, aucun peuple, aucune race, en aucun lieu de la terre ! C’est un cri que j’adresse à tous les hommes et femmes de bonne volonté ; à tous ceux qui croient en un Dieu éternel et juste ; à tous ceux qui se sentent unis au Christ, Verbe de Dieu incarné. Nous devons tous être solidaires : c’est la dignité humaine qui est en jeu. Il n’existe qu’une seule famille humaine.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Homélie pour la canonisation de Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein), 11/10/98 (trad. DC 2192, p.954)

     

     

  • Sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l’Europe

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    La foi chrétienne a façonné la culture du continent européen et a été mêlée de façon inextricable à son histoire, au point que celle-ci serait incompréhensible sans référence aux événements qui ont caractérisé d’abord la grande période de l’évangélisation, puis les longs siècles au cours desquels le christianisme, malgré la douloureuse division entre l’Orient et l’Occident, s’est affirmé comme la religion des Européens eux-mêmes…

    La route vers l’avenir ne peut pas ne pas tenir compte de ce fait ; les chrétiens sont appelés à en prendre une conscience renouvelée afin d’en montrer les potentialités permanentes. Ils ont le devoir d’apporter à la construction de l’Europe une contribution spécifique, qui aura d’autant plus de valeur et d’efficacité qu’ils sauront se renouveler à la lumière de l’Évangile. Ils se feront alors les continuateurs de cette longue histoire de sainteté qui a traversé les diverses régions de l’Europe au cours de ces deux millénaires, où les saints officiellement reconnus ne sont que les sommets proposés comme modèles pour tous. Il y a en effet d’innombrables chrétiens qui, par leur vie droite et honnête, animée par l’amour de Dieu et du prochain, ont atteint, dans les vocations consacrées et laïques les plus diverses, une sainteté véritable et largement diffusée, même si elle était cachée. L’Église ne doute pas que ce trésor de sainteté soit précisément le secret de son passé et l’espérance de son avenir…

    C’est pourquoi, complétant ce que j’ai fait quand j’ai déclaré co-patrons de l’Europe, aux côtés de saint Benoît, deux saints du premier millénaire, les frères Cyrille et Méthode, pionniers de l’évangélisation de l’Orient, j’ai pensé compléter le cortège des patrons célestes par trois figures également emblématiques de moments cruciaux du deuxième millénaire qui touche à sa fin : sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix. Trois grandes saintes, trois femmes qui, à des époques différentes –- deux au cœur du Moyen Âge et une en notre siècle –- se sont signalées par l’amour actif de l’Église du Christ et le témoignage rendu à sa croix.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Motu proprio « Spes aedificandi » 01/10/1999 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. »

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    En ce qui concerne l’Eglise, la conception la plus accessible à l’esprit humain est celle d’une communauté de croyants. Quiconque croit en Jésus Christ et en son Évangile et espère en l’accomplissement de ses promesses, quiconque lui est attaché par un sentiment d’amour et obéit à ses commandements, doit être uni à tous ceux qui partagent le même esprit par une profonde communion spirituelle et un attachement d’amour. Ceux qui ont suivi le Seigneur pendant son séjour sur terre étaient les jeunes premières pousses de la communauté chrétienne ; ce sont eux qui l’ont répandue et qui ont transmis en héritage dans la suite des temps et jusqu’à nos jours les richesses de foi d’où ils tiraient leur cohésion.

    Mais même une communauté humaine naturelle peut être déjà bien plus qu’une simple association d’individus distincts, elle peut être une entente étroite allant jusqu’à l’unité organique ; ceci est encore plus vrai de la communauté surnaturelle de l’Église. L’union de l’âme avec le Christ est autre chose que la communion entre deux personnes terrestres ; cette union, commencée par le baptême et constamment renforcée par les autres sacrements, est une intégration et une poussée de sève — comme nous le dit le symbole de la vigne et du cep. Cet acte d’union avec le Christ entraîne un rapprochement de membre à membre entre tous les chrétiens. Ainsi l’Église prend la figure du corps mystique du Christ. Ce corps est un corps vivant et l’esprit qui l’anime est l’Esprit du Christ qui, partant de la tête, s’écoule vers tous les membres (Ep 5,23.30) ; l’esprit qui émane du Christ est le Saint Esprit et l’Église est donc le temple du Saint Esprit (Ep 2,21-22).

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    La Femme et sa destinée, recueil de six conférences (trad. Amiot, Paris 1956, p. 124 ; cf Orval)

     

     

     

     

  • « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. »

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    Le chemin qui conduit à la vie intérieure et aux chœurs des esprits bienheureux chantant l’éternel Sanctus, c’est le Christ. Son sang est le rideau du Temple à travers lequel nous pénétrons dans le Saint des Saints de la vie divine (Hé 9,11s ;10,20). Il nous purifie du péché dans le baptême et le sacrement de pénitence, il ouvre nos yeux à la lumière éternelle, il ouvre nos oreilles pour percevoir la Parole divine, il ouvre nos lèvres pour entonner le chant de louange, pour prier la prière de réconciliation, de demande, d’action de grâce, et toutes ces prières ne sont que des formes différentes de la seule adoration…

    Mais c’est par-dessus tout le sacrement où le Christ est présent en personne qui fait de nous les membres de son corps. En participant au sacrifice et au repas sacré, en étant nourris de la chair et du sang de Jésus, nous devenons nous-mêmes sa chair et son sang. Et c’est seulement lorsque nous sommes membres de son corps, et dans la mesure où nous le sommes en vérité, que son Esprit peut nous vivifier et régner en nous… Nous devenons membres du corps du Christ « non seulement par l’amour…, mais aussi très réellement en étant un avec sa chair : cela est réalisé par la nourriture qu’il nous a offerte pour nous prouver le désir qu’il a de nous. C’est pourquoi il s’est lui-même abaissé jusqu’à venir en nous et qu’il a façonné en nous son propre corps, afin que nous soyons un, comme le corps est uni à la tête » (St Jean Chrysostome). En tant que membres de son corps, animés par son Esprit, nous nous offrons nous-mêmes en sacrifice « par lui, avec lui et en lui » et nous unissons nos voix à l’éternelle action de grâce.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    La Prière de l’Eglise (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 73)

     

     

     

  • « Il marchait avec eux. »

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    Le même Sauveur, que la Parole de l’Écriture nous met sous les yeux dans son humanité en nous le montrant sur tous les chemins qu’il a parcourus sur la terre, habite parmi nous caché sous l’apparence du pain eucharistique, il vient à nous tous les jours comme Pain de Vie. Dans ces deux aspects, il se fait proche de nous et sous ces deux aspects il désire que nous le cherchions et que nous le trouvions. L’un appelle l’autre. Lorsque nous voyons avec les yeux de la foi le Sauveur devant nous, comme l’Ecriture nous le dépeint, alors grandit notre désir de l’accueillir en nous dans le Pain de Vie. Le pain eucharistique à son tour avive notre désir de faire toujours plus profondément connaissance avec le Seigneur à partir de la Parole de l’Écriture, et donne des forces à notre esprit pour une meilleure compréhension.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Pour le 6 janvier 1941 (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 279)

     

     

     

     

  • « Me voici, je viens pour faire ta volonté. » (He 10,7)

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    Nous nous agenouillons une fois encore devant la crèche… Tout près du Sauveur nouveau-né, nous voyons saint Étienne. Qu’est-ce qui a valu cette place d’honneur à celui qui le premier a rendu au Crucifié le témoignage du sang ? Il a accompli dans son ardeur juvénile ce que le Seigneur a déclaré en entrant dans le monde : « Tu m’as donné un corps. Me voici, je viens pour faire ta volonté » (He 10,5-7). Il a pratiqué l’obéissance parfaite, qui plonge ses racines dans l’amour et s’extériorise dans l’amour. Il a marché sur les traces du Seigneur en ce qui, selon la nature, est peut-être pour le cœur humain le plus difficile, qui semble même impossible : comme le Sauveur lui-même, il a accompli le commandement de l’amour des ennemis. L’Enfant dans la crèche, qui est venu pour accomplir la volonté de son Père jusqu’à la mort sur la croix (Ph 2,8), voit en esprit devant lui tous ceux qui le suivront sur cette voie. Il aime ce jeune homme qu’il attendra un jour pour le placer le premier près du trône du Père, une palme à la main. Sa petite main nous le désigne comme modèle, comme s’il nous disait : « Voyez l’or que j’attends de vous. »

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Méditation pour le 6 janvier 1941 (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 271)

     

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  • Que Ta volonté soit faite …

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    « Que ta volonté soit faite. » Pris dans toute sa plénitude, cet acte d’abandon doit être la règle de la vie chrétienne. Il doit régir la journée, du matin au soir, le cours de l’année, la vie entière. Tel doit être l’unique souci du chrétien ; tous les autres sont pris en charge par le Seigneur, mais celui-là reste le nôtre jusqu’à notre dernier jour. C’est un fait objectif ; nous ne sommes pas définitivement assurés de toujours rester dans les voies du Seigneur…

    Dans l’enfance de la vie spirituelle, quand nous avons juste commencé à nous laisser conduire par Dieu, nous sentons, forte et ferme, sa main qui nous guide ; nous voyons de façon évidente ce que nous devons faire et ce que nous devons laisser. Mais il n’en ira pas toujours de même. Celui qui appartient au Christ doit vivre toute la vie du Christ. Il doit mûrir jusqu’à atteindre l’âge adulte du Christ, et un jour entamer son chemin de croix… Ainsi uni au Christ, le chrétien tiendra bon, même dans la nuit obscure… C’est pourquoi, encore, et précisément au cœur de la nuit la plus obscure, « que ta volonté soit faite ».

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Das Weihnachtsgeheimnis, 31/1/1931 (trad. La crèche, Ad Solem 1995, p.42)

     

     

     

     

  • Fête de la Croix Glorieuse

    Esaltazione_della_Santa_CroceLa vénération de la Sainte Croix, le 14 septembre, se rattache aux solennités de la dédicace de la basilique de la Résurrection, érigée sur le tombeau du Christ, en 335. Le Christ a offert sur la Croix son sacrifice pour l’expiation des péchés de la multitude ; la Croix est pour le peuple chrétien le signe de l’espérance du Royaume, que le peuple juif célèbre lors de la fête des Tentes. C’est dire de quelle lumière brille la Croix glorieuse de Jésus : objet de mépris, la Croix est devenue « notre fierté ». Si l’arbre planté au paradis originel a produit pour Adam un fruit de mort, l’arbre de la Croix a porté pour nous un fruit de vie, le Christ, « en qui nous avons le salut et la résurrection ».

    Sous le règne de l’empereur Héraclius Ier, les Perses s’emparèrent de Jérusalem et y enlevèrent la principale partie de la vraie Croix de Notre-Seigneur, que sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, y avait laissée. Héraclius résolut de reconquérir cet objet précieux, nouvelle Arche d’alliance du nouveau peuple de Dieu. Avant de quitter Constantinople, il vint à l’église, les pieds chaussés de noir, en esprit de pénitence ; il se prosterna devant l’autel et pria Dieu de seconder son courage ; enfin il emporta avec lui une image miraculeuse du Sauveur, décidé à combattre avec elle jusqu’à la mort.

    Le Ciel aida sensiblement le vaillant empereur, car son armée courut de victoire en victoire ; une des conditions du traité de paix fut la reddition de la Croix de Notre-Seigneur dans le même état où elle avait été prise. Héraclius, à son retour, fut reçu à Constantinople par les acclamations du peuple ; on alla au-devant de lui avec des rameaux d’oliviers et des flambeaux, et la vraie Croix fut honorée, à cette occasion, d’un magnifique triomphe.

    L’empereur lui-même, en action de grâce, voulut retourner à Jérusalem ce bois sacré. Quand il fut arrivé dans la Cité Sainte, il chargea la relique précieuse sur ses épaules ; mais lorsqu’il fut à la porte qui mène au Calvaire, il lui fut impossible d’avancer, à son grand étonnement et à la stupéfaction de tout : « Prenez garde, ô empereur ! lui dit alors le patriarche Zacharie ; sans doute le vêtement impérial que vous portez n’est pas assez conforme à l’état pauvre et humilié de Jésus portant sa Croix. » Héraclius, touché de ces paroles, quitta ses ornements impériaux, ôta ses chaussures, et, vêtu en pauvre, il put gravir sans difficulté jusqu’au Calvaire et y déposer son glorieux fardeau.

    Pour donner plus d’éclat à cette marche triomphale, Dieu permit que plusieurs miracles fussent opérés par la vertu de ce bois sacré. À la suite de ces événements fut instituée la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, pour en perpétuer le souvenir.

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    Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

     

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    …Devenu homme par amour des hommes,
    Il fit don de la plénitude de sa vie humaine
    aux âmes qu’Il s’est choisies.
    Lui qui a formé chaque cœur humain
    veut un jour manifester
    le sens secret de l’être de chacun
    par un nom nouveau que seul comprend celui qui le reçoit (Ap 2,17).
    Il s’est uni chacun des élus
    d’une manière mystérieuse et unique.
    Puisant de la plénitude de sa vie humaine,
    Il nous fit don
    de la croix.

    Qu’est-ce que la croix ?
    Le signe du plus grand opprobre.
    Celui qui entre en contact avec elle
    est rejeté d’entre les hommes.
    Ceux qui un jour L’ont acclamé
    se détournent de Lui avec effroi et ne Le connaissent plus.
    Il est livré sans défense à ses ennemis.
    Sur terre il ne lui reste rien d’autre
    que les souffrances, les tourments et la mort.

    Qu’est-ce que la croix ?
    Le signe qui indique le ciel.
    Bien au-dessus de la poussière et des brumes d’ici-bas
    elle se dresse haut, jusqu’en la pure lumière.
    Abandonne donc ce que les hommes peuvent prendre,
    ouvre les mains, serre-toi contre la croix :
    elle te porte alors
    jusqu’en la lumière éternelle.

    Lève les yeux vers la croix :
    elle étend ses poutres
    à la manière d’un homme qui ouvre les bras
    pour accueillir le monde entier.
    Venez tous, vous qui peinez sous le poids du fardeau (Mt 11,28)
    et vous aussi qui n’avez qu’un cri, sur la croix avec Lui.
    Elle est l’image du Dieu qui, crucifié, devint livide.
    Elle s’élève de la terre jusqu’au ciel,
    comme Celui qui est monté au ciel
    et voudrait nous y emporter tous ensemble avec Lui.

    Enlace seulement la croix, et tu le possèdes, Lui,
    le Chemin, la Vérité, la Vie (Jn 14,6).
    Si tu portes ta croix, c’est elle qui te portera,
    elle te sera béatitude.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Poésie « Signum Crucis », 16/11/1937 (trad. Malgré la nuit, Ad Solem 2002, p. 65)