Étiquette : Ste Thérèse Bénédicte de la Croix

  • Trois saintes, co-patronnes de l’Europe

    L’Europe est déjà placée sous la protection céleste de trois grands saints : celle de Benoît de Nursie, père a du monachisme occidental, ainsi que celle des deux frères Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves. À ces témoins éminents du Christ, j’ai également voulu associer trois autres figures féminines, afin de souligner le grand rôle que les femmes ont joué et continuent à jouer dans l’histoire ecclésiale et civile du continent, jusqu’à nos jours. Depuis ses tout débuts et bien que conditionnée par les cultures dans lesquelles elle était insérée, l’Église a toujours reconnu la pleine dignité spirituelle de la femme, à commencer par la vocation et la mission personnelle de Marie, Mère du Rédempteur. Dès le début, les chrétiens se sont adressés à ces femmes, telles que Félicité, Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile et Anastasie — comme l’atteste le Canon romain — avec une ferveur non moins grande que celle qu’ils réservaient aux hommes saints. Les trois saintes, choisies comme co-patronnes d’Europe, ont toutes un lien spécial avec l’histoire du continent. Ainsi, Edith Stein, qui provenait d’une famille juive ; elle quitta sa brillante carrière de chercheuse pour devenir religieuse carmélite, sous le nom de Thérèse Bénédicte de la Croix, et mourut dans le camp d’extermination d’Auschwitz. Elle est le symbole des drames de l’Europe de ce siècle. Quant à Brigitte de Suède et Catherine de Sienne, qui ont toutes deux vécu au XIVe siècle, elles travaillèrent inlassablement pour l’Église et se préoccupèrent de son sort au niveau européen… Toutes les trois expriment admirablement la synthèse entre la contemplation et l’action. Leurs vies et leurs œuvres témoignent, avec une grande éloquence, de la force du Christ ressuscité, vivant dans son Église : la force d’un amour généreux pour Dieu et pour l’homme, la force d’un authentique renouveau moral et civil. Dans ces nouvelles patronnes, si riches de dons que ce soit au plan surnaturel ou humain, les chrétiens et les communautés ecclésiales de toute confession peuvent trouver leur inspiration, ainsi que les citoyens et les États européens, pourvu qu’ils soient sincèrement engagés dans la recherche de la vérité et du bien commun.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

     

     

  • « Tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. »

    Qui es-tu, douce lumière qui me combles
    et illumines les ténèbres de mon cœur ?
    Tu me guides comme la main d’une mère,
    et si tu me lâchais,
    je ne pourrais plus faire un seul pas.

    Tu es l’espace
    qui enveloppe mon être et l’abrite en toi.
    Abandonné de toi, il sombrerait dans le gouffre du néant
    d’où tu l’as tiré pour l’élever vers la lumière.
    Toi, plus proche de moi
    que je ne le suis de moi-même,
    plus intime que le tréfonds de mon âme,
    et cependant insaisissable et ineffable,
    au-delà de tout nom,
    Esprit Saint, Amour éternel !

    N’es-tu pas la douce manne
    qui du cœur du Fils
    déborde dans le mien,
    la nourriture des anges et des bienheureux ?
    Lui qui s’est relevé de la mort à la vie
    m’a éveillée moi aussi du sommeil de la mort à une vie nouvelle.
    Et jour après jour
    il continue de me donner une nouvelle vie,
    dont un jour la plénitude m’inondera tout entière,
    vie issue de ta vie, oui, toi-même,
    Esprit Saint, Vie éternelle !

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Poésie Pentecôte 1942 (trad. Malgré la nuit, Ad solem 2002, p. 121)

     

     

  • Épiphanie du Seigneur, Solennité

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    Les personnes réunies autour de la crèche nous offrent déjà une image de l’Église et de son déploiement. Les représentants de l’ancienne lignée royale à qui était promis le Sauveur du monde et les représentants du peuple croyant font le lien entre l’ancienne et la nouvelle Alliance. Les rois du lointain Orient figurent les peuples païens qui devaient recevoir le salut de Juda (Jn 4,22). Ainsi, « l’Église issue des Juifs et des païens » est déjà présente ici.

    À la crèche, les rois mages sont les représentants des chercheurs de Dieu de tous pays et de toutes nations. La grâce les a conduits avant même qu’ils n’appartiennent à l’Église visible. Un pur désir de la vérité les habitait, qui ne s’en tenait pas aux limites des enseignements et des traditions de leurs pays. Parce que Dieu est vérité et qu’il veut se laisser trouver par ceux qui le cherchent de tout leur cœur (Jr 29,13), l’étoile devait tôt ou tard briller aux yeux de ces sages pour leur indiquer le chemin vers la vérité. C’est ainsi qu’ils se sont retrouvés devant la Vérité faite homme, qu’ils se prosternent en l’adorant et déposent à ses pieds leur couronne car, comparées à elle, toutes les richesses du monde ne sont qu’un peu de poussière.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Vie cachée et Epiphanie (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 245)

     

     

     

  • « Voici l’Agneau de Dieu ! »

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    Dans l’Apocalypse, l’apôtre Jean voit « un Agneau ; il se tenait debout et il était comme immolé » (Ap 5,6)… Au bord du Jourdain, Jean le Baptiste avait désigné Jésus comme « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». L’apôtre Jean avait alors compris cette parole, et il comprenait maintenant cette image. Celui qui marchait autrefois sur les bords du Jourdain et qui s’était maintenant montré à lui « en vêtement blanc, avec des yeux de flamme » et avec l’épée du juge, lui « le Premier et le Dernier » (Ap 1,13-17), il avait accompli en vérité tout ce qu’esquissaient en symbole les rites de l’ancienne Alliance.

    Lorsque au jour le plus saint et le plus solennel de l’année le grand prêtre pénétrait dans le Saint des Saints, le lieu terriblement saint de la Présence divine, il avait pris auparavant deux boucs : l’un pour le charger des péchés du peuple afin qu’il les emporte au désert, l’autre pour asperger de son sang la tente et l’arche d’alliance (Lv 16). C’était le sacrifice pour le péché offert pour le peuple… Ensuite il sacrifiait un holocauste pour lui et pour tout le peuple et faisait brûler entièrement les restes de la victime d’expiation… C’était un jour solennel et saint que ce jour de la Réconciliation…

    Mais qu’est-ce qui avait donc réalisé la réconciliation ? Ce n’était pas le sang des animaux immolés ni le grand prêtre de la descendance d’Aaron, comme saint Paul l’a dit dans sa lettre aux Hébreux (ch. 8-9). C’était l’ultime sacrifice de réconciliation, celui qui était préfiguré dans tous les sacrifices prescrits par la Loi, et c’était « le grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech » (Ps 110,4)… Il était aussi le véritable Agneau pascal à cause duquel l’ange exterminateur passait son chemin devant les maisons des Hébreux alors qu’il frappait les Égyptiens (Ex 12,23). Le Seigneur lui-même l’avait donné à entendre à ses disciples quand il a mangé l’agneau pascal avec eux pour la dernière fois et s’est donné ensuite lui-même à eux en nourriture.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Les Noces de l’Agneau, 14/9/1940 (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 259)

     

     

     

  • Fête des saints Innocents, martyrs

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    Non loin d’Étienne, le premier des martyrs, se tiennent les « flores martyrum », les fleurs des martyrs, les tendres bourgeons arrachés avant d’être mûrs pour s’offrir eux-mêmes. Selon une pieuse tradition, la grâce a devancé le développement naturel de ces enfants innocents et leur a donné la compréhension de ce qui leur arrivait afin de les rendre capables d’un don libre d’eux-mêmes et de leur assurer la récompense réservée aux martyrs. Mais même ainsi, ils ne ressemblent guère au confesseur de la foi parvenu à l’âge d’homme qui s’engage avec un courage héroïque pour la cause du Christ. Livrés sans défense, ils ressemblent bien plus aux « agneaux conduits à l’abattoir » (Is 53,7 ; Ac 8,32).

    C’est ainsi qu’ils sont l’image de la plus extrême pauvreté. Ils ne possèdent nul autre bien que leur vie. Et maintenant elle leur est prise aussi et cela s’accomplit sans qu’ils résistent. Ils entourent la crèche pour nous montrer de quelle nature est la myrrhe que nous devons offrir à l’Enfant divin : celui qui veut lui appartenir totalement doit se livrer à lui dans un total dessaisissement de soi-même et s’abandonner au bon vouloir divin comme ces enfants.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Méditation pour le 6 janvier 1941 (trad. Source cachée, p. 271)

     

     

     

  • Obéissants au Père, à la suite du Fils

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    « Que ta volonté soit faite ! » (Mt 6,10) C’était bien là toute la vie du Sauveur. Il est venu dans le monde pour accomplir la volonté du Père, non seulement afin d’expier le péché de désobéissance par son obéissance (Rm 5,19), mais encore pour ramener les hommes vers leur vocation sur le chemin de l’obéissance.

    Il n’est pas donné à la volonté des êtres créés d’être libre en étant son propre maître ; elle est appelée à s’accorder à la volonté de Dieu. Si elle s’y accorde par sa libre soumission, il lui est alors offert de participer librement à l’achèvement de la création. Si elle s’y refuse, la créature libre perd aussi sa liberté. La volonté de l’homme conserve encore le libre arbitre, mais il est séduit par les choses de ce monde ; elles le tirent et le poussent en des directions qui l’éloignent de l’épanouissement de sa nature tel que Dieu l’a voulu et elles l’écartent du but qu’il s’est fixé lui-même dans sa liberté originelle. En plus de cette liberté originelle, il perd la sûreté de sa résolution. Il devient changeant et indécis, tiraillé par des doutes et des scrupules ou endurci dans son égarement.

    Contre cela, il n’y a pas d’autre remède que le chemin à la suite du Christ, le Fils de l’homme qui non seulement obéissait directement au Père des cieux mais se soumettait aussi aux hommes qui lui signifiaient la volonté du Père. L’obéissance telle que Dieu l’a voulue libère notre volonté esclave de tous les liens des choses créées et la ramène vers la liberté. C’est donc aussi le chemin vers la pureté du cœur.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Méditation pour la fête de l’Exaltation de la croix (trad. Source cachée, Cerf 1991, p. 278 rev.)

     

     

     

  • Fête de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein), vierge et martyre, copatronne de l’Europe

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    L’union de l’âme avec le Christ est autre chose que la communion entre deux personnes terrestres : commencée par le baptême et constamment renforcée par les autres sacrements, elle est une intégration et une poussée de sève – comme nous le dit déjà le symbole de la vigne et du cep (Jn 15). Cet acte d’union avec le Christ entraîne un rapprochement de membre à membre entre tous les chrétiens. Ainsi l’Église prend la figure du corps mystique du Christ. Ce corps est un corps vivant et l’esprit qui l’anime est l’esprit du Christ qui, partant de la tête, s’écoule vers tous les membres ; l’esprit qui émane du Christ est le Saint-Esprit et l’Église est donc le temple du Saint-Esprit (cf. 1Co 6,19).

    Mais, malgré la réelle unité organique de la tête et du corps, l’Église se tient à côté du Christ comme une personne indépendante. En tant que Fils du Père éternel, le Christ vivait avant le commencement des temps et avant toute existence humaine. Par l’acte de la création, l’humanité vivait avant que le Christ ne prenne sa nature et ne soit intégré à elle. Par son incarnation, il lui a apporté sa vie divine. Par son œuvre de rédemption, il l’a rendu capable de recevoir la grâce… La cellule primitive de cette humanité rachetée, c’est Marie : c’est en elle que s’accomplit pour la première fois la purification et la sanctification par le Christ, c’est elle la première qui a été remplie de l’Esprit Saint. Avant que le Fils de Dieu soit né de la Sainte Vierge, il a créé cette Vierge pleine de grâce et, en elle et avec elle, l’Église. C’est pourquoi, créature distincte de lui, elle se tient à ses côtés bien qu’indissolublement liée à lui.

    Toute âme purifiée par le baptême et élevée à l’état de grâce est, par là même, créée par le Christ et née pour le Christ. Mais elle est créée dans l’Église et elle naît par l’Église… Ainsi l’Église est la mère de tous ceux à qui s’adresse la rédemption. Elle l’est par son union intime avec le Christ, et parce qu’elle se tient à ses côtés en qualité de ‘Sponsa Christi’, Épouse du Christ, pour collaborer à son œuvre de rédemption.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    La Femme et sa destinée (trad. Amiot-Dumont 1956, p. 124, rev.)

     

     

     

  • « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange. »

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    Lorsque le Seigneur a pris la coupe, il a rendu grâce (Mt 26,27) ; nous pouvons songer là aux paroles de bénédiction qui expriment certes une action de grâce envers le Créateur, mais nous savons aussi que le Christ avait coutume de rendre grâce chaque fois qu’avant d’accomplir un miracle il levait les yeux vers le Père des cieux (Jn 11,41). Il rend grâce parce que d’avance il se sait exaucé. Il rend grâce pour la puissance divine qu’il porte en lui et par laquelle il va manifester aux yeux des hommes la toute-puissance du Créateur. Il rend grâce pour l’œuvre de rédemption qu’il lui est donné d’opérer, et il rend grâce par cette œuvre qui est elle-même glorification du Dieu Trinité de qui elle renouvelle en sa pure beauté l’image défigurée.

    Ainsi, le sacrifice éternellement actuel du Christ, sur la croix, au cours de la sainte messe et dans la gloire éternelle du ciel, peut se comprendre comme une seule immense action de grâce — c’est le sens du mot « eucharistie » — comme action de grâce pour la création, la rédemption et l’achèvement final. Il s’offre lui-même au nom de tout l’univers créé dont il est le modèle originel et dans lequel il est descendu pour le renouveler de l’intérieur et le conduire à son achèvement. Mais il appelle aussi tout ce monde créé à présenter avec lui au Créateur l’hommage d’action de grâce qui lui revient.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    La Prière de l’Église (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 57)

     

     

     

  • « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »

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    Sur le chemin de la croix, le Sauveur n’est pas seul, et il n’est pas entouré que d’ennemis qui le harcèlent. Il y a aussi la présence des êtres qui le soutiennent : la Mère de Dieu, modèle de ceux qui, en tout temps, suivent l’exemple de la croix ; Simon de Cyrène, symbole de ceux qui acceptent une souffrance imposée et qui, dans cette acceptation, sont bénis ; et Véronique, image de ceux que l’amour porte à servir le Seigneur. Chaque homme qui, dans la suite des temps, a porté un lourd destin en se souvenant de la souffrance du Sauveur ou qui a librement fait œuvre de pénitence a racheté un peu de l’énorme dette de l’humanité et a aidé le Seigneur à porter son fardeau. Bien plus, c’est le Christ, Tête du Corps mystique, qui accomplit son œuvre d’expiation dans les membres qui se prêtent de tout leur être, corps et âme, à son œuvre de rédemption.

    On peut supposer que la vision des fidèles qui allaient le suivre sur son chemin de souffrance a soutenu le Sauveur au jardin des Oliviers. Et l’appui de ces porteurs de croix lui est un secours à chacune de ses chutes. Ce sont les justes de l’Ancienne Alliance qui l’accompagnent entre la première et la deuxième chute. Les disciples, hommes et femmes, qui se rallièrent à lui pendant sa vie terrestre sont ceux qui l’aident de la deuxième à la troisième station. Les amants de la Croix, qu’il a éveillés et qu’il éveillera encore tout au long des vicissitudes de l’Église combattante, sont ses alliés jusqu’à la fin des temps. C’est à cela que, nous aussi, nous sommes appelées.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Am Fuss des Kreuzes, 24/11/1934 (trad. La Crèche et la croix, Ad Solem 1995, p. 57)

     

     

     

  • « Ton Père voit ce que tu fais en secret. »

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    Il n’est pas question de concevoir la prière intérieure, libre de toutes formes traditionnelles, comme une piété simplement subjective et de l’opposer à la liturgie, qui serait la prière objective de l’Église. Toute prière véritable est prière de l’Église ; à travers toute prière véritable, il se passe quelque chose dans l’Église et c’est l’Église elle-même qui prie car c’est l’Esprit Saint vivant en elle qui, en chaque âme unique, « intervient pour nous par des cris inexprimables » (Rm 8,26). Et voilà justement la prière véritable, car « sans le Saint Esprit, personne n’est capable de dire ‘Jésus est le Seigneur’ » (1Co 12,3). Que serait la prière de l’Église si elle n’était pas l’offrande de ceux qui, brûlant d’un grand amour, se donnent au Dieu qui est amour ?

    Le don de soi à Dieu, par amour et sans limite, et le don divin en retour, l’union pleine et constante, est la plus haute élévation du cœur qui nous soit accessible, le plus haut degré de la prière. Les âmes qui l’ont atteint sont en vérité le cœur de l’Église ; en elles vit l’amour de Jésus grand prêtre. Cachées en Dieu avec le Christ (Col 3,3), elles ne peuvent que rayonner dans d’autres cœurs l’amour divin dont elles sont remplies et concourir ainsi à l’accomplissement de l’unité parfaite de tous en Dieu, ce qui était et demeure le grand désir de Jésus.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    La Prière de l’Eglise (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 70)