Étiquette : St Ephrem

  • « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. »

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    Ils sont venus à lui pêcheurs de poissons et ils sont devenus pêcheurs d’hommes, comme il est dit : « Voici que maintenant j’envoie des preneurs d’hommes, et ils les prendront sur toutes les montagnes et sur tous les lieux élevés » (Jr 16,16). S’il avait envoyé des sages, on aurait dit qu’ils avaient persuadé le peuple et l’avaient ainsi gagné, ou qu’ils l’avaient trompé et ainsi saisi. S’il avait envoyé des riches, on aurait dit qu’ils avaient berné le peuple en le nourrissant, ou qu’ils l’avaient corrompu avec de l’argent et ainsi dominé. S’il avait envoyé des hommes forts, on aurait dit qu’ils les avaient séduits par la force ou contraints par la violence.

    Mais les apôtres n’avaient rien de tout cela. Le Seigneur l’a montré à tous par l’exemple de Simon Pierre. Il manquait de courage, car il a pris peur à la voix d’une servante ; il était pauvre, car il n’a même pas pu payer sa part de l’impôt (Mt 17,24s). « Je n’ai pas d’or, dit-il, et je n’ai pas d’argent » (Ac 3,6). Et il était sans culture puisque, lorsqu’il a renié le Seigneur, il n’a pas su s’en tirer par la ruse.

    Ils sont partis donc, ces pêcheurs de poissons, et ils ont remporté la victoire sur les forts, les riches et les sages. Grand miracle ! Faibles comme ils l’étaient, ils attiraient sans violence les forts à leur doctrine ; pauvres, ils enseignaient les riches ; ignorants, ils faisaient des sages et des prudents leurs disciples. La sagesse du monde a fait place à cette sagesse qui est elle-même la sagesse des sagesses.

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
    Commentaire de l’Évangile concordant, 4, 20 ;  SC 121 (trad. SC, p. 105)

     

     

     

     

     

  • « Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu paraître une grande lumière. »

    Capture d’écran 2014-12-20 à 11.23.58Jésus, notre Seigneur, le Christ,
    nous est apparu du sein de son Père.
    Il est venu et nous a tirés des ténèbres
    et nous a illuminés de sa joyeuse lumière.

    Le jour s’est levé pour les hommes ;
    la puissance des ténèbres est chassée.
    De sa lumière s’est levée pour nous une lumière
    qui a éclairé nos yeux obscurcis.

    Il a fait lever sa gloire sur le monde
    et a éclairé les plus profonds abîmes.
    La mort est anéantie, les ténèbres ont pris fin,
    les portes de l’enfer sont en pièces.

    Il a illuminé toutes les créatures,
    ténèbres depuis les temps anciens.
    Il a réalisé le salut et nous a donné la vie ;
    ensuite il viendra dans la gloire
    et il éclairera les yeux de tous ceux qui l’auront attendu.

    Notre Roi vient dans sa grande gloire :
    allumons nos lampes, sortons à sa rencontre (Mt 25,6);
    réjouissons-nous en lui comme il s’est réjoui en nous
    et nous réjouit par sa glorieuse lumière.

    Mes frères, levez-vous, préparez-vous
    pour rendre grâce à notre Roi et Sauveur
    qui viendra dans sa gloire et nous réjouira
    de sa joyeuse lumière dans le Royaume.

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
    Hymne I sur la Résurrection (trad. Bouchet, Lectionnaire, p.95)

     

     

  • « Moi, je suis la résurrection et la vie. »

    Giotto_di_Bondone_-_Résurrection_de_Lazare_(détail)Quand il a demandé : « Où l’avez-vous déposé ? », les larmes venaient aux yeux de notre Seigneur. Ses larmes ont été comme la pluie, Lazare comme le grain, et le sépulcre comme la terre. Il a crié d’une voix de tonnerre, la mort a tremblé à sa voix, Lazare a jailli comme le grain, est sorti et a adoré le Seigneur qui l’avait ressuscité.

    Jésus…a rendu la vie à Lazare et est mort à sa place, car, lorsqu’il l’eut tiré du sépulcre et pris place à sa table, lui-même a été enseveli symboliquement par l’huile que Marie a versée sur sa tête (Mt 26,7). La force de la mort qui avait triomphé depuis quatre jours est écrasée…pour que la mort sache qu’il était facile au Seigneur de la vaincre le troisième jour…; sa promesse est véridique : il avait promis qu’il ressusciterait lui-même le troisième jour (Mt 16,21)… Le Seigneur a donc rendu leur joie à Marie et à Marthe en terrassant l’enfer pour montrer que lui-même ne serait pas retenu par la mort pour toujours… Maintenant, chaque fois qu’on dira que ressusciter le troisième jour est impossible, qu’on regarde celui qui a été ressuscité le quatrième jour…

    « Approchez-vous et enlevez la pierre. » Quoi donc, celui qui a ressuscité un mort et lui a rendu la vie n’aurait-il pas pu ouvrir le sépulcre et renverser la pierre ? Lui qui disait à ses disciples : « Si vous avez la foi gros comme un grain de moutarde, vous direz à cette montagne : Déplace-toi, et elle se déplacera » (Mt 17,20), n’aurait-il pas pu par un mot déplacer la pierre qui fermait l’entrée du sépulcre ? Certes, il aurait pu aussi enlever la pierre par sa parole, lui dont la voix, alors qu’il était suspendu à la croix, a fendu les pierres et les sépulcres (Mt 27,51-52). Mais, parce qu’il était l’ami de Lazare, il dit : « Ouvrez, pour que l’odeur de la pourriture vous frappe, et déliez-le, vous qui l’avez enveloppé dans son suaire, pour que vous reconnaissiez bien celui que vous aviez enseveli. »

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
    Commentaire de l’Évangile concordant, 17, 7-10 ; SC 121 (trad. cf  SC p. 307)

     

     

     

     

  • « Marie retenait tous ces événements et les méditait en son cœur. » (Lc 2,19)

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    En des paroles sublimes,
    Brûlante d’amour,
    Marie le berçait elle aussi :
    « Qui donc m’a donné, à moi la solitaire,
    De concevoir et d’enfanter
    Celui qui est l’unique et le multiple,
    Le tout-petit et le Très-Grand ?
    Il est tout entier près de moi,
    Et tout entier près de tout l’univers.

    image_largeLe jour où Gabriel lui-même
    Est entré dans ma pauvre maison,
    Il m’a rendue soudain
    Noble dame autant que servante :
    Car j’étais la servante de ta divinité (Lc 1,38),
    Mais je suis la mère aussi
    De ton humanité,
    Mon Seigneur et mon fils !

    La servante tout à coup
    Est devenue fille de roi,
    Par toi, Fils de roi !
    À cause de toi, fils de David,
    Voici que la plus humble
    Dans la maison de David,
    Voici qu’une fille de la terre
    Parvient jusqu’au ciel,
    Par celui qui est du ciel !

    Quelle merveille pour moi !
    Près de moi repose
    Ce nouveau-né, l’Ancien des jours ! (Dn 7,9)
    Il fixe son regard sur le ciel tout entier,
    Alors que sans répit
    Ses lèvres balbutient.
    Comme il me ressemble !
    Alors qu’avec Dieu
    Il parle en silence !

    Qui a jamais vu
    Un nouveau-né regarder
    En tout lieu toutes choses ?
    Son regard fait comprendre
    Que c’est lui qui dirige
    Toute la création de haut en bas.
    Son regard fait comprendre
    Qu’il commande en maître
    À tout l’univers.

    Comment ouvrirai-je
    Une source de lait
    Pour toi, la Source ?
    Comment donnerai-je
    De la nourriture
    À toi qui nourris tout être
    De ta table ?
    Comment te couvrir de langes,
    Toi qui es revêtu de splendeur ? (Ps 103,2)

    Ma bouche ne sait pas
    Comment te nommer,
    Ô Fils du Dieu vivant ! (Mt 16,16)
    Si j’ose t’appeler
    Fils de Joseph,
    Je tremble car tu n’es pas de sa semence…

    Bien que tu sois le Fils de l’Unique
    Désormais je t’appellerai
    Le fils d’un grand nombre,
    Car à toi ne suffisent pas
    Des milliers de noms :
    Tu es fils de Dieu, mais aussi fils de l’homme (Mc 1,1 ; 8,31)
    Et puis, fils de Joseph (Lc 3,23)
    Et fils de David (Lc 20,41)
    Et fils de Marie (Mc 6,3).

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
    Hymnes 5 et 6 sur la Nativité ; SC 459 (trad. cf SC p. 124s)

     

     

     

     

  • « Cette nuit même, on te redemande ta vie… »

    Vie-spirituelle_theme_imageSeigneur, rends-moi digne de mépriser ma vie pour la vie qui est en toi. La vie dans ce monde est semblable à ceux qui se servent des lettres pour former des mots. Lorsqu’on le veut, on ajoute, on retranche, on change les lettres. Mais la vie du monde à venir est semblable à ce qui est écrit sans la moindre faute dans des livres scellés du sceau royal, où il n’y a rien à ajouter et où rien ne manque. Donc tant que nous sommes au milieu du changement, soyons attentifs à nous-mêmes. Tant que nous avons pouvoir sur le manuscrit de notre vie, sur ce que nous avons écrit de nos mains, efforçons-nous d’y ajouter ce que nous faisons de bien et effaçons les défauts de notre première conduite. Tant que nous sommes en ce monde, Dieu n’appose le sceau ni sur le bien ni sur le mal. Il ne le fait qu’à l’heure de notre exode, quand s’achève notre œuvre, au moment où nous allons partir.

    Comme l’a dit saint Ephrem, il nous faut considérer que notre âme est semblable à un navire prêt au voyage mais qui ne sait pas quand va venir le vent, ou encore qu’elle est semblable à une armée qui ne sait pas quand va sonner la trompette qui annonce le combat. S’il dit cela du navire et de l’armée qui attendent une chose qui peut-être n’arrivera pas, combien faut-il que nous nous préparions avant que vienne ce jour brusquement, que soit jeté le pont et soit ouverte la porte du monde nouveau ? Puisse le Christ, le médiateur de notre vie, nous donner d’être prêts.

    Isaac le Syrien (7ème siècle), moine près de Mossoul
    Discours ascétiques, 1ère série, n° 38 (trad. Touraille, DDB 1981, p. 231)

    livre de vie

     

     

     

  • « Joseph, fils de David, ne crains pas. »

    Joseph embrassait
    le Fils du Père céleste
    comme un nouveau-né,
    et il le servait comme son Dieu.
    Il s’y complaisait
    comme en la bonté même ;
    et il le révérait
    lui le juste par excellence (Mt 1,19).

    Grande était sa perplexité !
    « Comment m’est-il donné,
    toi le Fils du Très-Haut,
    d’avoir en toi un fils ?
    Contre ta mère je m’irritais,
    et je pensais la renvoyer.
    Je ne savais pas
    qu’en son sein était un grand trésor,
    qui dans ma pauvreté
    soudain me rendait riche.

    « Le roi David
    a surgi parmi mes ancêtres
    et il a ceint la couronne.
    Qu’il est grand le dénuement
    où je suis parvenu !
    Au lieu d’être roi je suis ouvrier ;
    mais une couronne m’est advenue
    puisque sur mon cœur repose
    le Maître de toutes les couronnes. »

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
    Hymne pour la Nativité

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  • Quatrième dimanche de Carême

    « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir. »

    « Il fit de la boue avec sa salive, et l’appliqua sur les yeux de l’aveugle. » Et la lumière a jailli de la terre, comme au commencement, quand…la ténèbre était répandue sur tout, et qu’il a commandé à la lumière et qu’elle est née des ténèbres (Gn 1,2-3). Ainsi il a guéri un défaut qui existait depuis la naissance, pour montrer que lui, dont la main achevait ce qui manquait à la nature, il était bien celui dont la main avait façonné la création au commencement. Et comme on refusait de croire qu’il était avant Abraham (Jn 8,57), il a prouvé par cette œuvre qu’il était le Fils de celui qui, de sa main, « forma le premier Adam avec la terre » (Gn 2,7).

    Il a fait cela pour ceux qui cherchaient des miracles afin de croire : «Les juifs cherchent des miracles» (1Co 1,22). Ce n’est pas la piscine de Siloé qui a ouvert les yeux de l’aveugle, comme ce n’étaient pas les eaux du Jourdain qui ont purifié Naaman (2R 5,14): c’est le commandement du Seigneur qui accomplit tout. Bien plus, ce n’est pas l’eau de notre baptême, mais les noms de la Trinité qu’on prononce sur elle qui nous purifient. « Il enduisit ses yeux de boue », afin que les pharisiens nettoient l’aveuglement de leur cœur… Ceux qui voyaient la lumière matérielle étaient conduits par un aveugle qui voyait la lumière de l’esprit ; et, dans sa nuit, l’aveugle était conduit par ceux qui voyaient extérieurement, mais étaient spirituellement aveugles.

    L’aveugle a lavé la boue de ses yeux, et il s’est vu lui-même ; les autres ont lavé l’aveuglement de leur cœur, et ils se sont examinés eux-mêmes. Ainsi, en ouvrant extérieurement les yeux d’un aveugle, notre Seigneur ouvrait secrètement les yeux de beaucoup d’autres aveugles… Dans ces quelques mots du Seigneur étaient cachés des trésors admirables, et dans cette guérison, était esquissé un symbole: Jésus, fils du Créateur.

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
    Commentaire du Diatesseron, 16, 28-31 (trad. SC 121, p. 299s)

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