Étiquette : résurrection

  • Marie Madeleine, apôtre auprès des apôtres

    Les femmes porteuses d’aromates envoyèrent en avant Marie Madeleine au sépulcre, selon le récit de saint Jean le Théologien. Il faisait noir, mais l’amour l’éclairait : aussi aperçu-t-elle la grande pierre roulée de devant la porte du tombeau et elle retourna dire : « Disciples, sachez ce que j’ai vu (…) : la pierre ne recouvre plus le tombeau. Auraient-ils enlevé mon Seigneur ? Pas de gardes en vue, ils ont fui. Serait-il ressuscité, celui qui offre aux hommes déchus la résurrection ? » (…)

    Celui qui voit tout, voyant Marie-Madeleine vaincue par les sanglots, accablée de tristesse, en eut le cœur touché (…). Celui qui sonde les reins et les cœurs (Ps 7,10), sachant que Marie reconnaîtrait sa voix, appela sa brebis, lui, le vrai pasteur : « Marie », dit-il. Aussitôt elle le reconnut : « C’est bien mon bon pasteur qui m’appelle pour me compter désormais avec les quatre-vingt-dix-neuf brebis. (…) Je sais bien qui il est, celui qui m’appelle : je l’avais dit, c’est mon Seigneur, c’est celui qui offre aux hommes déchus la résurrection. » (…)

    Le Seigneur lui dit : « Femme, que ta bouche désormais proclame ces merveilles et les explique aux fils du Royaume qui attendent que je m’éveille, moi le Vivant. Va vite, Marie, rassemble mes disciples (…) ; éveille-les tous comme d’un sommeil afin qu’ils viennent à ma rencontre avec des flambeaux allumés. Va dire : l’Époux s’est éveillé, il sort de son tombeau (…). Apôtres, chassez votre tristesse mortelle, car il s’est réveillé celui qui offre aux hommes déchus la résurrection. » (…)

    « —Mon deuil s’est soudain transformé en liesse, tout m’est devenu joie et allégresse. Je n’hésite pas à le dire : j’ai reçu la même gloire que Moïse ; j’ai vu, oui, j’ai vu, non sur la montagne mais dans le sépulcre, non voilé par une nuée mais dans son corps, j’ai vu le Maître des êtres incorporels et des nuées, celui qui est, qui était et qui vient. C’est lui qui m’a dit : Hâte-toi, Marie, va révéler à ceux qui m’aiment que je suis ressuscité. Aux descendants de Noé apporte cette bonne nouvelle comme la colombe leur a apporté le rameau d’olivier (Gn 8,11). Dis-leur que la mort est détruite et qu’il s’est levé du tombeau, celui qui offre aux hommes déchus la résurrection. »

    Saint Romanos le Mélode (?-v. 560)

     

     

     

  • Prière dite « de Pierre et des autres apôtres »

    Tu es saint, Seigneur, Dieu tout-puissant,
    Père de notre Seigneur Jésus Christ,
    le paradis du bonheur, le sceptre royal,
    l’amour somptueux, l’espérance assurée. (…)

    Tu es saint, Seigneur Dieu,
    tu es « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs.
    Seul tu possèdes l’immortalité.
    Tu habites une lumière inaccessible
    que nul n’a jamais vue » (1Tm 6,15-16).
    Tu te promènes sur les ailes des vents (Ps 103,3) ;
    tu as créé le ciel, la terre et la mer
    et tout ce qu’ils renferment (Ac 4,24).

    Tu fais des vents tes messagers
    et du feu brûlant ton serviteur (Ps 103,4) ;
    tu as façonné l’homme à ton image et ressemblance (Gn 1,26),
    tu as mesuré le ciel avec l’empan
    et la terre tout entière avec le doigt de ta main (Is 40,12).
    Oui, tes œuvres sont très belles, en ta présence.

     

     

  • Le lundi de Pâques

    « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux » (Lc 19,38). (…) C’est un climat de joie que l’on respire. Jésus a réveillé dans le cœur tant d’espérances surtout chez les gens humbles, simples, pauvres, oubliés, ceux qui ne comptent pas aux yeux du monde. Lui a su comprendre les misères humaines, il a montré le visage de miséricorde de Dieu, il s’est baissé pour guérir le corps et l’âme. Ça, c’est Jésus. Ça, c’est son cœur qui nous regarde tous, qui regarde nos maladies, nos péchés. L’amour de Jésus est grand. Jésus est Dieu, mais il s’est abaissé pour marcher avec nous ; il est notre ami, notre frère. (…)

    Et c’est la première parole que je voudrais vous dire : joie ! Ne soyez jamais des hommes et des femmes tristes : un chrétien ne peut jamais l’être ! Ne vous laissez jamais prendre par le découragement ! Notre joie n’est pas une joie qui naît du fait de posséder de nombreuses choses, mais elle naît du fait d’avoir rencontré une personne : Jésus, qui est parmi nous. Elle naît du fait de savoir qu’avec lui nous ne sommes jamais seuls, même dans les moments difficiles, même quand le chemin de la vie se heurte à des problèmes et à des obstacles qui semblent insurmontables, et il y en a tant ! Et à ce moment-là vient l’ennemi, vient le diable, si souvent déguisé en ange (2Co 11,14), et insidieusement nous dit sa parole. Ne l’écoutez pas ! Suivons Jésus ! Nous accompagnons, nous suivons Jésus, mais surtout nous savons que lui nous accompagne et nous met sur ses épaules (Lc 15,5). Ici se trouve notre joie, l’espérance que nous devons porter vers notre monde. S’il vous plaît !, ne vous laissez pas voler l’espérance ! Ne vous laissez pas voler l’espérance ! Celle que Jésus nous donne.

    Pape François

     

     

  • Le trésor caché dans le champ des Écritures

    C’est le Christ qui était présent à tous ceux à qui, depuis le commencement, Dieu communiquait sa Parole, son Verbe. Et si quelqu’un lit l’Écriture dans cette perspective, il y trouvera une expression concernant le Christ, et une préfiguration de l’appel nouveau. Car c’est lui, « le trésor caché dans le champ », c’est à dire dans le monde (Mt 13,38). Trésor caché dans les Écritures, car il était signifié par des symboles et des paraboles, qui, humainement parlant, ne pouvaient pas être comprises avant l’accomplissement des prophéties, c’est-à-dire avant la venue du Seigneur. C’est pourquoi il a été dit au prophète Daniel : « Cache ces paroles et scelle ce livre jusqu’au temps de l’accomplissement » (12,4)… Jérémie aussi dit : « Aux derniers jours, ils comprendront ces choses » (23,20)…
    Lue par les chrétiens, la Loi est un trésor caché autrefois dans un champ, mais que la croix du Christ révèle et explique… : elle manifeste la sagesse de Dieu, elle fait connaître ses desseins en vue du salut de l’homme, elle préfigure le Royaume du Christ, elle annonce par avance la Bonne Nouvelle de l’héritage de la Jérusalem sainte, elle prédit que l’homme qui aime Dieu progressera jusqu’à le voir et entendre sa parole, et qu’il sera glorifié par cette parole…

    C’est de cette manière que le Seigneur a expliqué les Écritures à ses disciples après sa résurrection, leur prouvant par elles « qu’il fallait que le Christ souffre et entre dans sa gloire » (Lc 24,26). Si donc quelqu’un lit les Écritures de cette manière, il sera un disciple parfait, « pareil au maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes » (Mt 13,52).

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr
    Contre les Hérésies, IV, 26 ; SC 100 (trad. SC p. 711s rev.)

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  • « Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »

    « Le Christ a connu la mort, puis la vie, pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants » (Rm 14,9) ; « Dieu n’est pas le Dieu des morts, il est le Dieu des vivants ». Puisque le Seigneur des morts est vivant, les morts ne sont plus des morts mais des vivants ; la vie règne en eux, pour qu’ils vivent et ne craignent plus la mort, de même que « le Christ, ressuscité des morts, ne meurt plus » (Rm 6,9). Ressuscités et libérés de la corruption, ils ne verront plus la mort ; ils participeront à la résurrection du Christ, comme lui-même a eu part à leur mort. En effet, s’il est venu sur terre, jusqu’alors prison éternelle, c’est pour « briser les portes de bronze et fracasser les verrous de fer » (Is 45,2), pour tirer notre vie de la corruption en l’attirant à lui, et nous donner la liberté à la place de l’esclavage.

    Si ce plan de salut n’est pas encore pleinement réalisé, car les hommes meurent toujours et leurs corps sont désagrégés par la mort, cela ne doit pas être un motif d’incroyance. Déjà nous avons reçu les premiers fruits de ce qui nous est promis, en la personne de celui qui est notre premier-né (…) : « Avec lui, il nous a ressuscités ; avec lui, il nous a fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus » (Ep 2,6). Nous atteindrons à la pleine réalisation de cette promesse lorsque viendra le temps fixé par le Père, lorsque nous dépouillerons l’enfance et serons parvenus « à l’état d’homme parfait » (Ep 4,13). Car le Père éternel a voulu que le don qu’il nous a fait demeure ferme. (…) L’apôtre Paul l’a déclaré, car il le savait bien, cela arrivera à tout le genre humain, par le Christ, qui « transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux » (Ph 3,21). (…) Le corps glorieux du Christ n’est pas différent du corps « semé dans la faiblesse, sans valeur » (1Co 15,43) ; c’est le même corps changé en gloire. Et ce que le Christ a réalisé en amenant au Père sa propre humanité, premier exemplaire de notre nature, il le fera pour toute l’humanité selon sa promesse : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12,32).

    Saint Anastase d’Antioche (?-599)

  • Témoins de la résurrection

    On aurait pu s’attendre à ce que notre Seigneur, une fois ressuscité, se montre au plus grand nombre de gens possible, et surtout à ceux qui l’avaient crucifié. Tout au contraire, nous voyons par l’histoire qu’il se manifeste seulement à quelques témoins choisis, et spécialement à ses disciples immédiats. C’est ce que saint Pierre reconnaît lui-même quand il déclare : « Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement à quelques témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection » (Ac 10,40-41).

    À première vue, cela nous semble étrange. Nous sommes disposés, en effet, à nous faire de la résurrection une idée bien différente, à nous la représenter comme une manifestation éclatante et visible de la gloire du Christ. (…) En nous la figurant ainsi comme un triomphe public, nous sommes conduits à imaginer la confusion et la terreur qui auraient saisi ses bourreaux si Jésus s’était présenté vivant devant eux. Mais, remarquons-le, un tel raisonnement revient à concevoir le Royaume du Christ comme un royaume de ce monde, ce qui n’est pas juste. Ce serait nous représenter le Christ comme étant déjà venu à ce moment-là juger le monde, ce qui n’arrivera qu’au dernier jour. (…)

    Pourquoi se montrer seulement « à quelques témoins choisis d’avance » ? Parce que c’était le moyen le plus efficace de propager la foi dans le monde entier. (…) Quel aurait été le fruit d’une manifestation publique qui s’impose à tous ? Ce nouveau miracle aurait laissé la foule telle qu’il l’avait trouvée, sans changement efficace. Déjà ses anciens miracles n’avaient pas convaincu tout le monde (…) ; qu’auraient-ils pu dire et sentir de plus qu’auparavant, même « si quelqu’un ressuscite d’entre les morts » (Lc 16,31) ? (…) Le Christ se montre pour susciter des témoins de la résurrection, des ministres de sa parole, les fondateurs de son Église. Comment la foule, avec sa nature changeante, aurait-elle pu le devenir ?

    Saint John Henry Newman (1801-1890)

     

     

  • « Touchez-moi, regardez ! »

    « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi. » Il y a, je pense, quatre raisons pour lesquelles le Seigneur montre aux apôtres son côté, ses mains et ses pieds. Premièrement, pour prouver qu’il était vraiment ressuscité et nous enlever tout sujet de doute. Deuxièmement, pour que « la colombe », c’est-à-dire l’Église ou l’âme fidèle, établisse son nid dans ces plaies, comme « au creux du rocher » (Ct 2,14) et y trouve un abri contre l’épervier qui la guette. Troisièmement, pour imprimer dans nos cœurs, comme des insignes, les marques de sa Passion. Quatrièmement, pour nous avertir et nous demander d’avoir pitié de lui et de ne pas le transpercer de nouveau des clous de nos péchés.

    Il nous montre ses mains et ses pieds : « Voici, dit-il, les mains qui vous ont façonnés (cf Ps 118,73) ; voyez comme les clous les ont transpercés. Voici mon cœur, où vous êtes nés, vous les fidèles, vous mon Église, comme Ève est née du côté d’Adam ; voyez comme la lance l’a ouvert, afin que vous soit ouverte la porte du Paradis, que tenait fermée le Chérubin de feu. Le sang qui a coulé de mon côté a écarté cet ange, a émoussé son glaive ; l’eau a éteint le feu (cf Jn 19,34). (…) Écoutez avec soin, recueillez ces paroles, et vous aurez la paix avec vous. »

    Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

     

     

     

  • Le lundi de Pâques

    L’Évangile nous dépeint la course joyeuse des disciples : « Tous deux couraient ensemble, mais l’autre disciple courut en avant, plus vite que Pierre, et arriva le premier au tombeau » (Jn 20,4). Qui ne désirerait aussi chercher le Christ siégeant à la droite du Père, et pour obtenir de le trouver au terme de sa quête, qui ne chercherait à courir en esprit, lorsqu’il se remémore avec tant de joie la course à toutes jambes de tels apôtres ? Pour nous encourager en ce désir, que chacun de nous redise avec élan ce verset du Cantique des Cantiques : « Entraîne-moi à ta suite, nous courrons à l’odeur de tes parfums » (3,4 LXX). Courir à l’odeur des parfums, c’est marcher sans relâche, du pas de son esprit, vers notre Créateur, réconforté par la sainte odeur des vertus.

    Telle a bien été la course digne d’éloges de ces très saintes femmes qui, d’après les évangiles, avaient suivi le Seigneur depuis la Galilée et lui sont restées fidèles au moment de sa Passion, alors que les disciples s’étaient enfuis (Mt 27,55) ; elles ont couru à l’odeur des parfums, en esprit, et même selon la lettre, car elles ont acheté des aromates pour oindre les membres du Seigneur, comme en témoigne Marc (16,1).

    Frères, à l’exemple des soins empressés des disciples, hommes et femmes, auprès du sépulcre de leur Maître (…), proclamons à notre manière les joies de la résurrection du Seigneur. Il serait bien dommage qu’une langue de chair taise la louange due à notre Créateur, en ce jour où sa chair est ressuscitée. Cette résurrection magnifique nous incite à proclamer la grandeur de l’Auteur d’une telle joie, et à annoncer la victoire remportée contre notre vieil ennemi (…) : avec le fauteur de mort lui-même, la mort est aujourd’hui délogée ; aujourd’hui, par le Christ, la vie est rendue aux mortels. Aujourd’hui les chaînes du démon sont brisées ; la liberté du Seigneur est accordée en ce jour aux chrétiens.

    Saint Odilon de Cluny (961-1048)

     

     

  • « Jour d’allégresse et de joie » (Ps 117,24)

    Quelle belle fête de Pâques ! Et quelle belle assemblée ! Ce jour contient tant de mystères, anciens et nouveaux ! En cette semaine de fête ou plutôt d’allégresse, par toute la terre les hommes se réjouissent, et même les puissances du ciel se joignent à nous pour célébrer dans la joie la résurrection du Seigneur. Exultent les anges et les archanges, qui attendent que le roi des cieux, le Christ notre Dieu, revienne vainqueur de la terre ; exultent les chœurs des saints, qui proclament « celui qui s’est levé avant l’aurore » (Ps 109,3), le Christ. La terre exulte : le sang d’un Dieu l’a lavée. La mer exulte : les pas du Seigneur l’ont honorée. Qu’exulte tout homme, rené de l’eau et de l’Esprit Saint ; qu’exulte Adam, le premier homme, délivré de l’ancienne malédiction. (…)

    Non seulement la résurrection du Christ a instauré ce jour de fête, mais encore elle nous procure, au lieu de la souffrance, le salut, au lieu de la mort, l’immortalité, au lieu des blessures, la guérison, au lieu de la déchéance, la résurrection. Autrefois, le mystère de la Pâque s’accomplissait en Égypte selon les rites donnés par la Loi ; le sacrifice de l’agneau n’était qu’un signe. Mais aujourd’hui nous célébrons, selon l’Évangile, une pâque spirituelle, qui est le jour de la résurrection. Là, on immolait un agneau du troupeau (…) ; ici, c’est le Christ en personne qui s’offre en agneau de Dieu. Là, une bête de la bergerie ; ici, non pas un agneau, mais le bon pasteur lui-même, qui donne sa vie pour ses brebis (Jn 10,11). (…) Là, les Hébreux traversent la mer Rouge et entonnent en l’honneur de leur défenseur une hymne de victoire : « Célébrons le Seigneur ; il s’est couvert de gloire » (Ex 15,1). Ici, ceux qui ont été jugés dignes du baptême chantent en leur cœur l’hymne de la victoire : « Un seul saint, un seul Dieu, Jésus Christ, dans la gloire du Dieu Père. Amen ». « Le Seigneur règne, vêtu de majesté », s’écrie le prophète (Ps 92,1). Les Hébreux traversent la mer Rouge et mangent la manne dans le désert. Aujourd’hui, en sortant des fonts baptismaux, on mange le pain qui descend du ciel (Jn 6,51).

    Proclus de Constantinople (v. 390-446)