Étiquette : résurrection

  • « J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit. »

    « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. » Pourquoi notre Seigneur ne peut-il pas être touché avant son ascension, et comment pourrait-il être touché après ? (…) « Ne me touche pas, car voici que, pour votre plus grand bien, je me hâte de la terre au ciel, de la chair et du sang à la gloire, d’un corps humain à un corps spirituel (1Co 15,44). (…) Remonter d’ici-bas, en corps et en âme, jusqu’à mon Père, c’est descendre en esprit de mon Père auprès de vous. Alors, je vous serai présent, quoiqu’invisible : plus réellement présent qu’aujourd’hui. Alors, tu pourras me toucher et me saisir — sans une étreinte visible, mais plus réelle, par la foi et la dévotion. (…)

    « Tu m’as vu, Marie, mais tu n’as pas pu me retenir. Tu m’as approché, mais juste assez pour me baiser les pieds et être effleurée de ma main. Tu as dit : ‘Oh, si je savais comment l’atteindre, parvenir jusqu’à sa demeure ! Si je pouvais le tenir et ne plus le perdre !’ (Jb 23,3; cf Ct 5,6) Ton désir se réalise : quand je serai monté au ciel, tu ne verras plus rien, mais tu auras tout. ‘À mon ombre désirée tu pourras t’asseoir, et mon fruit sera doux à ton palais’ (Ct 2,3). Tu m’auras pleinement et entièrement. Je serai près de toi, en toi ; je viendrai dans ton cœur, entièrement Sauveur, entièrement Christ, en toute ma plénitude, Dieu et homme, par la puissance prodigieuse de mon Corps et de mon Sang. »

    Saint John Henry Newman (1801-1890)

     

     

     

  • Tu es ressuscité d’entre les morts et tu as sauvé le monde !

    Tu as été élevé sur la croix, tu as eu le côté percé d’une lance en ta chair par les impies : c’était à cause d’Adam égaré. car tu voulais l’arracher à la haine de l’Ennemi, Sauveur, et par ta résurrection sauver l’être façonné par tes mains de l’antique malédiction. Chantons donc au Christ notre Dieu, parce qu’il s’est couvert de gloire !

    Tu es ressuscité d’entre les morts et tu as sauvé le monde de la corruption, toi le Tout-Puissant, par ta puissance divine ; tu t’es fait voir aux Porteuses de parfum, Seigneur notre bienfaiteur, avec ce mot : « Réjouissez-vous ! », les envoyant annoncer la divine résurrection. Chantons donc au Christ notre Dieu, parce qu’il s’est couvert de gloire !

    Deux anges se sont fait voir dans le tombeau, Sauveur, annonçant aux femmes ta résurrection d’entre les morts, et ils les ont envoyées vers Sion proclamer aux disciples ta divine et radieuse résurrection en s’écriant d’une voix éclatante : « Le Seigneur crucifié s’est relevé de la tombe le troisième jour ! » (…)

    Du sépulcre, au bout de trois jours, toi seul, Sauveur, tu t’es relevé, réveillant, ô Bienfaiteur, les captifs de l’Hadès et les soustrayant à la condamnation jadis encourue à cause du serpent, car c’est toi qui est la Vie et la Résurrection.

    Applaudissez des deux mains, toutes les nations, le Christ ressuscité, car Dieu régnera pour l’éternité, après avoir brisé l’empire de la Mort et nous avoir tous arrachés à la condamnation à mort.

    Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)

     

     

     

  • Revêtir la patience de Jésus crucifié

    Très cher Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir affermi dans la vraie et sainte patience : car sans la patience nous ne pouvons être agréables à Dieu, et nous ne pouvons être en état de grâce. La patience est la moelle de la charité.

    Puisqu’elle est si nécessaire, il faut la trouver et où la trouverons-nous ? le savez-vous, mon doux et cher Père ? dans le même lieu, de la même manière que nous trouverons l’amour. Et où s’acquiert l’amour ? nous le trouvons dans le sang que Jésus crucifié a répandu par amour sous le bois de la très sainte Croix. L’amour ineffable que nous voyons en lui nous inspire l’amour, car celui qui se voit aimé, ne peut s’empêcher d’aimer ; et dès qu’il aime, il se revêt de la patience de Jésus crucifié ; et avec cette douce et glorieuse vertu, il est calme au milieu des orages et des épreuves sans nombre. (…)

    Revêtons et embrassons la doctrine de Jésus crucifié ; réjouissons-nous dans les tribulations, au lieu de les fuir, afin de ressembler à Celui qui a tant souffert pour nous. Nous montrerons ainsi notre patience car comment la montrer si ce n’est dans le temps des tribulations ? Nous recevrons plus tard dans le ciel la récompense de toutes nos peines, mais non pas sans la patience. C’est pourquoi je vous ai dit que je désirais vous voir affermi dans une vraie et sainte patience, afin que quand vous entrerez dans notre ville de Jérusalem, dans la vision de la paix, vous receviez ce que vous avez gagné pendant votre pèlerinage.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

     

  • L’espérance de notre résurrection

    Voici que par la mort de la chair nous demeurerons, nous, jusqu’à la fin du monde dans la poussière, mais lui [ notre Rédempteur ], le troisième jour, libéré de la sécheresse de la mort, il est dans sa verte fraîcheur, afin de nous montrer la puissance de sa divinité par la rénovation même de sa propre chair. (…) S’il est vrai que le corps du Seigneur est maintenant vivant après sa mort, c’est jusqu’à la fin du monde qu’est encore retardée, pour nos corps, la gloire de la Résurrection. Aussi Job a-t-il eu soin de marquer ce retard en disant : « Et je ressusciterai de la terre au dernier jour. » (Jb 19,25 Vg)

    Nous tenons donc l’espérance de notre résurrection, puisque nous sommes en présence de la gloire de notre Tête. Qu’on n’aille pas dire, fût-ce en son for intérieur, que si le Seigneur est ressuscité de la mort, c’est que, Dieu et homme en une seule et même personne, il a surmonté par sa divinité la mort subie en son humanité, mais que nous au contraire, qui sommes seulement des hommes, nous ne pouvons pas nous relever d’une condamnation à mort. Voici justement qu’à l’heure de sa résurrection, les corps de nombreux saints ont aussi ressuscité. Le Seigneur voulait nous montrer en lui-même l’exemple de la résurrection et nous présenter encore celle d’autres êtres semblables à nous par leur nature purement humaine, afin de nous rendre forts devant la résurrection. Il fallait que, dans son désespoir de jamais recevoir un don qu’avait manifesté en lui-même l’Homme Dieu, l’homme osât croire que pouvait se produire en lui aussi ce qu’il constatait en d’autres, dont la nature, il le savait sans l’ombre d’un doute, était purement humaine.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

     

     

     

  • « Touchez-moi, regardez. »

    Après la résurrection, comme le Seigneur était entré toutes portes closes (Jn 20,19), les disciples ne croyaient pas qu’il avait retrouvé la réalité de son corps, mais supposaient que son âme seule était revenue sous une apparence corporelle, comme les images qui se présentent à ceux qui rêvent dans leur sommeil. « Ils croyaient voir un esprit »…

    « Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi des pensées inquiètes s’élèvent-elles dans vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds. » Voyez, c’est-à-dire : soyez attentifs. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas un songe que vous voyez. Voyez mes mains et mes pieds, puisque, avec vos yeux accablés, vous ne pouvez pas encore regarder mon visage. Voyez les blessures de ma chair, puisque vous ne voyez pas encore les œuvres de Dieu. Contemplez les marques faites par mes ennemis, puisque vous ne percevez pas encore les manifestations de Dieu. Touchez-moi, pour que votre main vous donne la preuve, puisque vos yeux sont à ce point aveuglés… Découvrez les trous de mes mains, fouillez mon côté, rouvrez mes blessures, car je ne peux pas refuser à mes disciples en vue de la foi ce que je n’ai pas refusé à mes ennemis pour mon supplice. Touchez, touchez…, cherchez jusqu’aux os, pour confirmer la réalité de la chair, et que ces blessures encore ouvertes attestent que c’est bien moi…

    Pourquoi ne croyez-vous pas que je suis ressuscité, moi qui ai rappelé à la vie plusieurs morts sous vos yeux ?… Quand j’étais pendu à la croix, on m’insultait en disant : « Lui qui a sauvé les autres, il ne peut pas se sauver lui-même. Qu’il descende de la croix et nous croirons » (Mt 27,40). Qu’est-ce qui est le plus difficile, descendre de la croix en arrachant les clous ou remonter des enfers en foulant aux pieds la mort ? Voilà que je me suis sauvé moi-même, et brisant les chaînes de l’enfer, je suis remonté vers le monde d’en haut.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

     

     

     

  • Toi notre Vie, Tu es ressuscité des morts !

    Tu es ressuscité des morts, toi la Vie de tous, et un ange de lumière criait aux femmes : « Cessez vos larmes, portez aux apôtres la bonne nouvelle, chantez l’hymne à pleine gorge : Il est ressuscité, le Christ Seigneur qui a bien voulu, étant Dieu, sauver la race humaine ! »

    J’ai ouï dire, Seigneur, le Mystère de ton Incarnation, j’ai considéré tes œuvres et j’ai glorifié ta divinité.

    Une engeance de rebelles t’a cloué à la croix, Christ notre Dieu, et par cette croix tu as sauvé, dans ta miséricorde, ceux qui glorifient ta résurrection.

    En me faisant manger du fruit de l’arbre, jadis, l’Ennemi m’avait banni de l’Éden : mais grâce à l’arbre de la croix, Très Bon, j’ai été rappelé à mon premier séjour.

    Par ta mort, ô Maître, la Mort a été capturée et mise à mort : car, étant la Vie subsistante, tu as dispensé la vie aux habitants des tombeaux.

    Ressuscité du tombeau, tu as fait ressusciter avec toi tous les morts couchés dans l’Hadès et, dans ta miséricorde, tu as illuminé ceux qui glorifient ta résurrection.

    Ce Dieu que tu as enfanté, Marie immaculée, supplie de donner à tes serviteurs le pardon de leurs fautes.

    Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)

     

     

     

  • « Au lever du jour, Jésus était là sur le rivage. »

    Ce jour qu’a fait le Seigneur (Ps 117,24) pénètre tout ; il contient tout, il embrasse tout, ciel, terre et enfer ! … Et quel est ce jour du ciel sinon le Christ, dont parle le prophète : « Le jour au jour énonce le récit » (Ps 18,3). Oui, ce jour est le Fils à qui le Père, qui est aussi la lumière du jour, énonce le secret de sa divinité. C’est lui, ce jour qui dit par la voix du Sage : « J’ai créé un jour qui se lèvera à jamais dans le ciel » (Si 24,32)… Ainsi la lumière du Christ luit à jamais, elle rayonne, elle flamboie, et les ténèbres du péché ne peuvent l’étreindre. « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas retenue » (Jn 1,5).

    À la résurrection du Christ, tous les éléments sont glorifiés ; je suis sûr que le soleil a brillé ce jour-là d’un plus vif éclat. Ne devait-il pas entrer dans la joie de la résurrection, lui qui s’était attristé à la mort du Christ ? (Mt 27,45)… Comme un serviteur fidèle, il s’est obscurci pour accompagner le Christ dans la tombe ; aujourd’hui, il doit resplendir pour saluer la résurrection… Frères, réjouissons-nous en ce saint jour ; que nul, au souvenir de son péché, ne se dérobe à la joie commune ! Que personne ne désespère du pardon. Une faveur immense l’attend. Si le Seigneur, sur la croix, a eu pitié d’un bandit…, de quels bienfaits la gloire de sa résurrection ne nous comblera-t-elle pas ?

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420)

     

     

     

  • Ressusciter dans la chair

    Voici que j’entends parler de la résurrection et je m’interroge sur le devenir de cette résurrection. Je crois, en effet, que je suis destiné à ressusciter, mais je veux qu’on me dise quel être je serai. Il faut que je sache si je ressusciterai en un autre corps, subtil peut-être, je veux dire aérien, ou bien en celui dans lequel je mourrai. Or si je ressuscite en un corps aérien, ce ne sera plus moi qui ressusciterai. Comment peut-il y avoir véritable résurrection, si ma chair ne peut pas être une vraie chair ? La raison nous suggère donc clairement que, s’il n’y a pas chair véritable, il n’y aura évidemment pas résurrection véritable. Non, on n’est pas en droit de parler de résurrection du moment que ne ressuscite pas ce qui a succombé.

    Eh bien, dissipe, bienheureux Job, les brouillards de notre doute, et puisque, par la grâce qui t’est venue du Saint-Esprit, tu as commencé à nous parler de l’espérance en notre résurrection, montre-nous clairement si c’est notre chair qui doit véritablement ressusciter. Le texte dit : « Je serai de nouveau revêtu de ma peau. » (Jb 19,26 Vg) De ma peau, le mot nous ôte tout doute sur une résurrection véritable, car il n’est pas vrai que, (…) dans la gloire de la résurrection, notre corps doive être impalpable, plus subtil que le vent et que l’air. Dans cette gloire de la résurrection, en effet, sans doute notre corps sera-t-il subtil par la manifestation de son pouvoir spirituel, mais il sera palpable par la vérité de sa nature.

    Voilà pourquoi notre Rédempteur aussi a montré à ses disciples, qui doutaient de sa résurrection, ses mains et son côté, et leur a offert de palper ses os et sa chair : « Palpez et voyez, leur dit-il, car un esprit n’a ni chair, ni os, comme vous voyez que j’en ai. » (Lc 24,39)

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

     

     

     

  • Le lundi de Pâques

    « Voici que Jésus vint à leur rencontre et dit : “Salut” (Réjouissez-vous), et celles-ci s’avançant saisirent ses pieds » (Mt 28,9). Elle le saisirent pour que soit accomplie cette parole : « Je le saisirai et ne le lâcherai pas » (Ct 3,4). Faibles sans doute étaient physiquement les femmes, mais viril était leur courage. L’abondance des eaux ne put éteindre leur amour, ni les fleuves l’engloutir. Mort était celui qu’elles cherchaient, mais leur espérance de la résurrection n’était pas éteinte.

    Et l’ange s’adressant encore à elles : « Ne craignez pas » (Mt 28,5), vous autres. Ce n’est pas aux soldats, c’est à vous que je dis ce « ne craignez pas ». Eux, qu’ils craignent pour qu’instruits par l’expérience, ils soient témoins et disent : « Vraiment c’était le Fils de Dieu » (Mt 27, 54). Vous, au contraire, il ne faut pas craindre, car « le parfait amour jette la crainte dehors » (1Jn 4,18).

    « Allez dire à ses disciples qu’il est ressuscité » (Mt 28,7). Celles-ci s’en vont dans une crainte mêlée de joie. Cela encore n’est-il pas écrit ? Eh bien oui, le Psaume deuxième, racontant la passion du Christ dit ceci : « Servez le Seigneur dans la crainte et devant lui exultez en tremblant » (Ps 2,11.12). « Exultez » de ce que le Seigneur est ressuscité, mais « en tremblant » de ce que la terre a tremblé et de ce que l’ange vous est apparu comme l’éclair.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • « En trois jours je le relèverai. »

    Il est grand, le mystère de notre résurrection, et extrêmement difficile à sonder. Il est annoncé dans beaucoup de textes de l’Écriture, mais surtout dans Ézéchiel (…) : « L’Esprit du Seigneur me déposa dans une vallée pleine d’ossements humains (…) ; ils étaient complètement desséchés. Le Seigneur me dit : Fils d’homme, ces ossements vivront-ils ? Je répondis : Seigneur, c’est toi qui le sais. Il me dit : Prophétise sur ces ossements. Tu leur diras : Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur » (Ez 37,1-4). (…)

    Quels sont donc ces ossements à qui il est dit : « Écoutez la parole du Seigneur » (…) sinon le Corps du Christ, dont le Seigneur disait : « Tous mes os sont disloqués » (Ps 21,15). (…) Comme a eu lieu la résurrection du corps véritable et parfait du Christ, un jour les membres du Christ (…) seront réunis, l’os à son os, la jointure à la jointure. Personne privé de cette jointure n’atteindra « l’homme parfait, à la stature du corps du Christ dans sa plénitude » (Ep 4,13). Alors (…) « tous les membres du corps, à plusieurs, formeront un seul corps » (1Co 12,12). (…)

    Je dis cela à propos du Temple dont le Seigneur a dit : « Le zèle pour ta maison me dévore » (Ps 68,10), et à propos des juifs qui lui demandaient de leur montrer un signe, et enfin à propos de sa réponse (…) : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai ». Car il faut que soit chassé de ce temple, qui est le Corps du Christ, tout ce qui refuse la raison et ce qui relève du commerce, pour qu’à l’avenir ce temple ne soit plus une maison de marchands. Il faut en outre (…) qu’après sa destruction par ceux qui refusent la parole de Dieu, il soit relevé le troisième jour (…) Grâce à la purification de Jésus, ses disciples, ayant abandonné tout ce qui est déraisonnable et toute forme de commerce et à cause du zèle du Verbe, la Parole de Dieu, qui est présent en eux, ses disciples seront « détruits » pour être « relevés » par Jésus en trois jours. (…) Car il faut trois jours entiers pour que cette reconstruction soit achevée. C’est pourquoi l’on peut dire d’une part que la résurrection a eu lieu et d’autre part qu’elle est à venir : vraiment « nous avons été ensevelis avec le Christ » et « avec lui nous nous lèverons » (cf Rm 6,4). (…) « Tous revivront dans le Christ, mais chacun à son rang : comme prémices, le Christ, puis ceux qui seront au Christ lors de son avènement » (1Co 15,22s).

    Origène (v. 185-253)