Étiquette : prière

  • « Alors tu verras clair ! »

    Par le jour lumineux de ta connaissance,

    repousse, Seigneur, la nuit obscure,

    afin que notre intelligence éclairée

    te serve avec une pureté toute nouvelle. (…)

    Le début de la course du soleil

    marque pour les mortels le commencement du travail :

    prépare dans nos âmes, Seigneur,

    une demeure pour ce jour qui ne connaît pas de fin.

    Donne-nous de voir en notre personne

    la vie de la résurrection

    et remplis nos cœurs de tes délices éternelles.

    Imprime en nous, Seigneur, par notre fidélité à te servir,

    le signe de ce Jour qui ne dépend ni du lever

    ni de la course du soleil.

    En tes sacrements, chaque jour, nous t’étreignons

    et nous te recevons dans notre corps :

    accorde-nous d’expérimenter en nous-mêmes

    la résurrection que nous espérons.

    Sois pour nos pensées, Seigneur,

    les ailes qui nous emmènent, légers, dans les hauteurs

    et nous transportent jusqu’à notre vraie demeure.

    Nous recelons ton trésor dans notre corps

    par la grâce du baptême (…).

    Puissions-nous le comprendre à quelle beauté

    nous sommes appelés par cette beauté spirituelle

    que ta volonté immortelle éveille en nous (…).

    Que ta résurrection, Jésus,

    fasse croître en nous l’homme spirituel (cf Ep 3,16),

    et que la contemplation de tes mystères

    soit le miroir où nous puissions te reconnaître (cf 1Co 13,12). (…)

    Donne-nous, Seigneur, de nous hâter vers notre sainte patrie,

    et de la posséder dès maintenant par la contemplation

    comme Moïse a vu la Terre promise

    du sommet de la montagne (Dt 34,1).

    Saint Ephrem (v. 306-373)

     

     

     

  • « Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu. »

    Les contemplatifs et les ascètes de tous les temps, de toutes les religions, ont toujours recherché Dieu dans le silence, la solitude des déserts, des forêts, des montagnes. Jésus lui-même a vécu quarante jours en parfaite solitude, passant de longues heures, cœur à cœur avec le Père, dans le silence de la nuit.

    Nous-mêmes sommes appelés à nous retirer par intermittences dans un plus profond silence, dans l’isolement avec Dieu. Être seul avec lui, non pas avec nos livres, nos pensées, nos souvenirs, mais dans un parfait dénuement ; demeurer en sa présence ; silencieux, vide, immobile, dans l’attente.

    Nous ne pouvons pas trouver Dieu dans le bruit, l’agitation. Vois la nature : les arbres, les fleurs, l’herbe des champs croissent en silence ; les étoiles, la lune, le soleil se meuvent en silence. L’essentiel n’est pas ce que nous pouvons dire, mais ce que Dieu nous dit, et ce qu’il dit à d’autres à travers nous. Dans le silence, il nous écoute ; dans le silence, il parle à nos âmes. Dans le silence, il nous est donné le privilège d’entendre sa voix :

    Silence de nos yeux.

    Silence de nos oreilles.

    Silence de notre bouche.

    Silence de notre esprit.

    Dans le silence du cœur,

    Dieu parlera.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

     

     

     

     

  • « Il sortit et se retira dans un endroit désert. »

    Comment ne pas nous rappeler un Maître comme celui qui nous a appris la prière, qui nous l’a enseignée avec tant d’amour et avec un si vif désir qu’elle nous soit profitable ? (…) Vous savez qu’il nous enseigne à prier dans la solitude. C’est ainsi que notre Seigneur faisait toujours, quand il priait, non que cela lui soit nécessaire, mais parce qu’il voulait nous donner l’exemple. Nous avons déjà dit qu’on ne saurait parler en même temps à Dieu et au monde. Or ils ne font pas autre chose, ceux qui récitent des prières et par ailleurs écoutent ce qui se dit autour d’eux, ou s’arrêtent aux pensées qui se présentent sans se préoccuper de les repousser.

    Je ne parle pas de ces indispositions qui surviennent parfois, ni, surtout de la mélancolie ou de la faiblesse d’esprit qui affligent certaines personnes et les empêchent, malgré leurs efforts, de se recueillir. Il en est de même pour ces orages intérieurs qui peuvent troubler quelquefois les fidèles serviteurs de Dieu, mais que celui-ci permet pour leur plus grand bien. Dans leur affliction, ils cherchent en vain le calme. Quoi qu’ils fassent, ils ne peuvent pas être attentifs aux prières qu’ils prononcent. Leur esprit, loin de se fixer à rien, s’en va tellement à l’aventure qu’il semble en proie à une sorte de frénésie. À la peine qu’ils en éprouvent, ils verront que ce n’est pas de leur faute ; qu’ils ne se tourmentent donc pas. (…) Puisque leur âme est malade, qu’ils s’appliquent à lui procurer quelque repos et s’occupent de quelque autre œuvre de vertu. Voilà ce que doivent faire les personnes qui veillent sur elles-mêmes et qui comprennent que l’on ne saurait parler à Dieu et au monde en même temps.

    Ce qui dépend de nous, c’est d’essayer d’être dans la solitude pour prier. Et plaise à Dieu que cela suffise, je le répète, pour comprendre en présence de qui nous sommes et quelle réponse le Seigneur fait à nos demandes ! Pensez-vous qu’il se taise, bien que nous ne l’entendions pas ? Non, certes. Il parle au cœur quand c’est le cœur qui le prie.

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

     

     

     

     

  • Le Christ me demandera des comptes…

    Voici que mes péchés me causent une vive frayeur, mes omissions me couvrent d’une profonde honte, le gaspillage de ma vie me cause une très grande crainte. Je redoute ce futur examen où le Christ, l’homme noble, me demandera des comptes.

    S’il voulait exiger de moi le temps qu’il m’a remis en dépôt, et l’intelligence, ce talent qu’il m’a confié pour fournir des intérêts, sans aucun doute je n’aurais aucune réponse convenable à faire à ta charité. Que ferai-je ? De quel côté me tournerai-je ? Je ne puis bêcher la terre ; mendier, j’en ai honte (Lc 16,3). Ô tendresse ! Tendresse ! ouvre ta bouche maintenant ; que ton doux conseil, je t’en supplie, réconforte mon âme. De grâce, réponds-moi : que décideras-tu de me faire dans cette conjoncture, car selon ton nom tu es un cœur vraiment tendre, et tu connais parfaitement ce qui en cette conjoncture me convient. De grâce, pardonne-moi et viens à mon secours et, en cette tribulation, ne me regarde pas avec indifférence. Laisse-toi émouvoir par la pauvreté de mon esprit et, le cœur touché de compassion, dis-moi dans ta bonté : « Faisons, toi et moi, bourse commune. » (Pr 1,14)

    Ô Tendresse ! Tendresse ! n’as-tu pas chez toi entreposées tant et de si belles richesses que le ciel et la terre ne suffisent pas à les contenir. Toi, tu as contraint mon Jésus à donner son âme pour mon âme, pour ma vie la sienne ; de la sorte tu as fait mien tout ce qui est sien et ainsi, par ton abondance, tu as accru les ressources du pauvre. De grâce, convoque mon âme famélique à tes libéralités, afin que je vive à pleine vie de tes richesses et que, par toi élevée, par toi nourrie, je ne défaille pas dans le service du Seigneur, jusqu’à ce que, sous ta conduite, je retourne à mon Dieu, et je rende mon esprit à celui qui me l’a donné (Qo 12,7).

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

     

     

     

     

  • Ce qui fait plaisir à Dieu

    Pensez-vous, mes sœurs, le plaisir que Dieu prend à considérer une âme attentive à lui plaire, soigneuse de lui offrir ce qu’elle entreprend de faire ? Ah ! cela n’est pas imaginable, mes sœurs, et l’on a grande raison de dire que cela donnait de la joie à Dieu. Ah ! oui, c’est sa joie, c’est son bon plaisir, ce sont ses délices. Il en est comme d’un enfant qui a soin d’apporter à son père tout ce qu’on lui donne ; si quelqu’un lui donne quelque chose, il n’a point de repos qu’il n’ait trouvé son père : « Tenez, mon papa ; voilà ce que j’ai ; l’on m’a donné ceci ; j’ai fait cela. » Et ce père prend un plaisir indicible à voir la docilité de cet enfant et ces petites marques d’amour et de sa dépendance.

    De même, mes chères sœurs, en est-il de Dieu, et à un degré bien autre. Quand une âme, dès le matin lui dit : « Mon Dieu, je vous offre tout ce qui m’arrivera en ce jour », et que, de plus, aux principales occasions qui se présentent de faire ou de pâtir, elle jette un regard vers sa divine Majesté pour lui dire d’un langage muet : « Voilà, mon Dieu, ce que je m’en vais faire pour votre amour ; cette rencontre m’est fâcheuse et dure à supporter ; mais pour votre amour, rien ne m’est impossible » ; alors, mes filles, Dieu augmente la grâce, à mesure que sa bonté voit l’usage que l’âme en fait, et si elle a eu aujourd’hui de la force pour surmonter une difficulté, elle en aura demain pour passer par-dessus une autre ou plusieurs beaucoup plus grandes et fâcheuses.

    Saint Vincent de Paul (1581-1660)

     

     

     

  • Ô tendresse, prête l’oreille!

    Ô Tendresse ! Tendresse ! ne m’abandonne pas dans mon angoisse. À mes sanglots, à mes cris, ne détourne pas ta face. Que ta charité t’incline à m’écouter avec patience. De grâce, ouvre ton sein, afin que je puisse reposer un moment et épancher mon esprit devant toi. Je suis assurée qu’en vertu de la bonté, de la bienveillance qui t’est naturelle, tu ne dédaignes aucun homme dans la désolation et ne méprise pas celui qui est dans la tribulation. Oh ! combien agréable l’odeur de tes parfums, à ceux qui allaient tomber en défaillance.

    Toi, tu relèves ceux qui sont brisés ; toi, tu délies ceux qui sont enchaînés (Ps 145,7). Toi, tu ne dédaignes personne dans la tribulation ; toi, tu es attentive aux nécessités de tous, d’une manière maternelle et miséricordieuse. Toi, sur les désespérés tu veilles avec tendresse. Toi, à l’indigence de tous tu daignes subvenir avec la plus grande clémence. De grâce, maintenant, à moi indigente, prête l’oreille, afin que pour le bien de mon âme, je puisse avoir avec toi de précieux entretiens et que de toi je reçoive de chers conseils.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

     

     

     

  • La meilleure manière de prier

    Se tenir devant Dieu est commun à tous ceux qui prient ; mais la prière comporte cependant beaucoup de variété et de diversité. Certains s’adressent à Dieu comme à un ami et à un maître, lui offrant leurs louanges et leurs supplications non pour eux-mêmes mais pour d’autres. D’autres demandent un accroissement de richesses spirituelle, de gloire et de confiance filiale. Certains supplient d’être complètement délivrés de leur adversaire. D’autres supplient pour que leur soit accordée quelque faveur, et d’autres demandent d’être délivrés de tout souci à l’égard de leurs fautes. certains demandent leur libération de prison ; d’autres, la rémission de leurs crimes.

    Sur le parchemin de notre prière, inscrivons avant tout autre chose l’action de grâces sincère. En second lieu, la confession de nos fautes et une contrition de l’âme profondément ressentie. Ensuite, présentons notre demande au Roi de l’univers. C’est la meilleur manière de prier.

    Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650)

     

     

  • « Ces douze, Jésus les envoya en mission. »

    Esprit d’amour éternel, qui procèdes du Père et du Fils,
    nous te remercions pour toutes les vocations d’apôtres et de saints qui ont fécondé l’Eglise.

    Esprit d’amour éternel, qui procèdes du Père et du Fils,
    nous te remercions pour toutes les vocations d’apôtres et de saints qui ont fécondé l’Eglise.

    Continue encore ton oeuvre, nous t’en prions.

    Souviens-toi de ce moment, à la Pentecôte, où tu descendis sur les apôtres réunis en prière avec Marie, la mère de Jésus, et regarde ton Eglise qui a aujourd’hui un besoin particulier de prêtres saints, de témoins fidèles et autorisés de ta grâce; qui a besoin d’hommes et de femmes consacrés, qui rayonnent la joie de celui qui vit seulement pour le Père, de celui qui fait sienne la mission et l’offrande du Christ, de celui qui construit dans la charité le monde nouveau.

    Esprit-Saint, source éternelle de joie et de paix, c’est toi qui ouvres le coeur et l’esprit à l’appel divin; c’est toi qui rends efficace tout élan vers le bien, vers le vérité, vers la charité. Tes gémissements inexprimables s’élèvent vers le Père du coeur de l’Eglise, qui souffre et lutte pour l’Evangile.

    Ouvre le coeur et l’esprit des jeunes gens et jeunes filles, pour qu’une nouvelle floraison de saintes vocations montre la fidélité de ton amour, et que tous puissent connaître le Christ, vraie lumière venue dans le monde pour offrir à chaque être humain l’espérance assurée de la vie éternelle.

    Amen.

     

    Saint Jean-Paul 2

    Message pour la 35ème Journée Mondiale de prière pour les vocations – 3 mai 1998

  • Appelle Jésus Christ à ton aide

    Il faut armer notre ardeur contre les seuls démons qui, dans l’ordre de la raison, nous haïssent et exercent leur propre ardeur contre nous. Quant à la manière de mener selon les circonstances cette guerre qui est en nous, écoute et fais ceci : joins la prière à la sobriété et à la vigilance, car la vigilance, qui ne cessent de veiller, aperçoivent ceux qui entrent : elles les empêchent un moment d’entrer, puis elles appellent au secours le Seigneur Jésus Christ, pour qu’il chasse les ennemis mauvais. L’attention les empêche d’entrer, en s’opposant à eux. Et Jésus, invoqué, chasse les démons et leurs fantasmes.

    Mets beaucoup de rigueur à garder ton intelligence. Dès que tu prends conscience d’une pensée, réfute-la. Mais aussitôt appelle vite le Christ à ton aide. Le doux Jésus, avant même que tu aies fini de parler, te dira : « Je suis venu assurer ta défense ». Et quand ta prière aura renversé tous ces ennemis, veille de nouveau sur ton intelligence. Voici que des vagues encore plus nombreuses que les premières arrivent l’une après l’autre, et sur elle nage ton âme. Mais Jésus revient, éveillé par son disciple, et il commande en Dieu aux vents mauvais (cf. Mt 8,23-27). Pour ces grâces, consacre une heure si tu peux, ou un instant, à glorifier Celui qui t’a sauvé.

    Philothée le Sinaïte

     

     

     

  • « Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison. »

    Tout est un pour ceux qui sont parvenus à l’unité profonde de la vie divine : le repos et l’action, contempler et agir, se taire et parler, écouter et s’ouvrir, recevoir en soi le don de Dieu et rendre l’amour à flots dans l’action de grâces et la louange. (…) Il nous faut pendant des heures écouter en silence, laisser la parole divine s’épanouir en nous jusqu’à ce qu’elle nous incite à louer Dieu dans la prière et le travail.

    Les formes traditionnelles nous sont nécessaires aussi et nous devons participer au culte public ainsi que l’ordonne l’Église, pour que notre vie intérieure s’éveille, reste dans la voie droite et trouve l’expression qui lui convient. La louange solennelle de Dieu doit avoir ses sanctuaires sur la terre afin d’être célébrée avec toute la perfection dont les hommes sont capables. De là, au nom de la sainte Église, elle peut monter vers le ciel, agir sur tous ses membres, éveiller leur vie intérieure et stimuler leur effort fraternel. Mais pour que ce chant de louange soit vivifié de l’intérieur, encore faut-il qu’il y ait dans ces lieux de prière des temps réservés à l’approfondissement spirituel dans le silence ; sinon, cette louange dégénérerait en un balbutiement des lèvres dépouillé de vie. C’est grâce à ces foyers de vie intérieure que ce danger est écarté ; les âmes peuvent y méditer devant Dieu dans le silence et la solitude, afin d’être au cœur de l’Église les chantres de l’amour qui vivifie tout.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942)