Étiquette : prière

  • « Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée. »

    lumière

    Christ, daigne allumer toi-même nos lampes, toi notre Sauveur plein de douceur ; fais-les brûler sans fin dans ta demeure, et recevoir de toi, lumière éternelle, une lumière indéfectible. Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres, et que par nous elle fasse reculer les ténèbres du monde. Veuille donc, Jésus, je t’en prie, allumer ma lampe à ta propre lumière, et qu’ainsi, à cette clarté, m’apparaisse le Saint des saints où toi, Prêtre éternel des temps éternels, tu fais ton entrée sous les portiques de ce temple immense (He 9,11s). Qu’à ta lumière je ne cesse de te voir, de tendre vers toi mon regard et mon désir. Alors, dans mon cœur, je ne verrai que toi seul, et en ta présence ma lampe sera toujours allumée et ardente.

    Fais-nous la grâce…, puisque nous frappons à  ta porte, de te manifester à nous, Sauveur plein d’amour. Te comprenant mieux, puissions-nous n’avoir d’amour que pour toi, toi seul. Sois, nuit et jour, notre seul désir, notre seule méditation, notre pensée continuelle. Daigne répandre en nous assez de ton amour pour que nous aimions Dieu comme il convient. Remplis-nous de ton amour…, pour que nous ne sachions plus rien aimer sinon toi, qui es éternel. Alors les grandes eaux du ciel, de la terre et de la mer ne pourront éteindre en nous une si grande charité, selon cette parole du Cantique des cantiques : « Les grandes eaux n’ont pas pu éteindre l’amour » (8,7). Qu’en nous se réalise, en partie tout au moins, ce progrès de l’amour par ta grâce, Seigneur Jésus.

    Saint Colomban (563-615), moine, fondateur de monastères
    12e Instruction spirituelle, 2-3 (trad. bréviaire 28e mar.)

     

     

     

     

  • « L’Écriture dit : ‘Ma maison sera une maison de prière’ »

    Je vous exhorte à marcher selon la pensée de Dieu. Car Jésus Christ, l’indéfectible principe de notre vie, est la pensée du Père. De même les évêques, établis jusqu’aux extrémités de la terre, sont dans la pensée de Jésus Christ. Il convient donc de marcher selon la pensée de votre évêque. C’est d’ailleurs ce que vous faites. L’ensemble de vos prêtres, vraiment dignes de Dieu, est attaché à l’évêque comme les cordes le sont à la cithare. Ainsi dans l’accord de vos sentiments et dans l’harmonie de votre charité, vous chantez Jésus Christ. Que chacun de vous devienne un membre de ce chœur pour que, dans l’harmonie de votre accord et sur le ton de Dieu, vous chantiez dans l’unité d’une seule voix les louanges du Père, par Jésus Christ. (…)

    Vous êtes les pierres du temple du Père, taillées pour l’édifice que construit Dieu le Père, élevées jusqu’au sommet par l’instrument de Jésus Christ, qui est sa croix, vous servant comme câble de l’Esprit Saint. Votre foi vous tire en haut, et la charité est le chemin qui vous élève jusqu’à Dieu. Vous êtes aussi tous des compagnons de route, porteurs de Dieu et de son temple, porteurs du Christ, portant les objets sacrés, ornés en tout des préceptes de Jésus Christ. Avec vous, je suis dans l’allégresse (…); je me réjouis avec vous de ce que, vivant d’une vie nouvelle, vous n’aimez rien d’autre que Dieu seul.

    Saint Ignace d’Antioche

     

     

  • Toujours prier

    « Priez sans cesse » ordonne l’apôtre Paul (1Th 5,17). Rappelant ce précepte, Clément d’Alexandrie écrit : « Il nous est commandé de louer et d’honorer le Verbe, dont nous savons qu’il est le Sauveur et le Roi, et par lui, le Père, non pas en des jours choisis, comme d’autres le font, mais constamment tout au long de notre vie, et de toutes les façons possibles ».

    Au milieu des occupations de la journée, à l’instant de vaincre la tendance à l’égoïsme, lorsque nous éprouvons la joie de l’amitié envers les autres hommes, dans tous ces moments-là, le chrétien doit retrouver Dieu. Par le Christ et dans l’Esprit Saint, le chrétien accède à l’intimité de Dieu le Père, et il parcourt son chemin en cherchant ce royaume qui, bien que n’étant pas de ce monde (Jn 18,36), se prépare et commence dans ce monde.

    Il faut fréquenter le Christ, dans la Parole et dans le Pain, dans l’eucharistie et dans la prière. Et le fréquenter comme on fréquente un ami, un être réel et vivant comme l’est le Christ, puisqu’il est ressuscité. (…) Le Christ, le Christ ressuscité, c’est le compagnon, c’est l’Ami. Un compagnon qui ne se laisse voir que dans la pénombre, mais dont la réalité remplit toute notre vie et nous fait désirer sa compagnie définitive. « L’Esprit et l’Épouse disent : Viens ! Que celui qui écoute dise : Viens ! Et que l’homme assoiffé s’approche, que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie, gratuitement. (…) Le garant de ces révélations l’affirme : Oui, mon retour est proche ! Oh oui, viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22,17.20)

    Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975)

     

     

     

     

  • Commémoration de tous les fidèles défunts

    Le bois de la vigne, une fois planté en terre, porte du fruit quand vient le temps. De même, le grain de froment, après être tombé en terre et s’y être dissous (Jn 12,24), resurgit multiplié par l’Esprit de Dieu qui soutient toutes choses. Ensuite, grâce au savoir-faire, ils viennent à l’usage des hommes ; puis, en recevant la Parole de Dieu, ils deviennent eucharistie, c’est à dire le Corps et le Sang du Christ.

    De même nos corps, qui sont nourris par cette eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s’y être dissous, ressusciteront en leur temps, lorsque le Verbe de Dieu les gratifiera de la résurrection, « pour la gloire de Dieu le Père » (Ph 2,11). Car il procurera l’immortalité à ce qui est mortel et l’incorruptibilité à ce qui est périssable (1Co 15,53), parce que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse (2Co 12,9).

    Dans ces conditions nous nous garderons bien, comme si c’était de nous-mêmes que nous avons la vie, de nous enfler d’orgueil, de nous élever contre Dieu en acceptant des pensées d’ingratitude. Au contraire, sachant par expérience que c’est de sa grandeur à lui (…) que nous tenons de pouvoir vivre à jamais, nous ne nous écarterons pas de la vraie pensée sur Dieu et sur nous-mêmes. Nous saurons quelle puissance Dieu possède et quels bienfaits l’homme reçoit de lui. Nous ne nous méprendrons pas sur la vraie conception qu’il faut avoir de Dieu et de l’homme. D’ailleurs (…), si Dieu a permis notre dissolution dans la terre, n’est-ce pas précisément pour que, instruits de toutes ces choses, nous soyons dorénavant attentifs en tout, ne méconnaissant ni Dieu ni nous-mêmes ? (…) Si la coupe et le pain, par la Parole de Dieu, deviennent eucharistie, comment prétendre que la chair est incapable de recevoir la vie éternelle ?

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

     

     

     

     

     

  • « Frappez, la porte vous sera ouverte. »

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    Notre Seigneur m’a fait une révélation sur la prière. J’ai vu qu’elle repose sur deux conditions : la rectitude et une confiance ferme. Très souvent, notre confiance n’est pas totale. Nous ne sommes pas sûrs que Dieu nous écoute, car nous pensons que nous en sommes indignes et d’ailleurs nous ne ressentons rien. Nous sommes souvent aussi secs et stériles après notre prière qu’avant. Notre faiblesse vient de ce sentiment de notre sottise, comme je l’ai moi-même éprouvé. Tout cela, notre Seigneur me l’a présenté soudain à l’esprit et m’a dit : « Je suis l’origine de ta supplication. D’abord, c’est moi qui veux te faire ce don, puis je fais en sorte que toi tu le veuilles aussi. Je t’incite à implorer, et tu implores : comment alors serait-il possible que tu n’obtiennes pas ce que tu demandes ? »

    Notre bon Seigneur m’a donné ainsi un grand réconfort… Lorsqu’il a dit : « Et tu implores », il m’a montré le grand plaisir que lui cause notre supplication et la récompense infinie qu’il nous accordera en réponse à notre prière. Quand il a déclaré : « Comment serait-il possible que tu n’obtiennes pas ? », il en parle comme d’une impossibilité, car il est complètement impossible que nous ne recevions pas la grâce et la miséricorde lorsque nous les demandons. En effet, tout ce que notre Seigneur nous fait implorer, il l’a ordonné pour nous de toute éternité. Par là, nous pouvons voir que ce n’est pas notre supplication qui est la cause de la bonté qu’il nous témoigne… : « J’en suis l’origine »…

    La prière est un acte délibéré, vrai et persévérant de notre âme, qui s’unit et s’attache à la volonté de notre Seigneur, par l’opération douce et secrète du Saint Esprit. Notre Seigneur lui-même reçoit d’abord notre prière, me semble-t-il ; il la prend avec une grande reconnaissance et une grande joie, et il l’emporte en plein ciel et la dépose dans un trésor où elle ne périra jamais. Elle est là devant Dieu et tous ses saints, continuellement reçue, continuellement nous aidant dans nos besoins. Et quand nous entrerons dans la béatitude, elle nous sera rendue, contribuant à notre joie, avec des remerciements infinis et glorieux de la part de Dieu.

    Julienne de Norwich (1342-après 1416), recluse anglaise
    Révélations de l’amour divin, ch. 41

     

     

     

     

  • « Jeter un feu sur la terre » : le don de l’Esprit Saint (Ac 2,3)

    Esprit de Dieu, Esprit de vérité et de lumière,

    Demeure constamment en mon âme par ta grâce divine.

    Que ton souffle dissipe les ténèbres

    Et que dans ta lumière les bonnes actions se multiplient.

     

    Esprit de Dieu, Esprit d’amour et de miséricorde,

    Qui verses en mon cœur le baume de la confiance,

    Ta grâce confirme mon âme dans le bien,

    Lui donnant une force invincible : la constance !

     

    Esprit de Dieu, Esprit de paix et de joie,

    Qui réconfortes mon cœur assoiffé,

    Qui verses en lui la vivante source de l’amour divin,

    Et le rends intrépide dans la lutte ;

     

    Esprit de Dieu, le plus aimable hôte de mon âme,

    Je désire de mon côté t’être fidèle,

    Tant aux jours de joie qu’aux heures de souffrances ;

    Je désire, Esprit de Dieu, vivre toujours en ta présence.

     

    Esprit de Dieu, qui imprègnes mon être

    Et me fais connaître ta vie divine et trinitaire,

    Tu m’inities à ton Être divin ;

    Unie ainsi à toi, j’ai la vie éternelle.

     

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

     

  • Prions sans nous lasser pour découvrir la splendeur de son Royaume

    L’invocation continuelle de Jésus, quand elle va de pair avec un désir plein de douceur et de joie, donne à l’espace du cœur d’être lui-même empli de joie et de sérénité par la grâce de l’attention extrême. Mais celui qui mène à sa fin la purification du cœur est Jésus Christ, le Fils de Dieu et Dieu, qui est l’origine et le créateur de tous les biens. Car il dit : « Je suis Dieu qui fais la paix » (Is 45,7 LXX). (…)

    Donnons-nous de la peine, comme David, à crier « Seigneur Jésus Christ ». Que notre gorge s’enroue. Et que les yeux de notre intelligence ne laissent pas d’espérer dans le Seigneur notre Dieu (Ps 68(69),4 LXX). Si nous nous souvenons toujours de la parabole du juge inique, par laquelle le Seigneur nous dit qu’il faut prier continuellement et ne pas nous lasser (cf. Lc 18,1), nous trouverons notre gain et notre justice. (…)

    L’âme qui par la mort s’est envolée dans les airs, et qui aux portes du ciel a le Christ avec elle et pour elle, ne sera pas confondue là non plus par ses ennemis, mais alors comme maintenant elle leur parlera aux portes avec assurance. Seulement, qu’elle ne se lasse pas jusqu’à son exode d’appeler jour et nuit vers le Seigneur Jésus Christ, le Fils de Dieu. Selon sa divine promesse qui ne trompe pas, lui-même lui fera prompte justice, comme il l’a dit au sujet du juge inique (cf. Lc 18,1). Oui, je vous l’affirme, il le fera, et dans la vie présente, et lorsqu’elle aura quitté son corps. (…)

    Il est vrai que tout cela ne vient pas de nous, mais de Dieu qui nous l’a donné. Lui qui, dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit, est loué et glorifié par toute nature de raison, par les anges, par les hommes, par toute la création qu’a formée la Trinité ineffable, le Dieu unique. Puissions-nous découvrir la splendeur de son Royaume, par les prières de la Mère de Dieu très pure et de nos saints Pères. À Dieu inaccessible, la gloire éternelle. Amen.

    Hésychius le Sinaïte

     

     

     

  • Excellence de la prière du Notre Père

    Le Pater, ou l’Oraison dominicale, tire sa première excellence de son auteur, qui n’est pas un homme ou un ange, mais le Roi des anges et des hommes, Jésus-Christ. Il était nécessaire, dit Saint Cyprien, que Celui qui venait nous donner la vie de la grâce comme Sauveur, nous enseignât la manière de prier comme Maître céleste.

    La sagesse de ce divin Maître paraît bien dans l’ordre, la douceur, la force et la clarté de cette divine prière ; elle est courte, mais elle est riche en instructions, intelligible pour les simples et remplie de mystères pour les savants. Le Pater renferme tous les devoirs que nous devons rendre à Dieu, les actes de toutes les vertus, et les demandes de tous nos besoins spirituels et corporels. Elle contient, dit Tertullien, l’abrégé de l’Évangile. Elle surpasse, dit Thomas a Kempis, tous les désirs des saints ; elle contient en abrégé toutes les douces sentences des psaumes et des cantiques ; elle demande tout ce qui nous est nécessaire ; elle loue Dieu d’une manière excellente ; elle élève l’âme de la terre au ciel et l’unit étroitement avec Dieu.

    Nous devons réciter l’Oraison dominicale avec certitude que le Père éternel l’exaucera, puisqu’elle est la prière de son Fils qu’il exauce toujours, et que nous sommes ses membres ; car que peut refuser un si bon Père à une requête si bien conçue et appuyée sur les mérites et la recommandation d’un si digne Fils ?

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

     

     

     

     

  • « Survint une pécheresse… » (Lc 7,37)

    Gertrude comprit que chaque fois que l’homme se recommande à Dieu, le priant de le préserver du péché, si même le secret dessein de Dieu permet qu’il tombe dans quelque faute grave, cette chute ne sera pas telle que la grâce divine ne lui soit donnée comme un bâton où s’appuyer pour revenir plus facilement à la pénitence. (…)

    Elle se vit auprès du Seigneur demandant sa bénédiction. Celle-ci obtenue, il lui sembla qu’en retour le Seigneur lui demandait, à elle, de le bénir. Par quoi elle comprit que l’homme bénit le Seigneur chaque fois qu’il se repent intérieurement de toute offense commise envers son Créateur et lui demande secours pour s’en garder désormais. Sous cette bénédiction, le Seigneur des cieux s’inclina profondément avec reconnaissance, manifestant qu’elle lui était éminemment agréable, comme s’il avait tenu d’elle seule tout son propre bonheur. (…)

    Une autre fois, devant la difficulté d’un certain travail, elle dit au Père : « Seigneur, je vous offre ce travail par votre Fils unique, dans la vertu de l’Esprit Saint, pour votre éternelle gloire. » Une grâce de lumière lui révéla l’efficacité de cette parole au point que toute offrande faite dans une telle intention prenait magnifiquement une haute qualité dépassant toute valeur humaine et devenant agréable à Dieu le Père. Comme tout objet apparaît vert quand on le regarde à travers un carreau vert et apparaît rouge si le carreau est rouge, et ainsi de suite ; pareillement rien n’est plus infiniment doux et agréable à Dieu le Père que ce qui lui est offert par son Fils unique.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

     

     

     

     

     

  • Fête de la Croix Glorieuse

    Ô Sagesse, quel jeu tu joues ; par quel artifice tu circonviens mon Jésus. Toi, tu dépouilles le Roi de gloire, tu en fais un spectacle de mépris. Toi, tu attaches au gibet la rançon du monde entier. Toi seule, tu pèses et apprécies la valeur de ce mystère pour payer la dette de toute prévarication. Toi, tu élèves celui qui est la vie de tous, afin que, les attirant à lui dans sa mort (cf. Jn 12,32), il les vivifie tous.

    Ô Amour sage, quel amalgame tu composes, pour mettre un terme à la ruine universelle. Ô quel emplâtre tu emploies pour guérir la blessure de tous. Ô Amour, ta prudence vient au secours de ceux qui étaient perdus. Toi, tu condamnes le Juste, afin de sauver le coupable malheureux. Ô Amour sage, ta sentence est le soulagement des malheureux. Toi, tu défends la cause de la paix. Toi, tu exauces la miséricorde qui interpelle pour nous. Toi, dans un dessein prudent, tu subviens à l’angoisse de tous, par la volonté bienveillante de ta clémence. Toi, tu mets fin à l’universelle misère, par l’œuvre glorieuse de ta miséricorde. Ô Amour, ta découverte est pour les perdus l’occasion du salut.

    Voici, ô Sagesse, que déjà est ouvert le cellier rempli de bonté. De grâce, regarde-moi, l’accusé, qui me tient dehors, à la porte de la charité. De grâce, remplis les haillons de mon indigence de la bénédiction de tes douceurs. Voici que devant toi s’offre la coupe vide de mon désir (cf. Ps 37,10). De grâce, que s’ouvre la serrure de ta plénitude. De grâce, ne me traite pas selon mes péchés ; ne me punis pas selon mes iniquités (Ps 102,10), mon Jésus. De grâce, de même que par ton sang tu m’as été vraiment propice, ainsi par la vertu de ta précieuse croix, répare en moi ma vie.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)