Étiquette : prière

  • « Il passa la nuit à prier Dieu. »

    Tout homme qui demande au Seigneur « une seule chose » et qui « la cherche » (Ps 26,4), la demande avec certitude et sécurité (…). Cette chose unique, c’est la seule et véritable vie bienheureuse qui consiste à contempler l’amabilité de Dieu pour toujours, quand nous serons devenus immortels de corps et d’esprit. C’est pour elle seule que nous recherchons tout le reste et que nous le demandons comme il convient. L’homme qui la possédera possédera tout ce qu’il veut, et alors il ne pourra ni vouloir ni posséder quelque chose qui ne conviendrait pas.

    Là, en effet, se trouve la source de vie, dont il faut avoir soif maintenant dans la prière, aussi longtemps que nous vivons dans l’espérance et que nous ne voyons pas encore ce que nous espérons (Rm 8,25). Nous sommes cachés « à l’ombre de ses ailes ; devant lui est tout notre désir » (Ps 35,8; 37,10) ; nous voulons « nous enivrer des richesses de sa maison, nous abreuver au torrent de ses délices », parce qu’« en lui est la source de vie » et que « dans sa lumière nous verrons la lumière » (Ps 35,8s). Alors notre désir sera rassasié de bonheur et nous n’aurons plus rien à chercher en gémissant, puisque nous le posséderons dans la joie.

    Cependant, comme il s’agit d’une « paix qui surpasse toute intelligence » (Ph 4,7), même lorsque nous la réclamons dans la prière, « nous ne savons pas ce que nous devons demander pour prier comme il faut » (Rm 8,26). Une chose que nous ne pouvons pas concevoir telle qu’elle est, il est évident que nous ne la savons pas. (…) L’apôtre Paul écrit : « Nous qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance ». Et il ajoute : « L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas ce que nous devons demander pour prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des gémissements inexprimables » (Rm 8,25s).

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • La puissance d’une prière persévérante

    Alors qu’elle devrait se retirer découragée, la Cananéenne approche de plus près et, adorant Jésus, elle lui dit : « Seigneur, viens à mon secours ! » Mais alors, femme…, tu ne l’as pas entendu dire : « Je n’ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d’Israël » ? Je l’ai entendu, réplique-t-elle ; mais je sais qu’il est le Seigneur de toutes choses…

    C’est parce qu’il prévoyait sa réponse que le Christ retardait d’exaucer sa prière. Il refusait sa demande pour souligner sa piété. S’il n’avait pas voulu l’exaucer, il ne lui aurait pas accordé sa demande à la fin… Ses réponses n’étaient pas destinées à lui faire de la peine, mais plutôt à l’attirer et à révéler ce trésor caché.

    Mais considère, je te prie, en même temps que sa foi, son humilité profonde. Jésus a donné aux juifs le nom d’enfants ; la Cananéenne renchérit encore sur ce titre et les appelle des maîtres, tant elle était loin d’être jalouse des louanges prodiguées aux autres : « Les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table des maîtres »… Et c’est à cause de son humilité qu’elle a été admise au nombre des enfants. Le Christ lui dit alors : « Femme, ta foi est grande ». Il lui tardait de prononcer cette parole et de récompenser cette femme : « Qu’il t’advienne selon ton désir ! »… Tu le vois, la Cananéenne a une grande part dans la guérison de sa fille. En effet, le Christ ne dit pas : Que ta fille soit guérie, mais : « Ta foi est grande, qu’il t’advienne selon ton désir ! » Et remarque encore bien ceci : là où les apôtres avaient échoué et n’avaient rien obtenu, elle a réussi. Telle est la puissance d’une prière persévérante.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

     

     

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  • « Frappez, la porte vous sera ouverte. »

    Notre Seigneur m’a fait une révélation sur la prière. J’ai vu qu’elle repose sur deux conditions : la rectitude et une confiance ferme. Très souvent, notre confiance n’est pas totale. Nous ne sommes pas sûrs que Dieu nous écoute, car nous pensons que nous en sommes indignes et d’ailleurs nous ne ressentons rien. Nous sommes souvent aussi secs et stériles après notre prière qu’avant. Notre faiblesse vient de ce sentiment de notre sottise, comme je l’ai moi-même éprouvé. Tout cela, notre Seigneur me l’a présenté soudain à l’esprit et m’a dit : « Je suis l’origine de ta supplication. D’abord, c’est moi qui veux te faire ce don, puis je fais en sorte que toi tu le veuilles aussi. Je t’incite à implorer, et tu implores : comment alors serait-il possible que tu n’obtiennes pas ce que tu demandes ? »

    Notre bon Seigneur m’a donné ainsi un grand réconfort. (…) Lorsqu’il a dit : « Et tu implores », il m’a montré le grand plaisir que lui cause notre supplication et la récompense infinie qu’il nous accordera en réponse à notre prière. Quand il a déclaré : « Comment serait-il possible que tu n’obtiennes pas ? », il en parle comme d’une impossibilité, car il est complètement impossible que nous ne recevions pas la grâce et la miséricorde lorsque nous les demandons. En effet, tout ce que notre Seigneur nous fait implorer, il l’a ordonné pour nous de toute éternité. Par là, nous pouvons voir que ce n’est pas notre supplication qui est la cause de la bonté qu’il nous témoigne (…) : « J’en suis l’origine »…

    La prière est un acte délibéré, vrai et persévérant de notre âme, qui s’unit et s’attache à la volonté de notre Seigneur, par l’opération douce et secrète du Saint-Esprit. Notre Seigneur lui-même reçoit d’abord notre prière, me semble-t-il ; il la prend avec une grande reconnaissance et une grande joie, et il l’emporte en plein ciel et la dépose dans un trésor où elle ne périra jamais. Elle est là devant Dieu et tous ses saints, continuellement reçue, continuellement nous aidant dans nos besoins. Et quand nous entrerons dans la béatitude, elle nous sera rendue, contribuant à notre joie, avec des remerciements infinis et glorieux de la part de Dieu.

    Julienne de Norwich (1342-après 1416)

     

     

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  • « Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

    Dieu unique en la Sainte Trinité, je désire t’aimer plus que personne ne t’a jamais aimé, et malgré ma misère et ma petitesse, j’ai ancré ma confiance à une grande profondeur dans l’abîme de ta miséricorde — mon Dieu et mon Créateur.

    Malgré ma grande misère, je n’ai peur de rien, mais je garde l’espoir de chanter éternellement mon chant de louange. Que nulle âme ne doute, même si elle est la plus misérable ; tant qu’elle est en vie, elle peut devenir une grande sainte, car grande est la puissance de la grâce divine. C’est à nous à ne pas résister à l’action divine.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)