Étiquette : Marie

  • Le vin nouveau de la vraie joie

    Le Seigneur, est-il écrit, est allé à des noces où il était invité. Le Fils de Dieu est donc allé à ces noces pour sanctifier par sa présence le mariage qu’il avait déjà institué. Il est allé à des noces de l’ancienne loi pour se choisir dans le peuple païen une épouse qui resterait toujours vierge. Lui qui n’est pas né d’un mariage humain est allé aux noces. Il y est allé non pour prendre part à un banquet joyeux, mais pour se révéler par un prodige vraiment admirable. Il y est allé non pour boire du vin, mais pour en donner. Car, dès que les invités manquaient de vin, la bienheureuse Marie lui a dit : « Ils n’ont pas de vin ». Jésus, apparemment contrarié, lui a répondu : « Femme, que me veux-tu ? »… En répondant : « Mon heure n’est pas encore venue », il annonçait certainement l’heure glorieuse de sa Passion, ou bien le vin répandu pour le salut et la vie de tous. Marie demandait une faveur temporelle, tandis que le Christ préparait une joie éternelle.

    Pourtant le Seigneur très bon n’a pas hésité à accorder de petites choses en attendant que viennent les grandes. La bienheureuse Marie, parce qu’elle était véritablement la mère du Seigneur, voyait par la pensée ce qui allait arriver et connaissait d’avance la volonté du Seigneur. C’est pourquoi elle a pris soin d’avertir les serviteurs par ces mots : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Sa sainte mère savait assurément que la parole de reproche de son fils et Seigneur ne cachait pas le ressentiment d’un homme en colère mais contenait un mystère de compassion… Et voici que soudain ces eaux ont commencé à recevoir de la force, à prendre de la couleur, à répandre une bonne odeur, à acquérir du goût, et en même temps à changer entièrement de nature.  Et cette transformation des eaux en une autre substance a manifesté la présence du Créateur, car personne, hormis celui qui a créé l’eau de rien, ne peut la transformer en autre chose.

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
    Homélie 23 ; PL 57, 274 (trad. cf Delhougne, Les Pères commentent, p. 389 et Brésard, 2000 ans C, p. 52)

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  • Désormais

    Marie se nourrit de la contemplation de son Jésus et aussi Jean qui est au bout de la table et reste suspendu aux lèvres de son Maître. Marie s’aperçoit que les serviteurs parlotent avec le majordome et que celui-ci est gêné et Elle comprend qu’il y a quelque chose de désagréable. “Fils” dit-elle doucement en attirant l’attention de Jésus avec cette parole. “Fils, ils n’ont plus de vin.” “Femme, qu’y a-t-il, désormais entre Moi et Toi?” Jésus en disant cette phrase sourit encore plus doucement et Marie sourit, comme deux qui savent une vérité qui est leur joyeux secret que tous les autres ignorent. Marie ordonne aux serviteurs: “Faites ce que Lui vous dira.” Marie a lu dans les yeux souriants de son Fils l’assentiment, voilé d’un grand enseignement pour tous les “appelés”. Et Jésus ordonne aux serviteurs: “Emplissez d’eau les cruches.” Je vois les serviteurs emplir les jarres de l’eau apportée du puits. (J’entends le grincement de la poulie qui monte et descend le seau qui déborde). Je vois le majordome qui se verse un peu de ce liquide avec un regard de stupeur, qui l’essaie avec une mimique d’un plus grand étonnement et le goûte. Il parle au maître de maison et à l’époux son voisin. Marie regarde encore son Fils et sourit; puis recevant un sourire de Lui, incline la tête en rougissant légèrement. Elle est heureuse. Dans la salle passe un murmure. Les têtes se tournent vers Jésus et Marie. On se lève pour mieux voir. On va vers les jarres. Un silence, puis un chœur de louanges à Jésus. Mais Lui se lève et dit une seule parole: “Remerciez Marie” et puis, il quitte le repas. Sur le seuil il répète: “La paix à cette maison et la bénédiction de Dieu sur vous” et il ajoute: “Mère, je te salue.”

    Jésus m’explique le sens de la phrase. “Ce « désormais », que beaucoup de traducteurs passent sous silence, est la clef de la phrase et l’explique avec son vrai sens. Je fus le Fils soumis à la Mère, jusqu’au moment où la volonté de mon Père m’indiqua que l’heure était venue d’être le Maître. À partir du moment où ma mission commença, je ne fus plus le Fils soumis à sa Mère, mais le Serviteur de Dieu. Les liens qui M’unissaient à Celle qui m’avait engendré étaient rompus. Ils s’étaient transformés en liens de plus haut caractère. Ils s’étaient tous réfugiés dans l’esprit. L’esprit appelait toujours « Maman » Marie, ma Sainte. L’amour ne connut pas d’arrêt, ne s’attiédit pas, au contraire, il ne fut jamais aussi parfait que lorsque, séparé d’Elle pour une seconde naissance, Elle me donna au monde, pour le monde, comme Messie, comme Évangélisateur. Sa troisième, sublime maternité mystique, ce fut quand, dans le déchirement du Golgotha, Elle m’enfanta à la Croix, en faisant de Moi, le Rédempteur du monde.  » Qu’y a-t-il désormais entre Moi et Toi? « . J’étais d’abord tien, uniquement tien. Tu me commandais, Je t’obéissais. Je t’étais soumis « . Maintenant, j’appartiens à ma mission. Ne l’ai-je peut-être pas dit? « Celui qui met la main à la charrue et se retourne pour saluer ceux qui restent, n’est pas apte au Royaume de Dieu ». J’avais mis la main à la charrue pour ouvrir avec le soc, non pas la glèbe mais les cœurs, pour y semer la parole de Dieu. Je ne l’avais enlevée cette main que quand on me l’avait arrachée de là pour la clouer à la Croix et pour ouvrir par la torture de ce clou le Cœur de mon Père en faisant sortir de la plaie le pardon pour l’humanité. Ce « désormais », oublié par plusieurs, voulait dire ceci: « Tu m’as été tout, ô Mère tant que je fus le Jésus de Marie de Nazareth et tu m’es tout en mon esprit mais, depuis que je suis le Messie attendu, j’appartiens à mon Père. Attends encore un peu et ma mission terminée, je serai de nouveau tout à toi. Tu me recevras encore dans tes bras comme quand j’étais petit et personne ne te le disputera plus, ce Fils qui est le tien que l’on regardera comme la honte de l’humanité, dont on te jettera la dépouille pour te couvrir toi aussi de l’opprobre d’être la mère d’un criminel. Et puis tu m’auras de nouveau, triomphant et puis, tu m’auras pour toujours, triomphante toi aussi, au Ciel. Mais maintenant, j’appartiens à tous ces hommes et j’appartiens au Père qui m’a envoyé vers eux ». Voilà ce que veut dire ce petit « désormais », si chargé de signification.” Jésus m’a donné cette instruction: “Quand j’ai dit aux disciples: « Allons faire plaisir à ma Mère » j’avais donné à la phrase un sens plus relevé qu’il ne semblait. Ce n’était pas le plaisir de me voir, mais d’être l’Initiatrice de mon activité miraculeuse et la Première Bienfaitrice de l’humanité. Gardez-en toujours le souvenir. Mon premier miracle est arrivé par Marie. Le premier. Symbole que Marie est la clef du miracle. Je ne refuse rien à ma Mère et, à cause de sa prière, J’avance même le temps de la grâce. Je connais ma Mère, la seconde en Bonté après Dieu. Je sais que vous faire grâce, c’est la faire heureuse puisqu’Elle est la « Toute Amour ». Voilà pourquoi j’ai dit, Moi qui savais: « Allons lui faire plaisir ». En outre, j’ai voulu rendre manifeste au monde sa puissance en même temps que la mienne. Destinée à être unie à Moi dans la chair – car nous fûmes une seule chair: Moi en Elle, et Elle autour de Moi, comme des pétales de lis autour d’un pistil odorant et plein de vie – unie à Moi dans la douleur – car nous fûmes sur la Croix, Moi avec ma chair, Elle avec son esprit, de même que le lis exhale son parfum avec sa corolle et l’essence qu’on en tire – il était juste qu’Elle me fût unie dans la puissance qui se manifeste au monde. Je vous dis à vous ce que Je disais aux invités: « Remerciez Marie. C’est par Elle que vous avez eu le Maître du miracle et que vous avez toutes mes grâces, spécialement celles du pardon ». Repose en paix. Nous sommes avec toi.”

    Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

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  • Joyeuse Epiphanie

    Encore une fois, nous ressentons en nous une profonde reconnaissance pour Marie, la Mère de Jésus. Elle est l’image parfaite de l’Église qui donne au monde la lumière du Christ: elle est l’Etoile de l’évangélisation. Respice Stellam, nous dit saint Bernard : Regarde l’Etoile, toi qui cherches la vérité et la paix ; tourne ton regard vers Marie et Elle te montrera Jésus, lumière pour chaque homme et pour tous les peuples.

    Bonne fête à tous !

    Benoît XVI – Angélus 

  • Ste Marie, Mère de Dieu, solennité

    Huit jours après la Nativité du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, nous célébrons sa Mère, celle qui lui a donné son être humain, corps et âme par l’Esprit-Saint qui vient sur elle la plaçant dans l’orbite de la paternité divine.

    C’est pourquoi le concile d’Éphèse, en 431, la proclama la Theotokos (en grec????????; en latin Deipara o Dei genetrix), la Mère de Dieu, puisque son fils est Dieu, ce qui ne préjuge pas de la différence entre Marie créature humaine et Jésus Fils éternel de Dieu.

    La solennité de Ste Marie Mère de Dieu est la première fête Mariale apparue dans l’Église occidentale.

     

    Extrait de l’Homélie du Pape Benoît XVI

    (Mardi 1er janvier 2008)

    Chers frères et sœurs !

    Nous commençons aujourd’hui une nouvelle année et l’espérance chrétienne nous prend par la main ; nous la commençons en invoquant sur elle la bénédiction divine et en implorant, par l’intercession de Marie, Mère de Dieu, le don de la paix : pour nos familles, pour nos villes, pour le monde entier. […]

    Dans la première Lecture, tirée du Livre des Nombres, nous avons écouté l’invocation : « Que le Seigneur t’apporte la paix » (6, 26) ; que le Seigneur accorde la paix à chacun de vous, à vos familles, au monde entier. Nous aspirons tous à vivre dans la paix, mais la paix véritable, celle annoncée par les anges la nuit de Noël, n’est pas une simple conquête de l’homme ou le fruit d’accords politiques ; elle est tout d’abord un don divin qu’il faut implorer constamment et, dans le même temps, un engagement à conduire avec patience, en demeurant toujours dociles aux commandements du Seigneur. […]

    Notre pensée se tourne à présent naturellement vers la Vierge, que nous invoquons aujourd’hui comme Mère de Dieu. Ce fut le Pape Paul VI qui transféra au premier janvier la fête de la Divine Maternité de Marie, qui était autrefois célébrée le 11 octobre. En effet, avant la réforme liturgique qui a suivi le Concile Vatican II, le premier jour de l’année était célébrée la mémoire de la circoncision de Jésus au huitième jour après sa naissance – comme signe de la soumission à la loi, de son insertion officielle au sein du peuple élu – et le dimanche suivant était célébrée la fête du Nom de Jésus. Nous retrouvons encore quelques traces de ces célébrations dans la page évangélique qui vient d’être proclamée, dans laquelle saint Luc rapporte que, huit jours après sa naissance, l’Enfant fut circoncis et qu’il lui fut donné le nom de Jésus, « nom indiqué par l’ange avant sa conception » (Lc 2, 21). La fête d’aujourd’hui, par conséquent, est non seulement une fête mariale extrêmement significative, mais elle conserve également un puissant contenu christologique, parce que, pourrions-nous dire, avant la Mère, elle concerne précisément le Fils, Jésus vrai Dieu et vrai Homme.

    L’Apôtre Paul fait référence au mystère de la maternité divine de Marie, la Theotokos, dans la Lettre aux Galates. « Mais quand vint la plénitude du temps – écrit-il – Dieu envoya son Fils né d’une femme, né sujet de la Loi » (Ga 4, 4). En peu de mots, nous trouvons synthétisé le mystère de l’Incarnation du Verbe éternel et la divine maternité de Marie : le grand privilège de la Vierge réside précisément dans le fait d’être la Mère du Fils qui est Dieu. A huit jours de Noël, cette fête mariale trouve donc sa place la plus logique et la plus juste. En effet, dans la nuit de Bethléem, lorsqu’elle « enfanta son fils premier-né » (Lc 2, 7), s’accomplirent les prophéties concernant le Messie. « Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils », avait annoncé le prophète Isaïe (7, 14); « voici que tu concevras dans ton sein et tu enfanteras un fils », dit à Marie l’ange Gabriel (Lc 1, 31); et un autre ange du Seigneur – raconte l’évangéliste Matthieu -, apparaissant en songe à Joseph, le rassura en lui disant: « ne crains pas de prendre chez toi Marie ta femme: car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint; elle enfantera un fils » (Mt 1, 20-21).

    Le titre de Mère de Dieu est le fondement de tous les autres titres sous lesquels la Vierge a été vénérée et continue d’être invoquée de génération en génération, en Orient et en Occident. Beaucoup d’hymnes et de prières de la tradition chrétienne font référence au mystère de sa divine maternité, comme par exemple une antienne mariale du temps de Noël, l’Alma Redemptoris mater, dans laquelle nous prions ainsi: « Tu quae genuisiti, natura mirante, tuum sanctum Genitorem, Virgo prius ac posterius – Toi, dans l’émerveillement de toute la création, tu as engendré le Créateur, Mère toujours vierge ».

    Chers frères et sœurs, nous contemplons aujourd’hui Marie, mère toujours vierge du Fils unique du Père; nous apprenons d’elle à accueillir l’Enfant qui pour nous est né à Bethléem. Si dans l’Enfant né d’Elle nous reconnaissons le Fils éternel de Dieu et nous l’accueillons comme notre unique Sauveur, nous pouvons être appelés fils de Dieu : fils dans le Fils. L’Apôtre écrit : « Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale » (Ga 4, 5).

    L’évangéliste Luc répète plusieurs fois que la Vierge méditait en silence sur ces événements extraordinaires auxquels Dieu lui avait fait prendre part. Nous l’avons également écouté dans le bref passage évangélique que la liturgie nous repropose aujourd’hui : « Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur » (Lc 2, 19). […]

    Chers frères et sœurs, ce n’est qu’en conservant dans le cœur, c’est-à-dire en mettant ensemble et en trouvant une unité à tout ce que nous vivons, que nous pouvons entrer, à la suite de Marie, dans le mystère d’un Dieu qui par amour s’est fait homme et qui nous appelle à le suivre sur le chemin de l’amour; un amour à traduire chaque jour en un généreux service pour nos frères. Puisse la nouvelle année, que nous commençons aujourd’hui avec confiance, être un temps au cours duquel progresser dans cette connaissance du cœur, qui est la sagesse des saints. Prions pour que, comme nous l’avons entendu dans la première Lecture, le Seigneur « fasse rayonner son visage » sur nous, nous « soit propice » (cf. Nb 6, 24-27), et nous bénisse. Nous pouvons en être certains : si nous ne nous lassons pas de rechercher son visage, si nous ne cédons pas à la tentation du découragement et du doute, si malgré toutes les difficultés que nous rencontrons nous demeurons toujours ancrés à Lui, nous ferons l’expérience de la puissance de son amour et de sa miséricorde. Puisse le fragile Enfant que la Vierge montre aujourd’hui au monde, faire de nous des artisans de paix, ses témoins, témoins du Prince de la Paix. Amen !

    © Copyright 2008 – Libreria Editrice Vaticana

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  • 4ème DIMANCHE DE L’AVENT C

    Joyeuse visitation

    Dieu a souvent visité son peuple. Il lui a parlé et a agi en sa faveur. Il lui a pardonné et redonné espérance. La venue de son Fils sur terre a été déterminante pour l’histoire de l’humanité. Depuis, Dieu ne cesse de venir à notre rencontre. À nous de discerner sa venue et de nous en réjouir.

    Michée 5, 1-4a
    Psaume 79 (80)
    Hébreux 10, 5-10
    Luc 1, 39-45

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    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,39-45. 
    En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
    Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
    Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint,
    et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
    Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
    Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi.
    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

  • « Marie se leva et partit en hâte pour la montagne. »

    Il est normal que tous ceux qui veulent qu’on les croie donnent des raisons de croire. C’est pourquoi l’ange…a annoncé à Marie, la vierge, qu’une femme âgée et stérile devenait mère, montrant ainsi que Dieu peut faire tout ce qui lui plaît. Dès que Marie l’a appris, elle est partie vers les montagnes — non par manque de foi en la prophétie, ni par incertitude devant cette annonce, ni par doute…, mais dans l’allégresse de son désir, pour remplir un devoir religieux, dans l’empressement de la joie. Désormais remplie de Dieu, comment pouvait-elle ne pas s’élever en hâte vers les hauteurs ? Des raisonnements lents sont étrangers à la grâce de l’Esprit Saint.

    Jusque-là Marie vivait seule, retirée du monde extérieur : elle n’a pas été retenue par sa pudeur de partir en public, ni par les escarpements des montagnes de réaliser son dessein, ni par la longueur du chemin du service à rendre. Cette vierge se hâte vers les hauteurs, une vierge qui pense à servir et qui oublie sa peine ; la charité fait sa force…; elle quitte sa maison et elle part… Vous avez appris la délicatesse de Marie ; apprenez aussi son humilité. La cadette vient vers l’aînée…, ce qui est supérieur vient à ce qui est inférieure : Marie à Élisabeth, le Christ à Jean, comme plus tard le Seigneur viendra se faire baptiser par Jean pour consacrer le baptême. Et tout de suite se manifestent les bienfaits de l’arrivée de Marie et de la présence du Seigneur, car « dès qu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein et elle fut remplie de l’Esprit Saint »… Les deux femmes parlent de la grâce qui leur est faite ; les deux enfants réalisent cette grâce et entraînent leurs mères dans ce mystère de la miséricorde.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de Luc, II,19s ; SC 45 (trad. SC, p. 81s rev.)

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  • EVA changée en AVE

    Aujourd’hui, le Père souverain nous a envoyé le véritable Joseph « pour revoir ses frères et les troupeaux » (Gn 37,14). Assurément, il est bien ce Joseph aimé par son père « plus que tous ses frères » (v. 3)… C’est lui, plus aimé que tous, plus sage que tous, plus magnifique que tous ; c’est bien lui que Dieu le Père a envoyé aujourd’hui… « Qui donc enverrai-je, dit Dieu le Père, et qui ira pour nous ? » (Is 6,8) Le Fils répond : « Voici que j’irai moi-même à la recherche de mes brebis » (Ez 34,11). Quittant le plus haut des cieux, il descend « dans la vallée d’Hébron » (Gn 37,14).

    Adam avait escaladé la montagne de l’orgueil ; le Fils de Dieu descend dans la vallée de l’humilité. Il trouve aujourd’hui une vallée où descendre. Où se trouve-t-elle ? Non pas en toi, Ève, mère de notre malheur, non pas en toi…, mais en la bienheureuse Marie. Elle est bien cette vallée d’Hébron en raison de son humilité et à cause de sa force… Elle est forte parce qu’elle participe à la force de celui dont il est écrit : « Le Seigneur est fort et puissant » (Ps 23,8). Elle est cette femme vaillante ardemment désirée par Salomon qui disait : « Une femme vaillante, qui la trouvera ? » (Pr 31,10)…

    Ève, bien que créée dans le paradis, sans corruption, sans infirmité ni douleur, s’est révélée si faible, si infirme. « Qui trouvera donc la femme vaillante ? » Pourra-t-on trouver dans le malheur d’ici-bas ce qu’on n’a pas pu trouver dans le bonheur de là-bas ? Pourra-t-on la trouver en cette vallée de larmes, alors qu’on n’a pas pu la trouver en la béatitude du Paradis ?… Aujourd’hui, oui aujourd’hui, elle a été trouvée. Dieu le Père a trouvé cette femme pour la sanctifier ; le Fils l’a trouvée pour l’habiter ; l’Esprit Saint l’a trouvée pour l’illuminer… L’ange l’a trouvée pour la saluer ainsi : « Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ». La voici, la femme vaillante. En elle, le sérieux, l’humilité et la virginité s’opposent à la curiosité, la vanité, la volupté. « L’ange entra chez elle », est-il écrit. Elle n’a donc pas été trouvée tournée vers l’extérieur, au-dehors ; elle était à l’intérieur, dans sa chambre secrète où elle priait son Père dans le secret (Mt 6,6).

    Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167), moine cistercien
    Sermon 59, 3ème pour l’Annonciation dans la collection de Durham (trad. cf coll. Pain de Cîteaux, n°23, p. 172)

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  • Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie

    « Je te salue, comblée de grâce »

    « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. Il nous a élus en lui dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence » (Ep 1,3-4)… La lettre aux Éphésiens, parlant de la « gloire de la grâce » dont « Dieu le Père nous a gratifiés dans le Bien-aimé », ajoute : « En lui nous trouvons la rédemption, par son sang » (Ep 1,7). Selon la doctrine formulée dans des documents solennels de l’Église, cette « gloire de la grâce » s’est manifestée dans la Mère de Dieu par le fait qu’elle a été « rachetée de façon suréminente » (Pape Pie IX).

    En vertu de la richesse de la grâce du Fils bien-aimé, en raison des mérites rédempteurs de celui qui devait devenir son Fils, Marie a été préservée de l’héritage du péché originel. Ainsi, dès le premier moment de sa conception, c’est-à-dire de son existence, elle appartient au Christ, elle participe de la grâce salvifique et sanctifiante et de l’amour qui a sa source dans le « Bien-aimé », dans le Fils du Père éternel qui, par l’Incarnation, est devenu son propre fils. C’est pourquoi, par l’Esprit dans l’ordre de la grâce, c’est-à-dire de la participation à la nature divine, Marie reçoit la vie de celui à qui elle-même a donné la vie comme mère, dans l’ordre de la génération terrestre… Et parce que Marie reçoit cette vie nouvelle dans une plénitude qui convient à l’amour du Fils envers sa mère — et donc à la dignité de la maternité divine — l’ange de l’Annonciation l’appelle « pleine de grâce ».

    Bienheureux Jean-Paul II
    Encyclique « Redemptoris Mater », §7, 10 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana rev.)

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  • Présentation de la Vierge Marie – Mémoire

    Les parents qui aiment Dieu lui ont, de tout temps, consacré leurs enfants, avant et après leur naissance. Parmi les Juifs, existait de plus l’usage de consacrer quelques fois à Dieu les enfants en bas âge ; on les amenait au Temple, où avait lieu la cérémonie de la consécration, puis ils habitaient dans les dépendances du Temple et servaient les prêtres et les lévites dans leurs fonctions. Nous avons des exemples de cette consécration spéciale dans la personne de Samuel et de quelques autres saints personnages. Il y avait aussi des appartements pour les femmes dévouées au service divin.

    L’évangile ne nous apprend rien de l’enfance de Marie ; son titre de Mère de Dieu efface tout le reste. Mais la tradition est plus explicite ; elle nous apprend que la Sainte Vierge, dans son enfance, fut solennellement offerte à Dieu dans son temple. Cette présentation est le sujet de la fête qu’on célèbre aujourd’hui. Où mieux que loin du monde, dans l’enceinte du temple, Marie se fût-elle préparée à sa mission ? Douze années de recueillement, de prière, de contemplation, telle fut la préparation de l’élue de Dieu.

    Voici, d’après saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au temple : depuis l’aurore jusqu’à 9 heures du matin, Elle priait ; de 9 heures à 3 heures elle s’appliquait au travail des mains ; ensuite elle se remettait à la prière, jusqu’au moment où arrivait sa nourriture. Marie, au jour de sa présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après elles, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l’ombre des autels ; Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection.
    ©Evangelizo.org

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  • St Maximilien Kolbe, prêtre et martyr (1884-1941)

    Raymond Kolbe naquit à Zdu?ska Wola, en Pologne, petite cité alors dépendante de la Russie des Tsars. Doué d’un naturel vif, spontané et têtu, il lui arrivait souvent de mettre la patience de sa maman à l’épreuve. À l’âge de dix ans, un jour qu’il s’adressait à sa Mère du ciel après une nouvelle étourderie, la Vierge lui apparut et lui présenta deux couronnes, une blanche et une rouge, symbolisant la pureté et le martyre. Comme elle l’invitait à choisir, sa générosité le poussa à choisir les deux. Dès ce moment, le privilégié de Marie prit cette généreuse décision : « Je deviendrai meilleur de jour en jour. » Et en effet, le petit Raymond ne fut plus le même. L’élu de la Vierge rêvait déjà du martyre et en parlait avec effusion : Marie avait canalisé cette énergie bouillonnante.

    À l’âge de treize ans, Raymond entre au couvent St-François, à Lemberg, et y fait profession sous le nom de Maximilien-Marie. En 1912, il sort de Russie déguisé en paysan, poursuit ses études à l’université Grégorienne de Rome, et fonde la Milice de l’Immaculée qui constituera l’idée et l’œuvre maîtresse de toute sa vie. Les sept premiers Chevaliers d’avant-garde se consacrent à Marie Immaculée le 17 octobre 1917. Ces dévoués serviteurs de la Vierge affronteront tous les ennemis de Dieu et de l’Église, particulièrement les partisans de la franc-maçonnerie en Italie, en Pologne, et dans le monde entier.

    L’apostolat extérieur du Père Kolbe débute en Pologne, en janvier 1922, par la fondation du mensuel intitulé : Le Chevalier de l’Immaculée. En 1930, saint Maximilien-Marie part implanter une seconde Cité de Marie au Japon, près de Nagasaki. Deux ans plus tard, les Indes reçoivent le missionnaire de la Vierge dont le labeur demeure apparemment infécond à cause de sa santé ruinée par la tuberculose. Rappelé en Pologne où il doit reprendre la direction de sa première Cité, le Père Kolbe continue de se dépenser à la cause du règne de Marie avec un quart de poumon seulement. Son action évangélisatrice embrasse tous les moyens d’apostolat : la parole, la diffusion de milliers de médailles miraculeuses, la presse, le cinéma, le théâtre, la radio, l’avion, etc. « Mais par-dessus tout, disait-il à ses frères, le bon exemple, la prière, la souffrance voulue par amour, voilà l’action par excellence. Notre plus grande mission est de montrer dans la vie pratique ce que doit être le Chevalier de l’Immaculée. »

    La deuxième guerre mondiale le trouve à la tête de la plus importante organisation catholique de publications dans toute la Pologne. Avec une patience et une soumission aussi héroïque qu’admirable, saint Maximilien-Marie Kolbe accepta l’entière destruction de son œuvre par les Nazis. Condamné aux travaux forcés dans le camp de mort d’Auschwitz, il fut un rayon de soleil pour les prisonniers. En 1941, la veille de la fête de l’Assomption le Saint mourut dans le bunker de la faim, après avoir offert sa vie pour sauver celle d’un père de famille condamné à mort. Ce père de famille survécut à la guerre.

    Voici, glanée dans ses écrits spirituels, sa recette de sainteté : « v égale V. C’est la formule qu’il donne et explique longuement. En peu de mots, elle signifie : « Si je veux ce que Dieu veut, je serai un saint. »
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    Tiré de la notice biographique sur une image de saint Maximilien-Marie Kolbe, aux éditions Magnificat.

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