Étiquette : Jésus Christ

  • Livré aux hommes et à son Père, le Christ nous nourrit de la Parole et du Pain de vie.

    Livré aux hommes et à son Père, le Christ nous nourrit de la Parole et du Pain de vie.

    Tu m’es témoin, mon Dieu, que rien ne peut me satisfaire, que personne ne peut m’apaiser ; c’est toi seul, mon Dieu, que je désire contempler éternellement. Mais cela n’est pas possible tant que je serai dans ce corps mortel… En attendant, les livres saints seront mes guides, le miroir de ma vie ; et par-dessus tout, ton corps sacré sera mon remède et mon refuge.

    Je sais que deux choses me sont ici-bas absolument nécessaires, sans lesquelles cette misérable vie me deviendrait insupportable. Lié aux servitudes de mon corps, j’ai besoin d’aliments et de lumière. C’est pourquoi tu m’as donné ton corps sacré pour soutenir mon corps et mon âme malades, et « Ta parole comme une lampe pour éclairer mes pas » (Ps 118,105). Sans cela, je ne pourrais pas vivre dignement, car la parole de Dieu est la lumière de l’âme, et ton sacrement le pain de vie.

    On peut dire aussi que ce sont deux tables dressées parmi les trésors de la sainte Église. L’une est la table de l’autel, qui porte le pain sacré, c’est-à-dire le corps précieux de Jésus Christ ; l’autre est la table de la loi divine, contenant la doctrine éternelle, celle qui enseigne la vraie foi et conduit avec sûreté vers le repos de Dieu.

    Je te remercie, ô Créateur et Rédempteur des hommes, qui, pour manifester ton amour au monde entier, nous as préparé ce grand banquet au cours duquel tu donnes en nourriture, non pas le symbole de l’agneau, mais la réalité de ton corps et de ton sang. Banquet sacré où tous les fidèles boivent avec allégresse au calice du salut qui renferme toutes les joies du paradis.

    L’Imitation de Jésus Christ

  • « Jésus alla dans un endroit désert, et là il priait. »

    Quand le Fils de Dieu « leva les yeux au ciel et dit : ‘ Père, glorifie ton Fils ‘ » (Jn 17,1), il nous a appris par cette action que nous devons élever bien haut tous nos sens, nos mains, nos facultés, notre âme, et prier en lui, avec lui et par lui. Voilà l’œuvre la plus aimable et la plus sainte que le Fils de Dieu ait faite ici-bas : adorer son Père bien-aimé. Mais ceci dépasse de beaucoup tout raisonnement, et nous ne pouvons en aucune façon y atteindre et le comprendre, si ce n’est dans le Saint Esprit. Saint Augustin et saint Anselme nous disent de la prière qu’elle est « une élévation de l’âme vers Dieu »…

    Moi je ne te dis que ceci : dégage-toi, en vérité, de toi-même et de toutes choses créées, et élève pleinement ton âme à Dieu au-dessus de toutes les créatures, dans l’abîme profond. Là, plonge ton esprit dans l’esprit de Dieu, dans un véritable abandon…, dans une véritable union avec Dieu… Là, demande à Dieu tout ce qu’il veut qu’on lui demande, ce que tu désires et ce que les hommes désirent de toi. Et tiens ceci pour certain : ce qu’une pauvre petite pièce de monnaie est vis-à-vis de cent mille pièces d’or, voilà ce qu’est toute prière extérieure vis-à-vis de cette prière qui est véritable union avec Dieu, cet écoulement et cette fusion de l’esprit créé dans l’esprit incréé de Dieu…

    Si l’on t’a demandé une prière, il est bon que tu la fasses de façon extérieure comme tu en as été prié et comme tu l’as promis. Mais, ce faisant, entraîne ton âme vers les hauteurs et dans le désert intérieur, pousse là tout ton troupeau comme Moïse (Ex 3,1)… « Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jn 4,23). En cette prière intérieure s’achèvent toutes les pratiques, toutes les formules et toutes les sortes de prière qui depuis Adam jusqu’ici ont été offertes et qui seront encore offertes jusqu’au dernier jour. On mène tout cela à sa perfection en un instant, dans ce recueillement véritable et essentiel.

    Jean Tauler (v. 1300-1361)

  • Fête du Baptême de Notre Seigneur

    Le Père céleste s’est chargé de nous fixer, (…) notre idéal de sainteté. Il nous a prédestinés à devenir semblables, non à une créature quelconque, ni à un ange, mais à son Fils, (…). Saint Paul nous révèle cette pensée du Père quand il dit : « Il les a prédestinés à être semblables à l’image de son Fils » (Rm 8,29). Dieu nous assigne un modèle divin de perfection. Il désire retrouver en nous les traits de son Fils incarné, et, par là même, voir notre âme resplendir du reflet de sa sainteté à lui. (…)

    Si Dieu, océan de perfection, est incompréhensible pour toute intelligence créée, lui-même saisit d’un coup, en son infinité, la plénitude des ses grandeurs ; il exprime sa connaissance dans une pensée, dans une parole unique, son Verbe. À ce Verbe, il communique toute sa vie divine, toute sa lumière, tout ce qu’il est. Cette génération au sein du Père, étant la vie même de Dieu, n’a jamais commencé et ne finira jamais. En ce moment où je vous parle, le Père, dans une exultation infinie, dit à son Fils : « Vous êtes mon Fils ; aujourd’hui ‒ c’est-à-dire dans un présent éternel, ‒ je vous engendre » (Ps 2,7). Ce Fils, le Père nous l’a donné pour modèle et source de toute sainteté. « En lui résident tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu » (Col 2,3). Une éternité de contemplation ne suffira pas à épuiser la connaissance de ce mystère et à remercier Dieu de ce bienfait. (…)

    Si, comme l’écrit saint Thomas d’Aquin, « la filiation naturelle et éternelle du Verbe dans le sein du Père est l’exemplaire sublime de notre filiation adoptive » (Sermo, XXXI, 3), la sainteté propre à l’humanité du vrai Fils unique de Dieu devra, elle aussi, servir de modèle à la sainteté des fils d’adoption.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

  • « Jésus était seul. »

    La révélation essentielle de l’Évangile, c’est la présence dominante et envahissante de Dieu. C’est un appel à rencontrer Dieu et Dieu ne se rencontre que dans la solitude. À ceux qui vivent chez les hommes, il semblerait que cette solitude soit refusée. Ce serait croire que nous précédons Dieu dans la solitude : c’est lui qui nous attend ; le trouver, c’est la trouver, car la vraie solitude est esprit et toutes nos solitudes humaines ne sont que des acheminements relatifs vers la parfaite solitude qui est dans la foi.

    La vraie solitude, ce n’est pas l’absence des hommes, c’est la présence de Dieu. Mettre sa vie en face à face avec Dieu, livrer sa vie à la notion de Dieu, c’est bondir dans une région où nous sommes faits solitaires. C’est la hauteur qui fait la solitude des montagnes et non le lieu où sont posées leurs bases. Si le jaillissement de la présence de Dieu en nous s’exhausse dans le silence et la solitude, elle nous laisse posés, mêlés, radicalement unis à tous les hommes qui sont faits de la même terre que nous.

    « Heureux celui qui reçoit la parole de Dieu et qui la garde » (Lc 11,28). Il n’y a pas de solitude sans le silence. Le silence, c’est quelque fois se taire, mais le silence, c’est toujours écouter. Une absence de bruit qui serait vide de notre attention à la parole de Dieu ne serait plus du silence. Une journée pleine de bruits et pleine de voix peut être une journée de silence si le bruit devient pour nous écho de la présence de Dieu.

    Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

  • « Voici le livre de la genèse de Jésus Christ »

     Il n’y a qu’un seul Dieu, qui par son Verbe, sa Parole, sa Sagesse, a fait et harmonisé toutes choses. Lui le Créateur, il a donné ce monde au genre humain… Selon sa grandeur, il est inconnu de tous les êtres faits par lui, car personne n’a scruté son origine… Cependant, selon son amour, il est connu de tous temps grâce à celui par qui il a créé toutes choses (Rm 1,20) ; celui-ci n’est autre que son Verbe, notre Seigneur Jésus Christ, qui, dans les derniers temps, s’est fait homme parmi les hommes afin de rattacher la fin au commencement, c’est-à-dire l’homme à Dieu.

    Voilà pourquoi les prophètes, après avoir reçu de cette même Parole le don de la prophétie, ont prêché à l’avance sa venue selon la chair, par laquelle la communion de Dieu et de l’homme a été réalisée selon le bon plaisir du Père. Dès le commencement, en effet, le Verbe a annoncé que Dieu serait vu des hommes, qu’il vivrait et converserait avec eux sur la terre (Ba 3,38), et qu’il se rendrait présent à l’ouvrage qu’il avait modelé, pour le sauver… Les prophètes annonçaient donc d’avance que Dieu serait vu des hommes, conformément à ce que dit aussi le Seigneur : « Bienheureux les cœurs purs, parce qu’ils verront Dieu » (Mt 5,8). Certes, selon sa grandeur et sa gloire inexprimable, « nul homme ne peut voir Dieu et vivre » (Ex 33,20), car le Père est insaisissable. Mais selon son amour, sa bonté envers les hommes et sa toute-puissance, il va jusqu’à accorder à ceux qui l’aiment le privilège de voir Dieu… car « ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Lc 18,27).

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

  • Hérode cherchait à voir Jésus

    Les prophètes annonçaient d’avance que Dieu serait vu des hommes, conformément à ce que dit aussi le Seigneur : « Bienheureux les cœurs purs, parce qu’ils verront Dieu » (Mt 5,8). Certes, selon sa grandeur et sa gloire inexprimable, « nul ne verra Dieu et vivra » (Ex 33,20), car le Père est insaisissable. Mais selon son amour, sa bonté envers les hommes et sa toute puissance, il va jusqu’à accorder à ceux qui l’aiment le privilège de voir Dieu — ce que, précisément, prophétisaient les prophètes — car « ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Lc 18,27).

    Par lui-même, en effet, l’homme ne pourra jamais voir Dieu ; mais Dieu, s’il le veut, sera vu des hommes, de ceux qu’il veut, quand il veut et comme il veut. Car Dieu peut tout : vu autrefois par l’entremise de l’Esprit selon le mode prophétique, puis vu par l’entremise du Fils selon l’adoption, il sera vu encore dans le Royaume des cieux selon la paternité, l’Esprit préparant d’avance l’homme pour le Fils de Dieu, le Fils le conduisant au Père, et le Père lui donnant l’incorruptibilité et la vie éternelle, qui résultent de la vue de Dieu pour ceux qui le voient. Car, de même que ceux qui voient la lumière sont dans la lumière et participent à sa splendeur, de même ceux qui voient Dieu sont en Dieu et participent à sa splendeur. Or, vivifiante est la splendeur de Dieu. Ils auront donc part à la vie, ceux qui voient Dieu.

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

  • « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent. » (Jn 17,3)

    Il est dit que dans le ciel « nous serons semblables à Dieu parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jn 3,2). Aussitôt que l’âme bienheureuse voit Dieu, elle s’identifie avec lui dans l’intelligence par la vérité, et dans la volonté par l’amour. Dans la mesure du possible, l’âme sera, – non pas égale évidemment ‒ mais semblable à Dieu : la vision béatifique opère cette transformation, de rendre unie dans l’unité.

    Or, qu’est-ce qui, durant cette vie, prélude pour nous à la vision des élus ? L’oraison dans la foi. L’âme en contemplant Dieu par la foi dans l’oraison, voit ses perfections et toute vérité ; elle se livre à cette vérité ; et voyant ainsi en Dieu le Bien souverain, le Bien unique, sa volonté s’unit à cette volonté divine, source pour l’âme de toute béatitude : et plus cette adhésion est puissante, plus l’âme est unie à Dieu. C’est pourquoi l’oraison dans la foi est si précieuse pour l’âme. Nous devons désirer arriver à un haut degré dans cette oraison, c’est-à-dire atteindre à cette union pleine d’amour et très simple à Dieu, qui résulte d’une effusion de la très pure lumière divine. (…)

    Dans les conditions ordinaires de sa Providence, Dieu ne se donne à l’âme avec cette plénitude qu’au soir de la vie, quand l’âme a prouvé, par une constante fidélité aux inspirations de la grâce, qu’elle est tout entière à Dieu et qu’en toutes choses elle ne cherche véritablement que lui seul. Nous devons tendre à cet état bienheureux, auquel certainement beaucoup d’âmes religieuses sont appelées. (…) Bienheureux état, dans lequel l’âme, tout à Dieu, prélude à cette éternelle union où elle trouvera la béatitude sans fin !

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

  • « Il marche à leur tête, et elles le suivent. »

    « Voyant les foules, Jésus eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger » (Mt 9,36). (…) Les brebis ont été dispersées parce qu’il n’y avait pas de berger. (…) Ainsi en était-il dans le monde entier quand le Christ est venu dans sa miséricorde infinie « pour rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11,52). Et si pour un moment ils ont été à nouveau laissés sans guide, lorsque dans sa lutte contre l’ennemi le bon berger a donné sa vie pour ses brebis — selon la prophétie : « Frappez le berger, et les brebis seront dispersées » (Za 13,7) — bientôt cependant, il est ressuscité d’entre les morts pour vivre à jamais, selon cette autre prophétie : « Celui qui a dispersé Israël le rassemblera comme un berger son troupeau » (Jr 31,10).

    Comme il le dit lui-même dans la parabole qu’il nous propose, « il appelle ses propres brebis par leur nom et les mène dehors, et il marche devant elles, et les brebis le suivent car elles connaissent sa voix ». Ainsi, le jour de sa résurrection, comme Marie pleurait, il l’a appelée par son nom (Jn 20,16), et elle s’est retournée et a reconnu par l’oreille celui qu’elle n’avait pas reconnu par la vue. De même, il a dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? », et il a ajouté : « Suis-moi » (Jn 21,15.19). Et de même, lui et son ange ont dit aux femmes : « Il vous précède en Galilée » ; « Allez dire à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée, et là ils me verront » (Mt 28,7.10). Depuis ce temps-là le bon pasteur, qui a pris la place de ses brebis et qui est mort pour qu’elles puissent vivre à jamais, les précède et elles « suivent l’Agneau partout où il va » (Ap 14,4).

    Saint John Henry Newman (1801-1890)

     

     

     

  • Prenez courage, le Christ est vraiment ressuscité !

    Tu t’es revêtu, Seigneur, de ma pauvreté, librement tu es descendu jusqu’à la croix et à la Passion, afin de me faire don de la vie incorruptible et de me créer à neuf, grâce au sang de ton côté divin, en m’accordant par là ton impassibilité à toi, qui avais souffert la Passion.

    En te voyant, Sauveur, souffrir en ton essence humaine sur le gibet de la croix, la Vierge, ô Christ, s’écriait avec larmes : « Ne fais pas disparaître la fierté de ta mère et servante, toi qui sans semence d’homme t’es fait homme en mon sein, ô Verbe, afin d’arracher le monde à la corruption ! »

    Mort, il est ressuscité, et, ressuscité avec eux, aux morts il accorde la résurrection, le Christ ! Maintenant prenez courage, toutes les nations, car il est vraiment devenu roi de toute la terre, celui dont le pouvoir et la puissance royale était et sera, maintenant et dans tous les siècles.

    De grand matin les Porteuses de parfum venaient avec des aromates chercher dans le tombeau, comme un cadavre, ô Christ, pour l’oindre de myrrhe, ton corps vivifiant ; mais c’est toi qui t’es dressé devant elles, vivant, avec ces mots : « Cet Hadès qui dévorait tout, rassurez-vous, je l’ai dompté et j’ai ressuscité tous ceux qu’il retenait. »

    Le larron rend hommage au Roi, Joseph exulte avec les saintes femmes, tous célèbrent comme Dieu le Verbe ressuscité, qui a mené Thomas jusqu’à la foi et, à tous ses apôtres a accordé l’Esprit très saint pour les siècles.

    Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)

     

     

     

  • Bulletin n°145

    bulletin 145

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