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  • « Il vient à eux vers la fin de la nuit. »

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    « Après cela, il ordonna à ses disciples de monter dans la barque jusqu’à ce qu’il disperse lui-même les foules ; et, la foule dispersée, il monta pour prier et, le soir venu, il était seul » (Mt 14,22-23). Pour donner la raison de ces faits, il faut faire des distinctions de temps. S’il est seul le soir, cela montre sa solitude à l’heure de la Passion, quand la panique a dispersé tout le monde. S’il ordonne à ses disciples de monter dans la barque et de traverser la mer, pendant qu’il renvoie lui-même les foules et, celles-ci une fois renvoyées, s’il monte sur une montagne, c’est qu’il leur ordonne d’être dans l’Église et de naviguer par la mer, c’est-à-dire ce monde, jusqu’à ce que, revenant dans son avènement de gloire, il rende le salut à tout le peuple qui sera le reste d’Israël (cf Rm 11,5)…et que ce peuple rende grâce à Dieu son Père et s’établisse dans sa gloire et sa majesté…

    « Il vient à eux vers la fin de la nuit, à la quatrième veille. » Dans l’expression « quatrième veille de la nuit » on trouve le nombre correspondant aux marques de sa sollicitude. En effet, la première veille a été celle de la Loi, la seconde celle des prophètes, la troisième celle de son avènement corporel, la quatrième se place à son retour glorieux. Mais il trouvera l’Église déclinante et cernée par l’esprit de l’Antéchrist et toutes les agitations de ce monde ; il viendra au plus fort de l’anxiété et des tourments… Les disciples seront dans l’effroi même à l’avènement du Seigneur, redoutant les images de la réalité déformées par l’Antéchrist et les fictions qui s’insinuent dans le regard. Mais le Seigneur qui est bon leur parlera aussitôt, chassera leur peur et leur dira : « C’est moi », dissipant, par la foi en son avènement, la crainte du naufrage menaçant.

    Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’Evangile de Matthieu, 14, 13-14 (trad. SC 258, p. 27 rev.)

     

     

     

  • CitationMMDH 2015-12-24 à 12.10.37

    Mes enfants, la naissance est un acte de Joie, d’Amour et de Paix. Faites-en, chaque jour, une naissance nouvelle pour vous-même et venez par votre joie de vivre soulager les peines de mon Fils. Venez et priez, venez et chantez, venez en adoration et en contemplation pour que vive la foi de mon Eglise et que revive la Maison de mon Fils.
    Venez présenter sur le berceau de l’Enfant Dieu tous les sacrifices de vos vies, car ils seront changés en chemin de sainteté et en exemple pour les hommes.

    Marie Mère des hommes – décembre 1996

     

     

     

     

  • Saint Joseph, époux de Marie, père nourricier de Jésus, patron de l’Eglise

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    De même que Dieu établit le patriarche Joseph, fils de Jacob, gouverneur de toute l’Égypte, pour assurer au peuple le froment nécessaire à la vie (Gn 41,40s), ainsi, lorsque furent accomplis les temps où l’Éternel allait envoyer sur la terre son Fils unique pour racheter le monde, il choisit un autre Joseph dont le premier était la préfiguration : il l’établit seigneur et prince de sa maison et de ses biens, il commit à sa garde ses plus riches trésors. En effet, Joseph épousa l’Immaculée Vierge Marie, de laquelle, par la puissance du Saint Esprit, est né Jésus Christ, qui voulut aux yeux de tous passer pour le fils de Joseph et daigna lui être soumis. Celui que tant de prophètes et de rois avaient souhaité de voir (Lc 10,24), non seulement Joseph le vit, mais il conversa avec lui, il le pressa dans les bras d’une paternelle tendresse, il le couvrit de baisers ; avec un grand soin et une sollicitude sans égale, il a nourri celui que les fidèles devaient manger comme le pain de l’éternelle vie.

    En raison de cette dignité sublime, à laquelle Dieu éleva son très fidèle serviteur, toujours l’Église a exalté et honoré saint Joseph d’un culte exceptionnel, quoique inférieur à celui qu’elle rend à la Mère de Dieu ; toujours, dans les heures critiques, elle a imploré son assistance… C’est pourquoi nous déclarons solennellement saint Joseph Patron de l’Église catholique.

    Bienheureux Pie IX (1792-1878), pape
    Décret « Urbi et orbi » du 8 décembre 1870

     

     

     

     

  • Marthe et Marie dans l’unique corps du Christ

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    Dans la parabole du bon Samaritain, il a été question de la miséricorde ; mais il n’y a pas qu’une seule manière d’être vertueux. Vient ensuite l’exemple de Marthe et de Marie ; on y voit l’une dévouée par son action, l’autre religieusement attentive à la parole de Dieu. Si cette attention s’accorde avec la foi, elle est préférable même aux œuvres, selon ce qui est écrit : « C’est Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée ». Efforçons-nous donc, nous aussi, de posséder ce que personne ne peut nous enlever ; prêtons une oreille non pas distraite, mais attentive… Soyons comme Marie, animée du désir de la sagesse : c’est là une œuvre plus grande, plus parfaite que les autres… Ne critique donc pas, ne juge pas oisifs ceux que tu vois désirer cette sagesse…

    Marthe, pourtant, n’est pas critiquée pour ses bons offices, même si Marie a choisi la meilleure part. Jésus, en effet, a de multiples richesses et fait de multiples largesses… Les apôtres aussi n’ont pas jugé que le mieux était de laisser la parole de Dieu pour servir aux tables (Ac 6,2). Mais les deux choses sont œuvres de sagesse ; Etienne pour sa part, qui était plein de sagesse, a été choisi comme serviteur. Donc, que celui qui sert obéisse à celui qui enseigne, et que celui qui enseigne encourage celui qui sert. Un est le corps de l’Église, même si les membres sont divers ; l’un a besoin de l’autre. « L’œil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi, ni de même la tête aux pieds » (1Co 12,14s). L’oreille ne peut pas dire qu’elle ne fait pas partie du corps. Il y a des organes qui sont plus importants ; les autres sont cependant nécessaires.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Traité sur l’Evangile de saint Luc, 7, 85-86 (trad. Véricel, L’Evangile commenté, p. 242 ; cf SC 52, p. 36)

     

     

     

  • Marie, mère du Christ, mère de l’Eglise

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    Celui qui est le fruit d’une seule Vierge sainte est la gloire et l’honneur de toutes les autres saintes vierges ; car elles sont elles-mêmes, comme Marie, les mères du Christ, si elles font la volonté de son Père. La gloire et le bonheur de Marie d’être la mère de Jésus Christ éclatent surtout dans les paroles du Seigneur : « Quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère. » (Mt 12,50)

    Il indique ainsi les parentés spirituelles qui le rattachent au peuple qu’il a racheté. Ses frères et ses sœurs sont les saints hommes et les saintes femmes qui ont part avec lui à l’héritage céleste. Sa mère est l’Église tout entière, parce que c’est elle qui, par la grâce de Dieu, enfante les membres de Jésus Christ, c’est-à-dire ceux qui lui sont fidèles. Sa mère est encore toute âme sainte qui fait la volonté de son Père et dont la charité féconde se manifeste dans ceux qu’elle enfante pour lui, jusqu’à ce que lui-même soit formé en eux (Ga 4,19)…

    Marie est certainement la mère des membres du Corps du Christ, c’est à dire de nous-mêmes, parce que par sa charité elle a coopéré à enfanter dans l’Église les fidèles, qui sont les membres de ce divin chef, dont elle est véritablement la mère selon la chair.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sur la sainte virginité, 5

     

     

     

  • « Les Douze étaient avec lui, ainsi que des femmes. »

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    En ce qui concerne la mission, le fait d’être homme ou femme n’entraîne aucune restriction, de même que l’action salvifique et sanctifiante de l’Esprit chez l’homme n’est aucunement limitée par le fait qu’il soit Juif ou Grec, esclave ou libre, suivant les paroles bien connues de l’apôtre Paul : « Car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3,28).

    Cette unité ne supprime pas les différences. L’Esprit Saint, qui opère cette unité dans l’ordre surnaturel de la grâce sanctifiante, contribue dans la même mesure au fait que « vos fils et vos filles prophétiseront » (Jl 3,1). Prophétiser, cela veut dire exprimer par la parole et par la vie « les merveilles de Dieu » (Ac 2,11), en sauvegardant la vérité et l’originalité de chaque personne, homme ou femme. L’égalité évangélique, la parité de la femme et de l’homme vis-à-vis des merveilles de Dieu, telle qu’elle s’est manifestée d’une manière si claire dans les œuvres et les paroles de Jésus de Nazareth, constitue le fondement le plus évident de la dignité et de la vocation de la femme dans l’Eglise et dans le monde. Toute vocation a un sens profondément personnel et prophétique. Dans la vocation ainsi comprise, la personnalité de la femme trouve une dimension nouvelle : c’est la dimension des « merveilles de Dieu » dont la femme devient le vivant sujet et le témoin irremplaçable.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Lettre apostolique « Mulieris dignitatum » § 16 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

     

  • « Chaque arbre se reconnaît à son fruit. »

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    Si vous croyez au Christ, faites les oeuvres du Christ, afin que vive votre foi ; l’amour animera cette foi, l’action en fera la preuve. Vous qui prétendez demeurer en Jésus Christ, il faut marcher comme lui. Si vous recherchez la gloire, si vous enviez les heureux de ce monde, si vous dites du mal des absents et si vous rendez le mal pour le mal, ce sont là des choses que le Christ n’a pas faites. Vous dites que vous connaissez Dieu, mais vos actes le nient…: « Cet homme m’honore des lèvres, dit l’Écriture, mais son cœur est loin de moi » (Is 29,13; Mt 15,8)…

    Or la foi, même droite, ne suffit pas à faire un saint, un homme droit, si elle n’opère pas dans l’amour. Celui qui est sans amour est incapable d’aimer l’Épouse, l’Église du Christ. Et les oeuvres, même accomplies dans la droiture, ne parviennent pas sans foi à rendre le cœur droit. On ne peut attribuer la droiture à un homme qui ne plaît pas à Dieu ; or, « Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu » (He 11,6). Celui qui ne plaît pas à Dieu, Dieu ne saurait lui plaire. Mais celui à qui Dieu plaît ne saurait déplaire à Dieu. Et celui à qui Dieu ne plaît pas, l’Église-Épouse non plus ne lui plaît pas. Comment donc pourrait-il être droit, celui qui n’aime ni Dieu ni son Église, à laquelle il est dit : « Les justes savent t’aimer » (Ct 1,3 Vulg).

    Au saint, la foi ne suffit pas sans les oeuvres, ni les oeuvres sans la foi, pour faire la rectitude de l’âme. Frères, nous qui croyons au Christ, il nous faut tenter de suivre une voie droite. Élevons à Dieu nos cœurs et nos mains ensemble, afin d’être trouvés entièrement droits, confirmant par des actes de droiture la rectitude de notre foi, aimant l’Église-Épouse et aimés de l’Époux, notre Seigneur Jésus Christ, béni par Dieu dans les siècles des siècles.

    Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
    24ème sermon sur le Cantique (trad. Béguin, Seuil 1953, p. 296 rev.)

     

     

     

  • Rendre le Christ maître de notre sabbat

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    L’Eucharistie fait partie du dimanche. Au matin de Pâques, les femmes en premier, puis les disciples, ont eu la grâce de voir le Seigneur. Depuis lors, ils ont su que désormais le premier jour de la semaine, le dimanche, serait son jour à lui, le jour du Christ. Le jour du commencement de la création devenait le jour du renouvellement de la création. Création et rédemption vont ensemble.

    C’est pour cela que le dimanche est tellement important. Il est beau qu’aujourd’hui, dans de nombreuses cultures, le dimanche soit un jour libre ou, qu’avec le samedi, il constitue même ce qu’on appelle le « week-end » libre. Ce temps libre, toutefois, demeure vide si Dieu n’y est pas présent.

    Chers amis ! Quelquefois, dans un premier temps, il peut s’avérer plutôt mal commode de devoir prévoir aussi la Messe dans le programme du dimanche. Mais si vous en prenez l’engagement, vous constaterez aussi que c’est précisément ce qui donne le juste centre au temps libre. Ne vous laissez pas dissuader de participer à l’Eucharistie du dimanche et aidez aussi les autres à la découvrir. Parce que la joie dont nous avons besoin se dégage d’elle, nous devons assurément apprendre à en comprendre toujours plus la profondeur, nous devons apprendre à l’aimer. Engageons-nous en ce sens, cela en vaut la peine ! Découvrons la profonde richesse de la liturgie de l’Église et sa vraie grandeur : nous ne faisons pas la fête pour nous, mais c’est au contraire le Dieu vivant lui-même qui prépare une fête pour nous.

    Benoît XVI, pape de 2005 à 2013
    Homélie, Célébration eucharistique, 20ème Journée Mondiale de la Jeunesse, 21/08/05 (trad. DC 2343, p. 909)

     

     

     

     

  • « Les deux ne feront qu’une seule chair. Ce mystère est grand : il s’applique au Christ et à l’Église. » (Ep 5,31)

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    Une union étrange et extraordinaire a eu lieu lorsque « le Verbe s’est fait chair » dans le sein de la Vierge et a ainsi « habité parmi nous » (Jn 1,14). De même que tous les élus sont ressuscités dans le Christ lorsqu’il est ressuscité, de même en lui des noces ont été célébrées : l’Église a été unie à un Époux par les liens du mariage quand l’homme-Dieu a reçu en plénitude les dons de l’Esprit Saint et que toute la divinité est venue habiter dans un corps semblable au nôtre… Le Christ est devenu homme par l’Esprit Saint et, « comme un époux qui sort de sa chambre » (Ps 18,6), il est sorti du sein de la Vierge, qui a été en effet sa chambre nuptiale. Mais l’Église, en renaissant de l’eau dans le même Esprit, devient un seul corps dans le Christ, si bien que les deux « ne font plus qu’une seule chair » (Mt 19,5), ce qui, « par rapport au Christ et à l’Église, est un grand mystère » (Ep 5,31).

    Ce mariage dure depuis le début de l’Incarnation du Christ jusqu’au moment où le Christ reviendra et que tous les rites de l’union nuptiale seront accomplis. Alors, ceux qui seront prêts et qui auront rempli comme il le faut les conditions d’une si grande union, entreront avec lui, pleins de respect, dans la salle des noces éternelles (Mt 25,10). En attendant, l’Épouse promise au Christ chemine vers son Époux, et elle garde l’alliance avec lui chaque jour dans la foi et la tendresse, jusqu’à ce qu’il revienne.

    Saint Paschase Radbert (?-v. 849), moine bénédictin
    Commentaire sur l’évangile de Matthieu, 10, 22 ; CCM 56 B, 1072-1073 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 248)

     

     

     

     

  • « Avance au large et jetez les filets. »

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    « Avance au large », c’est à dire dans la haute mer des débats. Y a-t-il profondeur comparable à « l’abîme de la richesse, de la sagesse et de la science du Fils de Dieu » (Rm 11,33), à la proclamation de sa filiation divine ? … L’Église est conduite par Pierre dans la haute mer du témoignage, pour contempler le Fils de Dieu ressuscité et l’Esprit Saint répandu.

    Quels sont ces filets des apôtres que le Christ ordonne de jeter ? N’est-ce pas l’enchaînement des paroles, les replis du discours, la profondeur des arguments, qui ne laissent pas échapper ceux qu’ils ont pris ? Ces instruments de pêche des apôtres ne font pas périr leur prise, mais la conservent, la retirent des abîmes vers la lumière, conduisent des bas-fonds vers les hauteurs…

    « Maître, dit Pierre, nous avons peiné toute une nuit sans rien prendre, mais, sur ta parole, je vais lâcher les filets. » Moi aussi, Seigneur, je sais que pour moi il fait nuit, quand tu ne me commandes pas. Je n’ai encore converti personne par mes paroles, il fait encore nuit. J’ai parlé le jour de l’Épiphanie : j’ai lâché le filet, et je n’ai encore rien pris. J’ai lâché le filet pendant le jour. J’attends que tu me l’ordonnes ; sur ta parole, je le lâcherai encore. La confiance en soi est vaine, mais l’humilité est fructueuse. Eux qui jusque-là n’avaient rien pris, voici que, à la voix du Seigneur, ils capturent une énorme quantité de poissons.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de Luc, IV,71-76 ; SC 45 (trad. cf SC, p. 180)