Étiquette : croix

  • Clé

    timpano do nartex da basilica de Santa Madalena de Vézelay, França,

    À chaque serrure sa clé. À chaque porte sa serrure qui ne s’ouvre qu’avec la clé qui lui appartient. La mort a fermé la porte et le péché l’a verrouillée. La croix est la clé qui libère la serrure du péché et le verrou de la mort; la croix ouvre la porte du ciel et il n’y en a pas d’autre.
    La porte du ciel se trouve là où se rencontrent le ciel et la terre, au sommet du calvaire. La porte est connue, palpable et visible; chacun a des yeux pour la voir. Quelques-uns pensent qu’elle n’a pas de serrure et s’ouvre si on l’enfonce; mais quand on s’en approche, on comprend qu’elle a une serrure qui ne s’ouvre qu’avec sa clé. Nous ne pouvons connaître la bonne clé que si on l’introduit dans la serrure. (…)
    Toute votre vie est un voyage en direction de cette porte. Portez la croix du Christ avec joie, ardeur et courage. Ne pleurez pas, ne vous lamentez pas chaque fois que vous échouez. Les pleurs et les lamentations ne font pas l’histoire du salut, de même que la porte du ciel ne s’ouvre pas en se frappant la poitrine et en poussant des cris de lamentation. Ce sont les larmes de conversion qui font l’histoire du salut. Une seule larme suffit pour ouvrir la porte du ciel, la larme du repentir. (…) Il faut vaincre votre faiblesse et non pas en faire un prétexte pour vous laisser aller. Si vous portez la croix du Christ, nulle souffrance ne peut vous plier, nulle fatigue ne peut vous abattre; vous marcherez fermement, avec patience et silence. Une fois arrivés devant la porte, vous sentirez que la joie de votre passage dépasse de beaucoup votre souffrance et votre fatigue durant la marche. Le bonheur de votre arrivée au but dépassera infiniment la douleur de votre cheminement.

    Saint Charbel (1828-1898), moine maronite au Liban
    seraphim 31/12/2016

  • « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je suis. »

     

     

    Le Christ a pris la mort, il l’a attachée à la croix, et les hommes mortels ont été délivrés de la mort. Ce qui était arrivé symboliquement autrefois, le Seigneur le rappelle : « De même que Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’Homme soit élevé, afin que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais qu’ils aient la vie éternelle » (Jn 3,14). Mystère profond !… Le Seigneur ordonna en effet à Moïse de fabriquer un serpent d’airain, de l’élever sur un bois au milieu du désert et d’avertir le peuple d’Israël que, si quelqu’un était mordu par un serpent, il regarde le serpent élevé sur le bois. Ils regardaient et ils étaient guéris (Nb 21,6-9).

    Que représentent les serpents qui mordent ? Les péchés qui proviennent de la mortalité de la chair. Et quel est le serpent qui est élevé ? La mort du Seigneur en croix. En effet, comme la mort est venue par le serpent (Gn 3), elle a été symbolisée par l’effigie d’un serpent. La morsure du serpent donne la mort ; la mort du Seigneur donne la vie. Qu’est-ce à dire ? Pour que la mort n’ait plus aucun pouvoir, on regarde la mort. Mais la mort de qui ? La mort de la Vie, si on peut parler de la mort de la Vie, et comme on peut le dire, l’expression est merveilleuse. Est-ce que je vais hésiter à dire ce que le Seigneur a daigné faire pour moi ? Le Christ n’est-il pas la Vie ? Et pourtant le Christ a été crucifié. Le Christ n’est-il pas la Vie ? Et pourtant le Christ est mort. Dans la mort du Christ, la mort a trouvé la mort… ; la plénitude de la Vie a englouti la mort, la mort a été anéantie dans le corps du Christ. C’est ce que nous dirons à la résurrection quand, triomphants, nous chanterons : « Mort, où est ta puissance ? Mort, où est ton aiguillon ? » (1Co 15,55).

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermons sur l’évangile de Jean, n°12 (trad. Bibliothèque augustinienne, DDB 1969, t. 71, p. 655 rev.)

     

     

     

  • Le mercredi de la 2e semaine de Carême

    Croix

     

    Jésus s’est déclaré lui-même la tête du Corps mystique dont nous sommes les membres. La vigne, c’est lui ; les sarments, c’est nous (Jn 15,5). Il s’est étendu sur le pressoir et s’est mis à le fouler ; il nous a donné ainsi le vin pour qu’en le buvant, nous puissions vivre de sa vie et partager ses souffrances. « Celui qui veut faire ma volonté, qu’il prenne chaque jour sa croix. Celui qui me suit a la lumière de la vie. Je suis le chemin. Je vous ai donné l’exemple afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Lc 9,23; Jn 8,12; 14,6; 13,15). Et comme ses disciples eux-mêmes ne comprenaient pas que son chemin devait être un chemin de souffrance, il le leur expliquait en disant : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24,26)

    Alors le cœur des disciples brûlait en eux-mêmes (v. 32). La Parole de Dieu les enflammait. Et quand l’Esprit Saint est descendu sur eux comme une flamme divine pour les embraser (Ac 2), ils étaient alors heureux de souffrir mépris et persécution (Ac 5,41), car ainsi ils ressemblaient à celui qui les avait précédés sur le chemin de la souffrance. Les prophètes avaient déjà annoncé ce chemin de souffrance du Christ, et les disciples comprenaient enfin qu’il ne l’avait pas évité. De la mangeoire au supplice de la croix, pauvreté et manque de compréhension avaient été son lot. Il avait passé sa vie à enseigner aux hommes que le regard de Dieu sur la souffrance, la pauvreté, l’absence de compréhension humaine, est différent de la folle sagesse du monde (1Co 1,20)… Dans la croix est le salut. Dans la croix est la victoire. Dieu l’a voulu ainsi.

    Bienheureux Titus Brandsma, carme néerlandais, martyr (1881-1942)
    La Mystique de la souffrance (trad. Itinéraire spirituel, Parole et Silence 2003, p. 159)

     

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  • Un grand missionnaire prêt à perdre sa vie

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    Ce pays… est très dangereux, car ses habitants, pleins de perfidie, mêlent souvent le poison à la nourriture et à la boisson. Voilà pourquoi il ne se trouve personne pour y aller s’occuper des chrétiens. Mais ceux-ci ont besoin d’un enseignement spirituel et de quelqu’un qui les baptise pour sauver leur âme ; c’est pourquoi je ressens l’obligation de perdre ma vie corporelle pour porter secours à la vie spirituelle du prochain… Je place mon espérance et ma confiance en Dieu notre Seigneur, avec le désir de me conformer, selon mes pauvres petits moyens, à la parole du Christ, notre Rédempteur et Seigneur : « Qui veut sauver sa vie, la perdra ; qui la perdra à cause de moi, la sauvegardera »…

    Il est facile, bien sûr, ce comprendre les mots et le sens général de cette parole du Seigneur ; cependant quand on veut la mettre en pratique et se disposer à décider de perdre sa vie pour Dieu afin de la retrouver en lui, quand on s’expose aux périls où l’on pressent la probabilité d’y laisser sa vie…, tout devient si obscur que les mots, pourtant si clairs, viennent à s’obscurcir eux aussi. En pareil cas, me semble-t-il, seul arrive à comprendre celui — si savant soit-il — à qui Dieu notre Seigneur, dans son infinie miséricorde, daigne l’expliquer dans ses circonstances particulières. C’est alors que l’on reconnaît la condition de notre chair, c’est-à-dire combien elle est faible et infirme.

    Saint François Xavier (1506-1552), missionnaire jésuite
    Lettre du 10 mai 1546 (trad. coll. Foi vivante Cerf, 1996, p. 58 rev.)

     

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  • La graine de moutarde

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    Voyons pourquoi le Royaume des cieux est comparé à une graine de moutarde ; un autre passage évoquant la graine de moutarde me revient ; elle est comparée à la foi quand le Seigneur dit : « Si vous avez de la foi comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : Va te jeter dans la mer » (Mt 17,20)… Si donc le Royaume des cieux est comme une graine de moutarde et la foi comme une graine de moutarde, la foi est assurément le Royaume des cieux et le Royaume des cieux est la foi. Avoir la foi, c’est avoir le Royaume des cieux… C’est pourquoi Pierre, qui avait vraiment la foi, a reçu les clefs du Royaume des cieux pour l’ouvrir également aux autres (Mt 16,19).

    Apprécions maintenant quelle est la portée de la comparaison. Cette graine est à coup sûr une chose commune et simple, mais si on la broie, elle répand sa force. De même la foi semble simple de prime abord, mais foulée par l’adversité, elle répand sa force… Grains de moutarde, nos martyrs Félix, Nabor et Victor : ils avaient le parfum de la foi, mais on les ignorait. La persécution est venue, ils ont déposé les armes, ont tendu le cou et, abattus par le glaive, ont répandu la beauté de leur martyre « jusqu’aux confins de la terre » (Ps 18,5)…

    Mais le Seigneur lui-même est une graine de moutarde : tant qu’il n’avait pas subi d’atteinte, le peuple ne le connaissait pas ; il a choisi d’être broyé…; il a choisi d’être pressé, si bien que Pierre a dit : « Les foules te pressent » (Lc 8,45) ; il a choisi d’être semé, comme le grain « que quelqu’un prend pour le jeter dans son jardin ». Car c’est dans un jardin que le Christ a été arrêté et enseveli ; il a grandi dans ce jardin, il y est même ressuscité… Donc vous aussi, semez le Christ dans votre jardin… Semez le Seigneur Jésus : il est grain quand on l’arrête, arbre quand il ressuscite, arbre ombrageant le monde ; il est grain quand on l’ensevelit en terre, arbre quand il s’élève au ciel.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de Luc, VII, 176-180 ; SC 52 (trad. cf SC p. 74)

     

     

     

  • Que veut dire porter sa croix ?

     

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    La vie est faite de ce poids de douleur qui, parfois, se fait particulièrement sentir. L’être humain peut avoir de lourds fardeaux à supporter, et l’expression « porter sa croix » vient souvent recouvrir ces pesanteurs qui alourdissent la vie. Cela n’a rien d’une sentence divine, même si certains vont alors jusqu’à rappeler la parole de Jésus, comme pour justifier ces épreuves : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »

    Mais imaginer que Jésus contraint ses disciples à souffrir – lui qui a passé son temps à faire du bien – conduit à une fausse interprétation. Poussée à l’extrême, cette manière de lire entraîne au dolorisme, cette croyance selon laquelle la souffrance aurait une quelconque utilité aux yeux de Dieu. Or, ce n’est pas ce que promet le Christ. Il ne dit pas : « Souffrez, alors vous serez mes disciples. » Avoir la foi, c’est renoncer à maîtriser seul son existence pour entrer dans la vie qui va au-delà de soi. Être disciple, c’est même s’engager dans l’amour des autres, au risque – comme Jésus – d’y laisser sa vie.

    La souffrance n’est pas un but

    Non seulement Dieu n’exonère pas ses fidèles des réalités humaines, mais ceux-ci, parce qu’ils veulent vivre à la manière de Jésus, portent un peu de la souffrance des autres, et sont blessés par un monde encore dur et violent. Mais il ne s’agit pas pour eux de souffrir pour souffrir. La souffrance peut être une conséquence d’une vie de disciple mais n’est pas un but en soi. Ainsi « porter sa croix » n’est certainement pas une injonction à mourir sur la croix comme Jésus, ou à endurer des souffrances, mais un encouragement à rester fidèle à la parole de Dieu, même s’il faut renoncer à soi par certains côtés, même si la foi peut mener à être incompris, maltraité.

    Le disciple, c’est celui qui fait passer sa foi au Christ avant son amour-propre. Dans le même verset de l’Évangile de Matthieu (16, 21-27), Jésus invite les disciples à le suivre, c’est-à-dire, à passer derrière lui, et non pas à tracer leur route selon leurs propres désirs mais selon l’appel de Dieu. Et ce n’est pas toujours un chemin tranquille : mettre ses pas dans ceux de Jésus, voilà qui est parfois « crucifiant ». Mais en même temps, faire une « croix » sur ses petites perspectives personnelles pour inscrire son existence dans la foi est une promesse de vie, de surcroît de vie ! C’est ce que promet Jésus : « Qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. »

    Christophe Henning – 23 septembre 2012
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  • Carême 2016 – jour 39

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    « Venez prier et jeûner au pied du calvaire, vous serez sauvés par le sang de mon Fils. »

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    Marie Mère des hommes – août 1995

     

     

    « Mes enfants, je ne vous demande qu’une chose, d’apporter l’amour à vos enfants, comme celui que j’ai apporté à mon Fils. Vos enfants n’iront pas sur la croix, le mien y a été et aujourd’hui encore vous Le remettez sur la croix parce que vous n’avez pas compris la première fois. »

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    Marie Mère des hommes – février 1998

     

    « Les plaies de mon Fils se sont rouvertes et le sang s’en écoule sans discontinuer, la Parole de mon Fils n’est pas entendue par les hommes. Les larmes coulent de mon visage et inondent mes pieds, la douleur nous étreint de voir ce monde se désintéresser de lui-même. Parlez de mon Fils aux hommes, parlez de Son enseignement et du besoin que vous devez de connaître Sa parole, pour l’Amour et la Paix envers votre prochain. »

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    Marie Mère des hommes – décembre 1996

     

     

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  • La croix, arbre de vie

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    Il y avait au milieu du Paradis un arbre. Le serpent s’en servit pour tromper nos premiers parents. Remarquez cette chose étonnante : pour abuser l’homme, le serpent va recourir à un sentiment inhérent à sa nature. En façonnant l’homme, le Seigneur en effet avait mis en lui, outre une connaissance générale de l’univers, le désir de Dieu. Dès que le démon découvrit ce désir ardent, il dit à l’homme : « Vous deviendrez comme des dieux (Gn 3,5). Maintenant vous n’êtes que des hommes et vous ne pouvez pas être toujours avec Dieu ; mais si vous devenez comme des dieux, vous serez toujours avec lui »… Ainsi, c’est le désir d’être égal à Dieu qui séduisit la femme…, elle mangea et elle engagea l’homme à en faire autant… Or, après la faute, « Adam entendit la voix du Seigneur qui se promenait dans le Paradis vers le soir » (Gn 3,8)… Béni soit le Dieu des saints d’avoir visité Adam vers le soir ! Et de le visiter encore maintenant vers le soir, sur la croix.

    Car c’est bien à l’heure où Adam venait de manger que le Seigneur souffrit sa passion, à ces heures marquées par la faute et le jugement, c’est-à-dire entre la sixième heure et la neuvième. À la sixième heure, Adam mangea, selon la loi de la nature ; ensuite il se cacha. Et vers le soir, Dieu vint à lui.

    Adam avait désiré devenir Dieu ; il avait désiré une chose impossible. Le Christ a comblé ce désir. « Tu as voulu devenir, dit-il, ce que tu ne pouvais être ; mais moi, je désire devenir homme, et je le peux. Dieu fait tout le contraire de ce que tu as fait en te laissant séduire. Tu as désiré ce qui était au-dessus de toi ; je prends, moi, ce qui est au-dessous de moi. Tu as désiré être l’égal de Dieu ; je veux, moi, devenir l’égal de l’homme… Tu as désiré devenir Dieu et tu ne l’as pas pu. Moi, je me fais homme, pour rendre possible ce qui était impossible. » Oui, c’est bien pour cela que Dieu est venu. Il en témoigne à ses apôtres : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette pâque avec vous » (Lc 22,15)… Il est descendu vers le soir et il a dit : « Adam, où es-tu ? » (Gn 3,9)… Celui qui est venu pour souffrir est le même que celui qui est descendu dans le Paradis.

    Sévérien de Gabala (?-v. 408), évêque en Syrie
    6e Homélie sur la création du monde, 5-6 (trad. Sœur Isabelle de la Source, Lire la Bible; Médiaspaul 1988, t. 1, p. 31)

     

    Pour lire la Catéchèse complète :
    >>> Le Triduum pascal

     

     

     

  • Le signe du Temple

    temple« Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai. » Le Sauveur était certes capable de montrer mille autres signes, mais pour montrer « pourquoi il agissait ainsi », aucun autre n’était possible. C’est pourquoi, très à propos, il a donné une réponse qui concernait le Temple, au lieu d’autres signes sans rapport avec celui-ci. Cependant, il me semble que le Temple et le corps de Jésus doivent être interprétés comme le symbole de l’Église, puisque celle-ci est bâtie avec des « pierres vivantes, édifice spirituel pour un sacerdoce saint ». Elle est construite « sur les fondations des apôtres et des prophètes, avec pour pierre d’angle le Christ Jésus », temple véritable.

    Puisque « vous êtes le Corps du Christ et membres chacun pour sa part », même si on voit détruit l’assemblage harmonieux des pierres du temple et si, comme il est écrit dans le psaume 21, on voit tous les os du Christ disloqués dans l’assaut des épreuves et des tribulations…et les persécutions qui s’acharnent sur l’unité du temple, eh bien, le temple sera relevé et le corps ressuscitera, le troisième jour après le jour d’iniquité qui l’aura écrasé et après le jour de l’accomplissement qui suivra. Car il y aura un troisième jour dans un ciel nouveau et une terre nouvelle, quand les ossements…se dresseront au grand Jour du Seigneur, à la suite de sa victoire sur la mort. La résurrection du Christ après sa Passion et sa croix embrasse le mystère de la résurrection du Corps du Christ tout entier.

    (Références bibliques : Jn 2,18-19; 1P 2,5; Ep 2,20; 1Co 12,27; Ps 21,15; 2P 3,3-10.13; Ez 37,11)

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Commentaire de l’évangile de Jean, 10, 226s ; PG 14, 369s (trad. cf Thèmes et figures, DDB 1984, p. 130 et SC 157, p. 520)

     

     

     

  • « Les disciples ne comprenaient pas ces paroles. »

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    Écoutez ce que demande le Seigneur : « Si vous ignorez en moi la divinité, reconnaissez au moins mon humanité. Voyez en moi votre corps, vos membres, vos entrailles, vos os, votre sang. Et si ce qui appartient à Dieu vous inspire de la crainte, est-ce que vous n’aimez pas ce qui est à vous ?… Mais peut-être que l’énormité de ma Passion, dont vous êtes cause, vous couvre de honte ? Ne craignez pas. Cette croix a été mortelle non pour moi mais pour la mort. Ces clous ne me pénètrent pas de douleurs, mais d’un amour encore plus profond envers vous. Ces blessures ne provoquent pas des gémissements, mais elles vous font entrer davantage dans mon cœur. L’écartèlement de mon corps vous ouvre mes bras comme un refuge, il n’augmente pas mon supplice. Mon sang n’est pas perdu pour moi, mais gardé pour votre rançon (Mc 10,45).

    « Venez donc, retournez à moi et reconnaissez votre Père en voyant qu’il vous rend le bien pour le mal, l’amour pour les outrages, et pour de si grandes blessures une si grande charité. »

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Sermon 108 ; PL 52, 499 (cf coll. Pères dans la foi, n°46, p. 119)