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  • Que tes œuvres sont belles, Seigneur !

    La beauté des créatures, avec la variété de lumières, de dessins et de couleurs des corps, tels que les astres et les minéraux, les pierres et les métaux, les plantes et les animaux, proclame à l’évidence les attributs de Dieu.

    L’ordre des êtres nous fait découvrir dans le livre de la Création la primauté, la sublimité et la dignité du Premier principe dans son infinie puissance. L’ordre des choses nous mène par la main et de toute évidence jusqu’à l’Être premier et souverain, tout-puissant, absolument sage et parfaitement bon.

    Celui que tant de splendeurs créées n’illumine pas est un aveugle. Celui que tant de cris ne réveille pas est un sourd. Celui que toutes ces œuvres ne poussent pas à louer Dieu est un muet. Celui que tant de signes ne forcent pas à reconnaître le Premier principe est un sot.

    Ouvre les yeux, prête l’oreille de ton âme, délie tes lèvres, applique ton cœur : toutes les créatures te feront voir, entendre, louer, aimer, servir, glorifier et adorer ton Dieu. Sans quoi prends garde que l’univers ne se dresse contre toi. Car pour cet oubli le « monde entier accablera un jour les insensés » (Sag. 5, 21, Vulg.), tandis qu’il sera une source de gloire pour le sage qui peut dire avec le prophète : « Tu m’as rempli de joie, Seigneur, par ta création ; je jubilerai devant les ouvrages de tes mains ! (Ps 91, 5) Quelle magnificence dans tes œuvres, Seigneur ! Tu as tout fait avec sagesse, la terre est remplie de tes dons ! » (Ps 103, 24).

    Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
    Itinéraire de l’esprit vers Dieu, chap. I (Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 1967, pp.41-43 ; trad. H. Duméry, rev.)

     

     

     

  • Appelés à la sainteté

    Âme, image vivante de Dieu et rachetée du Sang précieux de Jésus-Christ, la volonté de Dieu sur vous est que vous deveniez sainte comme lui dans cette vie, et glorieuse comme lui dans l’autre.

    L’acquisition de la sainteté de Dieu est votre vocation assurée ; et c’est là que toutes vos pensées, paroles et actions, vos souffrances et tous les mouvements de votre vie doivent tendre ; ou bien vous résistez à Dieu, en ne faisant pas ce pour quoi il vous a créée et vous conserve maintenant.

    Oh ! quel ouvrage admirable ! la poussière changée en lumière, l’ordure en pureté, le péché en sainteté, la créature en le Créateur et l’homme en Dieu ! Ô ouvrage admirable ! je le répète, mais ouvrage difficile en lui-même et impossible à la seule nature ; il n’y a que Dieu qui, par une grâce, et une grâce abondante et extraordinaire, puisse en venir à bout; et la création de tout l’univers n’est pas un si grand chef-d’œuvre que celui-ci…

    Âme, comment feras-tu ? Quels moyens choisiras-tu pour monter où Dieu t’appelle ? Les moyens de salut et de sainteté sont connus de tous, sont marqués dans l’Évangile, sont expliqués par les maîtres de la vie spirituelle, sont pratiqués par les saints et nécessaires à tous ceux qui veulent se sauver et arriver à la perfection ; tels sont : l’humilité du cœur, l’oraison continuelle, la mortification universelle, l’abandon à la divine Providence, la conformité à la volonté de Dieu.

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), prédicateur, fondateur de communautés religieuses
    Le secret de Marie I, 3-4 (Médiaspaul, Paris, 1991, p.15-16 ; rev.)

     

     

     

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  • « Dieu sépara la lumière et les ténèbres. » (Gn 1,4)

    Pendant que les anges, dans l’étonnement, n’osaient rien demander, l’ordre de Dieu a retenti : « Que la lumière soit ! » (Gn 1,3) Et la lumière a chassé les ténèbres… Ce fut le dimanche, le premier des jours, le premier-né d’entre ses frères, le jour porteur de mystères et de symboles. Dieu avait créé deux jumeaux qui ne se ressemblaient en rien : la nuit tout obscure, et le jour si clair. La nuit était l’aînée, mais le jour l’a chassée et a pris sa place.

    Ce premier jour, ce fondement de la création, ne s’est pas écoulé heure après heure ; la lumière ne s’est pas levée à l’Orient, pour se coucher à l’Occident… Elle n’a subi aucun changement, mais elle fut, selon ce qui est écrit : « Et la lumière fut ». Un jour est né ainsi, formé de nuit et de lumière ; le soir et le matin se sont succédés… Alors Dieu a retiré le premier jour et il a appelé le deuxième. Il a placé les soirs et les matins sur leurs gonds pour que tourne le grand portail qui, chaque jour, s’ouvre et se ferme.

    Saint Jacques de Saroug (v. 449-521), moine et évêque syrien
    Hexaméron : Homélies pour le premier et le deuxième jour (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, Médiaspaul 1988, vol.1, p.14)

     

     

     

     

     

  • « Proclamez la bonne nouvelle à toute la création. »

    « Une fois pour toutes je dis à mes saints : allez dans le monde entier, et des nations et des royaumes faites des disciples. Car tout m’a été remis par Celui qui m’a engendré (Mt 28,18-19), le monde d’en haut comme celui d’en bas, dont j’étais le maître même avant d’avoir pris chair. Maintenant j’ai pris possession de ma royauté sur tout l’univers, et en vous j’ai un conseil des ministres sacré, moi qui seul connais le fond des cœurs.

    « Allez vers toutes les nations. Ayant jeté en terre le grain du repentir, arrosez-le de vos enseignements. » En écoutant ces mots, les apôtres se regardaient les uns les autres en hochant la tête : « D’où nous viendront la voix et la langue pour parler à tous ? Qui nous donnera la force de lutter avec les peuples et les nations comme tu en as donné l’ordre, nous qui n’avons ni lettres ni culture, humbles pêcheurs que nous sommes, toi qui seul connais le fond des cœurs ? »

    « Ne vous tourmentez plus dans vos cœurs, que l’Ennemi ne trouble pas votre esprit. Ne pensez plus comme de petits enfants… Je ne veux pas vaincre par la force, c’est par les faibles que moi je l’emporte. Je ne recherche pas ceux qui philosophent : j’ai choisi ‘ce qu’il y a de fou dans le monde’ (1Co 1,27), moi qui seul connais le fond des cœurs.

    « Allez donc vers toute la création. Arrosez de vos enseignements le grain du repentir que vous avez semé. Veillez à ce que nulle âme repentante ne reste hors de votre filet. Je me complais en ceux qui reviennent à moi, comme vous le savez, vous aussi. Ah, si même celui qui m’a trahi était revenu à moi après m’avoir vendu ! Effaçant son péché, je l’aurais réuni avec vous, moi qui seul connais le fond des cœurs…

    « Dites que je suis Dieu et que moi, l’Inexprimable, j’ai pris la condition d’esclave (Ph 2,7). Montrez comment j’ai fait miennes les blessures de la chair… Enterré parce que j’avais été condamné, j’ai pillé l’enfer parce que je suis Seigneur… » Affermis par ces paroles, les apôtres disaient au Créateur : « Tu es le Dieu qui étais avant les siècles, et tu n’auras pas de fin… Nous te proclamerons comme tu l’as ordonné. Sois avec nous, sois notre défenseur, toi qui seul connais le fond des cœurs ».

    Saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d’hymnes
    Hymne « La Mission des apôtres » , 13s ; SC 283 (trad. SC p. 107s rev.)

     

     

     

     

     

     

  • Le sens du sabbat

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    Le sabbat, fin de l’œuvre des « six jours » : Le texte sacré dit que « Dieu conclut au septième jour l’ouvrage qu’il avait fait » et qu’ainsi « le ciel et la terre furent achevés », et que Dieu, au septième jour, « chôma » et qu’il sanctifia et bénit ce jour (Gn 2,1-3). Ces paroles inspirées sont riches en enseignements salutaires :

    Dans la création Dieu a posé un fondement et des lois qui demeurent stables, sur lesquels le croyant pourra s’appuyer avec confiance, et qui lui seront le signe et le gage de la fidélité inébranlable de l’alliance de Dieu. De son côté, l’homme devra rester fidèle à ce fondement et respecter les lois que le Créateur y a inscrites.
    La création est faite en vue du sabbat et donc du culte et de l’adoration de Dieu. Le culte est inscrit dans l’ordre de la création. « Ne rien préférer au culte de Dieu », dit la règle de saint Benoît, indiquant ainsi le juste ordre des préoccupations humaines.
    Le sabbat est au cœur de la loi d’Israël. Garder les commandements, c’est correspondre à la sagesse et à la volonté de Dieu exprimées dans son œuvre de création.

    Le huitième jour : Mais pour nous, un jour nouveau s’est levé : le jour de la résurrection du Christ. Le septième jour achève la première création. Le huitième jour commence la nouvelle création. Ainsi, l’œuvre de la création culmine en l’œuvre plus grande de la rédemption. La première création trouve son sens et son sommet dans la nouvelle création dans le Christ, dont la splendeur dépasse celle de la première.

    Catéchisme de l’Église catholique
    § 345-349

     

     

     

  • Bulletin 105 : août-septembre 2017

    bulletin 105 août-septembre 2017

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  • « Mon Père, jusqu’à maintenant, est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. »

    augustin

    Nous voudrions expliquer comment sont également vrais deux textes : celui de la Genèse où il est écrit que Dieu se reposa le septième jour de toutes ses œuvres et celui de l’Évangile où le Seigneur, par qui toutes choses ont été faites, dit : « Mon Père est à l’œuvre jusqu’à maintenant, et moi aussi je suis à l’œuvre »… L’observation du sabbat a été prescrite aux juifs pour préfigurer le repos spirituel que Dieu promettait aux fidèles qui feraient de bonnes œuvres. Repos dont le Seigneur Jésus Christ… a confirmé le mystère par sa sépulture. Car c’est le jour du sabbat qu’il a reposé dans le tombeau… lorsqu’il avait consommé toutes ses œuvres…

    On peut penser que Dieu s’est reposé d’avoir créé les divers genres de créatures, parce qu’il n’a plus créé ensuite de nouveaux genres, mais… que, même en ce septième jour, il n’a pas cessé de gouverner le ciel, la terre et tous les autres êtres qu’il avait créés ; sinon, ils auraient aussitôt sombré dans le néant. Car la puissance du Créateur, la force du Tout-Puissant, est la cause par laquelle subsiste toute créature… Il n’en est pas en effet de Dieu comme d’un architecte : la maison est achevée, celui-ci s’en va et… l’œuvre subsiste ; au contraire, le monde ne pourrait subsister, ne serait-ce l’instant d’un clin d’œil, si Dieu lui retirait son appui…

    C’est ce que dit l’apôtre Paul quand il est venu annoncer Dieu aux Athéniens : « En lui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17,28)… En effet, nous ne sommes pas en Dieu comme sa propre substance, au sens où il est dit qu’« il a la vie en lui-même » ; mais, puisque nous sommes autre chose que lui, nous ne pouvons être en lui que parce qu’il agit ainsi : « Sa Sagesse s’étend avec force d’un bout du monde à l’autre et elle gouverne l’univers » (Sg 8,1)…

    Les œuvres bonnes que Dieu a faites (Gn 1,31), nous les voyons ; son repos, nous le verrons après avoir accompli nos bonnes œuvres.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    La Genèse au sens littéral, 4, 11-13 [21-24] (trad. Bibliothèque Augustinienne, t. 48, DDB 1972, p. 307s rev.)

     

     

     

  • « Tous deux ne feront plus qu’un. »

    Adam et Eve

    « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance », dit Dieu (Gn 1,26). Un simple commandement avait fait surgir les autres êtres de la création : « Que la lumière soit ! » ou « Qu’il y ait un firmament ! » Cette fois, Dieu ne dit pas : « Qu’il y ait des hommes », mais il dit : « Faisons l’homme ». En effet, il estimait convenable que soit façonnée de ses propres mains cette image de lui-même, supérieure à toutes les autres créatures. Cette œuvre lui était particulièrement proche ; il l’aimait d’un grand amour… Adam est à l’image de Dieu parce qu’il porte l’effigie du Fils Unique…

    D’une certaine manière, Adam a été créé à la fois simple et double ; Ève se trouvait cachée en lui. Avant même qu’ils n’existent, l’humanité était destinée au mariage, qui les ramènerait, homme et femme, à un seul corps, comme au commencement. Aucune querelle, aucune discorde, ne devait s’élever entre eux. Ils auraient une même pensée, une seule volonté… Le Seigneur a formé Adam de poussière et d’eau ; Ève, il l’a tirée de la chair, des os et du sang d’Adam (Gn 2,21). Le profond sommeil du premier homme anticipait les mystères de la crucifixion. L’ouverture du côté, c’était le coup de lance porté au Fils Unique ; le sommeil, la mort sur la croix ; le sang et l’eau, la fécondité du baptême (Jn 19,34)… Mais l’eau et le sang qui ont coulé du côté du Sauveur sont à l’origine du monde de l’Esprit…

    Adam n’a pas souffert du prélèvement fait dans sa chair ; ce qui lui avait été dérobé lui a été rendu, transfiguré par la beauté. Le souffle des vents, le murmure des arbres, le chant des oiseaux appelaient les fiancés : « Levez-vous, vous avez assez dormi ! La fête nuptiale vous attend ! »… Adam vit Ève à ses côtés, celle qui était sa chair et ses os, sa fille, sa sœur, son épouse. Ils se sont levés, enveloppés d’un vêtement de lumière, dans le jour qui leur souriait. Ils étaient au Paradis.

    Saint Jacques de Saroug (v. 449-521), moine et évêque syrien
    Hexaméron ; Homélie pour le sixième jour (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, Médiaspaul 1988, vol.1, p.27)

     

     

     

     

     

  • « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? »

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    Père saint, Dieu tout-puissant, lorsque j’élève vers ton ciel la faible lumière de mes yeux, puis-je douter qu’il est ton ciel ? Quand je contemple la course des étoiles, leur retour dans le cycle de l’année, quand je vois les Pléiades, la Petite Ourse et l’Étoile du matin et que je considère comment chacune brille au poste qui lui est assigné, je comprends, ô Dieu, que tu es là, dans ces astres que je ne comprends pas. Lorsque je vois « les vagues superbes de la mer » (Ps 92,4), je ne saisis pas l’origine de ces eaux, je ne saisis même pas ce qui met en branle leurs flux et leurs reflux réguliers, et pourtant, je crois qu’il est une cause — impénétrable certes pour moi — à ces réalités que j’ignore, et là aussi je perçois ta présence.

    Si je tourne mon esprit vers la terre qui, par le dynamisme de forces cachées, décompose toutes les semences qu’elle a accueillies dans son sein, les fait lentement germer et les multiplie, puis leur donne de grandir, je ne trouve rien là que je puisse comprendre avec mon intelligence ; mais cette ignorance m’aide à te discerner, toi, puisque, si je ne connais pas la nature mise à mon service, cependant je te rencontre par le fait même qu’elle est là, pour mon usage.

    Si je me tourne vers moi, l’expérience me dit que je ne me connais pas moi-même et je t’admire d’autant plus que je suis pour moi un inconnu. En effet, même si je ne peux pas les comprendre, je fais l’expérience des mouvements de mon esprit qui juge, de ses opérations, de sa vie, et cette expérience, c’est à toi que je la dois, toi qui m’as donné en partage cette nature sensible qui fait ma joie, même si son origine est au-delà des prises de mon intelligence. Je ne me connais pas moi-même, mais en moi je te trouve et, en te trouvant, je t’adore.

    Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
    La Trinité, livre 12, 52-53 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, Mediaspaul 1988, t. 1, p. 19)