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  • Les noces du Fils de Dieu

    Le Christ nous dit : « Le royaume de Dieu est semblable à un roi qui célèbre les noces de son fils » (Mt 22, 2). Ce roi, ce fils, qui représentent-ils ? Qui sont les convives de ce festin nuptial ? Y a-t-il un mystère sous cette allégorie ?

    D’après les docteurs de l’Église, le roi est le Père céleste. Lorsque, pour racheter le monde, le Père décrète l’incarnation du Verbe, il prépare, en raison même de l’union de la nature humaine à la personne divine, une merveilleuse fête nuptiale. L’incarnation du Verbe est nuptiale, parce qu’en recevant l’humanité sainte comme sienne, le Fils de Dieu en a fait son épouse. Au sens le plus élevé, ce furent déjà là les « noces de l’Agneau » (Ap 19, 7). (…) Pour le Christ, s’unir à son Église, c’est avant tout s’unir à chaque âme par la grâce sanctifiante et la charité. Saint Paul n’écrivait-il pas aux Corinthiens : « Je vous ai présentés au Christ comme de chastes épouses » (2 Co 11, 2) ? (…)

    Le roi avait invité de nombreux convives à prendre part au festin, et tous se sont excusés. Alors, il envoya ses serviteurs aux carrefours pour appeler jusqu’aux plus pauvres gens à l’abondant banquet qu’il avait préparé. La salle du festin s’ouvre ainsi aux humbles, aux infirmes, voire aux estropiés. Cette foule, de qui est-elle la figure ? (…) Nous voyons en elle le peuple chrétien appelé par la munificence divine au banquet eucharistique. Ceux qui communient aux mystères sacrés bénéficient de l’union d’amour réservée aux convives du festin ; le Christ prend possession de leurs âmes et eux, à leur tour, le possèdent dans la foi et la charité.

    Cette union imite de quelque manière celle de l’Humanité sainte avec le Verbe ; elle est elle-même le modèle de tous les rapports d’intimité et d’amour entre la créature et son Dieu. C’est à cette hauteur de vie surnaturelle que nous sommes tous conviés.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

     

  • La foi, base de toute vie chrétienne

    La foi est un fondement. Songez à un monument qui attire les regards par sa grandeur et l’harmonieux ensemble de toutes ses proportions. Qu’est-ce qui lui donne sa solidité ? Les assises. Que celles-ci viennent à être ébranlées, aussitôt les murailles se lézardent et l’édifice est en danger ; si on ne le consolide, il est voué à la ruine. C’est là l’image de la vie spirituelle. Celle-ci est un édifice que Dieu, de concert avec nous, se construit en nous, à sa gloire, c’est un temple qu’il veut habiter. Mais si nous ne posons pas un fondement ferme, il est impossible de bâtir l’édifice. Et plus celui-ci s’élève, plus il est nécessaire que les assises soient profondes et inébranlables. Quand l’homme spirituel pense arriver au sommet de la perfection, à la cime de la contemplation, si en lui la foi, qui est la base du vrai amour, ne s’affermit pas en proportion, tout peut s’écrouler.

    Le saint concile [de Trente] compare encore la foi à une racine. Voyez cet arbre majestueux, au tronc puissant, aux branches vigoureuses, au feuillage abondant et touffu. D’où lui viennent cette force et cette beauté ? De quelque chose qu’on n’aperçoit pas : les racines. Celles-ci plongent dans le sol pour s’y fixer et y puiser les sucs nourriciers nécessaires à la vie de ce géant. Que les racines viennent à se dessécher : l’arbre va dépérir. La racine de la vie chrétienne c’est la foi. Sans elle, tout se flétrit, tout se dessèche, tout meurt. Elle est la condition nécessaire de toute vie et de tout progrès spirituel.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

     

  • Fixer le Christ en nos cœurs par la foi

    Dieu se présente à nous comme objet de foi, surtout dans la personne de Jésus-Christ. Il veut que nous croyions fermement que l’enfant né de Marie, l’ouvrier de Nazareth, le Maître en lutte avec les Pharisiens, le crucifié du Calvaire est véritablement son Fils, son égal, et que nous l’adorions comme tel. Établir parmi les hommes la foi au Verbe incarné est la grande œuvre que Dieu s’est proposée dans l’économie du salut (cf. Jn 6,29). Rien ne peut remplacer cette foi en Jésus-Christ, vrai Dieu consubstantiel au Père et son Envoyé. Elle est la synthèse de toutes nos croyances, parce que le Christ est la synthèse de toute la révélation. (…)

    La vie de l’Église suppose en tout et toujours l’adoration de son divin Époux. À la face du monde qui le renie et le méconnaît, elle répète sans cesse, avec saint Pierre : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). Cette forte vision de la foi, qui perce le voile de l’humanité du Christ et plonge dans les profondeurs de sa divinité, fait défaut à beaucoup d’esprits. Ils voient Jésus, le touchent, mais, comme les foules de Galilée, d’un regard purement extérieur, superficiel, qui ne transforme pas les âmes. Pour d’autres, au contraire, Jésus se transfigure ; la grâce éclaire leur foi en sa divinité. Pour eux, Jésus est le soleil de justice ; il surpasse toutes les beautés de la terre, et sa vision ravit tellement leurs cœurs qu’aucun autre attrait ne peut plus les séparer de son amour. Ils peuvent dire avec saint Paul : « Je suis persuadé que ni la mort, ni la vie… ni une créature quelconque ne pourront me séparer de l’amour que Dieu nous manifeste dans le Christ-Jésus notre Seigneur » (Rm 8,38).

    Une telle foi fixe véritablement Jésus-Christ dans nos cœurs. Elle n’est pas une simple adhésion de l’esprit ; elle comporte l’amour, l’espérance, la consécration totale de soi au Christ pour vivre de sa vie, participer à ses mystères, imiter ses vertus.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

     

  • Fête de la Transfiguration du Seigneur

    Cette transfiguration de Jésus, inattendue des disciples et pleine de mystère, fut pour eux, sans contredit, la source d’une grâce singulière : celle de l’affermissement de la foi en la divinité de Jésus. Désormais, ils savaient, à n’en plus douter, que sous les dehors de l’homme avec lequel ils conversaient tous les jours (cf. Ph 2,7), le véritable Fils de Dieu voilait sa suprême dignité. Cette foi sera confirmée par la venue du Saint Esprit au jour de la Pentecôte.

    Mais la parole du Père entendue par les disciples n’était pas descendue de la nuée pour eux seuls. Toutes les générations chrétiennes la recueilleront à leur tour. (…) Pour chacun de nous, le Christ est toujours prêt à se transfigurer, et la voix du Père ne cesse point de proclamer, par le magistère de l’Église, la divine filiation de Jésus. Assurément, le Christ ne change plus, il demeure immuablement le même (cf. He 13,8). Il se présente toujours à nous comme « constitué pour nous, de par Dieu, sagesse, justice, sanctification, rédemption » (1 Co 1, 30). Mais nous, nous ne découvrons que peu à peu la divinité de sa personne, la valeur incomparable de sa rédemption, l’immensité de ses mérites, le don d’amour fait aux hommes par sa venue. Nous sommes ainsi initiés à cette science éminente du Christ (cf. Ph 3,8) dont parle l’Apôtre.

    Cependant, comprenez-le, cette connaissance n’est pas purement intellectuelle ; elle consiste bien plutôt en une illumination intérieure de la foi. Devant cette révélation toute intime et surnaturelle, le chrétien sent naître en lui le désir de rendre son âme et sa vie de plus en plus conformes à celles de Jésus-Christ.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

     

  • « C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » (Mt 7,16)

    Est-ce que nos œuvres ne sont pas nôtres ? Certainement, puisque c’est nous qui agissons ; mais ces œuvres ne sont bonnes que si nous les accomplissons, mus par la grâce, dans la foi et l’amour du Christ.

    Nous sommes les branches, le Christ est la racine. Est-ce la racine qui porte les fruits ? Non, c’est la branche, c’est nous ; mais la branche, en tant que unie par le tronc à la racine et tirant la sève de la racine ; nous, en tant que unis au Christ Jésus et puisant la grâce en lui. Si, à la vue d’une branche couverte de beaux fruits, nous croyons qu’ils sont produits par la branche, abstraction faite de l’union de celle-ci à la racine, nous sommes dans l’erreur ; la branche ne les produit qu’en allant puiser dans la racine le suc nécessaire à leur formation. Ainsi en va-t-il de nous ; ne l’oubliez jamais : la grâce du Christ Jésus est la racine ; et la branche séparée du tronc, de la racine, est une branche morte : tel est notre sort, si nous ne demeurons pas unis au Christ par la grâce.

    Cette union comprend d’ailleurs une infinité de degrés ; plus elle sera vive, forte, c’est-à-dire, moins il y aura en nous d’obstacles à la grâce, et plus notre foi et notre amour seront profonds, plus nombreux aussi seront les fruits que nous porterons.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

    abbé

     

     

     

  • Avec Jésus, vers le Père

    De la recherche de Dieu, principe de notre sainteté, nous ne pouvons trouver de meilleur modèle que le Christ Jésus lui-même. Mais, direz-vous aussitôt, comment, en ceci, le Christ peut-il être notre modèle ? Comment a-t-il pu « chercher Dieu », puisqu’il était Dieu lui-même ? Il est vrai que Jésus est Dieu, « vrai Dieu sorti de Dieu, lumière jaillissant de la lumière incréée » (Credo de la messe), le Fils du Dieu vivant, égal au Père. Mais il est aussi homme ; il est authentiquement l’un des nôtres par sa nature humaine. (…) Et nous voyons le Christ Jésus, tel un géant, s’élancer dans sa carrière, à la poursuite de la gloire de son Père. C’est là sa disposition primordiale.

    Écoutons comment, dans l’Évangile, il nous le dit lui-même en propres termes : « Je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 5,30). Aux juifs, il prouve qu’il vient de Dieu, que sa doctrine est divine, parce qu’ « il ne recherche pas sa propre gloire, mais celle de celui qui l’a envoyé » (cf. Jn 7,18). Il la recherche tellement qu’ « il n’a pas souci de la sienne propre » (cf. Jn 8,50). Toujours il a sur les lèvres ces mots : « mon Père » ; toute sa vie n’est que le magnifique écho de ce cri : Abba, Père. Pour lui, tout se ramène à rechercher la volonté et la gloire de son Père. Et quelle constance dans cette recherche ! Il nous déclare lui-même qu’il n’en dévie jamais : « J’accomplis toujours ce qui est agréable à mon Père » (cf. Jn 8,29) ; à l’heure suprême des derniers adieux, au moment où il va se livrer à la mort, il nous dit qu’ « il a réalisé toute la mission qu’il a reçue de son Père » (cf. Jn 17,4). (…)

    Si, comme Dieu, Jésus est le terme de notre recherche, comme un homme il en est l’inexprimable modèle, l’exemple unique dont nous ne devons jamais détacher le regard.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

     

  • « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15,5)

    Notre sainteté est d’ordre essentiellement surnaturelle. Tous les efforts réunis de la nature ne peuvent produire un acte surnaturel, un acte qui ait quelque proportion avec notre fin, laquelle est la vision béatifiante de l’adorable Trinité. (…) Mais Dieu, qui accomplit toutes ses œuvres avec une infinie sagesse, nous a donné, dans la grâce, le moyen de réaliser en nous ses desseins divins.

    Sans la grâce, ‒ et cette grâce ne vient que de Dieu, ‒ nous sommes incapables de faire quoi que ce soit pour arriver à notre fin surnaturelle ; S. Paul nous dit que, sans elle, nous ne pouvons avoir une bonne pensée qui nous soit comptée comme digne de la béatitude éternelle (cf. 2 Co 3,5). C’est l’écho de la parole du Christ : « Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5), vous ne pouvez atteindre le but suprême ; vous ne pouvez devenir des saints. Le Christ Jésus nous a commenté lui-même cette vérité : il nous a dit qu’il est la vigne et que nous sommes les branches ; pour produire des fruits, il faut que nous lui restions unis par la grâce, afin que, tirant de lui la sève surnaturelle, nous puissions rapporter à son Père des fruits qui lui soient agréables.

    Vous voyez par là la nécessité où est l’âme de ne pas s’écarter de Dieu, source de la grâce sans laquelle nous ne pouvons rien. Mais, bien plutôt, nous devons nous livrer à lui sans réserve, car « avec cette grâce nous pouvons tout » (…). Il n’est pas d’œuvre honnête, si banale ou si ordinaire soit-elle, qui, faite sous l’inspiration de la grâce, ne puisse contribuer à nous faire parvenir à cette exaltation suprême qu’est la vision béatifique ; car « tout concourt au bien de ceux que Dieu appelle à vivre en union avec lui » (Rm 8,28).

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

     

  • « Il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. » (Lc 24,45)

    Où trouverons-nous les paroles de Jésus, ces paroles qui doivent être pour nous « des sources jaillissant jusqu’à la vie éternelle » (Jn 4,14) ? Dans l’Évangile d’abord. Là, nous entendons Jésus lui-même, Verbe incarné ; nous le voyons révéler l’ineffable en des mots humains, traduire l’invisible en des gestes compréhensibles pour nos faibles esprits ; nous n’avons qu’à ouvrir les yeux, qu’à disposer notre cœur, pour connaître ces clartés et en jouir. (…)

    Comme le « Christ Jésus était hier, aussi bien qu’il est aujourd’hui et qu’il sera demain » (He 13,8), il n’est pas jusqu’à l’Ancien Testament lui-même qui ne nous le révèle. N’a-t-il pas dit, que c’est de sa personne que Moïse a parlé ? n’a-t-il pas relevé fréquemment les prophéties qui le concernent ? Et les psaumes, ne débordent-ils pas de lui, au point d’être, selon la belle expression de Bossuet, « un Évangile de Jésus-Christ tourné en chants, en affections, en actions de grâces, en pieux désirs ? » (Élévations sur les mystères, Xe sem., 3e élév.).

    C’est donc tout le trésor des Écritures qui nous révèle le Christ ; c’est à chacune de leurs pages que nous lisons son nom. Ces pages sont pleines de lui, de sa personne, de ses perfections, de ses gestes ; chacune d’elles nous redit son incomparable amour, sa bonté sans bornes, son inlassable miséricorde, sa sagesse ineffable ; elles nous dévoilent les insondables richesses du mystère de sa vie et de ses souffrances, elles nous racontent les suprêmes triomphes de sa gloire. (…)

    Mais pour que cette parole soit en nous « vive et efficace », qu’elle touche réellement l’âme, et devienne vraiment source de contemplation et principe de vie, il faut que nous la recevions avec foi et humilité, et avec un sincère désir de connaître le Christ et de nous unir à lui pour marcher sur ses traces. La connaissance intime et profonde, la perception surnaturelle et féconde du sens des Saintes Lettres est un don de l’Esprit, don si précieux que Notre Seigneur lui-même, Sagesse éternelle, l’a communiqué à ses Apôtres dans une de ses dernières apparitions (Lc 24,45).

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

     

  • « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » (Lc 18,14)

    Regardez le Pharisien : c’est un homme convaincu de son importance, rempli et sûr de lui-même ; le « moi » de cet homme s’affiche dans les paroles, dans l’attitude. (…) Le pharisien a le « cœur double », comme dit le Psalmiste (Ps 11,3) ; le mépris qu’il fait du publicain montre qu’il se croit beaucoup plus parfait que lui ; et ainsi c’est à lui-même que réellement il réserve une gloire qu’en apparence il donne à Dieu. Il ne demande rien à Dieu, parce qu’il considère qu’il n’a besoin de rien ; il se suffit à lui-même ; il expose plutôt sa conduite à l’approbation de Dieu. (…) Au fond le personnage est persuadé pratiquement que toute sa perfection vient de lui. (…)

    Quant à l’autre acteur de la scène, le publicain, que fait-il ? Il se tient à distance, n’osant même pas lever les yeux, car il se sent misérable. Pense-t-il avoir des titres dont il se puisse prévaloir devant Dieu ? Aucun. Il a conscience de n’apporter que ses péchés (…). Il ne se fie qu’en la miséricorde divine ; il n’attend rien, il n’espère rien que d’elle ; toute sa confiance, toute son espérance, il la place en Dieu. (…)

    Or, comment Dieu agit-il avec ces deux hommes ? Bien différemment. « Je vous le dis, prononce le Christ Jésus, le publicain descendit justifié, à l’opposé de l’autre, le pharisien » (Lc 18,14). Le Christ Jésus, en terminant la parabole, établit lui-même la loi fondamentale qui réagit nos relations avec Dieu, il dégage la leçon essentielle que nous devons en apprendre : « Quiconque s’élève sera abaissé ; quiconque s’abaisse sera élevé » (Lc 18,14). Vous voyez à quel point l’orgueil est l’ennemi de l’union de l’âme à Dieu (…). Et comme Dieu est le principe de toute grâce, l’orgueil est pour l’âme le plus terrible de tous les dangers ; tandis qu’il n’y a pas de voie plus sûre pour atteindre la sainteté et pour trouver Dieu que l’humilité.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

     

  • « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » (Mc 9,24)

    Pour croire, l’action de la grâce sur l’esprit et la volonté est nécessaire. Lisez l’Évangile. Les contemporains de Jésus ont pu le toucher, l’entendre ; leurs sens le saisissaient ; la raison montrait qu’il était un homme éminent, de grande vertu. Mais, pour pénétrer jusqu’au saint des saints de l’être divin et croire qu’il était le vrai Fils de Dieu, il fallait, outre les miracles et les prophéties, un don de la grâce. Jésus l’a proclamé : « Ce n’est ni la chair ni le sang qui te l’ont révélé, mais c’est mon Père » (Mt 16, 17). Et ailleurs, il dit : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jn 6,44).

    La foi nous vient d’en-haut. L’incroyant doit implorer humblement la grâce de sa venue, et nous, en possession de ce don de Dieu, demander sa croissance : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » (Mc 9,24). Les tentations contre la foi sont toujours possibles, mais elles deviennent un stimulant de notre prière ; par là elles rendent notre foi plus vivace et nous font mieux apprécier son caractère surnaturel et gratuit. (…) Apprenons à utiliser ces hésitations ; adhérons avec plus de conscience et de fermeté au Christ et à son message.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)