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  • « Des serviteurs quelconques »

    La juste manière de servir rend humble celui qui agit. Il n’assume pas une position de supériorité face à l’autre, même si la situation de ce dernier peut à ce moment-là être misérable. Le Christ a pris la dernière place dans le monde –- la croix –- et, précisément par cette humilité radicale, il nous a rachetés et il nous aide constamment. Celui qui peut aider reconnaît que c’est justement de cette manière qu’il est aidé lui aussi. Le fait de pouvoir aider n’est ni son mérite ni un titre d’orgueil. Cette tâche est une grâce.

    Plus une personne œuvre pour les autres, plus elle comprendra et fera sienne la parole du Christ : « Nous sommes des serviteurs quelconques ». En effet, elle reconnaît qu’elle agit non pas en fonction d’une supériorité ou d’une plus grande efficacité personnelle, mais parce que le Seigneur lui en fait don. Parfois, le surcroît des besoins et les limites de sa propre action pourront l’exposer à la tentation du découragement. Mais c’est alors justement que l’aidera le fait de savoir qu’elle n’est, en définitive, qu’un instrument entre les mains du Seigneur ; elle se libérera ainsi de la prétention de devoir réaliser, personnellement et seule, l’amélioration nécessaire du monde. Humblement, elle fera ce qui lui est possible de faire et, humblement, elle confiera le reste au Seigneur.

    C’est Dieu qui gouverne le monde et non pas nous. Nous, nous lui offrons uniquement nos services, pour autant que nous le puissions, et tant qu’il nous en donne la force. Faire cependant ce qui nous est possible, avec la force dont nous disposons, telle est la tâche qui maintient le bon serviteur de Jésus Christ toujours en mouvement : « L’amour du Christ nous pousse » (2Co 5,14).

    Benoît XVI

  • « Réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » (Lc 17, 20)

    « Fais du Seigneur tes délices et il te donnera ce que ton cœur désire » (Ps 36,4) :

    L’Esprit Saint est un feu inextinguible qui donne tous les biens, embrasse tous les biens, fait naître tous les biens, enseigne tous les biens et qui par sa flamme accorde le langage à l’homme. Par la force de son feu, il enseigne l’humilité qui se place sous tout le monde et s’estime la dernière de tous. L’ardeur spirituelle a la fraîcheur de la patience, une dignité bienveillante qui remplit tout, œuvre de l’humilité, elle est la fondation de ce que la sainteté bâtit en des hauteurs supérieures.

    La foi est l’étendard de la victoire : comme une flamme brillante, elle montre le droit chemin, sa rosée d’espoir arrose l’esprit des fidèles qui soupirent après le ciel, ayant en eux la verdeur de la parfaite charité, ils s’empressent d’être utiles à tous. Par le doux souffle de la pénitence, ils se lamentent dans leur prière. Comme une brise fait fleurir les fleurs, la chaleur du désir du ciel produit un fruit excellent…(…)

    La gloire du paradis est entouré d’une telle clarté que tu ne peux la regarder avec ce qu’elle contient que dans un miroir. Là se réjouissent les âmes purifiées de leurs péchés, revêtues de l’habit d’immortalité et d’honneur… Toute créature est née selon la volonté de Dieu et même la vie éternelle a jailli de Dieu et vient de lui ; et les ornements, les joies et toute voix pleine de joie de la vie éternelle viennent de lui. Car les œuvres des élus qui ont germé grâce à l’Esprit Saint éclatent en paradis…

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

  • « Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette. »

    Née de l’amour du Père éternel, fondée dans le temps par le Christ Rédempteur, rassemblée dans l’Esprit Saint, l’Église a une fin salvifique et eschatologique qui ne peut être pleinement atteinte que dans le monde à venir. Mais elle est présente dès maintenant sur cette terre, rassemblée du milieu des hommes ; elle se compose de membres de la cité terrestre qui sont appelés à former, déjà au sein de l’histoire humaine, la famille des enfants de Dieu, qui doit croître sans cesse jusqu’à la venue du Seigneur… À la fois « assemblée visible et communauté spirituelle » (LG 8), l’Église fait route avec toute l’humanité et partage le sort terrestre du monde ; elle est comme le ferment et pour ainsi dire l’âme de la société humaine destinée à être renouvelée dans le Christ et transformée en famille de Dieu.

    Cette compénétration de la cité terrestre et de la cité céleste ne peut être perçue que par la foi ; bien plus, elle demeure le mystère de l’histoire humaine, qui est troublée par le péché jusqu’à la pleine révélation de la gloire des enfants de Dieu (Rm 8,18s). L’Église, en poursuivant sa fin propre, le salut, ne fait pas seulement que l’homme communie à la vie divine. Elle répand aussi sa lumière en la faisant rejaillir d’une certaine façon sur le monde entier, surtout du fait qu’elle rétablit et ennoblit la dignité de la personne humaine, qu’elle fortifie la cohésion de la société humaine, et qu’elle donne à l’activité quotidienne des hommes une orientation et une signification plus profondes. Ainsi, par chacun de ses membres et par toute la communauté qu’elle forme, l’Église croit pouvoir contribuer largement à ce que la famille des hommes et son histoire deviennent plus humaines…

    L’Église, tandis qu’elle aide le monde et reçoit beaucoup de lui, tend à un seul but : que le Règne de Dieu vienne et que le salut de tout le genre humain s’instaure. Tout le bien que le peuple de Dieu peut communiquer à la famille humaine, au temps de son pèlerinage sur cette terre, découle du fait que l’Église est « le sacrement universel du salut » (LG 48), manifestant et réalisant en même temps le mystère de l’amour de Dieu à l’égard de l’homme.

    Concile Vatican II

  • Dieu a voulu confier notre âme à un prince de sa cour céleste

    Notre âme est si noble, ornée de tant de belles qualités, que le bon Dieu n’a voulu la confier qu’à un prince de sa cour céleste.

    Notre âme est si précieuse aux yeux de Dieu même, que, dans toute sa sagesse, il n’a point trouvé de nourriture qui fût digne d’elle que son Corps adorable, dont il veut qu’elle fasse son pain de chaque jour ; et pour sa boisson, il n’y avait que son Sang précieux qui fût digne de lui en servir.

    Oui, mes frères, si nous avons une âme que Dieu estime tant, que quand elle aurait été seule dans le monde, il n’aurait pas cru en trop faire que de mourir pour elle ; et que, quand le bon Dieu, en la créant, n’aurait point créé de ciel, quoique seule dans le monde, le bon Dieu en aurait créé un pour elle seule.

    Ô mon corps, que vous êtes heureux de loger une âme ornée de tant de belles qualités ! Un Dieu, tout infini qu’il est, en fait l’objet de ses complaisances ! Oui, mes frères, notre âme est destinée à aller passer son éternité dans le sein de Dieu même.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • « Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

    Rappelle-toi de la gloire du Père Rappelle-toi des divines splendeurs Que tu quittas t’exilant sur la terre Pour racheter tous les pauvres pécheurs Ô Jésus ! t’abaissant vers la Vierge Marie Tu voilas ta grandeur et ta gloire infinie Ah ! du sein maternel Qui fut ton second Ciel Rappelle-toi… Rappelle-toi que sur d’autres rivages Les astres d’or et la lune d’argent Que je contemple en l’azur sans nuages Ont réjoui, charmé tes yeux d’Enfant. De ta petite main qui caressait Marie Tu soutenais le monde et lui donnais la vie. Et tu pensais à moi, Jésus, mon petit Roi Rappelle-toi. Rappelle-toi que dans la solitude Tu travaillais de tes divines mains Vivre oublié fut ta plus douce étude Tu rejetas le savoir des humains Ô Toi ! qui d’un seul mot pouvais charmer le monde Tu te plus à cacher ta sagesse profonde. Tu parus ignorant, Ô Seigneur Tout-Puissant ! Rappelle-toi. Rappelle-toi qu’étranger sur la terre, Tu fus errant, toi le Verbe Éternel, Tu n’avais rien ; non, pas même une pierre Pas un abri, comme l’oiseau du ciel. Ô Jésus ! viens en moi, viens reposer ta Tête, Viens, à te recevoir mon âme est toute prête Mon Bien-Aimé Sauveur Repose dans mon cœur Il est à Toi.

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

  • Pratiquez la douceur !

    [Notre-Seigneur :] « Une autre vertu que Je vous ai bien souvent recommandée par Mes paroles et plus souvent encore par Mes exemples, c’est la douceur : c’est pour vous, pour votre bien à tous que Je vous l’ai tant de fois prêchée… Pratiquez cette douceur dans vos pensées, éloignant, chassant comme des inspirations du diable toute pensée d’amertume, de dureté, de raideur, de violence, de colère, de rancune, d’antipathie, de jugements sévères sur ceux dont vous n’êtes pas chargés ; accueillez, nourrissez les pensées douces, tendres, charitables, les pensées de sympathie, de bonté, de reconnaissance…

    Attendrissez-vous en regardant l’amour que vous devez à tous les hommes, Mes enfants bien-aimés, vos frères ; la reconnaissance que vous devez à tous, qui vous font tous quelque bien par la communion des saints, par la gloire que tous Me donnent, bon gré, mal gré, à Moi, votre Bien-Aimé. En tous les hommes, vous avez des amis tendres et très puissants, puisque vous avez, avec eux, continuellement, leurs bons anges.

    Soyez tout miel, toute tendresse, toute paix dans vos pensées… Et soyez de même dans vos paroles…, si parfois, par devoir, vous êtes obligés d’avoir des paroles sévères, que votre sévérité même laisse voir, comme au travers d’un voile transparent qui couvre un fond d’éternelle douceur, qu’elle n’est que passagère, qu’elle cessera aussitôt que le bien même des âmes à qui elle s’adresse ne la demandera plus, qu’elle ne demande qu’à s’évanouir et à faire place à la douceur. »

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • Fête des saints Michel, Gabriel et Raphaël, archanges

    Tu as préparé les troupes des anges et les armées divines pour être les demeures accueillantes et les réceptacles vénérables de ta divine splendeur, les spectateurs de ta gloire, debout près de ton trône, exécutant avec force et efficacité ta parole et accomplissant énergiquement tes commandements, Ami de l’homme.

    Comme tu voulais, toi qui es bon, manifester l’abîme de ta bonté, Dieu sans commencement, tu as créé d’abord, par ton pouvoir tout-puissant et ton ordre divin, les chœurs des Anges et les cohortes des Puissances ; car il fallait, en vérité, que le bien se répandît et se propageât, de sorte que plus nombreux fussent les bénéficiaires de ta bonté, ô Maître.

    Les Séraphins aux six ailes, les Chérubins aux yeux sans nombre, t’entourent avec les Trônes sublimes, participant sans intermédiaire à ta splendeur primordiale ; les Dominations, les Principautés, les Puissances, les Archanges, les Anges et les Vertus divines, en acclamant ta gloire, Ô Tout-Puissant, te supplient en notre faveur.

    Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)

  • L’humanité T’appelle sans fin, Dieu de miséricorde !

    Sois adoré, notre Dieu miséricordieux,
    Notre Créateur et Seigneur tout-puissant,
    Nous Te rendons gloire avec la plus profonde humilité,
    Nous plongeant dans l’océan de Ta Divinité.

    L’homme n’a pas résisté à l’heure de l’épreuve,
    À l’incitation du mal il devint infidèle envers Toi,
    Il a perdu la grâce et les dons, il ne lui est resté que la misère,
    Larmes, souffrances, douleur, amertume – jusqu’à ce qu’il repose dans la tombe.

    Mais, Toi, ô Dieu miséricordieux, Tu n’as pas laissé périr l’humanité,
    Et Tu lui as donné la promesse d’un Rédempteur.
    Tu ne nous permets pas de désespérer, si grandes que soient nos colères,
    Tu envoies tes prophètes à Israël.

    Cependant, nuit et jour, l’humanité T’appelle,
    De son abîme de misère, de péchés et de toutes douleurs.
    Entends ses gémissements et ses pleurs, Toi qui règnes dans le ciel,
    Dieu de grande miséricorde, Dieu de pitié.

    L’homme s’est rendu coupable, mais il n’est pas capable de demander pardon,
    Car un gouffre infini s’est ouvert entre Dieu et l’homme,
    Par la voix de sa misère il crie : envoie-nous Ta pitié,
    Mais Yahvé se tait… et les siècles passent l’un après l’autre.

    De toute l’humanité s’accroît la nostalgie,
    De Celui qui Lui était promis.
    Viens Agneau de Dieu, effacer nos colères,
    Viens éclairer nos ténèbres, comme un rayon de lumière.

    L’humanité T’appelle sans fin, Seigneur des Seigneurs,
    Elle appelle Ton insondable miséricorde et Ta pitié.
    Ô grand Yahvé, permets-nous d’obtenir le pardon.
    Souviens-Toi de Ta bonté et pardonne nos colères.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

  • « Ces paroles restaient voilées pour eux. »

    Parmi toutes les grandes choses et les merveilles que l’on peut dire du Christ, il en est une qui dépasse absolument l’admiration dont est capable l’esprit humain ; la fragilité de notre intelligence mortelle ne sait pas comment la comprendre ou l’imaginer. C’est que la toute-puissance de la majesté divine, la Parole même du Père (Jn 1,1), la propre Sagesse de Dieu (1Co 1,24), en laquelle toutes choses ont été créées — ce qui est visible comme ce qui est invisible (Jn 1,3; Col 1,16) — s’est laissé enfermer dans les limites de cet homme qui s’est manifesté en Judée. Tel est l’objet de notre foi. Et il y a plus encore : nous croyons que la Sagesse de Dieu est entrée dans le sein d’une femme, qu’elle est née dans les vagissements et les pleurs communs à tous les nourrissons. Et nous avons appris qu’après cela le Christ a connu le trouble devant la mort au point de s’écrier : « Mon âme est triste à en mourir » (Mt 26,38), et qu’enfin il a été traîné à une mort honteuse entre toutes parmi les hommes, même si nous savons qu’il est ressuscité le troisième jour. (…)

    En vérité, faire entendre de telles choses à des oreilles humaines, essayer de les exprimer par des mots, dépasse le langage des hommes (…) et probablement celui des anges.

    Origène (v. 185-253)

  • « Les souffrances du Messie et la gloire qui suivrait sa Passion » (1P 1,11)

    À l’approche de sa mort, le Sauveur s’écriait : « Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils » (Jn 17,1). Or, sa gloire, c’est la croix. Comment donc pourrait-il avoir cherché à éviter ce qu’il avait demandé à un autre moment ? Que sa gloire soit la croix, l’Évangile nous l’enseigne en disant : « L’Esprit Saint n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jn 7,39). Voici le sens de cette parole : la grâce n’avait pas encore été donnée, parce que le Christ n’était pas encore monté sur la croix pour réconcilier Dieu et les hommes. En effet, c’est la croix qui a réconcilié les hommes avec Dieu, qui a fait de la terre un ciel, qui a réuni les hommes aux anges. Elle a renversé la citadelle de la mort, détruit la puissance du démon, délivré la terre de l’erreur, posé les fondements de l’Église. La croix, c’est la volonté du Père, la gloire du Fils, la jubilation de l’Esprit Saint. Elle est l’orgueil de saint Paul : « Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil » (Ga 6,14).

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)