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  • « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel. » (Jn 3,27)

    Dans l’humilité, mon soutien, la création s’épanouit sur l’ordre de Dieu. En cette humilité, Dieu se penche vers moi pour donner à nouveau le bonheur aux feuilles mortes – les hommes – qui sont tombées, un bonheur qui inspire toutes ses volontés : il les avait pétries avec la terre, et, après leur chute, il les relève.

    Dieu a réalisé toutes ses œuvres dans l’amour, l’humilité et la paix, afin que l’homme appréciât l’humilité et saisît également la paix pour ne pas sombrer avec celui qui, dès le début, tourne ces vertus en dérision. Ces vertus ne sont pas plus séparées de la divinité que la racine de l’arbre : Dieu, qui est amour, conserve son humilité en toutes ses œuvres et dans tous ses jugements. Amour et humilité descendirent sur terre avec le Fils de Dieu, et c’est encore eux qui l’accompagnèrent, quand il rejoignit le ciel. L’amour brûle dans l’ardeur des cieux comme la pourpre, et l’humilité, dans la candeur de la droiture, écarte toute souillure de la terre.

    L’amour est l’ornement des œuvres de Dieu, telle la pierre précieuse sertie sur une bague. L’humilité s’est manifestée et révélée dans l’humanité du Fils de Dieu, elle a jailli de la pure Étoile de la Mer, Marie. (…) L’humilité ne détient rien, elle maintient tout au sein de l’amour. C’est en son sein que Dieu se penche vers la terre, et c’est par l’humilité qu’il rassemble les vertus.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

  • Meilleurs voeux

    Toute l’équipe de la Maison Marie d’Ardouane vous présente ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année, dans l’Amour et la Paix. Nous voulions aussi vous remercier pour votre fidélité et vos partages afin que le monde connaisse de plus en plus les paroles de Marie Mère des hommes.Grâce à vous, nous sommes aujourd’hui sur notre page Facebook 540 abonnés et cela ne peut que s’accentuer. 

    Bonne et sainte année 2026 !

  • « Si tu le veux, tu peux. »

    Mon tendre maître, tu es bien l’ami véritable ! Étant tout-puissant, ce que tu veux, tu le peux. Et jamais tu ne manques de vouloir, envers ceux qui t’aiment. Que tout ce qui est ici-bas te loue, Seigneur ! Comment faire retentir ma voix dans tout l’univers, pour annoncer combien tu es fidèle à tes amis ? Toutes les créatures peuvent nous manquer : toi qui en es le maître, tu ne nous manques jamais.

    Que tu laisses souffrir peu de temps ceux qui t’aiment ! Ô mon maître, quelle délicatesse, quelle attention, quelle tendresse tu montres envers eux ! Oui, heureux celui qui n’a jamais rien aimé hors de toi ! Il est vrai, tu traites tes amis avec rigueur, mais c’est, je crois, pour mieux faire éclater dans l’excès de la souffrance, l’excès plus grand encore de ton amour. Mon Dieu, que n’ai-je de l’intelligence, du talent, que n’ai-je un langage nouveau, pour parler de tes œuvres telles que mon âme les conçoit ! Tout me fait défaut, mon Seigneur. Mais pourvu que tu ne m’abandonnes pas, moi je ne t’abandonnerai jamais…

    Je sais par expérience avec quels avantages tu fais sortir de l’épreuve ceux qui ne mettent qu’en toi leur confiance. Tandis que j’étais dans [une] affliction amère…, ces seules paroles que j’ai entendues… ont suffi pour dissiper ma peine et me mettre dans une tranquillité parfaite : « Ne crains rien, ma fille ; c’est moi, je ne t’abandonnerai pas. Ne crains rien »… Et voici qu’à ces seules paroles, le calme se fait en moi, je me trouve forte, courageuse, rassurée ; je sens renaître la paix et la lumière. En un instant mon âme est transformée.

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

  • « Cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »

    Abreuve-toi d’abord à l’Ancien Testament pour boire ensuite au Nouveau. Si tu ne bois pas au premier, tu ne pourras pas te désaltérer au second. Bois au premier pour apaiser ta soif, au second pour l’étancher complètement… Bois à la coupe de l’Ancien Testament et du Nouveau, car dans les deux c’est le Christ que tu bois. Apaise ta soif avec le Christ, car il est la vigne, il est le rocher qui a fait jaillir l’eau, il est la source de la vie. Bois le Christ, car il est « le fleuve dont le cours réjouit la cité de Dieu », il est la paix, et « de son sein jaillissent des fleuves d’eau vive ». Bois le Christ pour te désaltérer du sang de ta rédemption et du Verbe de Dieu. L’Ancien Testament est sa parole, le Nouveau l’est aussi. On boit la Sainte Écriture et on la mange ; alors le Verbe éternel, la Parole de Dieu, descend dans les veines de l’esprit et dans la vie de l’âme : « Ce n’est pas seulement de pain que vit l’homme, mais de toute parole de Dieu ». Désaltère-toi donc de ce Verbe, mais selon l’ordre qui convient : bois-le d’abord dans l’Ancien Testament, et puis, sans tarder, dans le Nouveau.

    Il dit lui-même, comme avec insistance : « Peuple qui marche dans les ténèbres, regarde cette grande lumière ; toi qui habites un pays de mort, une lumière se lève sur toi ». Bois donc sans plus attendre, et une grande lumière t’éclairera : non plus la lumière quotidienne du jour, du soleil ou de la lune, mais cette lumière qui repousse l’ombre de la mort.

    Saint Ambroise (v. 340-397)

  • « Jésus était seul. »

    La révélation essentielle de l’Évangile, c’est la présence dominante et envahissante de Dieu. C’est un appel à rencontrer Dieu et Dieu ne se rencontre que dans la solitude. À ceux qui vivent chez les hommes, il semblerait que cette solitude soit refusée. Ce serait croire que nous précédons Dieu dans la solitude : c’est lui qui nous attend ; le trouver, c’est la trouver, car la vraie solitude est esprit et toutes nos solitudes humaines ne sont que des acheminements relatifs vers la parfaite solitude qui est dans la foi.

    La vraie solitude, ce n’est pas l’absence des hommes, c’est la présence de Dieu. Mettre sa vie en face à face avec Dieu, livrer sa vie à la notion de Dieu, c’est bondir dans une région où nous sommes faits solitaires. C’est la hauteur qui fait la solitude des montagnes et non le lieu où sont posées leurs bases. Si le jaillissement de la présence de Dieu en nous s’exhausse dans le silence et la solitude, elle nous laisse posés, mêlés, radicalement unis à tous les hommes qui sont faits de la même terre que nous.

    « Heureux celui qui reçoit la parole de Dieu et qui la garde » (Lc 11,28). Il n’y a pas de solitude sans le silence. Le silence, c’est quelque fois se taire, mais le silence, c’est toujours écouter. Une absence de bruit qui serait vide de notre attention à la parole de Dieu ne serait plus du silence. Une journée pleine de bruits et pleine de voix peut être une journée de silence si le bruit devient pour nous écho de la présence de Dieu.

    Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

  • La multiplication des pains

    Remarquons l’abandon confiant des disciples à la providence de Dieu dans les plus grandes nécessités de la vie et leur mépris pour une existence luxueuse : ils étaient douze et n’avaient que cinq pains et deux poissons. Ils ne se préoccupaient pas des choses du corps ; ils consacrent tout leur zèle aux choses de l’âme. En plus ils n’ont pas gardé pour eux ces provisions : ils les ont données aussitôt au Sauveur quand il les leur a demandées. Apprenons par cet exemple à partager ce que nous avons avec ceux qui sont dans le besoin, même si nous avons peu. Lorsque Jésus leur demande d’apporter les cinq pains, ils ne disent pas : « Que nous restera-t-il pour plus tard ? Où trouverons-nous ce qu’il faut pour nos besoins personnels ? » Ils obéissent tout de suite. (…)

    Prenant donc les pains, le Seigneur les a rompus et a confié aux disciples l’honneur de les distribuer. Il ne voulait pas seulement les honorer par ce saint service, mais il voulait qu’ils participent au miracle pour en être les témoins bien convaincus et qu’ils n’oublient pas ce qui s’était passé sous leurs yeux. (…) C’est par eux qu’il fait asseoir les gens et qu’il distribue le pain, afin que chacun d’entre eux puissent rendre témoignage du miracle qui s’est accompli entre leurs mains. (…)

    Tout dans cet événement – le lieu désert, la terre nue, le peu de pain et de poisson, la distribution des mêmes choses à tous sans préférence, chacun ayant autant que son voisin – tout cela nous enseigne l’humilité, la frugalité, et la charité fraternelle. Nous aimer les uns les autres également, mettre tout en commun parmi ceux qui servent le même Dieu, voilà ce que nous enseigne notre Sauveur ici.  

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

  • « Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu paraître une grande lumière. »

    Jésus, notre Seigneur, le Christ,

    nous est apparu du sein de son Père.

    Il est venu et nous a tirés des ténèbres

    et nous a illuminés de sa joyeuse lumière.

    Le jour s’est levé pour les hommes ;

    la puissance des ténèbres est chassée.

    De sa lumière s’est levée pour nous une lumière

    qui a éclairé nos yeux obscurcis.

    Il a fait lever sa gloire sur le monde

    et a éclairé les plus profonds abîmes.

    La mort est anéantie, les ténèbres ont pris fin,

    les portes de l’enfer sont en pièces.

    Il a illuminé toutes les créatures,

    ténèbres depuis les temps anciens.

    Il a réalisé le salut et nous a donné la vie ;

    ensuite il viendra dans la gloire

    et il éclairera les yeux de tous ceux qui l’auront attendu.

    Notre Roi vient dans sa grande gloire :

    allumons nos lampes, sortons à sa rencontre (Mt 25,6);

    réjouissons-nous en lui comme il s’est réjoui en nous

    et nous réjouit par sa glorieuse lumière.

    Mes frères, levez-vous, préparez-vous

    pour rendre grâce à notre Roi et Sauveur

    qui viendra dans sa gloire et nous réjouira

    de sa joyeuse lumière dans le Royaume.

    Saint Éphrem (v. 306-373)

  • Épiphanie du Seigneur, Solennité

    Le dessein de Dieu n’a pas été seulement de descendre sur terre, mais d’y être connu ; non seulement de naître, mais de se faire connaître. De fait, c’est en vue de cette connaissance que nous avons cette célébration de l’Epiphanie, ce grand jour de sa manifestation. Aujourd’hui, en effet, les mages sont venus d’Orient à la recherche du Soleil de Justice à son lever (Ml 3,20), lui de qui nous lisons : « Voici un homme, Orient est son nom » (Za 6,12). Aujourd’hui ils ont adoré l’enfantement nouveau de la Vierge, suivant la direction tracée par une nouvelle étoile. Ne trouvons-nous pas là, frères, un grand motif de joie, comme aussi dans cette parole de l’apôtre Paul : « La bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes nous sont apparus » (Tt 3,4)…

    Que faites-vous, mages, que faites-vous ? Vous adorez un enfant à la mamelle, dans une chaumière vulgaire, dans des langes misérables ? Celui-ci serait-il donc Dieu ? Mais « Dieu réside dans son temple saint, le Seigneur a son trône dans les cieux » (Ps 10,4), et vous, vous le cherchez dans une vulgaire étable, sur le sein d’une mère ? Que faites-vous ? Pourquoi offrez-vous cet or ? Celui-ci serait-il donc roi ? Mais où est sa cour royale, où est son trône, où est la foule de ses courtisans ? Une étable est-elle un palais, une crèche un trône, Marie et Joseph les membres de sa cour ? Comment des hommes sages sont-ils devenus fous au point d’adorer un petit enfant, méprisable tant par son âge que par la pauvreté des siens ?

    Fous, ils le sont devenus, oui, pour devenir sages ; l’Esprit Saint leur a enseigné d’avance ce que plus tard l’apôtre Paul a proclamé : « Celui qui veut être sage, qu’il se fasse fou pour être sage. Car puisque le monde, avec toute sa sagesse, n’a pas pu reconnaître Dieu dans sa Sagesse, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Evangile » (1Co 1,21)… Ils se prosternent donc devant ce pauvre enfant, lui rendent hommage comme à un roi, l’adorent comme un Dieu. Celui qui les a guidés au dehors par une étoile a répandu sa lumière au secret de leur cœur.

    Saint Bernard (1091-1153)

  • « C’est toi mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour. »

    Sur les rives du Jourdain, Jésus se présente avec une humilité extraordinaire, qui rappelle la pauvreté et la simplicité de l’Enfant déposé dans la crèche, et anticipe les sentiments avec lesquels, au terme de ses jours terrestres, il arrivera à laver les pieds des disciples et subira l’humiliation terrible de la croix. Le Fils de Dieu, lui qui est sans péché, se place parmi les pécheurs, montre la proximité de Dieu sur le chemin de conversion de l’homme. Jésus assume sur ses épaules le poids de la faute de l’humanité tout entière et commence sa mission en se mettant à notre place, à la place des pécheurs, dans la perspective de la croix.

    Tandis que, recueilli en prière après le baptême, il sort de l’eau, les cieux s’ouvrent. C’est le moment attendu par la foule des prophètes. « Ah, si tu déchirais les cieux et descendais », avait invoqué Isaïe (63,19). A ce moment…, cette prière est exaucée. En effet, « le ciel s’ouvrit et l’Esprit Saint descendit sur lui » ; on entendit des paroles jamais entendues auparavant : « Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur »… Le Père, le Fils et le Saint Esprit descendent parmi les hommes et nous révèlent leur amour qui sauve. Si ce sont les anges qui apportent aux bergers l’annonce de la naissance du Sauveur et l’étoile aux mages venus d’Orient, à présent c’est la voix du Père qui indique aux hommes la présence dans le monde de son Fils et qui invite à se tourner vers la résurrection, vers la victoire du Christ sur le péché et sur la mort.

    Benoît XVI

  • Désirer la vraie lumière

    La lumière nous conduit par la main, nous fortifie, nous enseigne, se montrant et fuyant lorsque nous avons besoin d’elle. Ce n’est pas quand nous le voulons – ceci appartient aux parfaits – mais c’est lorsque nous sommes embarrassés et complètement épuisés qu’elle vient à notre secours.

    Elle apparaît de loin et me donne de la ressentir dans mon cœur. Je crie à m’en étrangler tant je veux la saisir, mais tout est nuit, et vides sont mes pauvres mains. J’oublie tout, je m’assieds et je pleure, désespérant de la voir ainsi une autre fois. Quand j’ai bien pleuré et consenti à m’arrêter, alors, venue mystérieusement, elle me prend la tête, et je fonds en larmes sans savoir qui est là illuminant mon esprit d’une douce lumière.

    Mais lorsque je l’ai reconnue, elle s’envole rapidement, laissant en moi le feu de son divin désir. Peu à peu celui-ci s’allume et, attisé par l’attente, il devient une grande flamme qui atteint les cieux, mais s’éteint par le relâchement, l’embarras des affaires et les soucis de la vie.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)