Catégorie : Saints et Saintes

  • SAINT CÔME et SAINT DAMIEN Martyrs (c. 286)

    Saint Côme et saint Damien étaient deux frères, venus d’Arabie en Cilicie. On croit qu’ils étaient frères jumeaux. Leur profession de médecin leur fournit l’occasion d’exercer un véritable apostolat ; car à travers les corps ils savaient voir les âmes, les toucher, les convertir. La grâce divine vint relever leur science par le don des guérisons miraculeuses : de toutes parts, on accourait à eux pour obtenir la délivrance des maux les plus invétérés et les plus incurables. Le résultat ne trompait jamais leur foi et leur confiance, et il ne se passait pas de jour sans qu’ils eussent opéré quelque cure souvent désespérée.

    Auprès d’eux, les aveugles recouvraient la vue, les boiteux marchaient droit, les sourds entendaient, les estropiés étaient guéris. Leur puissance s’étendait même au-delà de ce monde visible, et, à leur voix, les démons abandonnaient leurs victimes. Tout cela, ils le faisaient par pure charité, ne recevant jamais aucune rétribution.

    À cette gloire devait se joindre celle du martyre. Un jour on les accusa de séduire le peuple et de faire déserter les temples des dieux. Le préfet leur infligea une si longue et si rude flagellation, que les bourreaux n’en pouvaient plus de fatigue ; les deux martyrs bénissaient le Seigneur. À la vue d’une foule immense, ils furent précipités du haut d’un rocher dans les flots ; mais un ange plana au-dessus des eaux et transporta les martyrs au rivage. Les deux martyrs furent jetés dans une fournaise ardente ; mais ils s’y promenèrent comme sur des fleurs. Après beaucoup d’autres supplices, le préfet leur fit trancher la tête.

    ©Evangelizo.org

    .

     

  • « Allez, vous aussi, à ma vigne » (Mt 20,4)

    C’est saint Matthieu, apôtre et évangéliste dont c’est aujourd’hui la fête liturgique, qui raconte la parabole du propriétaire de la vigne qui appelle des ouvriers à travailler dans sa vigne (20,1s). Il me plaît de souligner que Matthieu a personnellement fait cette expérience. Avant que Jésus l’appelle, il exerçait le métier de publicain et était par conséquent considéré comme un pécheur, exclu de la « vigne du Seigneur ». Mais tout change quand Jésus, en passant près de sa table des impôts, le regarde et lui dit : « Suis-moi ». Matthieu se leva et le suivit. Le publicain a été transformé immédiatement en disciple du Christ. Il était le « dernier » et s’est retrouvé le « premier » (Mt 20,16), grâce à la logique de Dieu qui –- heureusement pour nous ! –- est différente de celle du monde. « Vos pensées ne sont pas mes pensées, dit le Seigneur par la bouche du prophète Isaïe, et mes voies ne sont pas vos voies » (55,8).

    Saint Paul a, lui aussi, connu la joie de se sentir appelé par le Seigneur à travailler dans sa vigne. Et quel travail il a accompli ! Mais comme il le confesse lui-même, c’est la grâce de Dieu qui a agi en lui, cette grâce qui a transformé le persécuteur de l’Église en apôtre des nations (1Co 15,9-10).

    Pape Benoît XVI
    Homélie (trad. L’Osservatore Romano)

    .

    .

  • « Allez, vous aussi, à ma vigne. »

    Le Seigneur ne cesse en aucun temps d’envoyer des ouvriers pour cultiver sa vigne…: par les patriarches, puis par les docteurs de la Loi et les prophètes, enfin par les apôtres, il travaillait, en quelque sorte, à cultiver sa vigne par l’entremise de ses ouvriers. Tous ceux qui, à une foi droite, ont joint les bonnes œuvres ont été les ouvriers de cette vigne…

    Les ouvriers du point du jour, de la troisième, de la sixième et de la neuvième heure désignent donc l’ancien peuple hébreu, qui, s’appliquant…depuis le commencement du monde, à rendre un culte à Dieu avec une foi droite, n’a pas cessé, pour ainsi dire,  de travailler à la culture de la vigne. Mais à la onzième heure, les païens sont appelés, et c’est à eux que s’adressent ces paroles : « Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? » Car tout au long de ce si grand laps de temps traversé par le monde, les païens avaient négligé de travailler en vue de la vie éternelle, et ils étaient là, en quelque sorte, toute la journée, sans rien faire. Mais remarquez, mes frères, ce qu’ils répondent à la question qui leur est posée : « Parce que personne ne nous a embauchés ». En effet, aucun patriarche ni aucun prophète n’était venu à eux. Et que veut dire : « Personne ne nous a embauchés pour travailler » sinon : « Personne ne nous a prêché les chemins de la vie » ?

    Mais nous, que dirons-nous donc pour notre excuse, si nous nous abstenons des bonnes œuvres ? Songez que nous avons reçu la foi au sortir du sein de notre mère, entendu les paroles de vie dès notre berceau, et sucé aux mamelles de la sainte Église le breuvage de la doctrine céleste en même temps que le lait maternel.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
    Homélies sur l’Évangile, n°19 (trad. Le Barroux)

  • « Les invités de la noce. »

    « Voici que l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair. Ce mystère est de grande portée : je veux dire qu’il s’applique au Christ et l’Église » (Ep 5,31-32). Ce texte de la lettre aux Éphésiens…compare le caractère nuptial de l’amour entre l’homme et la femme avec le mystère du Christ et de l’Église. Le Christ est l’Époux de l’Église, l’Église est l’Épouse du Christ. Cette analogie n’est pas sans précédent : elle transpose dans le Nouveau Testament ce qui était déjà contenu dans l’Ancien Testament, en particulier chez les prophètes Osée, Jérémie, Ézéchiel, Isaïe (Os 1,2; 2,16-18; Jr 2,2; Ez 16,8; Is 50,1; 54,5-8)… Chez les prophètes cette femme-épouse, c’est Israël en tant que peuple élu par Dieu, et cette élection a sa source uniquement dans l’amour gratuit de Dieu. C’est justement par cet amour que s’explique l’alliance, souvent présentée comme une alliance nuptiale que Dieu renoue sans cesse avec son peuple élu. Elle est, de la part de Dieu, un engagement durable : il reste fidèle à son amour sponsal, même si l’épouse s’est montrée bien des fois infidèle.

    Cette image de l’amour sponsal liée à la figure de l’Époux divin — image très claire dans les textes prophétiques — se trouve confirmée et couronnée dans la lettre aux Éphésiens…où se trouve l’expression la plus forte de la vérité sur l’amour du Christ rédempteur, suivant l’analogie de l’amour nuptial dans le mariage : « Le Christ a aimé l’Église : il s’est livré pour elle » (5,25). En cela se trouve pleinement confirmé le fait que l’Église est l’Épouse du Christ : « Le Saint d’Israël est ton rédempteur » (Is 54,5). Dans le texte de saint Paul, l’analogie de la relation nuptiale prend en même temps deux directions qui forment l’ensemble du « grand mystère » (« sacramentum magnum »). L’alliance proprement dite des époux explique le caractère sponsal de l’union du Christ et de l’Église ; et cette union, à son tour, en tant que « grand sacrement », détermine la sacramentalité du mariage comme alliance sainte des deux époux, l’homme et la femme.

    Bienheureux Jean-Paul II
    Lettre apostolique « Mulieris Dignitatem » §23 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

    .

    .

  • Martyre de Saint Jean-Baptiste (mémoire)

    Jean Baptiste, mort pour le Christ

    Jean n’a pas vécu pour lui seul et il n’est pas mort pour lui seul. Combien d’hommes, chargés de péchés, sa vie dure et austère n’a-t-elle pas menés à la conversion ? Combien d’hommes sa mort imméritée n’a-t-elle pas encouragés à supporter leurs épreuves ? Et nous, d’où nous vient aujourd’hui l’occasion de rendre fidèlement grâce à Dieu, sinon du souvenir de saint Jean assassiné pour la justice, c’est-à-dire pour le Christ ?…

    Oui, Jean Baptiste a sacrifié de tout cœur sa vie ici-bas pour l’amour du Christ ; il a préféré mépriser les ordres du tyran plutôt que ceux de Dieu. Cet exemple nous enseigne que rien ne doit nous être plus cher que la volonté de Dieu. Plaire aux hommes ne sert pas à grand-chose ; souvent même cela nuit grandement… C’est pourquoi, avec tous les amis de Dieu, mourons à nos péchés et à nos agitations, foulons aux pieds notre amour-propre dévié, et veillons à laisser croître en nous l’amour fervent du Christ.

    Lansperge le Chartreux (1489-1539), religieux, théologien
    Sermon pour la Décollation de saint Jean Baptiste. Opera omnia, t. 2, p. 514s (trad. Orval)

    Saint Jean Baptiste,

    prie Dieu pour nous!

    .

    .

  • SAINT LOUIS Roi de France (1215-1270)

    Saint Louis fut baptisé à Poissy, et en conserva toujours religieusement le souvenir, car plus tard il signait ordinairement Louis de Poissy, marquant par là qu’il estimait la grâce du baptême comme son plus glorieux titre de noblesse. Sa mère, Blanche de Castille, voulut le nourrir elle-même. Tout le monde connaît la belle parole de cette grande reine: « Mon fils, je vous aime après Dieu plus que toutes choses; cependant, sachez-le bien, j’aimerais mieux vous voir mort que coupable d’un seul péché mortel. »

    Élevé à une telle école, le jeune Louis montra dès son enfance les grandes vertus qu’il devait faire éclater sur le trône, l’égalité d’âme, l’amour de la justice et une tendre piété. Comme on lui reprochait quelques fois de donner trop de temps aux pieux exercices: « Les hommes sont étranges, disait-il; on me fait un crime de mon assiduité à la prière, et on ne dirait rien si j’employais des heures plus longues à jouer aux jeux de hasard, à courir les bêtes fauves, à chasser aux oiseaux. »

    Devenu roi, il voulut établir avant tout le règne de Dieu, bien convaincu que c’était le meilleur moyen d’affermir sa propre autorité. On connaît sa loi condamnant les blasphémateurs à subir aux lèvres la marque d’un fer rougi au feu. Un des plus beaux jours de sa vie fut celui où, les yeux baignés de larmes, il alla au-devant des religieux qui apportaient d’Orient la sainte Couronne d’épines, et la porta, pieds nus, dans sa capitale.

    A la suite d’une maladie mortelle, guéri miraculeusement, il obéit à une inspiration du Ciel qui l’appelait aux Croisades. On le vit, dans ces luttes gigantesques, qui avaient pour but la conquête des Lieux Saints, faire des prodiges de valeur qui le mettaient au rang des plus illustres guerriers. On se tromperait en croyant que le bon et pieux roi n’eût pas toute la noble fierté qui convenait à son rang. Les Sarrasins, qui le retinrent longtemps captif, après une désastreuse campagne, eurent lieu d’admirer sa grandeur d’âme, sa foi et son courage.

    De retour en France, il s’appliqua plus que jamais à faire de la France un royaume puissant et chrétien; sa vertu le faisait regarder comme l’arbitre des princes d’Europe. On sait avec quelle justice paternelle il réglait les différends de ses sujets. Saint Louis fut aussi un modèle du pur amour conjugal; il avait fait graver sur son anneau cette devise: « Dieu, France et Marguerite. »

    Il mourut de la peste près de Tunis, en se rendant à une nouvelle Croisade, le 25 août 1270, après quarante-quatre ans de règne. Un beau monument s’élève sur le lieu de sa mort.

    Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

    .

    .

  • « Jésus est ici aussi au milieu de nous »

    Celui qui prie ne perd jamais l’espérance, même lorsqu’il en vient à se trouver dans des situations difficiles voire humainement désespérées. C’est ce que nous enseigne la Sainte Écriture et ce dont témoigne l’histoire de l’Église. Combien d’exemples, en effet, pourrions nous apporter de situations où c’était véritablement la prière qui a soutenu le chemin des saints et du peuple chrétien ! Parmi les témoignages de notre époque je voudrais citer celui de deux saints dont nous célébrons ces jours-ci la mémoire : Thérèse Bénédicte de la Croix, Édith Stein, dont nous avons célébré la fête le 9 août, et Maximilien Marie Kolbe, que nous célébrerons le 14 août, veille de la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. Tous deux ont conclu leur vie terrestre par le martyre dans le camp d’Auschwitz. Apparemment leurs existences pourraient être considérées comme un échec, mais c’est précisément dans leur martyre que resplendit l’éclair de l’amour, qui vainc les ténèbres de l’égoïsme et de la haine. A saint Maximilien Kolbe sont attribuées les paroles suivantes qu’il aurait prononcées en pleine fureur de la persécution nazie : « La haine n’est pas une force créatrice : seul l’amour en est une »…

    Édith Stein, le 6 août 1942, à trois jours de sa fin dramatique, approchant de ses consœurs du monastère de Echt, en Hollande, leur a dit : « Je suis prête à tout. Jésus est ici aussi au milieu de nous. Jusqu’à présent j’ai pu très bien prier et j’ai dit de tout mon cœur : ‘ Ave, Crux, spes unica. Je te salue, ô croix, notre unique espérance ‘ ». Des témoins qui sont parvenus à échapper au massacre horrible ont raconté que Thérèse Bénédicte de la Croix, tandis qu’elle revêtait l’habit carmélitain, avançait consciemment vers sa mort. Elle se distinguait par son comportement empli de paix, par son attitude sereine et par des manières calmes et attentives aux nécessités de tous. La prière a été le secret de cette sainte copatronne de l’Europe, qui « même après être parvenue à la vérité dans la paix de la vie contemplative, a dû vivre jusqu’au bout le mystère de la croix » (Jean-Paul II, Spes aedificandi).

    Pape Benoît XVI
    Audience générale du 13/08/2008 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

    .

    .

  • St Jean-Marie Vianney

    D’une humble famille paysanne, Jean-Marie Vianney se distingue très tôt par son sens développé de la charité et ses propensions à la prière. Admis à la prêtrise à l’âge de 30 ans, il devient le curé d’Ars, ville particulièrement déchristianisée par la Révolution. Là, il s’occupe des plus pauvres et fonde un orphelinat. Sa bonté, sa vie ascétique des plus rigoureuses et la simplicité de ses prédications suscitent peu à peu le respect de ses paroissiens. Mais c’est au confessionnal, où il passe plus de 15 heures par jour, qu’il se révèle aux yeux de tous comme un éminent canal de la miséricorde divine et comme un guide spirituel.

    Manque de confiance, excès d’humilité ? Toujours est-il que celui qui procure la paix de l’âme se sent parfois indigne de sa mission sacerdotale et tente à plusieurs reprises de fuir sa paroisse. Mais le poids de sa mission et de sa fatigue physique largement alimentée par le harcèlement démoniaque dont il est inlassablement l’objet, ne font qu’attiser son désir profond de sauver les âmes. « Quand j’ai pris un peu de nourriture et dormi deux heures, je peux recommencer mon ouvrage tout de nouveau », dira-t-il courageusement durant 41 ans, avant de mettre un terme à sa mission terrestre, littéralement exténué…
    Ainsi, des heures durant, le saint homme écoute, conseille, apaise ou au contraire, bouscule les consciences. Doué de clairvoyance, il adapte son langage et le ton de sa voix selon la demande profonde de l’âme qui le sollicite. Lorsque la souffrance d’une personne provient de la négativité qu’elle a « choisi » de détourner sur elle par Amour d’autrui ou pour sa propre élévation, il l’encourage de tout son Amour. « On ne doit pas enlever la croix à des épaules qui savent si bien la porter » dira-t-il simplement, démontrant ainsi que l’Amour divin est indissociable du respect du libre arbitre. En revanche, si la souffrance résulte de la négativité de la personne, il l’exhorte avec vigueur à s’ouvrir à la miséricorde divine toute puissante et libératrice. « J’ai vu Dieu dans un homme » dira un des milliers de pèlerins de France et d’ailleurs qui viennent désormais chercher le soulagement de l’âme et la guérison du corps. On ne compte plus les prodiges et conversions spirituelles ainsi accomplis par le saint ! Hommes d’église, politiciens… tous font appel aux prières, aux conseils et aux prophéties du saint curé.
    Un maître spirituel dont le portrait serait incomplet si nous omettions de mentionner ses deux âmes sœurs qui vivaient en lui. Celle de Saint Jean-le-Baptiste qui l’avait inondé de sa présence dès sa petite enfance et avec lequel il n’a cessé de converser, et celle de Ste Philomène, martyre des premiers siècles de l’Église avec laquelle il vécut un mariage mystique.

    Canonisé et proclamé protecteur de tous les prêtres, Saint Jean-Marie-Baptiste Vianney est le témoin vivant de l’Amour divin, celui qui s’adapte et se donne sans limite pour l’accomplissement et la gloire de ses créatures.

  • Saints Anne et Joachim

    Marie est présentée dans les évangiles comme une jeune fille de Nazareth, fiancée de Joseph dont les ascendants sont longuement énumérés dans la généalogie du Seigneur.
    Les quatre Évangiles, entièrement tournés vers la Bonne Nouvelle du Christ, sa vie, ses paroles et sa Résurrection, ne font nulle mention de la famille de Marie, sans doute fixée aussi à Nazareth.
    La tradition, dès les premiers siècles, appellent les parents de la Vierge Marie, Joachim (« Dieu accorde ») et Anne (« La Grâce – la gracieuse »).
    L’imagination des auteurs des Évangiles apocryphes en fait un couple discret, mais il était bien réel et il a su accueillir, éduquer Marie et l’éveiller dans la grâce toute spéciale qui était la sienne, et qu’ils ignoraient.
    Le culte de sainte Anne apparaît dès le 6ème siècle dans certaines liturgies orientales et, au 8ème siècle dans les liturgies d’Occident. Son culte est généralisé avant la fin du XIVe siècle.
    Sainte Anne est souvent représentée apprenant à lire à sa fille dans le livre de la Bible. Une icône russe, image gracieuse de l’amour conjugal, immortalise le baiser qu’ils se donnèrent lorsqu’ils apprirent la conception de Marie. C’est ainsi qu’ils ont participé au mystère de l’Incarnation.

    .