Catégorie : Saints et Saintes

  • « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! »

         

    Cet homme qui possède cent brebis est le bon pasteur (Jn 10,11), le Christ, le pasteur miséricordieux qui avait établi tout le troupeau de la race humaine en une seule brebis, c’est-à-dire en Adam. Il avait placé la brebis dans le Paradis enchanteur et dans la région des pâturages de vie. Mais elle, se fiant aux hurlements des loups, a oublié la voix du berger ; elle a perdu le chemin qui conduit au bercail du salut et s’est trouvée toute couverte de blessures mortelles. Le Christ est venu dans le monde chercher la brebis et l’a retrouvée dans le sein de la Vierge. Il est venu, il est né dans la chair, il a placé la brebis sur la croix, et l’a prise sur les épaules de sa Passion. Puis, tout rempli de la joie de la résurrection, il l’a élevée, par son Ascension, jusqu’à la demeure du ciel.

    « Il réunit ses amis et ses voisins », c’est-à-dire les anges, « et il leur dit : ‘ Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ‘ ». Les anges jubilent et exultent avec le Christ pour le retour de la brebis du Seigneur. Ils ne s’irritent pas de la voir siéger devant eux sur le trône de majesté. Car l’envie n’existe plus au ciel dont elle a été bannie avec le diable. Grâce à l’Agneau qui a enlevé le péché du monde (Jn 1,29), le péché d’envie ne peut plus pénétrer dans les cieux.

    Frères, le Christ est venu nous chercher sur la terre ; cherchons-le dans les cieux. Il nous a emportés dans la gloire de sa divinité ; nous, portons-le dans notre corps par la sainteté de toute notre vie.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Sermon 168, 4-6 ; CCL 24 B, 1032-1034 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 439)

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  • « Invite les pauvres. »

    Dieu, ému par la grande détresse de l’homme, lui a donné la Loi et les prophètes, après lui avoir donné la loi non écrite de la nature (cf Rm 1,26)…; finalement, il s’est livré lui-même pour la vie du monde. Il nous a prodigué des apôtres, des évangélistes, des docteurs, des pasteurs, des guérisons, des prodiges. Il nous a ramenés à la vie, a détruit la mort, a triomphé de celui qui nous avait vaincus, nous a donné l’Alliance préfigurative, l’Alliance en vérité, les charismes de l’Esprit Saint, le mystère du salut nouveau…

    Dieu nous comble de biens spirituels, si nous voulons les recevoir : n’hésite pas à venir en aide à ceux qui en ont besoin. Donne surtout à celui qui te demande, et même avant qu’il demande, faisant inlassablement aumône de la doctrine spirituelle… A défaut de ces dons, propose-lui au moins des services plus modestes : donne-lui à manger, offre-lui de vieux habits, fournis-lui des médicaments, bande ses plaies, interroge-le sur ses épreuves, enseigne-lui la patience. Approche-toi de lui sans crainte. Pas de danger que tu t’en trouves plus mal ou que tu contractes sa maladie… Appuie-toi sur la foi ; que la charité triomphe de tes réticences… Ne méprise pas tes frères, ne reste pas sourd à leurs appels, ne les fuis pas. Vous êtes membres d’un même corps (1Co 12,12s), même si lui est brisé par le malheur ; de même qu’à Dieu, « à toi le pauvre est confié » (Ps 9,35).

    Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l’Église
    Sermon sur l’amour des pauvres ; PG 35, 858 (trad. coll. Icthus, t. 6, p. 124 rev.)

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  • La joie du détachement spirituel

     

    Un jour, en secret, Messire Bernard s’approcha de François, qui n’avait encore aucun compagnon. « Frère, dit Bernard, pour l’amour de mon Seigneur qui me les a confiés, je veux distribuer tous mes biens, de la manière qui te paraîtra la plus appropriée. » François répondit : « Demain, nous irons à l’église et le livre des Évangiles nous fera connaître de quelle manière le Seigneur enseigna ses disciples ». Le matin donc, ils se levèrent et, en compagnie d’un autre homme appelé Pierre qui lui aussi désirait devenir frère, ils se rendirent à l’église… Ils entrèrent pour prier et, parce qu’ils étaient sans instruction et ne savaient pas où trouver la parole de l’Évangile sur la renonciation au monde, ils demandaient au Seigneur qu’il daigne leur montrer sa volonté dès la première ouverture du livre.

    Leur prière terminée, le bienheureux François prit le livre fermé et, agenouillé devant l’autel, il l’ouvrit. A la première ouverture se présenta ce conseil du Seigneur : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ». A cette découverte le bienheureux François se réjouit beaucoup et rendit grâces à Dieu. Mais comme il avait une vraie dévotion à la Trinité, il voulut avoir la confirmation par un triple témoignage. Il ouvrit donc le livre une seconde et une troisième fois. A la seconde ouverture il trouva : « N’emportez rien sur la route » (Lc 9,3) et à la troisième : « Celui qui veut me suivre doit renoncer à soi-même » (Lc 9,23)… François dit : « Frères, voilà notre vie et notre règle, et celle de tous ceux qui voudront se joindre à notre groupe. Allez, et ce que vous avez entendu, faites-le ! »

    Bernard, qui était très riche, s’en alla ; en vendant tout ce qu’il possédait, il réunit une grande somme d’argent dont il distribua la totalité aux pauvres de la ville… A partir de cette heure, tous trois vécurent suivant la règle du saint Évangile que le Seigneur leur avait montrée. C’est ce que le bienheureux François dit dans son Testament : « C’est le Seigneur lui-même qui m’a révélé que je devais vivre selon la forme du saint Évangile ».

    Récit de trois compagnons de saint François d’Assise (v. 1244)
    § 27-29 (trad. Debonnets, Documents, p. 828)

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  • SAINT ROCH Pèlerin (1295-1327)

    Saint Roch était fils d’un gouverneur de Montpellier ; ses pieux parents, déjà avancés en âge, obtinrent sa naissance par leurs persévérantes prières, se promettant de donner à Dieu l’enfant qu’il leur accorderait. Cet enfant du miracle naquit avec une croix rouge sur la poitrine, gage d’une toute particulière prédestination. Dès l’âge de cinq ans, il commençait à châtier son petit corps par des privations ; il se signala, en grandissant, par une grâce spéciale d’hospitalité envers les pauvres et les voyageurs.

    Il n’avait pas vingt ans, quand il eut la douleur de perdre successivement son père et sa mère. Aussitôt, il vendit ses biens, se fit pauvre du Christ, à l’exemple de saint François d’Assise, entra dans le Tiers Ordre, et vêtu en pèlerin, il prit le chemin de Rome, en demandant l’aumône. La peste sévissait en Italie sur son passage ; il se dévoua au soin des pauvres pestiférés ; passant devant leurs lits, il prenait leurs mains, leur faisait faire le signe de la Croix, et tous se levaient guéris. À Rome, les miracles se multiplièrent sous ses pas ; il y vécut trois ans sans faire connaître son nom et son origine, même au Pape.

    En retournant dans son pays, il fut saisi par la peste et se retira mourant dans une cabane, au bord d’une forêt, où un chien lui apportait chaque jour un petit pain. Guéri par l’intervention du Ciel, il reparut à Montpellier comme un étranger, méconnu par le gouverneur, son oncle, et jeté en prison comme espion ; là, au bout de cinq ans, il mourut étendu à terre, muni des sacrements. On le reconnut à la croix rouge marquée sur sa poitrine. Ses obsèques furent un triomphe. Son culte est devenu et demeure populaire dans toute l’Église. Cette courte notice fait deviner l’origine de l’expression si connue : Saint Roch et son chien.

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    Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

     

  • St Maximilien Kolbe, prêtre et martyr (1884-1941)

    Raymond Kolbe naquit à Zdu?ska Wola, en Pologne, petite cité alors dépendante de la Russie des Tsars. Doué d’un naturel vif, spontané et têtu, il lui arrivait souvent de mettre la patience de sa maman à l’épreuve. À l’âge de dix ans, un jour qu’il s’adressait à sa Mère du ciel après une nouvelle étourderie, la Vierge lui apparut et lui présenta deux couronnes, une blanche et une rouge, symbolisant la pureté et le martyre. Comme elle l’invitait à choisir, sa générosité le poussa à choisir les deux. Dès ce moment, le privilégié de Marie prit cette généreuse décision : « Je deviendrai meilleur de jour en jour. » Et en effet, le petit Raymond ne fut plus le même. L’élu de la Vierge rêvait déjà du martyre et en parlait avec effusion : Marie avait canalisé cette énergie bouillonnante.

    À l’âge de treize ans, Raymond entre au couvent St-François, à Lemberg, et y fait profession sous le nom de Maximilien-Marie. En 1912, il sort de Russie déguisé en paysan, poursuit ses études à l’université Grégorienne de Rome, et fonde la Milice de l’Immaculée qui constituera l’idée et l’œuvre maîtresse de toute sa vie. Les sept premiers Chevaliers d’avant-garde se consacrent à Marie Immaculée le 17 octobre 1917. Ces dévoués serviteurs de la Vierge affronteront tous les ennemis de Dieu et de l’Église, particulièrement les partisans de la franc-maçonnerie en Italie, en Pologne, et dans le monde entier.

    L’apostolat extérieur du Père Kolbe débute en Pologne, en janvier 1922, par la fondation du mensuel intitulé : Le Chevalier de l’Immaculée. En 1930, saint Maximilien-Marie part implanter une seconde Cité de Marie au Japon, près de Nagasaki. Deux ans plus tard, les Indes reçoivent le missionnaire de la Vierge dont le labeur demeure apparemment infécond à cause de sa santé ruinée par la tuberculose. Rappelé en Pologne où il doit reprendre la direction de sa première Cité, le Père Kolbe continue de se dépenser à la cause du règne de Marie avec un quart de poumon seulement. Son action évangélisatrice embrasse tous les moyens d’apostolat : la parole, la diffusion de milliers de médailles miraculeuses, la presse, le cinéma, le théâtre, la radio, l’avion, etc. « Mais par-dessus tout, disait-il à ses frères, le bon exemple, la prière, la souffrance voulue par amour, voilà l’action par excellence. Notre plus grande mission est de montrer dans la vie pratique ce que doit être le Chevalier de l’Immaculée. »

    La deuxième guerre mondiale le trouve à la tête de la plus importante organisation catholique de publications dans toute la Pologne. Avec une patience et une soumission aussi héroïque qu’admirable, saint Maximilien-Marie Kolbe accepta l’entière destruction de son œuvre par les Nazis. Condamné aux travaux forcés dans le camp de mort d’Auschwitz, il fut un rayon de soleil pour les prisonniers. En 1941, la veille de la fête de l’Assomption le Saint mourut dans le bunker de la faim, après avoir offert sa vie pour sauver celle d’un père de famille condamné à mort. Ce père de famille survécut à la guerre.

    Voici, glanée dans ses écrits spirituels, sa recette de sainteté : « v égale V. C’est la formule qu’il donne et explique longuement. En peu de mots, elle signifie : « Si je veux ce que Dieu veut, je serai un saint. »
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    Tiré de la notice biographique sur une image de saint Maximilien-Marie Kolbe, aux éditions Magnificat.

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  • « Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s’en détache la garde pour la vie éternelle. »

    Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 12,24-26.
    Quelques jours avant la Pâque, Jésus disait à ses disciples :  » Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit.
    Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle.
    Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.

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    Dans l’Église de Rome, le bienheureux Laurent exerçait les fonctions de diacre. C’est là qu’il distribuait aux fidèles le sang sacré du Christ, et c’est là qu’il a versé son propre sang pour le nom du Christ… L’apôtre saint Jean a mis en pleine clarté le mystère de la Cène du Seigneur lorsqu’il a dit : « Jésus a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères » (1Jn 3,16). Saint Laurent a compris cela, mes frères, il l’a compris et il l’a fait ; il a préparé cette offrande par ce qu’il avait consommé à cette table. Il a aimé le Christ par sa vie ; il l’a imité par sa mort.

    Et nous, mes frères, si nous l’aimons vraiment, nous devons l’imiter. La meilleure preuve que nous puissions lui donner de notre amour, c’est d’imiter ses exemples. « Le Christ a souffert pour nous et nous a laissé son exemple pour que nous suivions ses traces » (1P 2,21)… Dans le jardin du Seigneur il y a vraiment toutes sortes de fleurs : non seulement les roses des martyrs, mais aussi les lys des vierges, le lierre des gens mariés, les violettes des veuves. Absolument aucune catégorie de gens, mes bien-aimés, ne doit désespérer de sa vocation : c’est pour tous que le Seigneur a souffert… Il faut donc comprendre comment, sans répandre notre sang, sans affronter les souffrances du martyre, le chrétien doit suivre le Christ.

    L’apôtre Paul dit, au sujet du Christ Seigneur : « Lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ». Quelle majesté ! « Mais au contraire, il se dépouilla lui-même, en prenant la condition de serviteur, devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement » (Ph 2,6s). Quel abaissement ! Le Christ s’est abaissé : voilà, chrétien, ce qui est à ta disposition. « Le Christ s’est fait obéissant » (v. huit) : alors pourquoi être orgueilleux ?… Ensuite, après être allé jusqu’au bout de cet abaissement et avoir terrassé la mort, le Christ est monté au ciel : suivons-le.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 304 ; PL 38, 1385 (trad. cf bréviaire 10/08)

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  • « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim. »

    Dans les Écritures, il est question de la tendresse de Dieu pour le monde, et nous lisons que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils » Jésus (Jn 3,16) pour qu’il soit comme nous, et qu’il nous apporte la bonne nouvelle que Dieu est amour, que Dieu vous aime et qu’il m’aime. Dieu veut que nous nous aimions les uns les autres comme il aime chacun d’entre nous (cf Jn 13,34).

    Nous savons tous, en regardant la croix, à quel point Jésus nous a aimés. Lorsque nous regardons l’eucharistie nous savons combien il nous aime maintenant. C’est pourquoi il s’est fait lui-même « pain de vie » afin de satisfaire notre faim pour son amour, et puis, comme si ce n’était pas suffisant pour lui, il s’est fait lui-même l’affamé, l’indigent, le sans-abri, afin que vous et moi puissions satisfaire sa faim pour notre amour humain. Car c’est pour cela que nous avons été créés, pour aimer et être aimés.

    Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    The Word To Be Spoken, ch. 6 (trad. Jésus, celui qu’on invoque, p. 85)

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  • St Jean-Marie-Baptiste Vianney, prêtre († 1859)

    C’est le 13 février 1818 que M. Vianney est arrivé dans le petit village. Dès le début il se fit remarquer par sa bonté, sa gaieté, sa vertu et sa grande piété.

    L’ambition du nouveau curé était de faire du village une terre de sainteté. Ses efforts pour rechristianiser le village restèrent d’abord sans résultats, puis son charisme fit des miracles.

    Mlle d’Ars écrira : « Nous sommes les enfants gâtés de la Providence. Je n’ai pas connu de prêtre aussi pieux que lui ; il est continuellement à l’église, offrant à Dieu l’encens de ses prières ; à l’autel, c’est un ange, un séraphin ; en chaire, ce n’est pas un vrai orateur comme M. Berger, mais c’est un homme pénétré de l’amour de Dieu. Il ne mange presque rien ; je crains que ce genre de vie n’abrège ses jours. Priez Dieu qu’il le soutienne et nous le conserve longtemps ».

    Lors de ses remplacements dans les paroisses voisines il se fit vite une réputation de sainteté, son confessionnal était toujours assiégé. « Ce prêtre a de grandes vues ; il donne de sages conseils, sa direction est douce et ferme ; mais il faut se soumettre et se résigner. Ce petit curé d’Ars a été impitoyable pour les soirées et les bals de la sous-préfecture. Au reste, il a raison, et je tâcherai de lui obéir », dira le sous-préfet.

    Il est bien évident qu’il fut l’objet de critiques, d’ironies de la part d’autres prêtres, d’accusation qui ne le laissèrent pas insensible, et d’enquêtes de l’Évêché.

    Jean-Marie Vianney disait : « J’étais tourmenté le jour par les hommes, la nuit par le démon, et cependant j’éprouvais une grande paix, une grande consolation ».

    Les tourments du grappin

    Il se dévouait sans compter pour son prochain, il faisait des intérims et des missions dans les paroisses d’alentour, il se mortifiait pour sauver les âmes. La nuit il était tourmenté par le démon qu’il appela le « grappin ».
    C’est en 1824 que sont apparus les premiers bruits. Plusieurs prêtres furent les témoins de cette lutte qui n’effrayait nullement M. Vianney. « La cure trembla, les vitres des fenêtres résonnèrent ; tout le monde se leva, effrayé, et on courut à la chambre de M. Vianney. Ils le trouvèrent couché dans son lit, qui était au milieu de la chambre. « C’est, leur dit-il en souriant, le grappin qui a traîné mon lit jusque là ! » Il les rassura, en leur disant : « N’ayez aucune crainte ! » Ses confrères cessèrent de le plaisanter à ce sujet et de lui faire des reproches ».

    La « Providence »

    Monsieur le Curé Vianney, malgré toutes ses privations et son état de santé chancelante était débordant d’activité et toujours à la recherche du bien qu’il pouvait faire. C’est ainsi que l’éducation des enfants lui tenait particulièrement à cœur. C’est grâce à sa ténacité et à la bonne volonté de quelques personnes que la première école allait voir le jour.
    Il transformera la « Providence » en orphelinat et en maison d’accueil pour « les jeunes pauvresses abandonnées ». Il trouvera toujours au bon moment l’argent nécessaire, mais non sans crainte, pour faire les travaux et nourrir ces pauvres enfants.
    Dieu répondra toujours à son appel à l’aider dans l’accomplissement de sa tâche.

    « Une prière bien agréable à Dieu, c’est de demander à la Sainte Vierge d’offrir au Père Éternel son divin Fils, tout sanglant, tout déchiré, pour la conversion des pécheurs : c’est la meilleure prière que l’on puisse faire… Mes enfants, écoutez bien : toutes les fois que j’ai obtenu une grâce, je l’ai demandée de cette manière ; cela n’a jamais manqué. »

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  • « N’est-il pas le fils du charpentier ? »

    Frères, souvenez-vous du patriarche Joseph…, de qui Joseph, l’époux de Marie, n’a pas hérité seulement le nom, mais la chasteté, l’innocence et les grâces… Le premier a reçu du ciel l’intelligence des songes (Gn 40; 41) ; le second a eu non seulement la connaissance des secrets du ciel mais l’honneur d’y participer. Le premier a pourvu à la substance de tout un peuple en lui fournissant le blé en abondance (Gn 41,55) ; le second a été établi gardien du pain vivant qui doit donner la vie au monde entier comme à lui-même (Jn 6,51). Il n’y a pas de doute que Joseph, qui a été fiancé à la mère du Sauveur, n’ait été un homme bon et fidèle, ou plutôt le « serviteur sûr et avisé » (Mt 25,21) que le Seigneur a établi sur sa famille pour être la consolation de sa mère, le père nourricier de son humanité, le coopérateur fidèle de son dessein sur le monde.

    Et il était de la maison de David…, descendant de la race royale, noble par sa naissance, mais plus noble encore par le cœur. Oui, il état vraiment fils de David, non seulement par le sang, mais par sa foi, par sa sainteté, par sa ferveur au service de Dieu. En Joseph, le Seigneur a trouvé vraiment, comme en David, « un homme selon son cœur » (1S 13,14), à qui il a pu confier en toute sécurité le plus grand secret de son cœur. Il lui a révélé « les intentions les plus cachées de sa Sagesse » (Ps 50,8), lui a fait connaître une merveille qu’aucun des princes de ce monde n’a connue ; il lui a accordé enfin de voir « ce que tant de rois et de prophètes ont désiré voir et n’ont pas vu », d’entendre celui que beaucoup ont désiré « entendre et qu’ils n’ont pas entendu » (Lc 10,24). Et non seulement de le voir et de l’entendre, mais de le porter en ses bras, de le conduire par la main, de le presser sur son cœur, de l’embrasser, de le nourrir et de le garder.

    Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
    2ème homélie sur ces paroles de l’Évangile : « L’ange Gabriel fut envoyé », § 16

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  • « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. »

    « Le Christ remettra le Royaume à son Père », dit saint Paul (1Co 15,24), non pas en ce sens qu’il renoncerait à sa puissance en lui remettant son Royaume, mais parce que c’est nous qui serons le Royaume de Dieu, lorsque nous aurons été rendus conformes à la gloire de son corps…, constitués Royaume de Dieu par la glorification de son corps. C’est nous qu’il remettra au Père, en tant que Royaume, selon ce qui est dit dans l’Évangile : « Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui vous a été préparé dès la création du monde » (Mt 25,34).

    « Les justes brilleront alors comme le soleil dans le Royaume de leur Père. » Car le Fils livrera à Dieu, comme étant son Royaume, ceux qu’il a conviés à son Royaume, ceux à qui il a promis la béatitude propre à ce mystère par ces mots : « Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5,8)… Voici que ceux qu’il remet à son Père comme étant son Royaume voient Dieu.

    Le Seigneur lui-même a déclaré à ses apôtres en quoi consiste ce Royaume : « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Lc 17,21). Et si quelqu’un cherche à savoir qui est celui qui remet le Royaume, qu’il écoute : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection » (1Co 15,20-21). Tout cela concerne le mystère du Corps, car le Christ est le premier ressuscité d’entre les morts… C’est donc pour le progrès de l’humanité assumée par le Christ que « Dieu sera tout en tous » (1Co 15,28).

    Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
    La Trinité, XI, 38-39 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 268)

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