Catégorie : Saints et Saintes

  • Le commandement de l’amour

    « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton esprit. » Tel est le commandement du grand Dieu, et il ne peut pas commander l’impossible. L’amour est un fruit de toute saison et toujours à portée de main. Chacun peut le cueillir, sans limite. Tout le monde peut accéder à cet amour par la méditation, un esprit de prière et de sacrifice, par une vie intérieure intense…

    S’il n’y a nulle limite, c’est parce que Dieu est amour (1Jn 4,8) et que l’amour est Dieu. Ce qui nous lie à Dieu est vraiment une relation d’amour. Et puis l’amour de Dieu est infini. Y avoir part c’est aimer et donner jusqu’à ce que cela nous en coûte. Voilà pourquoi il ne s’agit pas tant de ce que nous faisons que de l’amour que nous y mettons, de l’amour que nous mettons dans ce que nous donnons. Voilà aussi pourquoi les gens qui ne savent ni donner ni recevoir l’amour sont, quelles que soient leurs richesses, les plus pauvres des pauvres.

    Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    Something Beautiful for God, p. 64 (trad. La Joie du don, Seuil 1975, p. 63 rev.)

     

     

  • Accueillir le Christ

    La veuve de Sarepta accueille le prophète Élie en toute générosité et épuise toute sa pauvreté en son honneur, quoiqu’elle soit une étrangère de Sidon. Elle n’avait jamais entendu ce que disent les prophètes sur le mérite de l’aumône, et moins encore la parole du Christ : « Vous m’avez vu ayant faim, et vous m’avez donné à manger » (Mt 25,35).

    Quelle sera notre excuse, si après de telles exhortations, après la promesse de si grandes récompenses, après la promesse du Royaume des cieux et de son bonheur, nous ne parvenons pas au même degré de bonté que cette veuve ? Une femme de Sidon, une veuve, chargée du soin d’une famille, menacée par la famine et voyant venir la mort, ouvre sa porte pour accueillir un homme inconnu et lui donne le peu de farine qui lui reste… Mais nous, qui avons été instruits par les prophètes, qui avons entendu les enseignements du Christ, qui avons la possibilité de réfléchir sur les choses à venir, qui ne sommes pas menacés par la famine, qui possédons bien plus que cette femme, serons-nous excusables, si nous n’osons pas toucher à nos biens pour en donner ? Négligerons-nous notre propre salut ?…

    Manifestons donc envers les pauvres une grande compassion, afin d’être rendus dignes de posséder pour l’éternité les biens à venir, par la grâce et l’amour pour les hommes de notre Seigneur Jésus Christ.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Sermon sur Élie et la veuve, et de l’aumône ; PG 51, 348

     

     

  • Imiter la patience de Dieu

    Si vous voulez ressembler à Dieu, vous qui avez été créés à son image, imitez votre modèle. Vous êtes chrétiens et ce nom signifie « ami des hommes » (cf Sg 1,6) : imitez l’amour du Christ. Considérez les trésors de sa bonté… Comment a-t-il accueilli ceux qui se sont rendus à son appel ? Il leur a accordé facilement le pardon de leurs péchés, la délivrance instantanée, immédiate, de leurs peines… Imitons la façon d’agir du Maître…

    Je vois, en effet, dans les paraboles, le berger de cent brebis (Lc 15,4s). L’une d’entre elles s’est séparée du troupeau et s’est égarée. Le berger n’est pas resté avec celles qui demeuraient en bon ordre et sur le droit chemin. Il a bondi à la recherche de l’égarée, a franchi nombre de gorges et de précipices, a gravi des sommets rocheux, a affronté courageusement les déserts, jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée. L’ayant trouvée, sans la frapper ni la pousser violemment pour la ramener au troupeau, il l’a mise sur son cou, l’a portée avec douceur et l’a fait revenir parmi ses compagnes, plus joyeux pour celle-ci que pour la foule des autres.

    Comprenons donc la réalité cachée sous ces images… Ce sont là des exemples qui nous enseignent des mystères sacrés. Ne désespérons pas facilement des hommes, ne laissons pas à l’abandon ceux qui sont en péril. Recherchons avec ardeur celui qui s’est égaré, ramenons-le sur le chemin, réjouissons-nous de son retour et réintégrons-le dans la communauté de ceux qui vivent en vrais fidèles.

    Asterius d’Amasée (?-v. 410), évêque
    Homélie n°13, sur la conversion ; PG 40, 356-357,361 (trad. bréviaire 1er jeu. carême  rev.)

     

     

  • « Voici que nous montons à Jérusalem. »

    Dans les « psaumes des montées » le psalmiste aspire à Jérusalem et il dit qu’il veut monter. Où monter ? Désire-t-il atteindre le soleil, la lune, les étoiles ? Non. Dans le ciel se trouve la Jérusalem éternelle, là où habitent les anges, nos concitoyens (He 12,22). Sur cette terre nous sommes en exil, loin d’eux. Sur la route de l’exil, nous poussons des soupirs ; dans la cité, nous tressaillirons d’allégresse.

    Au cours de notre voyage, nous trouvons des compagnons qui ont déjà vu cette cité et qui nous encouragent à y courir. Ils ont inspiré au psalmiste un cri d’allégresse : « J’ai tressailli de joie quand on m’a dit : Allons à la maison du Seigneur » (Ps 121,1)… « Nous irons à la maison du Seigneur » : courons donc, courons, puisque nous arriverons à la maison du Seigneur. Courons sans nous lasser ; là-bas il n’y a pas de lassitude. Courons à la maison du Seigneur et tressaillons d’allégresse avec ceux qui nous ont appelés, qui les premiers ont contemplé notre patrie. Ils crient de loin à ceux qui les suivent : « Nous irons dans la maison du Seigneur ; marchez, courez ! » Les apôtres ont vu cette maison et nous appellent : « Courez, marchez, suivez-nous ! Nous irons dans la maison du Seigneur ! »

    Et que répond chacun de nous ? « Je me réjouis en ceux qui m’ont dit : Nous irons dans la maison du Seigneur. » Je me suis réjoui dans les prophètes, je me suis réjoui dans les apôtres, car tous ils nous ont dit : « Nous allons à la maison du Seigneur ».

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Les Discours sur les psaumes, Ps 121

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,36-38.

    ésus disait à la foule :  » Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
    Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
    Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »

     

     

     

  • La gloire de la croix

    Le Seigneur révèle sa gloire en présence de témoins choisis : il répand sur son corps, d’ailleurs semblable au nôtre, une lumière si éclatante que son visage devient éblouissant comme le soleil et son vêtement aussi blanc que la neige. En se transfigurant de la sorte, il avait comme but d’abord d’enlever du coeur de ses disciples le scandale de la croix, pour que la honte volontairement subie de sa mort ne trouble pas la foi de ceux qui auraient vu ainsi la grandeur de sa dignité cachée.

    Mais il n’avait pas moins en vue de fonder l’espérance de la sainte Église, de sorte que les membres du corps du Christ comprennent quelle transformation se ferait un jour en eux, puisque chacun est appelé à partager un jour la gloire qu’ils ont vu briller par avance dans leur chef…

    « Celui-ci est mon Fils bien-aimé…; écoutez-le.  Écoutez-le, lui qui ouvre le chemin du ciel et, par le supplice de la croix, vous prépare des marches pour monter au Royaume. Pourquoi redoutez-vous d’être rachetés ? Pourquoi craignez-vous d’être guéris, vous qui êtes blessés ? Que ma volonté soit faite, comme le veut le Christ. Rejetez les craintes de ce monde et armez-vous de la constance qu’inspire la foi. Car il ne convient pas de redouter dans la Passion du Sauveur ce que, avec son secours, vous ne craindrez plus dans votre propre mort… »

    En ces trois apôtres, c’est l’Église entière qui a appris tout ce qu’ils ont vu de leurs yeux et entendu de leurs oreilles (cf 1Jn 1,1). Que donc la foi de tous devienne plus ferme par la prédication du saint Évangile, et que personne ne rougisse de la croix du Christ, par laquelle le monde a été racheté.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église
    Sermon 51, 2-3, 5-8 ; PL 54, 310-313, SC 74 bis (trad. Orval rev.)

     

     

  • « Demandez…, cherchez…, frappez… »

    Quand la prière s’adresse à un homme, elle doit d’abord exprimer le désir et le besoin de celui qui prie. Elle a aussi pour but de fléchir le cœur de celui que l’on prie, jusqu’à le faire céder. Or, ces deux choses n’ont plus leur raison d’être quand la prière s’adresse à Dieu. En priant nous n’avons pas à nous inquiéter de manifester nos désirs ou nos besoins à Dieu : il connaît tout (Mt 6,8)… Si la prière est nécessaire à l’homme pour obtenir les bienfaits de Dieu, c’est qu’elle exerce une influence sur celui qui prie, afin qu’il considère ses propres pauvretés et incline son âme à désirer avec ferveur et dans un esprit filial ce qu’il espère obtenir par la prière. Il se rend par là même capable de le recevoir…

    Prier Dieu nous rend aussitôt familiers de Dieu, puisque notre âme s’élève vers lui, s’entretient affectueusement avec lui, et l’adore en esprit et en vérité (Jn 4,23). Et ainsi, en cette amitié familière avec Dieu que produit la prière, s’ouvre la voie pour une prière plus confiante encore. C’est pourquoi il est dit dans un psaume : « J’ai crié, » c’est-à-dire j’ai prié avec confiance, « parce que tu m’as exaucé, mon Dieu » (16,6). Reçu dans l’intimité de Dieu par une première prière, le psalmiste prie ensuite avec une plus grande confiance. Et c’est pourquoi, dans la prière adressée à Dieu, l’assiduité ou l’insistance dans la demande n’est pas importune. Au contraire, c’est agréable à Dieu, car « il faut toujours prier, dit l’Évangile, sans jamais se décourager » (Lc 18,1). Et ailleurs le Seigneur nous invite à demander : « Demandez et vous recevrez, dit-il, frappez et l’on vous ouvrira ».

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
    Compendium théologique, 2, 1 (trad. composite)

     

     

  • « Seigneur, apprends-nous à prier. » (Lc 11,1)

    « Notre Père » très saint,
    notre Créateur, notre Rédempteur, notre Sauveur et notre Consolateur.
    « Qui es aux cieux »,
    dans les anges et dans les saints, les illuminant pour qu’ils te connaissent, car tu es, Seigneur, la lumière ;
    les enflammant pour qu’ils t’aiment, car tu es, Seigneur, l’amour ;
    habitant en eux et les emplissant de ta divinité pour qu’ils aient le bonheur, car tu es, Seigneur, le bien souverain, le bien éternel,
    de qui vient tout bien, sans qui n’est aucun bien.

    « Que ton nom soit sanctifié » :
    Que devienne toujours plus lumineuse en nous
    la connaissance que nous avons de toi,
    afin que nous puissions mesurer la largeur de tes bienfaits,
    la longueur de tes promesses, la hauteur de ta majesté,
    la profondeur de tes jugements (Ep 3,18).

    « Que ton règne vienne » :
    Règne en nous dès maintenant par la grâce ;
    introduis-nous un jour en ton Royaume
    où enfin nous te verrons sans ombre,
    où deviendra parfait notre amour pour toi,
    bienheureuse notre union avec toi, éternelle notre jouissance de toi.

    « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » :
    Que nous t’aimions
    de tout notre cœur en pensant toujours à toi,
    de toute notre âme en te désirant toujours,
    de tout notre esprit en dirigeant vers toi tous nos élans et ne poursuivant toujours que ta seule gloire,
    de toutes nos forces en dépensant toutes nos énergies
    et tous les sens de notre âme et de notre corps au service de ton amour et de rien d’autre (Mc 12,30).
    Que nous aimions nos proches comme nous-mêmes (Mt 22,39)
    en les attirant tous à ton amour selon notre pouvoir,
    en partageant leur bonheur comme s’il était le nôtre,
    en les aidant à supporter leurs malheurs,
    en ne leur faisant nulle offense.

    Saint François d’Assise (1182-1226), fondateur des Frères mineurs
    Notre Père paraphrasé (trad. Desbonnets et Vorreux, Documents, p. 142)

     

     

  • Ste Bernadette Soubirous, vierge (1844-1879)

    Cette date a été choisie car c’est un 18 février que la Vierge Marie lui dit : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre. » Bernadette avait quatorze ans lorsqu’elle vit pour la première fois la Vierge.

    Fille aînée d’une famille de meuniers que l’arrivée des moulins à vapeur jettera dans une extrême pauvreté, Bernadette Soubirous est accueillie en janvier 1858 à l’Hospice de Lourdes dirigé par les Sœurs de la Charité de Nevers, pour y apprendre à lire et à écrire afin de préparer sa première communion.

    En février 1858, alors qu’elle ramassait du bois avec deux autres petites filles, la Vierge Marie lui apparaît au creux du rocher de Massabielle, près de Lourdes.

    Dix-huit apparitions auront ainsi lieu entre février et juillet 1858. Chargée de transmettre le message de la Vierge Marie, et non de le faire croire, Bernadette résistera aux accusations multiples de ses contemporains.

    En juillet 1866, voulant réaliser son désir de vie religieuse, elle entre chez les Sœurs de la Charité de Nevers à Saint-Gildard, Maison-Mère de la Congrégation. Elle y mène une vie humble et cachée. Bien que de plus en plus malade, elle remplit avec amour les tâches qui lui sont confiées.

    Elle meurt le 16 avril 1879 à trente-cinq ans.

    Elle est béatifiée le 14 juin 1925 puis canonisée le 8 décembre 1933, par le Pape Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939). Son corps retrouvé intact, repose depuis 1925, dans une châsse en verre dans la chapelle. Chaque année, venant du monde entier, des milliers de pèlerins et de visiteurs, se rendent à Nevers pour accueillir le message de Bernadette.

     

    Pour un approfondissement : >>> Sainte-Bernadette

     

     

     

  • « Abandonnant tout, l’homme se leva et se mit à le suivre. »

     

    Il y a des jours où des avions traversent le ciel à des vitesses prodigieuses, survolant le monastère. Le bruit de leurs moteurs effraye les petits oiseaux qui nichent dans les cyprès de notre cimetière. En face du couvent, traversant les champs, il y a une route goudronnée où circulent à toute heure des camions et des voitures de tourisme qui ne s’intéressent pas à la vue du monastère. Une des principales voies ferrées de l’Espagne traverse aussi les terres du monastère… On dit que tout cela est liberté… Mais l’homme qui médite un peu verra comme le monde se trompe, au milieu de ce qu’il appelle liberté…
    Où se trouve donc la liberté ? Elle se trouve dans le cœur de l’homme qui n’aime que Dieu. Elle est dans l’homme dont l’âme n’est attachée ni à l’esprit ni à la matière, mais seulement à Dieu. Elle est dans cette âme qui n’est pas soumise au moi égoïste ; dans l’âme qui s’envole au-dessus de ses propres pensées, de ses propres sentiments, de son propre souffrir et jouir. La liberté est dans cette âme-là dont la seule raison d’exister est Dieu ; dont la vie est Dieu et rien de plus que Dieu.

    L’esprit humain est petit, il est réduit, il est sujet à mille variations, des hauts et des bas, des dépressions, des déceptions, etc., et le corps, avec une telle faiblesse. La liberté est donc en Dieu. L’âme qui passant vraiment par-dessus tout fonde sa vie en lui, on peut dire qu’elle jouit de la liberté, dans la mesure du possible pour celui qui est encore dans ce monde.

    Saint Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938), moine trappiste espagnol
    Écrits spirituels, 15/12/1936 (trad. Cerf 2008, p. 268)