Catégorie : Prières et Chants

  • « Pour la première fois il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre. »

    Ma voix, chante la victoire
    Dont le trophée est la croix ;
    Dis le triomphe et la gloire
    Qui rayonnent de ce bois ;
    Raconte la noble histoire
    De l’Agneau vainqueur et roi.

    Dieu, dès qu’il eut créé l’homme,
    Pleura la faute d’Adam ;
    Mais si l’arbre a fait la pomme
    Qui tua nos deux parents,
    L’arbre portera le baume
    Qui guérira nos tourments.

    Pour sauver toute justice,
    Il fallait au Créateur
    Que le perfide artifice
    Prenne au piège le menteur,
    Et que la sève du vice
    Devienne source de bonheur.

    Au temps voulu par le Père,
    Quittant le château du ciel,
    Le Fils, qui créa la terre,
    Vient dans un sein maternel,
    Abri d’un chaste mystère,
    Et revêt son corps mortel.

    Couché dans la crèche austère,
    Il est frêle et vagissant.
    De langes la Vierge Mère
    Habille le Dieu naissant ;
    Dans les bandeaux elle enserre
    Les mains, les pieds de l’Enfant.

    Qu’une louange éternelle
    Monte vers la Trinité ;
    Honneur et gloire immortelle
    Aux Trois dans leur Unité ;
    Que la terre universelle
    Célèbre leur royauté. Amen.

    Liturgie latine

     

     

     

  • « Honore ton père et ta mère. » (Ex 20,12)

    En honorant le Père céleste, nous honorons aussi nos pères selon la chair : car le Seigneur lui-même l’a clairement ordonné dans la Loi et les Prophètes : « Honore ton père et ta mère, afin d’être heureux et de vivre longtemps sur la terre » (Ex 20,12). Que ce commandement soit entendu en particulier de ceux d’entre vous qui ont père et mère. Les enfants, obéissez à vos parents en toutes choses car c’est une pratique qui plaît au Seigneur.

    Le Seigneur en effet n’a pas dit : « Celui qui aime père ou mère n’est pas digne de moi » (Mt 10,37) : que ton ignorance ne te fasse pas mal interpréter cette bonne prescription, mais il a ajouté ceci : « Plus que moi. » Car lorsque les pères d’ici-bas sont d’un avis opposé au Père des cieux, alors il faut obéir à la parole divine. Mais quand ils ne s’opposent en rien à notre pitié, c’est se laisser emporter par l’ingratitude et oublier leurs bienfaits à notre égard que de les mépriser. (…)

    La première des vertus des chrétiens est la pitié : honorer les parents, revaloir leurs peines à ceux qui nous ont donné la vie, et selon notre pouvoir leur procurer la paix ; quand bien même en effet nous leur rendrions quantité de leurs bienfaits, pourtant au grand jamais nous ne pourrons à notre tour leur donner la vie. De leur côté, s’ils jouissent grâce à nous de la paix, ils nous fortifieront des bénédictions que le trompeur Jacob arracha par la ruse.

    Que le Père des cieux ayant pour agréable notre bonne volonté nous juge dignes de briller comme le soleil en compagnie des justes, dans le royaume de notre Père à qui est la gloire avec le Seul-engendré et Sauveur Jésus Christ, avec le saint et vivificateur Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Prier avec foi et confiance

    Il faut que nos prières soient faites avec confiance, et avec une espérance ferme que le bon Dieu peut et veut nous accorder ce que nous lui demandons, si nous le demandons comme il faut. Dans tous les endroits où Jésus-Christ nous promet de tout accorder à la prière, il met toujours cette condition : « Si vous la faites avec foi. » Quand quelqu’un lui demandait sa guérison ou autre chose, il ne manquait jamais de leur dire : « Qu’il vous soit fait selon votre foi. » (Mt 9, 29) D’ailleurs, mes frères, qui pourrait nous porter à douter, puisque notre confiance est appuyée sur la toute-puissance de Dieu qui est infinie, et sur sa miséricorde qui est sans bornes, et sur les mérites infinis de Jésus-Christ au nom duquel nous prions. Quand nous prions au nom de Jésus-Christ, ce n’est pas nous qui prions mais c’est Jésus-Christ lui-même qui prie son Père pour nous.

    L’Évangile nous donne un bel exemple de la foi que nous devons avoir en priant, dans la personne de cette femme qui était atteinte d’une perte de sang. Elle se disait en elle-même : « Si je peux seulement toucher le bord de son manteau, je suis sûre d’être guérie. » (Mt 9,21) Vous voyez qu’elle croyait fermement que Jésus-Christ pouvait la guérir ; elle attendait avec une grande confiance une guérison qu’elle désirait ardemment. En effet, le Sauveur passant près d’elle, elle se jette aux pieds de Jésus-Christ, lui touche son manteau, et aussitôt elle est guérie. Jésus-Christ voyant sa foi, la regarde avec bonté, en lui disant : « Allez, votre foi vous a sauvée. » (Mt 9, 22) Oui, mes frères, c’est à cette foi et à cette confiance que tout est promis.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

     

     

     

  • Nous sommes les envoyés de Dieu au monde

    Painted divine figure church of San Sebastiano Rome

    Un jour de plus commence.

    Jésus en moi veut le vivre. Il ne s’est pas enfermé.
    Il a marché parmi les hommes.
    Avec moi il est parmi les hommes d’aujourd’hui.

    Il va rencontrer chacun de ceux qui entreront dans la maison,
    chacun de ceux que je croiserai dans la rue,
    d’autres riches que ceux de son temps, d’autres pauvres,
    d’autres savants et d’autres ignorants,
    d’autres petits et d’autres vieillards,
    d’autres saints et d’autres pécheurs,
    d’autres valides et d’autres infirmes.
    Tous seront ceux qu’il est venu chercher.
    Chacun, celui qu’il est venu sauver. (…)

    Tout sera permis dans le jour qui va venir,
    tout sera permis et demandera que je dise oui.
    Le monde où il me laisse pour y être avec moi
    ne peut m’empêcher d’être avec Dieu ;
    comme un enfant porté sur les bras de sa mère
    n’est pas moins avec elle
    parce qu’elle marche dans la foule.

    Jésus, partout, n’a cessé d’être envoyé.
    Nous ne pouvons pas faire que nous ne soyons,
    à chaque instant,
    les envoyés de Dieu au monde.
    Jésus en nous ne cesse pas d’être envoyé,
    au long de ce jour qui commence,
    à toute humanité, de notre temps, de tous les temps,
    de ma ville et du monde entier.

    À travers les proches frères qu’il nous fera servir, aimer, sauver,
    des vagues de sa charité partiront jusqu’au bout du monde,
    iront jusqu’à la fin des temps.

    Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

     

     

     

  • Dirige nos pas sur le chemin de la droiture !

    Ô Feu de l’Esprit Saint,
    Loué sois-tu, toi qui œuvre au son des tambourins et des cithares.
    Lorsque tu enflammes l’esprit des hommes,
    Le tabernacle de leur âme s’emplit de ta puissance.
    Alors la volonté s’élève et suscite l’appétit de l’âme
    Et le désir de Dieu devient son guide.
    L’intelligence t’invoque par de doux chants
    Et te bâtit des temples de sagesse
    Qui s’exhalent en œuvre d’or.

    Tu portes toujours l’épée qui tranche
    Ce que le fruit du péché marque de son crime.
    Quand la volonté et les désirs se perdent dans le brouillard,
    Et que l’âme vole et tournoie de tous côtés,
    L’Esprit demeure le lien de la volonté et du désir.

    Quand l’âme elle-même se dresse pour chercher à voir la pupille du mal
    Et atteindre la gueule de la débauche, tu l’éprouves par le feu,
    Car telle est ta volonté.
    Quand la raison se laisse glisser sur la pente du mal,
    Tu la serres et la resserres, et tu la fais revenir par toutes sortes d’épreuves,
    Car telle est ta volonté.
    Et si le mal ose lever contre soi son épée,
    Tu la lui retournes en plein cœur,
    Comme tu l’as fait au premier Ange déchu,
    Dont tu jetas la tour d’orgueil au fond de l’enfer.
    Mais tu as élevé ici une autre tour pour les publicains et les pécheurs
    Qui te confessent leurs péchés et leurs œuvres.

    Toute créature te loue, vie de toute chose,
    Baume très précieux qui transfigures nos blessures béantes et souillées
    En pierre précieuses !
    Daigne maintenant nous rassembler tous ensemble en Toi,
    Et diriger nos pas sur le chemin de la droiture. Amen.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

     

     

     

  • « Il relève Israël son serviteur. »

    Marie dit : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon sauveur » ; elle dit : « Le Seigneur m’a honorée d’une faveur si grande, si inouïe, qu’on ne peut l’expliquer dans aucun langage, mais c’est à peine si, même au plus profond du cœur, l’amour peut le saisir. C’est pourquoi je mets toutes les forces de mon âme à rendre grâce dans la louange. (…) Le Seigneur fit pour moi des merveilles ; saint est son nom ». (…) Elle seule, cette âme pour laquelle le Seigneur a daigné faire de grandes choses, peut l’exalter comme il convient et dire, en invitant à partager ses vœux et ses intentions : « Exaltez le Seigneur avec moi, glorifions-le ensemble » (Ps 33,4). (…)

    « Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour. » Il est beau d’appeler Israël le serviteur du Seigneur, Israël que le Seigneur a relevé pour le sauver dans l’obéissance et l’humilité. C’est ainsi que parle Osée : « Quand Israël était enfant, je l’ai aimé » (3,1; cf 11,4). Celui qui refuse de s’humilier ne peut évidemment pas être sauvé (…), mais « quiconque se fera comme un petit enfant sera le plus grand dans le Royaume des cieux » (Mt 18,4).

    « Il se souvient de la promesse faite à nos pères en faveur d’Abraham et de sa race à jamais. » Il ne s’agit pas ici de la race charnelle d’Abraham, mais de sa race spirituelle. Autrement dit, il ne s’agit pas de ses descendants selon la chair, mais de ceux qui marchent sur les traces de sa foi. (…) L’avènement du Sauveur est donc promis à Abraham et à sa race à jamais, c’est-à-dire aux fils de la promesse dont saint Paul déclare : « Si vous appartenez au Christ, vous êtes donc de la race d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Ga 3,29).

    Enfin il est heureux que la naissance du Seigneur et celle de Jean soient annoncées prophétiquement par leurs mères. (…) La vie détruite par la défaillance d’une seule femme serait ainsi rendue au monde par ces deux femmes qui rivalisent de louanges.

    Saint Bède le Vénérable (v. 673-735)

  • Louange