Catégorie : Prières et Chants

  • « Pour la première fois il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup…, qu’il soit tué…, et qu’il ressuscite. »

    Voici que les étendards de notre Roi s’avancent ;
    Sur nous la croix resplendit dans son mystère,
    Où, dans sa chair, le Créateur du monde
    Fut pendu comme un brigand au gibet des esclaves.

    Les mains percés de clous, les pieds et les entrailles,
    C’est là qu’il vient s’immoler pour tous les hommes ;
    Blessé aussi par le pointe d’une lance,
    Il répand l’eau et le sang pour laver nos offenses.

    Alors les chants de David pour lui se révélèrent ;
    Alors les psaumes vraiment s’accomplirent,
    Quand le prophète annonçait à tous les peuples :
    « Il a régné par le bois, le Sauveur notre Maître ».

    Bel arbre resplendissant, éclatant de lumière,
    Tu es paré de la pourpre royale ;
    Tu fus élu comme l’arbre le plus digne
    De porter ce corps très saint, de toucher à ses membres.

    Heureuse croix où pèse la rançon du monde,
    Par qui l’enfer a tremblé en son empire ;
    Heureuse es-tu de porter ce fruit de vie,
    Et les peuples rassemblés applaudissent ton triomphe.

    Salut, Sainte Croix, salut, notre unique espérance !
    Salut, autel qui portas l’Agneau sans tache.
    De par la grâce de sa Passion très sainte
    La vie a enduré la mort et la mort rendu la Vie.

    Liturgie latine des heures
    Hymne de la Passion : Vexilla regis, par Venance Fortunat  (530 ?-600 ?)  (trad. et adapt. Liturgie Chorale du Peuple de Dieu)

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  • http://youtu.be/LYBWuxP0D2c

  • « Sa langue se délia, et il parlait correctement. »

    Le Seigneur m’a rempli de paroles de vérité
    pour que je puisse l’exprimer.
    Comme un cours d’eau,
    la vérité coule de ma bouche,
    mes lèvres montrent ses fruits.
    Le Seigneur a fait abonder en moi la connaissance.

    Car la bouche du Seigneur
    prononce le Verbe véritable ;
    elle est la porte de sa lumière.
    Le Très-Haut a envoyé sa Parole dans le monde :
    ceux qui chantent sa beauté,
    les hérauts de sa majesté,
    les messagers de son dessein,
    les évangélistes de sa pensée,
    les apôtres de ses œuvres.

    La subtilité du Verbe
    est au-dessus de toute expression…
    Sa marche est sans fin :
    il ne tombe jamais mais se tient debout ;
    personne ne connaît sa descente ni sa route…
    Il est lumière et aurore de la pensée :
    en lui le monde commence à s’exprimer.
    En lui ceux qui d’abord étaient silence
    ont trouvé la Parole,
    parce que de lui viennent l’amour et l’harmonie.

    Inspiré par le Verbe,
    chaque être créé peut dire ce qu’il est.
    Tous, ils ont connu leur Créateur
    et ont trouvé en lui leur harmonie,
    car la bouche du Très-Haut leur a parlé.

    Le Verbe demeure dans l’homme,
    et sa vérité est amour.
    Heureux ceux qui par lui
    ont percé tout mystère
    et connaissent le Seigneur dans sa vérité. Alléluia !

    Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)
    N°12

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  • Savoir sourire,
    À une inconnue qui passe,
    N’en garder aucune trace,
    Sinon celle du plaisir
    Savoir aimer
    Sans rien attendre en retour,
    Ni égard, ni grand amour,
    Pas même l’espoir d’être aimé,

    {Refrain:}
    Mais savoir donner,
    Donner sans reprendre,
    Ne rien faire qu’apprendre
    Apprendre à aimer,
    Aimer sans attendre,
    Aimer à tout prendre,
    Apprendre à sourire,
    Rien que pour le geste,
    Sans vouloir le reste
    Et apprendre à Vivre
    Et s’en aller.

    Savoir attendre,
    Goûter à ce plein bonheur
    Qu’on vous donne comme par erreur,
    Tant on ne l’attendait plus.
    Se voir y croire
    pour tromper la peur du vide
    Ancrée comme autant de rides
    Qui ternissent les miroirs

    {Refrain}

    Savoir souffrir
    En silence, sans murmure,
    Ni défense ni armure
    Souffrir à vouloir mourir
    Et se relever
    Comme on renaît de ses cendres,
    Avec tant d’amour à revendre
    Qu’on tire un trait sur le passé.

    {Refrain}

    Apprendre à rêver
    À rêver pour deux,
    Rien qu’en fermant les yeux,
    Et savoir donner
    Donner sans rature
    Ni demi-mesure
    Apprendre à rester.
    Vouloir jusqu’au bout
    Rester malgré tout,
    Apprendre à aimer,
    Et s’en aller,
    Et s’en aller…

  • http://youtu.be/hwv1BGOaxPo

  • INCARNATION : LE VERBE S’EST FAIT CHAIR

    Dans le Credo, nous chantons ces mots qu’il convient de méditer : « incarnatus de Spiritu Sancto ». Le Christ a pris chair par l’opération du Saint-Esprit. La chair et l’esprit sont souvent présentés comme formant la plus grande de toutes les oppositions. L’esprit lutte contre la chair, entend-on toujours dire. Et pourtant nous professons dans le Credo que, par l’Esprit, le Verbe éternel est devenu chair. Le mouvement se fait de l’Esprit vers la chair. Ce n’est pas là seulement le mystère de la naissance de Jésus-Christ, c’est aussi celui de notre propre incarnation. L’Esprit doit entrer dans notre propre chair, il doit devenir chair. C’est seulement ainsi que nous pouvons en faire l’expérience. Sans la chair, Dieu demeurerait sans visage en ce monde. Pour se faire homme, Dieu a besoin de la chair, afin que sur notre visage puisse rayonner le visage de Dieu. Tertullien a exprimé cela dans une formule célèbre : « Caro cardo salutis » : la chair est le point cardinal, l’articulation du salut ; il n’est pas de salut, pas de santé recouvrée, pas de rédemption qui ne passe par la chair.

    Peux-tu, toi qui me lis, adhérer à cette assertion théologique, ou bien est-elle en contradiction avec ton expérience ? Peux-tu dire oui à ta chair, ou souffres-tu d’être incarné ? La chair, cela veut dire : ta beauté, mais aussi ta fragilité, ta maladie, ton corps qui vieillit ; ta force et ta faiblesse, ta pesanteur, ta susceptibilité et ta vulnérabilité ; les joies que procure le corps, mais aussi les souffrances qu’il apporte quand il n’est pas comme nous le voudrions. Rien ne peut nous blesser plus profondément que la moquerie qui s’adresse à notre corps. La sexualité est le siège du plus fort de tous les plaisirs, mais aussi le domaine où nous pouvons être le plus cruellement blessés. Dieu s’est fait chair : cela signifie qu’il entre dans notre chair, qu’il nous rencontre là où nous sommes fatigués au travail, où nous sommes pleins de force, pleins de tendresse, où nous avons faim et soif. Notre chair a le désir de Dieu. « Dieu, c’est toi mon Dieu, je te cherche, mon âme a soif de toi, après toi languit ma chair, terre sèche, altérée, sans eau », dit David (Psaumes, 63 [62], 2). Si Dieu exauce ce désir de ton corps, celui-ci s’épanouira. La lumière que tu irradies rayonne à travers ton corps. Si Dieu transforme ta chair, elle se changera en une perle où se reflétera en ce monde la lumière de Dieu. Alors, tu porteras dans ton corps, comme le dit un Père de l’Église, « la pierre précieuse, cette image de l’ineffable lumière qu’est le Seigneur ».

    Anselm GRÜN, Petite méditation sur les fêtes de Noël, Albin Michel, Paris, 1999, p. 95-98.