Catégorie : Prières et Chants

  • « En toutes choses, il a connu l’épreuve comme nous, et il n’a pas péché. » (He 4, 15)

    1378866653_1143_1200x667x0

    « Écoute, ô Dieu, ma plainte, sois attentif à ma prière… Des confins de la terre je crie vers toi ; mon cœur est dans l’angoisse » (Ps 60,2-3). Des confins de la terre, c’est-à-dire de partout… Ce n’est donc pas une seule personne qui parle ainsi ; et pourtant si, c’est une seule personne, car il n’y a qu’un seul Christ dont nous sommes les membres (Ep 5,23)… Celui qui crie des confins de la terre est dans l’angoisse, mais il n’est pas abandonné. Car c’est nous, c’est-à-dire son corps, que le Seigneur a voulu préfigurer en son propre corps…

    Il nous a symbolisés en sa personne quand il a voulu être tenté par Satan. On lit dans l’Évangile que notre Seigneur, le Christ Jésus, a été tenté au désert par le diable. Dans le Christ, c’est toi qui étais tenté, car le Christ avait pris de toi sa chair pour te donner son salut, de toi il prenait sa mort pour te donner sa vie, de toi il subissait ses outrages pour te donner son honneur. C’est donc de toi qu’il prenait aussi les tentations, pour te donner sa victoire. Si nous sommes tentés en lui, en lui aussi nous triomphons du diable.

    Tu remarques bien que le Christ a été tenté, et tu ne remarques pas qu’il a remporté la victoire ? Reconnais-toi comme tenté en lui, reconnais-toi comme vainqueur en lui. Il aurait pu empêcher le diable de s’approcher de lui ; mais s’il n’avait pas été tenté, comment t’aurait-il enseigné la manière de vaincre dans la tentation ? C’est pourquoi ce n’est pas étonnant si, harcelé de tentations, il crie des confins de la terre selon ce psaume. Mais pourquoi n’est-il pas vaincu ? Le psaume continue : « Tu m’as établi sur le roc »… Souvenons-nous de l’Évangile : « Sur ce roc je bâtirai mon Église » (Mt 16,18). C’est donc l’Église, qu’il a voulue bâtir sur le roc, qui crie des confins de la terre. Mais qui est devenu rocher pour que l’Église puisse être bâtie sur le roc ? Écoutons saint Paul nous le dire : « Le rocher c’était le Christ » (1Co 10,4). C’est donc sur lui que nous sommes bâtis. Et voilà pourquoi ce roc sur lequel nous sommes bâtis a été le premier à être battu par les vents, les torrents et les pluies lorsque le Christ a été tenté par le diable (Mt 7,25). Voilà la fondation inébranlable sur laquelle il a voulu t’établir.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Les Discours sur les Psaumes, Ps 60 ; CCL 39, 766 (trad. Brésard, 2000 ans C, p. 88 ; cf bréviaire, 1er dimanche de Carême)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • « Je chanterai pour mon Dieu tant que je vivrai ! »

    Je louerai l Éternel tant que je vivrai, Je célébrerai mon Dieu tant que j existerai.
    Je louerai l Éternel tant que je vivrai, Je célébrerai mon Dieu tant que j existerai.

    « Je chanterai le Seigneur tant que je vis » (Ps 103,33). Que chantera le psalmiste ? Tout ce que Dieu est, il le chantera. Chantons la gloire du Seigneur durant toute notre vie. Notre vie actuelle n’est qu’une espérance ; notre vie à venir sera l’éternité. La vie de cette vie mortelle est l’espérance de la vie immortelle : « Je chanterai le Seigneur pendant toute ma vie ; je jouerai pour Dieu tant que je suis. » Et parce que je vivrai en lui sans fin, tant que je vivrai, je chanterai à mon Dieu.

    Lorsque nous aurons commencé à chanter au Seigneur dans la cité du ciel, ne nous imaginons pas que nous devons y faire autre chose ; toute notre vie sera alors de chanter à la gloire de Dieu. Si, ici-bas, l’objet de nos louanges nous cause de l’ennui, nos chants de louange peuvent nous en causer aussi. Mais, si nous l’aimons éternellement, éternellement aussi nous le louerons : « Je chanterai pour mon Dieu tant que je vivrai ! »

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Les Discours sur les psaumes, 4e sur le psaume 103, §17

     

     

     

  • Conseils sur la prière

    .
    prière.
    (…)
    « La foi est la source de la prière, et si la foi manque, il n’y a plus de prière. Prions donc pour que notre foi ne vienne pas à faiblir. La foi produit la prière, et la prière à son tour obtient l’affermissement de la foi . (Catena Aurea).
    Si nos prières sont parfois non exaucées, c’est que nous demandons aut mali, aut male, aut mala : aut Mali, en étant mauvais, et pas assez préparés pour demander ;  aut male, nous demandons mal, d’une mauvaise manière, avec peu de foi ou sans persévérance, ou avec peu d’humilité ; aut mala, nous demandons des choses mauvaises, ou qui, pour une raison ou une autre, ne nous conviendront pas ». (La Cité de Dieu, 20, 22).
    (…)
    Toujours maintenir vivant ce désir continuel de Dieu. Mais les soins et les affaires d’ici-bas  attiédissent notre désir, c’est pourquoi  à certaines heures et à certains temps fixés, nous prions aussi Dieu avec des paroles;  par ces paroles, nous nous avertissons nous-mêmes  de reprendre nos élans, et nous empêchons que notre esprit soit attiédi et se refroidisse  complètement; il s’éteindrait même totalement, faute d’être ranimé fréquemment. (Lettre 130 à  Proba).
    Que Dieu nous garde de la prière bavarde, mais la prière doit être continue, si la ferveur persévère. Parler beaucoup, c’est traiter dans sa prière d’une chose nécessaire en paroles superflues: mais prier beaucoup, c’est insister auprès de celui que nous prions, par un long et pieux désir du cœur. La plupart du temps, on traite mieux celui que nous prions par les gémissements que par les discours, plus par les larmes que par le langage. (Lettre 121 à Proba).
    Fais ce que tu peux, demande ce que tu ne peux pas, et Dieu t’aidera afin que tu puisses le faire (Sermon 43, sur la nature et la grâce).
    Si tu parcours toutes les prières de l’Écriture,  tu ne trouveras rien, je crois, qui ne soit contenu dans cette prière du Seigneur et n’y trouve sa conclusion (Notre Père) ». (Lettre 130 à  Proba).
     .
    Extraits des dix conseils de Saint Augustin, père de l’Église
    aleteia.org
  • Solennité de la Nativité du Seigneur – Messe du jour

    Capture d’écran 2017-12-08 à 06.22.37

    Chers frères et Sœurs,

    par les paroles de l’apôtre Paul, je renouvelle la joyeuse annonce de la naissance du Christ : oui, aujourd’hui, « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes » !

    Elle s’est manifestée ! C’est ce que l’Église célèbre aujourd’hui. La grâce de Dieu, riche en bonté et en tendresse, n’est plus cachée, mais « elle s’est manifestée », elle s’est manifestée dans la chair, elle a montré son visage. Où ? À Bethléem. Quand ? Sous César Auguste, durant le premier recensement, auquel fait même allusion l’évangéliste Luc. Et qui est celui qui la révèle ? Un nouveau-né, le Fils de la Vierge Marie. En Lui s’est manifestée la grâce de Dieu notre Sauveur. C’est pourquoi cet Enfant s’appelle Jehoshua, Jésus, ce qui signifie « Dieu sauve ».

    La grâce de Dieu s’est manifestée : voilà pourquoi Noël est une fête de lumière. Non pas une lumière totale, comme celle qui enveloppe toute chose en plein jour, mais une clarté qui s’allume dans la nuit et se répand à partir d’un point précis de l’univers : de la grotte de Bethléem, où l’Enfant-Dieu est « venu au jour ». En réalité, c’est Lui la lumière même qui se propage, comme le représentent bien de nombreux tableaux de la Nativité. Il est la lumière, qui en apparaissant dissout la brume, rompt les ténèbres et nous permet de comprendre le sens et la valeur de notre existence et de l’histoire. Chaque crèche est une invitation simple et éloquente à ouvrir notre cœur et notre esprit au mystère de la vie. Elle est une rencontre avec la Vie immortelle, qui s’est faite mortelle dans la scène mystique de Noël ; une scène que nous pouvons admirer ici aussi, sur cette place, comme en d’innombrables églises et chapelles du monde entier, et dans toutes les maisons où le nom de Jésus est adoré.

    La grâce de Dieu s’est manifestée à tous les hommes. Oui, Jésus, le visage du Dieu-qui-sauve, ne s’est pas manifesté seulement pour quelques-uns, pour certains, mais pour tous. C’est vrai que, dans l’humble et austère demeure de Bethléem, peu de personnes l’ont rencontré, mais Lui est venu pour tous : juifs et païens, riches et pauvres, proches et lointains, croyants et non croyants… tous. La grâce surnaturelle, par la volonté de Dieu, est destinée à toute créature. Il faut cependant que l’être humain l’accueille, prononce son oui, comme Marie, afin que son cœur soit illuminé par un rayon de cette lumière divine. […]

    Frères et Sœurs qui m’écoutez, c’est à tous les hommes qu’est destinée l’annonce d’espérance qui constitue le cœur du message de Noël. Jésus est né pour tous et, comme à Bethléem Marie l’offrit au regard des bergers, en ce jour, l’Église le présente à l’humanité entière, afin que toute personne et toute situation humaine, puisse faire l’expérience de la puissance de la grâce salvatrice de Dieu, qui, seule, peut transformer le mal en bien, qui, seule, peut changer le cœur de l’homme et en faire une « oasis » de paix.

    Puissent les nombreuses populations qui vivent encore dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort (cf. Lc 1, 79), faire l’expérience de la puissance de la grâce salvatrice de Dieu ! Que la lumière divine de Bethléem se répande en Terre Sainte, où l’horizon semble redevenir sombre pour les Israéliens et les Palestiniens ; qu’elle se répande au Liban, en Irak et partout au Moyen-Orient. […]

    Là où la dignité et les droits de la personne humaine sont piétinés ; là où les égoïsmes personnels ou de groupe prévalent sur le bien commun ; là où l’on risque de s’habituer à la haine fratricide et à l’exploitation de l’homme par l’homme ; là où des luttes intestines divisent groupes et ethnies et déchirent la vie en commun ; là où le terrorisme continue à frapper ; là où manque le nécessaire pour survivre ; là où l’on regarde avec appréhension vers un avenir qui devient toujours plus incertain, même dans les Nations qui sont dans l’aisance : que là resplendisse la Lumière de Noël et qu’elle encourage chacun à faire son propre devoir, dans un esprit d’authentique solidarité. Si chacun pense uniquement à ses propres intérêts, le monde ne peut qu’aller à sa ruine.

    Chers frères et Sœurs, aujourd’hui « la grâce de Dieu Sauveur s’est manifestée » (cf. Tt 2, 11), dans notre monde, qui a ses potentialités et ses faiblesses, ses progrès et ses crises, ses espoirs et ses angoisses. […]

    Allons, donc, frères ! Pressons-nous, comme les bergers dans la nuit de Bethléem. Dieu est venu à notre rencontre et nous a montré son visage, riche en grâce et en miséricorde ! Que sa venue ne soit pas vaine pour nous ! Cherchons Jésus, laissons-nous attirer par sa lumière, qui efface du cœur de l’homme la tristesse et la peur ; approchons-nous avec confiance ; prosternons-nous avec humilité, pour l’adorer. Bon Noël à tous !

    Extraits du Message Urbi et Orbi
    du Saint-Père Benoît XVI

    © Copyright 2008 – Libreria Editrice Vaticana

    100885902

  • « Je te salue, comblée-de-grâce. »

    30955

    Du ciel un archange éminent a été envoyé pour dire à la Mère de Dieu : « Réjouis-toi ! » Et te voyant, Seigneur, prendre corps à sa voix, il clame sa surprise et son ravissement :

    Réjouis-toi, en qui brille la joie du salut,
    Réjouis-toi, par qui le mal a disparu,
    Réjouis-toi, car tu relèves Adam de sa chute,
    Réjouis-toi, car Ève aussi ne pleure plus.
    Réjouis-toi, montagne inaccessible aux pensées des hommes,
    Réjouis-toi, abîme insondable même aux anges,
    Réjouis-toi, car tu deviens le trône et le palais du Roi,
    Réjouis-toi, toi qui portes Celui qui porte tout.
    Réjouis-toi, étoile qui annonce le lever du Soleil,
    Réjouis-toi, dans ton sein Dieu prend notre chair,
    Réjouis-toi, par toi toute la création est renouvelée,
    Réjouis-toi, par toi le Créateur devient petit enfant.
    Réjouis-toi, Épouse inépousée.

    La Toute-pure, connaissant son état virginal, répondit à l’ange Gabriel avec confiance : « Quelle étrange merveille que ta parole ! Elle paraît incompréhensible à mon âme ; comment concevrai-je sans semence pour enfanter comme tu le dis ? » Alléluia, alléluia, alléluia !
    Pour comprendre ce mystère inconnu, La Vierge s’adresse au serviteur de Dieu et demande comment en ses entrailles chastes un Fils serait conçu. Plein de respect l’ange l’acclame :

    Réjouis-toi, à toi Dieu révèle ses desseins ineffables,
    Réjouis-toi, confiance de ceux qui prient en silence,
    Réjouis-toi, tu es la première des merveilles du Christ,
    Réjouis-toi, en toi sont récapitulées les doctrines divines.
    Réjouis-toi, échelle par qui Dieu descend du ciel,
    Réjouis-toi, pont qui nous conduit de la terre vers le ciel,
    Réjouis-toi, inépuisable admiration des anges,
    Réjouis-toi, blessure inguérissable pour les démons.
    Réjouis-toi, tu enfantes la lumière de manière inexprimable,
    Réjouis-toi, tu n’en révèles à personne le comment,
    Réjouis-toi, tu surpasses le savoir des savants,
    Réjouis-toi, tu éclaires l’intelligence des croyants.
    Réjouis-toi, Épouse inépousée.

    La puissance du Très-Haut couvrit alors de son ombre la Vierge inépousée pour la mener à concevoir. Et son sein fécondé devint un jardin délicieux pour ceux qui veulent y moissonner le salut en chantant : « Alléluia, alléluia, alléluia ! »

    Liturgie byzantine
    Hymne acathiste à la Mère de Dieu (7e siècle)

     

    7c8260a6

     

     

     

     

     

     

     

  • Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie

    Solennite-de-l’Immaculee-Conception-de-la-Vierge-Marie.-Notre-Dame-du-Bon-Conseil

    Lorsque vint la plénitude des temps (Gal.4, 4), de même qu’au sixième jour, l’homme fut formé de la terre par la puissance et la sagesse de la main divine, au commencement du sixième âge du monde, l’archange Gabriel fut envoyé à la Vierge et celle-ci donna son consentement. L’Esprit Saint descendit sur elle, embrasant comme un feu divin son âme et sanctifiant sa chair de la pureté la plus parfaite, et « la vertu du Très-Haut la couvrit de son ombre » (cf. Lc 1,35) afin qu’elle pût supporter semblable ardeur. Ainsi par l’opération du Très-Haut, instantanément un corps fut formé, une âme créée et en même temps les deux furent unis à la divinité en la personne du Fils, afin que le même fût Dieu et Homme, les propriétés de chacune des deux natures demeurant sauves.

    Oh ! Si tu pouvais un tant soit peu comprendre quel fut, et de quelle immensité, l’incendie alors allumé du ciel, le rafraîchissement procuré, la consolation accordée ! À quelle dignité fut élevée la Vierge Mère ! Quel fut l’ennoblissement du genre humain et quelle la condescendance de la Majesté divine ! Si tu pouvais entendre les chants de jubilation de la Vierge, gravir la montagne avec Notre-Dame, contempler les suaves embrassements de la Stérile et de la Vierge, et la manière dont est rempli le devoir de se saluer, manière en laquelle l’humble serviteur reconnaît son Seigneur ; le héraut, son Juge ; la voix, le Verbe ! je suis sûr qu’alors tu entonnerais en suaves accents avec la Bienheureuse Vierge le cantique sacré : « Que mon âme glorifie le Seigneur… » (Lc 1,46). Je suis sûr qu’avec joie et transport tu te joindrais au Prophète enfant pour adorer l’admirable conception virginale.

    Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
    L’Arbre de Vie, n°3 (Œuvres spirituelles, tome 3, Sté S. François d’Assise, 1932, pp.68-69 ; trad. du P. Jean de Dieu ; rev.)

     

    https://youtu.be/LWnPDdyC-IU

     

     

     

     

  • « Qui perdra sa vie la sauvegardera. »

    28869

    Ô jour éternel, jour tant désiré,
    Je te guette avec nostalgie et impatience,
    Et très bientôt l’amour déchirera les voiles,
    Et tu deviendras mon salut.

    Jour merveilleux, moment incomparable,
    Où pour la première fois je verrai mon Dieu,
    L’époux de mon âme et le Seigneur des Seigneurs,
    Je sens que l’épouvante n’étreindra point mon âme.

    Jour très solennel, jour de clarté,
    Où l’âme connaîtra son Dieu dans sa puissance,
    Et tout entière sombrera dans son amour,
    Et connaîtra que les misères de l’exil sont passées.

    Jour bienheureux, jour béni
    Où pour toi mon cœur flambera d’un feu éternel :
    Car je te pressens déjà même si ce n’est qu’à travers des voiles,
    Toi Jésus, dans la vie et la mort, tu m’es ravissement et enchantement.

    Jour que j’espère toute ma vie durant :
    Et je t’attends avec impatience, Seigneur,
    Car toi tu es le seul que je désire,
    Toi, l’Unique en mon cœur ; le reste ne m’est rien.

    Jour de délice, d’infinies douceurs :
    Mon époux, Dieu de grande majesté,
    Tu sais que rien ne saurait contenter le cœur d’une vierge,
    Sur ton doux Cœur j’appuie mon front.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938), religieuse
    Petit journal, § 1230 (trad. Parole et dialogue 2002, p. 102)

     

     

     

  • « Cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

    maindeDieu-800

    L’amour est d’une grande puissance ; il est notre force. Si nous n’en avons pas, tout le reste ne nous servira de rien. « J’aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, dit l’apôtre Paul, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante » (1Co 13,1). Écoutez ensuite cette parole magnifique : « J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert de rien » (v. 3). Si tu n’as que l’amour, même si tu ne peux rien distribuer aux pauvres, aime. Ne donnerais-tu qu’ « un verre d’eau fraîche » (Mt 10,42), cela te vaudrait la même récompense que Zachée, qui avait distribué la moitié de sa fortune (Lc 19,8). Comment cela ? L’un donne peu, l’autre beaucoup et leurs gestes ont le même prix ? Eh oui ‒ ; les ressources sont inégales mais égal est l’amour…

    Le psalmiste dit : « Nous irons dans la maison du Seigneur » (121,4). À nous de voir si nous y allons. Ce ne sont pas nos pieds, mais nos cœurs qui nous y portent. Voyez si nous y allons ; que chacun de vous s’interroge : Que fais-tu pour le pauvre fidèle, pour l’indigent ton frère ou le mendiant qui tend la main ? Vois si ton cœur n’est pas étroit… « Recherchez ce qui fait la paix de Jérusalem » (v. 6). Qu’est-ce qui fait la paix de Jérusalem ? « L’abondance pour ceux qui t’aiment » (Vulg). Le psalmiste adresse la parole à Jérusalem : « Ceux qui t’aiment seront dans l’abondance » ‒ ; l’abondance après le dénuement. Ici-bas, la misère, là-haut l’abondance ; ici la faiblesse, là, la force ; ceux qui sont pauvres ici, là-haut sont riches. D’où vient leur richesse ? De ce qu’ils ont donné ici les biens qu’ils avaient pour un temps reçus de Dieu ; là ils reçoivent ce que Dieu leur donne pour l’éternité.

    Mes frères, ici les riches sont des pauvres ; il est bon que le riche découvre sa pauvreté. Se croit-il rempli ? C’est enflure, non plénitude. Qu’il reconnaisse son vide afin de pouvoir être comblé. Que possède-t-il ? De l’or. Que lui manque-t-il encore ? La vie éternelle. Qu’il regarde bien ce qu’il a et reconnaisse ce qui lui manque. Frères, qu’il donne de ce qu’il possède, afin de recevoir ce qu’il n’a pas.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Discours sur le psaume 121

     

     

     

  • « Apprends-nous à prier. »

    bVxWqXbZrr-JzHcW-svzXwXB1bI

    Le bien suprême, c’est la prière, la conversation familière avec Dieu. Elle est relation à Dieu et union avec lui. De même que les yeux du corps sont éclairés à la vue de la lumière, ainsi l’âme tendue vers Dieu est illuminée de son ineffable lumière. La prière n’est pas l’effet d’une attitude extérieure, mais elle vient du cœur. Elle ne s’enferme pas dans des heures ou des moments déterminés, mais elle est en activité continuelle, de nuit comme de jour. Ne nous contentons pas d’orienter notre pensée vers Dieu lorsqu’elle s’applique exclusivement à la prière ; mais lorsque d’autres occupations — comme le soin des pauvres ou quelque autre souci en vue d’une œuvre bonne et utile — nous absorbent, il importe aussi d’y mêler le désir et le souvenir de Dieu, afin d’offrir au Seigneur de l’univers une nourriture très douce, assaisonnée au sel de l’amour de Dieu. Nous pouvons en retirer un grand avantage, tout au long de notre vie, si nous y consacrons une bonne part de notre temps.

    La prière est la lumière de l’âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes. Par elle, l’âme s’élève vers le ciel et embrasse le Seigneur d’une étreinte inexprimable. Comme un nourrisson vers sa mère, elle crie vers Dieu en pleurant, assoiffée de lait divin. Elle exprime ses désirs profonds et reçoit des présents qui dépassent tout ce que l’on peut voir dans la nature. La prière, par laquelle nous nous présentons avec respect devant Dieu, est la joie du cœur et le repos de l’âme.

    Homélie du 5e siècle sur la prière
    Attribuée à tort à saint Jean Chrysostome ; PG 64, 461 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 196 rev. ; cf. bréviaire vendredi après les Cendres)

     

     

  • Notre-Dame du Rosaire

    nd_rosaire_6

    Le Rosaire avait été institué par saint Dominique au commencement du XIIIe siècle. Par le zèle des papes, et aussi par les fruits abondants qu’il produisait dans l’Église, il devenait de plus en plus populaire. Au XVe siècle, le bienheureux Alain de La Roche, dominicain, fut suscité par Marie pour raviver cette dévotion si excellente.

    La fête de Notre-Dame du Rosaire se célébrait déjà, en 1547, à Tortosa (Espagne), le troisième dimanche d’avril, quand fut instituée par Pie V la fête de Notre-Dame de la Victoire (1572) au premier dimanche d’octobre, en action de grâces pour la victoire de Lépante

    Plus tard, dans les premières années du XVIIIe siècle, parut un homme extraordinaire appelé à bon droit le Dominique des temps modernes, et qui fut le grand propagateur, l’apôtre de la dévotion au saint Rosaire ; c’est saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Depuis saint Dominique, il n’y a pas eu d’homme plus zélé que ce grand missionnaire pour l’établissement de la confrérie du Rosaire : il l’érigeait dans tous les lieux où elle ne l’était pas ; c’est le moyen qu’il jugeait le plus puissant pour établir le règne de Dieu dans les âmes. Il composa lui-même une méthode de réciter le Rosaire, facile à retenir, instructive et pieuse. L’Apôtre de l’Ouest récitait tous les jours son Rosaire en entier, suivant sa méthode, et le faisait de même réciter publiquement tous les jours dans ses missions, et il a fait un point de règle à ses disciples de suivre son exemple.

    Par son Rosaire quotidien, Montfort convertissait les plus grands pécheurs et les faisait persévérer dans la grâce et la ferveur de leur conversion ; il pouvait dire : « Personne ne m’a résisté une fois que j’ai pu lui mettre la main au collet avec mon Rosaire ! » Il avait mille industries pour propager et faire aimer le Rosaire : là, c’étaient des bannières représentant les mystères du Rosaire ; ailleurs, d’immenses Rosaires qu’on récitait en marchant, dans les églises ou autour des églises, à la manière du chemin de la Croix. Il exaltait le Rosaire dans ses cantiques ; un tonnerre de voix répondait à la sienne, et tous les échos répétaient, de colline en colline, les gloires de cette dévotion bénie.

     

    ©Evangelizo.org