Catégorie : Prière des âmes

  • Notre-Dame des Sept-Douleurs – mémoire obligatoire

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    Le 15 septembre (depuis la rénovation liturgique du Pape Saint Pie X en 1914), la Liturgie de l’Église nous invite à faire mémoire des douleurs de la Vierge Marie. « Votre peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu’une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l’on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de Votre douleur. Elle a été si grande et si immense, qu’elle a crucifié toutes Vos entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de Votre Cœur. Pour moi, ma très pieuse Maîtresse, je suis persuadé que Vous n’auriez jamais pu en souffrir la violence sans mourir, si l’esprit de vie de Votre aimable Fils, pour lequel Vous souffriez de si grands tourments, ne Vous avait soutenue et fortifiée par Sa puissance infinie » (Saint Anselme – « De l’exercice de la Vierge », I, 5)

    La  Mémoire obligatoire  de Notre-Dame des Sept-Douleurs – que l’Église nous invite, en cette Octave de la Nativité de la Vierge, à méditer plus particulièrement – a pour but de nous rappeler le martyre inouï qu’endura l’Auguste Vierge Marie en tant que Co-Rédemptrice du genre humain. L’Église honore en ce jour Ses incomparables douleurs, spécialement celles qu’Elle ressentit au pied de la Croix au moment de la consommation du mystère de notre Rédemption. Après s’être concentré sur le déchirement de l’âme de Marie au jour de la Passion de Son Divin Fils, jour où Ses souffrances atteignirent leur maximum d’intensité, la piété des fidèles s’est étendue à d’autres douleurs que la Divine Mère éprouva à différentes occasions de Sa Très Sainte vie. Pour illustrer les douleurs de la Vierge Mère, les peintres représentent Son Cœur percé de sept glaives, symbole des sept douleurs principales de la Mère de Dieu, qui la couronnèrent comme Reine des Martyrs. Voici la liste de ces sept douleurs dont le souvenir est cher aux vrais enfants de Marie :

    1. La prophétie du Saint Vieillard Syméon (Luc, 2, 34-35)
    2. La fuite de la Sainte Famille en Égypte (Matthieu, 2, 13-21)
    3. La disparition de Jésus pendant trois jours au Temple (Luc, 2, 41-51)
    4. La rencontre de la Vierge Marie et Jésus sur la via dolorosa (Luc, 23, 27-31)
    5. Marie contemplant la souffrance et la mort de Jésus sur la Croix (Jean, 19, 25-27)
    6. La Vierge Marie accueille Son Fils mort dans Ses bras lors de la déposition de Croix.
    7. La Vierge Marie abandonne le Corps de Son Divin Fils lors de la mise au Saint Sépulcre.

    Contemplons donc dans les bras de la Vierge Marie, l’Homme-Dieu crucifié à cause de nos iniquités et compatissons aux douleurs excessives de notre Mère du Ciel. Joignons nos larmes aux Siennes et détestons nos péchés qui ayant provoqué la mort de Son Divin Fils, ont également été la cause de Son intime martyre. Prions-La de nous obtenir du Sauveur les grâces nécessaires pour profiter de Ses exemples et imiter Ses vertus lorsqu’Il Lui plaira de nous faire part de Ses humiliations, de Ses douleurs et de Sa croix.

    Pour un approfondissement :&
    >>> Notre-Dame des douleurs – Missel

     

     

    STABAT MATER

     

    Stabat Mater dolorosa
    Juxta Crucem lacrimosa
    Dum pendebat Filius.

    Debout, la Mère douloureuse
    Serrait la Croix, la malheureuse,
    Où son pauvre enfant pendait.

    Cujus animam gementem,
    Contristatam et dolentem,
    Pertransivit gladius.

    Et dans son âme gémissante,
    Inconsolable, défaillante,
    Un glaive aigu s’enfonçait.

    O quam tristis et afflicta
    Fuit illa benedicta
    Mater Unigeniti !

    Ah ! qu’elle est triste et désolée,
    La Mère entre toutes comblée !
    Il était le Premier-Né !

    Quae moerebat et dolebat
    Pia Mater, dum videbat
    Nati poenas inclyti.

    Elle pleure, pleure, la Mère,
    Pieusement qui considère
    Son enfant assassiné.

    Quis est homo qui non fleret,
    Matrem Christi si videret
    In tanto supplicio ?

    Qui pourrait retenir ses pleurs
    A voir la Mère du Seigneur
    Endurer un tel Calvaire ?

    Quis non posset contristari,
    Christi Matrem contemplari
    Dolentem cum Filio ?

    Qui peut, sans se sentir contrit,
    Regarder près de Jésus-Christ
    Pleurer tristement sa Mère ?

    Pro peccatis suae gentis,
    Vidit Jesum in tormentis,
    Et flagellis subditum.

    Pour les péchés de sa nation,
    Elle le voit, dans sa Passion,
    Sous les cinglantes lanières.

    Vidit suum dulcem natum
    Moriendo desolatum,
    Dum emisit spiritum.

    Elle voit son petit garçon
    Qui meurt dans un grand abandon
    Et remet son âme à son Père.

    Eia Mater, fons amoris,
    Me sentire vim doloris
    Fac, ut tecum lugeam.

    Pour que je pleure avec toi,
    Mère, source d’amour, fais-moi
    Ressentir ta peine amère !

    Fac, ut ardeat cor meum
    In amando Christum Deum,
    Ut sibi complaceam.

    Fais qu’en mon coeur brûle un grand feu,
    L’amour de Jésus-Christ mon Dieu,
    Pour que je puisse lui plaire !

    Sancta Mater, istud agas,
    Crucifixi fige plagas
    Cordi meo valide.

    Exauce-moi, ô sainte Mère,
    Et plante les clous du Calvaire
    Dans mon coeur, profondément !

    Tui nati vulnerati,
    Tam dignati pro me pati,
    Poenas mecum divide.

    Pour moi ton Fils, couvert de plaies,
    A voulu tout souffrir ! Que j’aie
    Une part de ses tourments !

    Fac me tecum pie flere,
    Crucifixo condolore,
    Donec ego vixero.

    Que je pleure en bon fils avec toi,
    Que je souffre avec lui sur la Croix
    Tant que durera ma vie !

    Juxta Crucem tecum stare,
    Et me tibi sociare
    In planctu desidero.

    Je veux contre la Croix rester
    Debout près de toi, et pleurer
    Ton fils en ta compagnie !

    Virgo virginum proeclara,
    Mihi jam non sis amara,
    Fac me tecum plangere.

    O Vierge, entre les vierges claire,
    Pour moi ne sois plus si amère :
    Fais que je pleure avec toi !

    Fac, ut portem Christi mortem,
    Passionis fac consortem,
    Et plagas recolere.

    Fais que me marque son supplice,
    Qu’à sa Passion je compatisse,
    Que je m’applique à sa Croix !

    Fac me plagis vulnerari,
    Fac me Cruce inebriari,
    Et cruore Filii.

    Fais que ses blessures me blessent,
    Que je goûte à la Croix l’ivresse
    Et le sang de ton enfant !

    Flammis ne urar succensus,
    Per te, Virgo, sim defensus
    In die judicii.

    Pour que j’échappe aux vives flammes,
    Prends ma défense, ô notre Dame,
    Au grand jour du jugement !

    Christe, cum sit hinc exire,
    Da per Matrem me venire
    Ad palmam victoriae.

    Jésus, quand il faudra partir,
    Puisse ta Mère m’obtenir
    La palme de la victoire.

    Quando corpus morietur,
    Fac, ut animae donetur
    Paridisi gloria.

    Et quand mon corps aura souffert,
    Fais qu’à mon âme soit ouvert
    Le beau paradis de gloire !

  • Fête de la Croix Glorieuse

    Esaltazione_della_Santa_CroceLa vénération de la Sainte Croix, le 14 septembre, se rattache aux solennités de la dédicace de la basilique de la Résurrection, érigée sur le tombeau du Christ, en 335. Le Christ a offert sur la Croix son sacrifice pour l’expiation des péchés de la multitude ; la Croix est pour le peuple chrétien le signe de l’espérance du Royaume, que le peuple juif célèbre lors de la fête des Tentes. C’est dire de quelle lumière brille la Croix glorieuse de Jésus : objet de mépris, la Croix est devenue « notre fierté ». Si l’arbre planté au paradis originel a produit pour Adam un fruit de mort, l’arbre de la Croix a porté pour nous un fruit de vie, le Christ, « en qui nous avons le salut et la résurrection ».

    Sous le règne de l’empereur Héraclius Ier, les Perses s’emparèrent de Jérusalem et y enlevèrent la principale partie de la vraie Croix de Notre-Seigneur, que sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, y avait laissée. Héraclius résolut de reconquérir cet objet précieux, nouvelle Arche d’alliance du nouveau peuple de Dieu. Avant de quitter Constantinople, il vint à l’église, les pieds chaussés de noir, en esprit de pénitence ; il se prosterna devant l’autel et pria Dieu de seconder son courage ; enfin il emporta avec lui une image miraculeuse du Sauveur, décidé à combattre avec elle jusqu’à la mort.

    Le Ciel aida sensiblement le vaillant empereur, car son armée courut de victoire en victoire ; une des conditions du traité de paix fut la reddition de la Croix de Notre-Seigneur dans le même état où elle avait été prise. Héraclius, à son retour, fut reçu à Constantinople par les acclamations du peuple ; on alla au-devant de lui avec des rameaux d’oliviers et des flambeaux, et la vraie Croix fut honorée, à cette occasion, d’un magnifique triomphe.

    L’empereur lui-même, en action de grâce, voulut retourner à Jérusalem ce bois sacré. Quand il fut arrivé dans la Cité Sainte, il chargea la relique précieuse sur ses épaules ; mais lorsqu’il fut à la porte qui mène au Calvaire, il lui fut impossible d’avancer, à son grand étonnement et à la stupéfaction de tout : « Prenez garde, ô empereur ! lui dit alors le patriarche Zacharie ; sans doute le vêtement impérial que vous portez n’est pas assez conforme à l’état pauvre et humilié de Jésus portant sa Croix. » Héraclius, touché de ces paroles, quitta ses ornements impériaux, ôta ses chaussures, et, vêtu en pauvre, il put gravir sans difficulté jusqu’au Calvaire et y déposer son glorieux fardeau.

    Pour donner plus d’éclat à cette marche triomphale, Dieu permit que plusieurs miracles fussent opérés par la vertu de ce bois sacré. À la suite de ces événements fut instituée la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, pour en perpétuer le souvenir.

    .
    Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

     

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    …Devenu homme par amour des hommes,
    Il fit don de la plénitude de sa vie humaine
    aux âmes qu’Il s’est choisies.
    Lui qui a formé chaque cœur humain
    veut un jour manifester
    le sens secret de l’être de chacun
    par un nom nouveau que seul comprend celui qui le reçoit (Ap 2,17).
    Il s’est uni chacun des élus
    d’une manière mystérieuse et unique.
    Puisant de la plénitude de sa vie humaine,
    Il nous fit don
    de la croix.

    Qu’est-ce que la croix ?
    Le signe du plus grand opprobre.
    Celui qui entre en contact avec elle
    est rejeté d’entre les hommes.
    Ceux qui un jour L’ont acclamé
    se détournent de Lui avec effroi et ne Le connaissent plus.
    Il est livré sans défense à ses ennemis.
    Sur terre il ne lui reste rien d’autre
    que les souffrances, les tourments et la mort.

    Qu’est-ce que la croix ?
    Le signe qui indique le ciel.
    Bien au-dessus de la poussière et des brumes d’ici-bas
    elle se dresse haut, jusqu’en la pure lumière.
    Abandonne donc ce que les hommes peuvent prendre,
    ouvre les mains, serre-toi contre la croix :
    elle te porte alors
    jusqu’en la lumière éternelle.

    Lève les yeux vers la croix :
    elle étend ses poutres
    à la manière d’un homme qui ouvre les bras
    pour accueillir le monde entier.
    Venez tous, vous qui peinez sous le poids du fardeau (Mt 11,28)
    et vous aussi qui n’avez qu’un cri, sur la croix avec Lui.
    Elle est l’image du Dieu qui, crucifié, devint livide.
    Elle s’élève de la terre jusqu’au ciel,
    comme Celui qui est monté au ciel
    et voudrait nous y emporter tous ensemble avec Lui.

    Enlace seulement la croix, et tu le possèdes, Lui,
    le Chemin, la Vérité, la Vie (Jn 14,6).
    Si tu portes ta croix, c’est elle qui te portera,
    elle te sera béatitude.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Poésie « Signum Crucis », 16/11/1937 (trad. Malgré la nuit, Ad Solem 2002, p. 65)

     

     

  • Fondé sur le roc

    questarmorAujourd’hui je me ceins de la force puissante de l’invocation de la Trinité, de la foi en Dieu un et trois, le Créateur de l’univers.

    Aujourd’hui je me ceins de la force de l’Incarnation du Christ et de son baptême, de la force de sa crucifixion et de sa mise au tombeau, de la force de sa Résurrection et de son Ascension, de la force de sa venue au jour du Jugement.

    Aujourd’hui je me ceins de la force de l’amour des séraphins, dans l’obéissance des anges, dans le service des archanges, dans l’espérance de la résurrection en vue de la récompense, dans les prières des patriarches, dans les prophéties des prophètes, dans la prédication des apôtres, dans la fidélité des confesseurs, dans l’innocence des vierges saintes, dans les actions de tous les justes.

    Aujourd’hui je me ceins de la force des cieux, de la lumière du soleil, de la clarté de la lune, de la splendeur du feu, de l’éclat de l’éclair, de la rapidité du vent, de la profondeur de la mer, de la stabilité de la terre, de la solidité des pierres.

    Aujourd’hui je me ceins de la force de Dieu pour me guider, de la puissance de Dieu pour me soutenir, de la sagesse de Dieu pour m’instruire, de l’œil de Dieu pour me garder, de l’oreille de Dieu pour m’entendre, de la parole de Dieu pour parler pour moi, de la main de Dieu pour me guider, du chemin de Dieu pour me précéder, du bouclier de Dieu pour me protéger, des armées de Dieu pour me sauver des filets des démons, des séductions des vices, des penchants de la nature, et de tous ceux qui me veulent du mal…

    Christ avec moi, Christ devant moi, Christ derrière moi, Christ en moi, Christ au-dessous de moi, Christ au-dessus de moi, Christ à ma droite, Christ à ma gauche, Christ à mon lever, Christ à mon coucher, Christ dans chaque cœur qui pense à moi, Christ dans chaque bouche qui me parle, Christ dans chaque œil qui me regarde, Christ dans chaque oreille qui m’entend.

    Aujourd’hui je me ceins de la force puissante de l’invocation de la Trinité, de la foi en Dieu un et trois, le Créateur de l’univers.

    Saint Patrick (v. 385-v. 461), moine missionnaire, évêque
    Lorica : « La Cuirasse » (cf Ep 6,14)

     

     

     

  • Le Saint Nom de Marie – mémoire facultative

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    La fête du Saint Nom de Marie fut établie par le Bx Innocent XI (Benedetto Odescalchi, 1676-1689), l’an 1683, en souvenir d’une mémorable victoire remportée par les Chrétiens sur les Turcs, avec la protection visible de la Reine du Ciel.

    Cent cinquante mille Turcs s’étaient avancés jusque sous les murs de Vienne et menaçaient l’Europe entière. Sobieski, roi de Pologne, vint au secours de la ville assiégée dans le temps de l’octave de la Nativité de la Sainte Vierge, et se disposa à livrer une bataille générale. Ce religieux prince commença par faire célébrer la messe, qu’il voulut servir lui-même, ayant les bras en croix. Après y avoir communié avec ferveur, il se leva à la fin du sacrifice et s’écria : « Marchons avec confiance sous la protection du ciel et avec l’assistance de la très sainte Vierge. » Son espoir ne fut pas trompé : les Turcs, frappés d’une terreur panique, prirent la fuite en désordre. C’est depuis cette époque mémorable que la fête du Saint Nom de Marie se célèbre dans l’octave de sa Nativité.

    Il était bien juste que le nom de Marie trouvât sa place, dans nos fêtes catholiques, à côté du nom de Jésus ; le nom de Marie est un nom glorieux, un nom tout aimable, un nom salutaire. Les saints se sont essayés à l’envi à retracer les merveilles du nom de Marie. La première gloire de ce nom béni, c’est qu’il fut inspiré par Dieu aux parents de la Vierge naissante et que l’archange Gabriel le prononça d’une voix pleine de respect ; et depuis, toutes les générations chrétiennes le redisent à chaque instant du jour ; le Ciel prononce à la terre ce nom si beau, et la terre en renvoie au Ciel l’écho mélodieux :

    « Au nom de Marie,  dit Pierre de Blois, l’Église fléchit le genou, les vœux et les prières des peuples retentissent de toutes parts. » ;
    « Que Votre nom est glorieux, ô sainte Mère de Dieu ! s’écrie saint Bonaventure, qu’il est glorieux, ce nom qui a été la source de tant de merveilles ! » ;
    « Ô nom plein de suavité !  s’écrie le bienheureux Henri Suzo. Ô Marie ! Qui êtes-vous donc vous-même, si votre nom seul est déjà si aimable et si rempli de charmes ? » ;
    « Votre nom, ô Marie, dit saint Ambroise, est un baume délicieux qui répand l’odeur de la grâce ! » ;

    Mais surtout le nom de Marie est un nom de salut. Saint Éphrem l’appelle « la clef du ciel ». « Le nom seul de Marie, dit saint Bernard, met en fuite tous les démons… ».
    Ce n’est là qu’un faible écho de l’apologie du nom de Marie faite par les saints.

    ©Evangelizo.org

     

     

  • « Heureux, vous qui pleurez maintenant. »

    pleurer

    Espérons, espérons, nous tous qui pleurons, qui versons des larmes innocentes ; espérons, si nous pleurons les douleurs de notre corps ou de notre âme : elles nous servent de purgatoire, Dieu s’en sert pour…nous faire lever les yeux vers lui, nous purifier, nous sanctifier.

    Espérons encore plus si nous pleurons les douleurs des autres, car cette charité nous est inspirée de Dieu et lui plaît ; espérons encore plus si nous pleurons nos péchés, car cette componction est mise dans nos âmes par Dieu lui-même. Espérons encore plus si nous pleurons d’un cœur pur les péchés des autres, car cet amour de la gloire de Dieu et de la sanctification des âmes nous sont inspirés de Dieu et sont de grandes grâces.

    Espérons, si nous pleurons de désir de voir Dieu et de douleur d’être séparés de lui ; car ce désir amoureux est l’œuvre de Dieu en nous. Espérons encore plus si nous pleurons seulement parce que nous aimons, sans rien désirer ni craindre, voulant pleinement tout ce que Dieu veut et ne voulant que cela, heureux de sa gloire, souffrant de ses souffrances passées, pleurant tantôt de compassion au souvenir de sa Passion, tantôt de joie à la pensée de son Ascension et de sa gloire, tantôt simplement d’émotion parce que nous l’aimons à en mourir !

    Ô très doux Jésus, faites-moi pleurer pour toutes ces causes ; faites-moi pleurer toutes les larmes que fait répandre l’amour en vous, par vous et pour vous. Amen.

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
    Méditations sur les passages des saints évangiles relatifs à quinze vertus, Nazareth 1897-98 ; n°15 (Œuvres Spirituelles, Seuil 1958, p. 221)

     

     

     

  • « Il passa la nuit à prier Dieu. »

     

    malade122-150x150Tout homme qui demande au Seigneur « une seule chose » et qui « la cherche » (Ps 26,4), la demande avec certitude et sécurité… Cette chose unique, c’est la seule vie véritable et bienheureuse : contempler la bonté de Dieu pour toujours, quand nous serons devenus immortels de corps et d’esprit. C’est pour cela seul que nous recherchons tout le reste et que nous le demandons comme il convient. L’homme qui l’obtiendra aura tout ce qu’il veut, et ne pourra plus rien désirer qui ne convient pas.

    Là, en effet, se trouve la source de vie, dont il faut avoir soif maintenant dans la prière, aussi longtemps que nous vivons dans l’espérance et que nous ne voyons pas encore ce que nous espérons (Rm 8,25). Nous sommes cachés « à l’ombre de ses ailes ; devant lui est tout notre désir » (Ps 35,8; 37,10); nous voulons « nous enivrer des richesses de sa maison, nous abreuver au torrent de ses délices », parce qu’« en lui est la source de vie et que dans sa lumière nous verrons la lumière » (Ps 35,8s). Alors notre désir sera rassasié de bonheur et nous n’aurons plus rien à chercher en gémissant, puisque nous le posséderons dans la joie.

    Cependant, comme il s’agit d’une « paix qui dépasse tout ce qu’on peut comprendre » (Ph 4,7), lorsque nous la demandons dans la prière, « nous ne savons pas comment demander pour prier comme il faut » (Rm 8,26). En effet, comment savoir demander quelque chose qui dépasse notre compréhension ?… L’apôtre Paul écrit : « Nous qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance », et il ajoute : « L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas comment demander pour prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des gémissements inexprimables » (Rm 8,25s).

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Lettre 130, à Proba sur la prière, 14-15 (trad. cf  bréviaire 29e vendr.)

     

     

     

  • Essentiel

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    Nous n’avons pas de vertu, pas parce que c’est difficile, mais parce que nous ne voulons pas. Nous n’avons pas de patience, parce que nous ne voulons pas. Nous n’avons pas de tempérance, parce que nous ne voulons pas. Nous n’avons pas de chasteté, pour la même raison. Si nous le voulions, nous serions saints, et c’est beaucoup plus difficile d’être ingénieur que d’être saint. Si nous avions la foi !…

    Vie intérieure, vie de l’esprit, vie d’oraison : mon Dieu, que ça doit être difficile ! Pas du tout. Enlève de ton cœur ce qui gêne, et tu y trouveras Dieu. Avec ça, le travail est fait. Très souvent nous cherchons ce qu’il n’y a pas, et, par contre, nous passons à côté d’un trésor que nous ne voyons pas. C’est pareil avec Dieu, que nous cherchons…dans un maquis de choses, qui plus elles sont compliquées, plus elles nous semblent meilleures. Et pourtant, Dieu nous le portons en dedans, et là, nous ne le cherchons pas ! Recueille-toi au dedans de toi-même ; regarde ton néant ; regarde le néant du monde ; mets-toi au pied d’une croix et, si tu es simple, tu verras Dieu…

    Si Dieu n’est pas en notre âme, c’est parce que nous ne voulons pas. Nous avons un tel amoncellement d’attentions, de distractions, de penchants, de désirs, de vanités, de présomptions, nous avons tellement de monde en nous, que Dieu s’éloigne. Dès qu’on le veut, Dieu remplit l’âme de telle manière qu’il faut être aveugle pour ne pas le voir. Une âme veut-elle vivre selon Dieu ? Qu’elle enlève tout ce qui n’est pas lui, et c’est fait. C’est relativement facile. Si nous le voulions, si nous le demandions à Dieu avec simplicité, nous ferions de grands progrès dans la vie de l’esprit. Si nous le voulions, nous serions des saints, mais nous sommes si bêtes que nous ne voulons pas ; nous préférons perdre le temps en des vanités stupides.

    Saint Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938), moine trappiste espagnol
    Écrits spirituels, 25/01/1937 (trad. Cerf 2008, p. 307)

     

     

     

     

  • Vierge Sainte

    pelerin-visagemarie

    Vierge sainte, Marie,
    aucune autre femme née en ce monde
    ne t’est comparable
    tu es la fille et la servante
    du Très-Haut et souverain roi,
    le Père qui est aux cieux ;
    tu es la mère du très saint,
    notre Seigneur Jésus-Christ;
    tu es l’épouse de l’Esprit Saint !
    Par ta prière,
    entourée de l’archange saint Michel,
    et de tous les anges des cieux,
    et de tous les saints,
    avive nos prières,
    toi qui es près de ton saint
    et bien-aimé Fils,
    le Seigneur et le Maître.
    coeur-et-fleursGloire au Père,
    et au Fils et à l’Esprit Saint,
    comme il était au commencement,
    et maintenant et toujours,
    et dans les siècles des siècles.
    Amen.

    Saint François d’Assise

     

     

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  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,28-30.

    En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.
    Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos.
    Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

    main-joug1

    Puisez aux eaux de la source vivante du Seigneur (Jn 4,10; 7,37),
    car elle est ouverte à vous.
    Venez, vous tous qui avez soif,
    prenez la boisson qui désaltère.
    Reposez-vous auprès de la source du Seigneur,
    car elle est belle et pure, elle apaise l’âme.

    Ses eaux sont plus douces que le miel,
    le rayon des abeilles ne lui est pas comparable (cf Ps 18,11),
    car elle jaillit des lèvres du Seigneur,
    du cœur du Seigneur elle tire son nom.

    Elle coule, illimitée et invisible ;
    avant qu’elle n’apparût, personne ne l’avait vue.
    Heureux ceux qui ont bu
    et qui ont apaisé leur soif !

     

    Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)  N° 30 (trad. coll. Pères dans la foi, n°97, p. 66 rev.)