Catégorie : Prière des âmes

  • « Bien avant l’aube Jésus se leva et sortit dans un endroit désert. Là, il priait. »

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    Le Seigneur ne s’est pas contenté de nous apprendre à prier en paroles, mais aussi par ses exemples. Nous le voyons souvent en prière ; il nous fournit l’exemple qu’il nous faut suivre. Il est écrit : « Il s’en alla dans un lieu désert pour prier ». Et ailleurs : « Il se retira dans la montagne pour prier, et passa toute la nuit à prier Dieu » (Lc 6,12). Si déjà celui qui était sans péché priait de la sorte, à bien plus forte raison les pécheurs doivent-ils prier. Si lui passait la nuit en veille à prier sans relâche, à bien plus forte raison devons-nous prier sans cesse et nous aussi veiller.

    Le Seigneur priait et intercédait non pour lui-même — pour quelle faute l’innocent implorerait-il le pardon ? — mais pour nos péchés. Il le montre bien quand il dit à Pierre : « Satan a demandé de vous secouer au crible comme du froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas » (Lc 22,3 1). Plus tard il a intercédé auprès du Père en faveur de nous tous, quand il a dit : « Je ne prie pas seulement pour eux mais pour tous ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi » (Jn 17,20-21).

    Comme elles sont grandes la miséricorde et la bonté de Dieu en faveur de notre salut ! Il ne s’est pas contenté de nous racheter par son sang, il a encore voulu prier pour nous. Mais prêtez attention au désir de celui qui prie : comme le Père et le Fils sont un, que nous aussi nous demeurions dans l’unité.

    Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
    La Prière du Seigneur, 29-30 (trad. Hamman, DDB 1982, p.60)

     

     

     

  • Sa plus grande joie

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    En cette année de la canonisation, mettons-nous à l’école de Sainte Élisabeth de la Trinité :  » Si je pouvais t’apprendre le secret du bonheur comme le bon Dieu me l’a appris… Il faut que tu bâtisses une petite cellule au-dedans de ton âme, tu penseras que le bon Dieu est là, et tu y entreras de temps en temps. Lorsque tu es malheureux, vite sauve-toi là et confie tout cela au Maître.  »
    Ainsi, nous aurons toujours notre crèche dans notre coeur et ce sera Noël tous les jours, en communion avec nos frères persécutés. (…)

    Marc Fromager, président de Aide à l’Église en Détresse – France
    aed-france.org

    escapamargue.blogspot.fr

     

     

     

     

     

  • Rosaire

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    Un jeune soldat américain endurant de terribles tortures a réalisé que le Rosaire était une rencontre profonde avec le Seigneur, une rencontre qui lui a permis de rester en vie. Jeté sans ménagement dans une prison étouffante en pleine jungle. Il avait l’air malade, transpirant, mal nourri… Il gisait sur le sol sale, à demi-conscient. Il était régulièrement frappé, d’abord quotidiennement, puis plusieurs fois par jour, parfois toutes les heures. Semaines après semaines, cette brutalité constante venait sans justification, sans pitié, sans fin. Et pourtant… Cloué au sol par des douleurs atroces, pris de délires fiévreux, il avait tracé un dessin par terre d’un doigt tremblant, dans un moment de lucidité. Dix points disposés approximativement en cercle, et au centre, une croix. Alors, presque imperceptiblement, ses lèvres enflées et en sang s’étaient mises à murmurer : Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous…
    Le Rosaire est ce qui lui a permis de ne pas devenir fou dans ces temps d’une incompréhensible dureté. Prononcer ces mots de l’ange Gabriel et d’Elisabeth à Marie, prier le Notre Père et le Gloire au Père, contempler les mystères joyeux, douloureux et glorieux, tout cela a permis de faire pénétrer Dieu d’une manière éclatante dans cette cellule désespérément sombre. Faire avancer ses doigts brisés le long des points gravés dans la saleté du sol était un moyen de ressentir un certain ordre chassant momentanément le désordre, la grâce éclipsant la souffrance insensée. Dieu était alors véritablement présent.
    Car le Rosaire, comme l’a compris si clairement ce soldat, n’est pas un simple enchaînement de phrases que l’on récite les unes à la suite des autres ou encore un ennuyeux étalage des événements de la vie du Christ. Non, au contraire, c’est plutôt une immersion profondément mystique en Dieu. C’est ce qui permet d’échapper au maintenant qui paraît si difficile pour entrer dans une éternité aimante. C’est une opportunité de s’ancrer dans l’étreinte aimante du Christ par le biais de prières, de phrases et d’images ayant traversé des siècles de dévotion. Comme l’a exprimé avec ardeur Robert Llewelyn, pasteur luthérien, dans son livre sur le Rosaire, « les paroles sont comme les rives d’un fleuve et la prière est comme le fleuve lui-même. Les rivages sont nécessaires pour donner la bonne direction, pour que le fleuve continue de couler normalement. Mais c’est bien le fleuve qui nous intéresse. Il en va de même pour la prière : seule compte la tendance de notre cœur à se tourner vers Dieu. Quand le fleuve se jette dans la mer, les rives s’effacent. De même, lorsque nous pénétrons profondément dans la présence de Dieu, les mots disparaissent… et nous nous retrouvons dans le silence de l’océan de l’amour divin. »
    Il en va véritablement ainsi. Le Rosaire est une prière ancrée dans le moment présent, en lien direct avec l’éternité.
    Le Rosaire, c’est une rencontre incomparable avec le Christ qui est à même de transcender les réalités les plus dures. C’est un moment de prière pendant lequel les mots s’effacent peu à peu pour nous faire entrer « dans le silence de l’amour divin ».

    Tod Worner, marié, père de famille, médecin
    Extrait de son témoignage sur le Rosaire
    aleteia.org 11/12/2016

     

     

     

  • L’Esprit Saint suscite la nouvelle création en Marie

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    « L’Esprit Saint viendra sur toi ». Il surviendra en toi, Marie. En d’autres saints il est venu, en d’autres il viendra ; mais en toi, il surviendra… Il surviendra par la fécondité, par l’abondance, par la plénitude de son effusion en tout ton être. Quand il t’aura remplie, il sera encore sur toi, il planera sur tes eaux pour faire en toi une œuvre meilleure et plus admirable que lorsque, porté sur les eaux au commencement, il faisait évoluer la matière créée jusqu’en ses diverses formes (Gn 1,2). « Et la force du Très Haut te prendra sous son ombre ». Le Christ, force et sagesse de Dieu, te prendra sous son ombre ; alors de toi il prendra la nature humaine, et la plénitude de Dieu que tu ne pourrais pas porter, il va la garder tout en assumant notre chair. Il va te prendre sous son ombre parce que l’humanité qui sera prise par le Verbe fera écran à la lumière inaccessible de Dieu ; cette lumière, tamisée par son écran, pénétrera tes entrailles très chastes…

    Nous t’en prions donc, Souveraine, très digne Mère de Dieu, ne méprise pas aujourd’hui ceux qui demandent avec crainte, ceux qui cherchent avec piété, ceux qui frappent avec amour. Nous t’en prions, dis-nous quel sentiment t’a émue, quel amour t’a saisie…lorsque cela s’est accompli en toi, lorsque le Verbe a pris chair de toi ? Dans quel état se trouvait ton âme, ton cœur, ton esprit, tes sens et ta raison ? Tu flambais comme le buisson qui jadis a été montré à Moïse, et tu ne brûlais pas (Ex 3,2). Tu te fondais en Dieu, mais tu ne te consumais pas. Ardente, tu fondais sous le feu d’en haut ; mais de ce feu divin tu reprenais des forces, pour être toujours ardente et te fondre encore en lui… Tu es devenue plus vierge — et même plus que vierge, parce que vierge et mère. Nous te saluons donc, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ; tu es bénie entre les femmes et le fruit de tes entrailles est béni.

    Saint Amédée de Lausanne (1108-1159), moine cistercien, puis évêque
    3ème homélie mariale (trad. SC 72, p. 107 rev.)

     

     

     

  • Foi

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    Prier sans cesse et ne pas se décourager. Le message du Christ pour aujourd’hui est clair. Il nous demande, d’abord, de prier sans cesse. La vie n’est facile pour personne, nous avons tous de nombreux besoins et le secours de Dieu va nous aider et nous consoler dans nos souffrances. Il est important de garder du temps pour être avec lui, pour lui parler de notre vie : des choses difficiles comme des choses faciles, de nos tristesses et nos joies aussi. Prier sans cesse, c’est vivre chaque instant avec lui, avoir conscience qu’il est là et essayer de le regarder. La deuxième partie de la phrase est, peut-être, plus difficile à comprendre : ne pas se décourager. Pourquoi se décourage-t-on ? Souvent, c’est parce que l’on ne reçoit pas ce que l’on demande, en pensant que c’est ce qui convient le mieux dans la situation où nous nous trouvons.
    Souvent, l’image que nous avons de Dieu est proche de celle du Père Noël des enfants. On pense qu’on a le droit de lui demander des choses concrètes et matérielles, qu’il doit nous écouter et nous donner les choses que nous demandons. Et l’on se décourage quand il ne répond pas. Mais Dieu n’est pas le Père Noël. Ce que nous devons lui demander concerne plutôt le domaine spirituel et les grâces dont nous avons besoin. Au lieu de lui demander de faire disparaître une difficulté, demandons la force de pouvoir vivre cette difficulté dans la confiance. Il s’agit surtout de lui demander les biens de l’Esprit, tels que confiance, charité, force, etc.
    Mais lorsque l’on demande de telles choses, nous devons aussi nous rappeler que les chemins que Dieu utilise pour nous les accorder ne sont pas toujours faciles à comprendre, mais qu’il compte sur notre collaboration. Il permet parfois des choses difficiles, mais il est à côté de nous et nous donne les grâces dont nous avons besoin. Et parfois, il n’est pas non plus facile de savoir si l’on a reçu la grâce, parce qu’elle n’est pas mesurable : cela nous demande d’avoir une plus grande confiance en Dieu.
    Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? Pour que les hommes crient vers lui jour et nuit, il faut qu’ils aient une foi profonde. Ils doivent être pleins de confiance entre ses mains. Demandons-lui de nous donner cette foi, qui nous rende capables d’aller vers lui au milieu de nos difficultés et besoins, (…) et la certitude qu’il est encore à nos côtés et nous donne des grâces innombrables.

    Extrait de la méditation écrite par Eugenia Alvarez, consacrée de Regnum Christi
    sur  » Le juge inique  » Luc, 18, 1-8
    catholique.org 12/11/2016

     

     

     

  • Prière

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    Seigneur Jésus,
    Tant de souffrances nous entourent,
    Tant de drames nous affligent,
    Je te prie ce soir pour toutes les personnes qui souffrent.
    Je te prie pour les parents qui ont perdu un enfant,
    Pour toutes les personnes qui pleurent un proche,
    Pour les personnes fragiles et sensibles qui souffrent de l’indifférence ou de la cruauté de notre société.
    Je te prie pour toutes les personnes qui se sentent perdues,
    Celles qui ne savent plus où aller,
    Celles qui se terrent dans le noir,
    Celles qui errent dans nos rues sans but,
    Celles qui souffrent dans leurs corps,
    Celles qui souffrent dans leurs âmes,
    Celles qui se sentent abandonnées de tous,
    Celles qui ne connaissent que la solitude.
    Je te prie Seigneur
    Pour tous ceux qui ne parlent pas,
    Ceux qui souffrent en silence,
    Ceux dont les mots ne sortent pas,
    Ceux qui se confient à Toi
    Et tous ceux qui ne te connaissent pas.
    Seigneur, je te prie ce soir pour toutes les personnes qui pleurent,
    Et celles dont les larmes ne coulent pas
    Allège leur peine,
    Apaise leur coeur,
    Apporte-leur Paix et Consolation, Amour et Lumière.
    Amen

    emi_love, nov.2013
    prions.canalblog.com

     

     

  • Solennité du Christ, Roi de l’Univers

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    « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne ». Le larron n’a pas osé faire cette prière avant d’avoir déposé par son aveu le fardeau de ses péchés. Tu vois, chrétien, quelle est la puissance de la confession. Il a avoué ses péchés et le paradis s’est ouvert ; il a avoué ses péchés et il a eu assez d’assurance pour demander le Royaume après ses brigandages…

    Tu veux connaître le Royaume ? Que vois-tu donc ici qui y ressemble ? Tu as sous les yeux les clous et une croix, mais cette croix même, disait Jésus, est bien le signe du Royaume. Et moi, en le voyant sur la croix, je le proclame roi. Ne revient-il pas à un roi de mourir pour ses sujets ? Lui-même l’a dit : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10,11). C’est également vrai pour un bon roi ; lui aussi donne sa vie pour ses sujets. Je le proclamerai donc roi à cause du don qu’il a fait de sa vie : « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume. »

    Comprends-tu maintenant comment la croix est le signe du Royaume ? Voici encore une autre preuve. Le Christ n’a pas laissé sa croix sur la terre, mais il l’a soulevée et emportée avec lui dans le ciel. Nous le savons parce qu’il l’aura près de lui quand il reviendra dans la gloire. Pour t’apprendre combien cette croix est digne de vénération, il a fait d’elle un titre de gloire… Lorsque le Fils de l’homme viendra, « le soleil s’obscurcira et la lune perdra son éclat ». Il régnera alors une clarté si vive que même les astres les plus brillants seront éclipsés. « Les étoiles tomberont du ciel. Alors paraîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme » (Mt 24,29s). Tu vois quelle est la puissance du signe de la croix ? … Quand un roi entre dans une ville, les soldats prennent les étendards, les hissent sur leurs épaules et marchent devant lui pour annoncer son arrivée. C’est ainsi que des légions d’anges et d’archanges précéderont le Christ, lorsqu’il descendra du ciel. Ils porteront sur leurs épaules ce signe annonciateur de la venue de notre roi.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie sur la croix et le larron, 1, 3-4 ; PG 49, 403 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 462)

     

     

     

     

  • « Seigneur, que je voie ! »

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    Souvent mes forces semblaient vouloir m’abandonner.
    Plus souvent encore, je désespérais de voir la lumière.
    Mais alors que mon cœur était saisi de douleur,
    une étoile brillante se leva en moi.
    Elle me conduisit, je la suivis,
    d’abord d’un pas hésitant, puis avec assurance…

    Ce que je devais dissimuler au plus profond de mon cœur,
    à présent je peux le proclamer haut et fort :
    « Je crois, je confesse ma foi »…
    Seigneur, est-il possible que renaisse
    celui qui a déjà vécu la moitié de sa vie ? (Jn 3,4)
    Tu l’as dit, et pour moi cela s’est vérifié.
    Le fardeau d’une longue vie de fautes et de souffrances
    est tombé de mes épaules…

    Ah ! aucun cœur humain ne peut comprendre
    ce que tu réserves à ceux qui t’aiment (cf 1Co 2,9).
    Maintenant que je t’ai saisi, je ne te lâcherai pas (Ct 3,4).
    Quel que soit le chemin qu’emprunte ma vie,
    tu es avec moi (cf Ps 22).
    Rien ne pourra me séparer de ton amour (cf Rm 8,39).

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Poésie « Heilige Nacht »

     

     

     

     

  • « Jésus disait…qu’il faut toujours prier. »

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    Il ne faut pas restreindre ta prière à la seule demande en paroles. Dieu, en effet, n’a pas besoin qu’on lui tienne de discours ; il sait, même si nous ne demandons rien, ce qui nous est utile. Qu’est-ce à dire ? La prière ne consiste pas en formules ; elle englobe toute la vie. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, dit l’apôtre Paul, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1Co 10,31). Es-tu à table ? Prie : en prenant ton pain, remercie celui qui te l’accorde ; en buvant ton vin, souviens-toi de celui qui t’a fait ce don pour te réjouir le cœur et soulager tes misères. Le repas terminé, n’oublie pas pour autant le souvenir de ton bienfaiteur. Quand tu mets ta tunique, remercie celui qui te la donne ; quand tu mets ton manteau, témoigne de l’affection à Dieu qui nous fournit des vêtements appropriés pour l’hiver et l’été, et pour protéger notre vie.

    Le jour terminé, remercie celui qui t’a donné le soleil pour les travaux de la journée et le feu pour éclairer la nuit et pour pourvoir à nos besoins. La nuit te fournit des motifs d’actions de grâces ; en regardant le ciel et en contemplant la beauté des étoiles, prie le Maître de l’univers qui a fait toutes choses avec tant de sagesse. Lorsque tu vois toute la nature endormie, adore encore celui qui nous soulage par le sommeil de toutes nos fatigues et nous rend par un peu de repos la vigueur de nos forces.

    Ainsi tu prieras sans relâche, si ta prière ne se contente pas de formules et si au contraire tu te tiens uni à Dieu tout au long de ton existence, de manière à faire de ta vie une prière incessante.

    Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
    Homélie 5 (trad. Eds. Ouvrières rev.)

     

     

     

     

  • Le bon usage des richesses

     

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    Ô Jésus, je le sais, l’amour ne se paie que par l’amour, aussi j’ai cherché, j’ai trouvé le moyen de soulager mon cœur en te rendant Amour pour Amour. « Employez les richesses qui rendent injustes à vous faire des amis qui vous reçoivent dans les tabernacles éternels » (Lc 16,9). Voilà, Seigneur, le conseil que tu donnes à tes disciples après leur avoir dit que « les enfants de ténèbres sont plus habiles dans leurs affaires que les enfants de lumière ». Enfant de lumière, j’ai compris que mes désirs d’être tout, d’embrasser toutes les vocations, étaient des richesses qui pourraient bien me rendre injuste, alors je m’en suis servie à me faire des amis. Me souvenant de la prière d’Élisée à son père Élie lorsqu’il osa lui demander son « double esprit » (2R 2,9), je me suis présentée devant les anges et les saints, et je leur ai dit : « Je suis la plus petite des créatures, je connais ma misère et ma faiblesse, mais je sais aussi combien les cœurs nobles et généreux aiment à faire du bien, je vous supplie donc, ô bienheureux habitants du Ciel, je vous supplie de m’adopter pour enfant. À vous seuls sera la gloire que vous me ferez acquérir, mais daignez exaucer ma prière ; elle est téméraire, je le sais, cependant j’ose vous demander de m’obtenir votre double Amour. »

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
    Manuscrit autobiographique B, 4r°