Catégorie : Prière des âmes

  • « Quand vous priez, dites : ‘Père’ » (Lc 11,2)

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    « Notre Père qui es aux cieux. » Ô mon Seigneur, comme il se voit bien que tu es le Père d’un tel Fils, et comme ton Fils manifeste bien qu’il est le Fils d’un tel Père ! Sois-en béni à jamais ! Cette phrase n’aurait-elle pas été une aussi grande faveur, Seigneur, si tu l’avais placée à la fin de cette prière ? Or, c’est dès le début que ta libéralité éclate par le don d’un tel bienfait. Notre esprit devrait en être tellement rempli, et notre volonté tellement pénétrée, qu’il nous soit impossible de proférer une parole. Ô mes filles, que ce serait bien ici le lieu de vous parler de la contemplation parfaite ! Comme il serait juste que l’âme rentre au-dedans d’elle-même pour s’élever au-dessus d’elle-même et apprendre du Fils béni où est ce lieu où, selon sa parole, se trouve son Père qui est dans les cieux ! …

    Ô Fils de Dieu, doux maître ! Dès cette première parole…, tu t’humilies au point d’unir tes demandes aux nôtres… Ne veux-tu pas que ton Père nous regarde comme ses enfants ? … Dès lors qu’il est notre Père, il doit nous supporter, malgré la gravité de nos offenses. Il doit nous pardonner lorsque nous revenons à lui comme l’enfant prodigue. Il doit nous consoler dans nos épreuves. Il doit nous nourrir, comme il convient à un tel Père, car il est forcément meilleur que tous les pères qui sont ici-bas, puisqu’il possède nécessairement toute perfection ; et, en plus de tout cela, il doit nous rendre participants et cohéritiers de ses richesses avec toi…

    Ô mon Jésus, je vois bien que tu as parlé comme un Fils chéri et pour toi et pour nous… Et vous, mes filles, n’est-il donc pas juste maintenant qu’en prononçant du bout des lèvres cette parole : « Notre Père », vous y apportiez toute votre attention pour la comprendre, et que votre cœur se brise de voir un si grand amour ?

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
    Le Chemin de la perfection, ch. 27/29

     

     

    Notre Père

     

     

     

     

     

  • « Laisse-lui encore ton manteau. »

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    Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure
    Sans réclamer de salaire ici-bas.
    Ah ! sans compter je donne, étant bien sûre
    Que lorsqu’on aime, on ne calcule pas !
    Au Cœur Divin, débordant de tendresse,
    J’ai tout donné…. légèrement je cours
    Je n’ai plus rien que ma seule richesse :
    Vivre d’Amour.

    Vivre d’Amour, c’est bannir toute crainte,
    Tout souvenir des fautes du passé.
    De mes péchés je ne vois nulle empreinte,
    En un instant l’amour a tout brûlé !
    Flamme divine, ô très douce fournaise,
    En ton foyer je fixe mon séjour.
    C’est en tes feux que je chante à mon aise (cf Dn 3,51) :
    « Je vis d’Amour ! »…

    « Vivre d’Amour, quelle étrange folie ! »
    Me dit le monde. « Ah ! cessez de chanter,
    « Ne perdez pas vos parfums, votre vie :
    « Utilement sachez les employer ! »
    T’aimer, Jésus, quelle perte féconde !
    Tous mes parfums sont à toi sans retour,
    Je veux chanter en sortant de ce monde :
    « Je meurs d’Amour ! »

    Aimer c’est tout donner et se donner soi-même.

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
    Poésies « Vivre d’amour » et « Pourquoi je t’aime, ô Marie » (OC, Cerf DDB 1996, p. 668)

     

     

     

     

     

     

     

  • Sainte Trinité, solennité

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    Refrain : Que soit béni celui qui t’envoie !

    Prends donc comme symboles le soleil pour le Père
    pour le Fils, la lumière,
    et pour le Saint Esprit, la chaleur.

    Bien qu’il soit un seul être, c’est une trinité
    que l’on perçoit en lui.
    Saisir l’inexplicable, qui le peut ?

    Cet unique est multiple : un est formé de trois,
    et trois ne forment qu’un,
    grand mystère et merveille manifeste !

    Le soleil est distinct de son rayonnement
    bien qu’il lui soit uni ;
    son rayon est aussi le soleil.

    Mais personne ne parle pourtant de deux soleils,
    même si le rayon
    est aussi le soleil ici-bas.

    Pas plus nous ne disons qu’il y aurait deux Dieux.
    Dieu, Notre Seigneur l’est ;
    au-dessus du créé, lui aussi.

    Qui peut montrer comment et où est attaché
    le rayon du soleil,
    ainsi que sa chaleur, bien que libres ?

    Ils sont ni séparés ni confondus,
    unis, quoique distincts,
    libres, mais attachés, ô merveille !

    Qui peut, en les scrutant, avoir prise sur eux ?
    Pourtant ne sont-ils pas
    apparemment si simples, si faciles ? …

    Tandis que le soleil demeure tout là-haut,
    sa clarté, son ardeur
    sont, pour ceux d’ici-bas, un clair symbole.

    Oui, son rayonnement est descendu sur terre
    et demeure en nos yeux
    comme s’il revêtait notre chair.

    Quand se ferment les yeux à l’instant du sommeil,
    tel des morts, il les quitte,
    eux qui seront ensuite réveillés.

    Et comment la lumière entre-t-elle dans l’œil,
    nul ne peut le comprendre.
    Ainsi, Notre Seigneur dans le sein…

    Ainsi, notre Sauveur a revêtu un corps
    dans toute sa faiblesse,
    pour venir sanctifier l’univers.

    Mais, lorsque le rayon remonte vers sa source,
    il n’a jamais été
    séparé de celui qui l’engendre.

    Il laisse sa chaleur pour ceux qui sont en bas,
    comme Notre Seigneur
    a laissé l’Esprit Saint aux disciples.

    Regarde ces images dans le monde créé,
    et ne vas pas douter
    quant aux Trois, car sinon tu te perds !

    Ce qui était obscur, je te l’ai rendu clair :
    comment les trois font un,
    trinité qui ne forme qu’une essence !

    Refrain : Que soit béni celui qui t’envoie !

     

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
    Hymne sur la Trinité (trad. Bellefontaine 1991, coll. SO 50, p.334)

     

     

     

  • Prière pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit

    Les dons du Saint Esprit

    Ô Jésus, par Vous, le Fils unique, pour nous fait homme, crucifié et glorifié, nous prions le Père très clément de nous accorder de ses trésors la grâce aux sept formes de l’Esprit qui reposa en toute plénitude sur Vous : esprit de sagesse, dis-je, pour goûter le fruit de l’arbre de vie que vous êtes véritablement et savourer ses vivifiantes douceur ; don d’intelligence qui illumine les regards de notre esprit ; don de conseil, qui nous conduise dans les voies étroites sur les traces de vos pas ; don de force, pour que nous puissions réduire à néant la violence des attaques ennemies ; don de science, afin que nous soyons remplis des lumières de votre sainte doctrine pour distinguer le bien du mal ; don de piété, qui nous donne des entrailles miséricordieuses ; don de crainte qui, en nous éloignant de tout mal, nous tienne dans la paix sous le poids du respect pour votre éternelle Majesté.

    C’est là, en effet, ce que vous avez voulu que nous demandions dans cette sainte oraison que vous nous enseignâtes ; aussi, maintenant, nous vous demandons par votre Croix de nous les obtenir pour la gloire de Votre nom très saint, auquel soit avec le Père et le Saint-Esprit, tout honneur, louange, action de grâce, gloire et domination pendant tous les siècles. Ainsi soit-il.

    Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
    L’arbre de vie, n° 49 (Œuvres spirituelles de Saint Bonaventure, t.III, Le Christ Jésus ; Sté S. François d’Assise, 1932, pp.119-120, rev.)

     

     

     

     

  • « J’ai manifesté ton nom aux hommes. »

    St Jean17

    Nous te rendons grâces, Père des lumières (Jc 1,17) de nous avoir « appelés des ténèbres à ton admirable lumière » (1P 2,9). Nous te rendons grâces d’avoir, par ta parole, fait jaillir la lumière des ténèbres, et de l’avoir fait briller dans nos cœurs pour nous éclairer de la connaissance de la face du Christ Jésus (2Co 4,6). Oui, la vraie lumière — bien plus, la vie éternelle — « c’est de te connaître, toi le seul Dieu, et ton envoyé Jésus Christ ».

    Nous te connaissons, puisque nous connaissons Jésus, car le Père et le Fils sont un (Jn 10,30). Nous te connaissons par la foi, c’est vrai, et nous la tenons comme un gage assuré de la connaissance dans la vision. D’ici là, pourtant, augmente notre foi (Lc 17,5), conduis-nous de foi en foi, de clarté en clarté, comme sous la motion de ton Esprit, pour que nous pénétrions plus avant chaque jour dans les profondeurs de la lumière. Ainsi notre foi se développera, notre science s’enrichira, notre charité deviendra plus fervente et plus universelle, jusqu’à ce que la foi nous conduise au face à face.

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
    2ème sermon pour l’Épiphanie (trad. SC 166, p.259)

     

     

     

  • « Ainsi vous serez comblés de joie. »

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    Mon Dieu et mon Seigneur, mon espoir et la joie de mon cœur, dis à mon âme si sa joie est celle dont tu nous dis par ton Fils : « Demandez et vous recevrez : ainsi vous serez comblés de joie ». J’ai trouvé, en effet, une joie pleine et plus que pleine, car le cœur, l’esprit, l’âme, tout mon être étant rempli de cette joie, elle abondera encore sans mesure. Ce n’est pas elle qui entrera en ceux qui se réjouissent ; ce seront plutôt eux qui entreront de tout leur être en elle.

    Parle, Seigneur ! Dis à ton serviteur, au fond de son cœur, si ce que j’éprouve est bien la joie dans laquelle entreront ceux qui goûteront la joie même de leur maître (Mt 25,21). Mais cette joie dont jouiront tes serviteurs, « nul œil ne l’a vue, nulle oreille ne l’a entendue, le cœur de l’homme ne l’a pas sentie s’élever en lui » (1Co 2,9)… Je te prie donc, mon Dieu, de me donner de te connaître, de t’aimer, pour qu’en toi je sois dans la joie.

    Et si je ne le peux pas pleinement en cette vie, fais-moi avancer maintenant jusqu’à ce que j’y entre pleinement un jour. Que ma connaissance de toi ici-bas grandisse, pour qu’elle puisse arriver à la plénitude où tu es. Que mon amour pour toi croisse ici pour être total là-haut. Que maintenant ma joie soit immense en espérance, pour être alors totale en réalité. Seigneur, tu ordonnes par ton Fils que nous demandions, et tu promets que nous recevrons, afin que notre joie soit parfaite… Fais grandir ma faim de cette joie, afin que j’y entre !

    Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l’Église
    Proslogion, 26 (trad. Rousseau, Aubier, p. 199 / Tournay rev.)

     

     

     

  • « Il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. »

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    Viens, Esprit Saint, en nos cœurs
    et envoie du haut du ciel
    un rayon de ta lumière.

    Viens en nous, Père des pauvres,
    viens, dispensateur des dons,
    viens, lumière en nos cœurs.

    Consolateur souverain,
    hôte très doux de nos âmes,
    adoucissante fraîcheur.

    Dans le labeur, le repos,
    dans la fièvre, la fraîcheur,
    dans les pleurs, le réconfort.

    Ô lumière bienheureuse,
    viens remplir jusqu’à l’intime Gilles-Voirin-Consulting-Bandeau-vertical-pois-jaunes1
    le cœur de tes fidèles.

    Sans ta présence divine,
    il n’est rien en aucun homme,
    rien qui ne soit perverti.

    Lave ce qui est souillé,
    baigne ce qui est aride,
    guéris ce qui est blessé.

    Assouplis ce qui est raide,
    réchauffe ce qui est froid,
    rends droit ce qui est faussé.

    À tous ceux qui ont la foi,
    et qui en toi se confient,
    donne tes sept dons sacrés.

    Donne mérite et vertu,
    donne le salut final,
    dans la joie éternelle. Amen.

     

    Liturgie latine
    Séquence de Pentecôte : Veni Sancte Spiritus (trad. AELF)

     

     

  • « Recevoir celui que j’envoie, c’est me recevoir moi-même. »

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    Après l’amour de notre Seigneur, je te recommande celui de l’Église, son Épouse. Elle est en quelque sorte la colombe qui couve et fait naître les petits de l’Époux. Rends toujours grâce à Dieu d’être fille de l’Église, à l’exemple d’un si grand nombre d’âmes qui nous ont précédés dans cette voie bienheureuse. Aie beaucoup de compassion pour tous les pasteurs, prédicateurs et guides spirituels ; on en trouve sur toute la surface de la terre… Prie Dieu pour eux, afin qu’en se sauvant eux-mêmes, ils soient féconds et procurent aux âmes le salut.

    Priez pour les personnes perfides comme pour les ferventes, priez pour le Saint Père, pour toutes les nécessités spirituelles et temporelles de l’Église ; car c’est elle notre mère. Faites aussi une prière spéciale pour tous ceux qui œuvrent au salut des âmes pour la gloire du Père.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
    Ep 3,707 ; 2,70 (trad. Une pensée, Médiaspaul 1991, p.30)

     

     

     

     

  • Psaume66benissezleSeigneur

     

     

     

     

     

  • Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, docteur de l’Eglise, copatronne de l’Europe

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    Ô Père, je vous remercie de ce que vous n’avez pas méprisé votre créature. Vous n’avez pas détourné de moi votre visage, et vous n’avez pas repoussé mes désirs. Vous, la Lumière, vous n’avez pas considéré mes ténèbres ; vous, la Vie, vous ne vous êtes pas éloigné de moi, qui suis la mort ; vous, le Médecin suprême, vous avez regardé ma grande infirmité ; vous, l’éternelle Pureté, vous ne vous êtes pas détourné de mes souillures et de mes misères ; vous, l’Infini ; moi, le néant ; vous, la Sagesse ; moi, la folie. Malgré les fautes et les vices innombrables qui sont en moi, vous ne m’avez pas méprisée : oui, vous, la Sagesse, la Bonté, la Clémence ; vous, le Bien suprême et infini. Dans votre lumière j’ai trouvé la lumière ; dans votre sagesse, la vérité ; dans votre clémence, la charité et l’amour du prochain. Qui vous a déterminé ? Ce ne sont pas mes vertus, c’est votre seule charité. L’amour vous a porté à éclairer l’œil de mon intelligence par la lumière de la foi, pour me faire connaître et comprendre votre Vérité qui se manifestait à moi.

    Faites, Seigneur, que ma mémoire puisse retenir vos bienfaits ; que ma volonté s’embrase, du feu de votre charité ; que ce feu me fasse répandre tout mon sang, et qu’avec ce sang donné pour l’amour du Sang et avec la clef de l’obéissance, je puisse ouvrir la porte du ciel. Je vous demande du fond de mon cœur cette grâce pour toutes les créatures raisonnables, en général et en particulier, et pour le corps mystique de l’Église. Je confesse et je ne nie pas que vous m’avez aimée avant ma naissance, et que vous m’aimez jusqu’à la folie de l’amour.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
    Les Dialogues 167, 2-3 (trad. Cartier)