Catégorie : Année liturgique

  • « Leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas. »

    20 SAUSSURE LES PELERINS D EMMAUS

    Vous venez de l’entendre, frères très chers : deux disciples de Jésus marchaient sur la route et, tout en ne croyant pas en lui, parlaient pourtant de lui. Le Seigneur est apparu, sans toutefois se montrer à eux sous une forme qu’ils puissent reconnaître. Le Seigneur a donc réalisé à l’extérieur, aux yeux du corps, ce qui en eux s’accomplissait à l’intérieur, aux yeux du cœur. À l’intérieur d’eux-mêmes, les disciples aimaient et doutaient tout à la fois ; à l’extérieur, le Seigneur leur était présent sans cependant manifester qui il était. À ceux qui parlaient de lui, il offrait sa présence ; mais à ceux qui doutaient de lui, il cachait son aspect familier, qui leur aurait permis de le reconnaître. Il a échangé quelques paroles avec eux, leur a reproché leur lenteur à comprendre, leur a expliqué les mystères de l’Écriture Sainte qui le concernaient. Et pourtant, dans leur cœur il demeurait un étranger, par manque de foi ; il a donc fait semblant d’aller plus loin… La Vérité, qui est simple, n’a rien fait avec duplicité, mais elle s’est simplement manifestée aux disciples dans son corps telle qu’elle était dans leur esprit.

    Par cette épreuve, le Seigneur voulait voir si ceux qui ne l’aimaient pas encore comme Dieu étaient du moins capables de l’aimer comme voyageur. La Vérité cheminait avec eux ; ils ne pouvaient donc pas demeurer étrangers à l’amour : ils lui ont proposé l’hospitalité, comme on le fait pour un voyageur. Pourquoi d’ailleurs disons-nous qu’ils lui ont proposé, alors qu’il est écrit : « Ils le pressèrent. » Cet exemple nous montre bien que nous ne devons pas seulement offrir l’hospitalité aux voyageurs, mais le faire de façon pressante.

    Les disciples mettent donc la table, offrent de quoi manger ; et Dieu, qu’ils n’avaient pas reconnu à l’explication de l’Écriture Sainte, ils le reconnaissent à la fraction du pain. Ce n’est donc pas en entendant les commandements de Dieu qu’ils ont été éclairés, mais en les mettant en pratique.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
    Homélie 23 sur l’Évangile (trad. Le Barroux rev.)

     

     

     

  • « Pourquoi pleures-tu ? »

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    « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Seigneur très aimant, comment cherches-tu à savoir pourquoi elle pleure ? Ne t’avait-elle pas vu immolé cruellement, percé de clous, suspendu au gibet comme un brigand, livré aux railleries des impies ? Comment donc peux-tu lui dire : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle n’avait pas pu t’arracher à la mort, et elle voudrait au moins embaumer ton corps, pour le garder le plus longtemps possible de toute corruption… Et voilà que, pour comble, elle croit perdu ce corps qu’elle avait la joie de posséder encore. Avec lui tout espoir s’est évanoui pour elle, si elle n’a plus ce qu’elle voulait garder en souvenir de toi. Comment peux-tu donc lui demander à cet instant : « Femme pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »

    Ô bon Seigneur, c’est ta disciple fidèle, rachetée par ton sang, qui est tourmentée du désir de te voir. Vas-tu permettre longtemps une telle peine ? Maintenant que tu échappes à la corruption, as-tu perdu toute compassion ? Parvenu à l’immortalité, as-tu oublié la miséricorde ? Non, ta douce bonté, Ami, te fait intervenir sans retard, pour que celle qui pleure son Seigneur ne cède pas à l’amertume du cœur.

    « Marie ! » Ô Seigneur, tu as appelé ta servante par son nom familier, et elle reconnaît tout de suite la voix familière de son Seigneur. « Marie. » Parole si douce, si débordante de tendresse et d’amour ! Il t’est impossible, Maître, de dire plus bref et plus fort : « Marie ! Je sais qui tu es. Je sais ce que tu veux. Me voici ! Ne pleure plus. Me voici, moi que tu cherches. » Aussitôt, les larmes changent de nature : comment pourraient-elles s’arrêter, maintenant qu’elles jaillissent d’un cœur en fête ?

    Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l’Église
    74ème oraison, PL 158, 1010-1012

     

     

     

  • « Voici que je fais toutes choses nouvelles. » (Ap 21,5)

    citationMMDHavril2017

     

    Ce jour est le premier d’une autre création. En ce jour Dieu crée « un ciel nouveau et une terre nouvelle » (Is 65,17; Ap 21,1)… En ce jour est créé l’homme véritable, celui qui est « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1,26). Vois quel monde est inauguré en ce jour, ce « jour que le Seigneur a fait » (Ps 117,24)… Ce jour a aboli la douleur de la mort et a mis au monde « le premier-né d’entre les morts » (Col 1,18). En ce jour…la prison de la mort a été détruite, les aveugles recouvrent la vue, « l’astre d’en haut se lève et vient secourir ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort » (Lc 1,78s)…

    Hâtons-nous, nous aussi, vers la contemplation de ce spectacle extraordinaire…, pour ne pas être devancés par les femmes. Ayons dans les mains les aromates que sont la foi et la conscience, car c’est là « la bonne odeur du Christ » (Lc 24,1; 2Co 2,15). Ne cherchons plus « le Vivant chez les morts » (Lc 24,5), car le Seigneur repousse celui qui le cherche ainsi, en disant : « Cesse de me toucher » (Jn 20,17)… Ne te représente plus dans ta foi sa condition corporelle de servitude, mais adore celui qui est dans la gloire du Père, dans « la condition de Dieu »…; oublie « la condition de l’esclave » (Ph 2,6-7).

    Écoutons la bonne nouvelle apportée par Marie Madeleine, plus rapide que l’homme grâce à sa foi… Quelle bonne nouvelle apporte-t-elle ? Celle qui ne vient « ni de la part des hommes, ni par l’intermédiaire d’un homme, mais par Jésus Christ » (Ga 1,1). « Écoute, dit-elle, ce que le Seigneur nous a ordonné de vous dire, à vous qu’il appelle ses frères : ‘ Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ’ » (Jn 20,17). Quelle belle et bonne nouvelle ! Celui qui, à cause de nous est devenu comme nous, afin de faire de nous ses frères…, entraîne tout le genre humain avec lui vers le Père véritable… Celui qui, pour ses nombreux frères (Rm 8,29), s’est fait par sa chair Premier-né de la bonne création a attiré avec lui la nature tout entière.

    Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque
    2ème homélie pour Pâques (trad. coll. Pères dans la foi, n° 55, p. 51.69 rev.)

     

     

     

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  • Le samedi saint (Veillée Pascale)

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    Le ciel brille quand il est éclairé par le chœur des étoiles, et l’univers brille plus encore quand se lève l’étoile du matin. Mais cette nuit resplendit maintenant moins de l’éclat des astres que de sa joie devant la victoire de notre Dieu et Sauveur. « Gardez courage, dit-il en effet, moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16,33). Après cette victoire de Dieu sur l’ennemi invisible, nous aussi nous remporterons certainement la victoire sur les démons. Demeurons donc près de la croix de notre salut, afin de cueillir les premiers fruits des dons de Jésus. Célébrons cette nuit sainte avec des flambeaux sacrés ; faisons monter une musique divine, chantons une hymne céleste. Le « Soleil de justice » (Ml 3,20), notre Seigneur Jésus Christ, a illuminé ce jour pour le monde entier, il s’est levé au moyen de la croix, il a sauvé les croyants…

    Notre assemblée, mes frères, est une fête de victoire, la victoire du Roi de l’univers, fils de Dieu. Aujourd’hui le diable a été défait par le Crucifié et toute l’humanité est remplie de joie par le Ressuscité… Ce jour crie : « Aujourd’hui, j’ai vu le Roi du ciel, ceint de lumière, monter au-dessus de l’éclair et toute clarté, au-dessus du soleil et des eaux, au-dessus des nuées »… Il a été caché d’abord dans le sein d’une femme, puis au sein de la terre, sanctifiant d’abord ceux qui sont engendrés, ensuite rendant la vie par sa résurrection à ceux qui sont morts, car « voilà que souffrance, douleur d’enfantement et gémissement se sont enfuis » (Is 35,10)…

    Aujourd’hui, par ce Ressuscité, le paradis est ouvert, Adam est rendu à la vie, Ève est consolée, l’appel est entendu, le Royaume est préparé, l’homme est sauvé, le Christ est adoré. Il a foulé aux pieds la mort, a fait prisonnier ce tyran, a dépouillé le séjour des morts. Il monte aux cieux, victorieux comme un roi, glorieux comme un chef…, et il dit à son Père : « Me voici, ô Dieu, avec les enfants que tu m’as donnés » (He 2,13). Gloire à lui, maintenant et dans les siècles des siècles.

    Saint Hésychius (?-v. 451), moine, prêtre
    1ère homélie pour Pâques (trad. cf SC 189, p. 63)

     

     

     

  • Le vendredi saint

    Golgotha

    Dans sa Passion, le Seigneur a assumé tous les torts du genre humain afin qu’il n’y ait plus rien par la suite qui porte du tort à l’homme. La croix est donc un grand mystère, et si nous essayons de le comprendre, par ce signe le monde entier est sauvé. En effet quand les marins prennent la mer, ils dressent d’abord l’arbre du mât et tendent la voile pour que s’ouvrent les flots ; ils forment ainsi la croix du Seigneur, et en sécurité grâce à ce signe du Seigneur, ils gagnent le port du salut et échappent au péril de la mort. La voile suspendue au mât est en effet l’image de ce signe divin, comme le Christ a été élevé sur la croix. Voilà pourquoi, à cause de la confiance venant de ce mystère, ces hommes ne s’inquiètent pas des bourrasques du vent et arrivent au bon port souhaité. Pareillement, de même que l’Église ne peut pas rester debout sans la croix, de même un navire est affaibli sans son mât. Le diable en effet la tourmente et le vent frappe le navire, mais quand se dresse le signe de la croix, l’injustice du diable est repoussée, la bourrasque tombe aussitôt…

    L’agriculteur aussi n’entreprend pas son travail sans le signe de la croix : en assemblant les éléments de sa charrue il imite l’image d’une croix… Le ciel aussi est disposé comme une image de ce signe, avec ses quatre directions, l’Orient, l’Occident, le Midi et le Nord. La forme de l’homme lui-même, quand il élève les mains, représente une croix ; surtout quand nous prions les mains levées, nous proclamons par notre corps la Passion du Seigneur… C’est de cette façon que Moïse, le Saint, a été vainqueur quand il faisait la guerre contre les Amalécites, non pas par les armes, mais les mains levées vers Dieu (Ex 17,11)…

    Par ce signe du Seigneur donc, la mer est ouverte, la terre cultivée, le ciel gouverné, les hommes sont sauvés. Et même, je l’affirme, par ce signe du Seigneur, les profondeurs du séjour des morts sont ouvertes. Car l’homme Jésus, le Seigneur, lui qui portait la vraie croix, a été enseveli en terre, et la terre qu’il avait profondément labourée, qu’il avait pour ainsi dire brisée de toutes parts, a fait germer tous les morts qu’elle retenait.

    Par ce signe du Seigneur donc, la mer est ouverte, la terre cultivée, le ciel gouverné, les hommes sont sauvés. Et même, je l’affirme, par ce signe du Seigneur, les profondeurs du séjour des morts sont ouvertes. Car l’homme Jésus, le Seigneur, lui qui portait la vraie croix, a été enseveli en terre, et la terre qu’il avait profondément labourée, qu’il avait pour ainsi dire brisée de toutes parts, a fait germer tous les morts qu’elle retenait.

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
    Sermon 38 ; PL 57, 341s ; CCL 23, 149s (trad. L’Année en fêtes, Migne 2000, p.261 rev)

     

     

     

     

     

  • Le jeudi saint

    Jésus lavant les pieds de ses apôtres le jeudi saint

    « Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout »… Dans l’Évangile Jean a été appelé spécialement « le disciple que Jésus aimait ». C’est ce disciple qui met ici en lumière par ses paroles combien notre Sauveur, qui aimait tellement Jean, était fidèle dans son amour.

    Car ces paroles sont suivies aussitôt par le récit de la Passion amère du Christ, en commençant par la dernière Cène, et d’abord par l’humble service du lavement des pieds rendu par Jésus à ses disciples, et par l’envoi du traître au dehors. Viennent ensuite l’enseignement de Jésus, sa prière, son arrestation, son procès, sa flagellation, sa crucifixion et toute la douloureuse tragédie de sa Passion très amère.

    C’est avant tout cela que saint Jean cite les paroles rappelées à l’instant, pour faire comprendre que le Christ a accompli tous ces actes par pur amour. Cet amour, il l’a bien montré à ses disciples lors de la dernière Cène, lorsqu’il leur a affirmé qu’en s’aimant les uns les autres, ils suivraient son exemple (Jn 13,34). Car ceux qu’il aimait, il les a aimés jusqu’au bout, et il souhaitait qu’ils fassent de même. Il n’était pas inconstant, comme tant de gens qui aiment de façon passagère, abandonnent à la première occasion, et d’amis deviennent ennemis, comme l’a fait le traître Judas. Jésus, lui, a persévéré dans l’amour jusqu’au bout, jusqu’à ce que, précisément par cet amour, il en soit venu à cette extrémité douloureuse. Et pas seulement pour ceux qui étaient déjà ses amis, mais pour ses ennemis, afin d’en faire des amis, non pour son avantage, mais pour le leur.

    Saint Thomas More (1478-1535), homme d’État anglais, martyr
    Traité sur la Passion, 1 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 199 rev.)

     

     

    Psaume 116

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Maria Dolorosa

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  • Le mercredi saint

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    Lorsqu’il s’est séparé de sa mère, Jésus s’est choisi des amis humains — les douze apôtres — comme s’il avait désiré mettre en eux sa sympathie. Il les a choisis, dit-il, pour être « non pas des serviteurs, mais des amis » (Jn 15,15). Il en a fait ses confidents ; il leur a confié des choses qu’il n’a pas dites aux autres. C’était sa volonté de les favoriser, de leur montrer toute sa générosité, comme un père envers des enfants préférés. Par ce qu’il leur a révélé, il les a comblés plus que les rois, les prophètes, les sages de l’Ancienne Alliance. Il les a appelés « ses petits enfants » (Jn 13,33) ; pour leur conférer ses dons, il les a préférés « aux sages et aux savants » de ce monde (Mt 11,25). Il a manifesté sa joie et il les a loués de ce qu’ils sont restés avec lui dans ses épreuves (Lc 22,28), et comme signe de reconnaissance, il leur annonce qu’ils siégeront un jour sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël (v. 30). Il a trouvé un réconfort dans leur amitié à l’approche de son épreuve suprême.

    Il les a rassemblés autour de lui à la dernière Cène, comme pour être soutenu par eux à cette heure solennelle. « J’ai désiré d’un grand désir, leur dit-il, manger cette Pâque avec vous avant de souffrir » (Lc 22,15). Il y avait donc entre le Maître et ses disciples un échange d’affection, une sympathie profonde. Mais c’était sa volonté que ses amis l’abandonnent, le laissent seul — une volonté vraiment digne d’adoration. L’un l’a trahi ; l’autre l’a renié ; le reste s’est enfui, le laissant aux mains de ses ennemis… Il a donc été seul quand il a foulé le pressoir. Oui, Jésus tout-puissant et bienheureux, envahi dans son âme par la pleine gloire de la nature divine, a voulu soumettre son âme à toutes les infirmités de notre nature. Comme il s’était réjoui de l’amitié des siens, il a accepté la désolation de leur abandon. Et quand il l’a voulu, il a choisi de se priver de la lumière de la présence de Dieu.

    Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre
    Méditations et Prières, Part III, 2, 2 « Our Lord refuses sympathy », § 15

     

     

    Psaume 69

     

     

     

     

     

  • mardi saint

    Satan entra en lui

    Je le retrouve encore aujourd’hui ce Judas dont l’évangile parlait hier. Et à côté de lui se trouvent les autres apôtres. Ils ne comprennent pas le sens de la parole de Jésus. Ils se regardent les uns les autres espérant trouver une explication auprès de l’un ou de l’autre. Judas comprend très bien : »L’un de vous me livrera. » C’est chose faite pour trente deniers.

    Durant le repas pascal juif, recevoir la première bouchée de l’agneau était significatif. On le donne en premier à une personne que l’on veut honorer. C’est ce morceau qui a été donné à Judas, preuve que Judas pouvait être pardonné.

    Jésus accomplit le rite de l’Ancienne Alliance. Judas, par son péché, préfère ne pas être pardonné. Satan entre en lui.

    Tu me suivras plus tard

    A l’inverse, Pierre veut rester fidèle à Jésus. Le Seigneur le rappelle au réalisme de sa faiblesse avec netteté :  » Tu me renieras… »

    Le lendemain, à la même heure en effet, il aura renié son Maître. Le coq chante. Pierre ne s’enfonce pas dans son reniement pourtant répété avec insistance. Il regrette et son regard croisant celui de Jésus, il se sait pardonné. Satan ne peut entrer, Pierre n’a pas cessé d’aimer Jésus.

    Voilà qui me donne à réfléchir quand j’ai peur d’aller me réconcilier par la grâce du sacrement. Car ce n’est pas chose facile que de se mettre à genoux pour reconnaître ses fautes et en obtenir le pardon…même de Toi.

    Seigneur, Tu as aidé Judas. Il a refusé cette aide. Tu as aidé Pierre, il accueilli ton regard dans la cour de Caïphe. Il se sait pardonné.

    Aide-moi, Seigneur, à recevoir aussi cette grâce de la réconciliation.

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    © Jacques Fournier cef.fr

     

     

     

     

     

     

  • Le mardi saint

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    Le Seigneur s’est revêtu de notre faiblesse pour recouvrir notre inconstance de la fermeté de sa force. Il était venu du ciel en ce monde comme un marchand riche et bienfaisant, et, par un admirable échange avait conclu un marché : prenant ce qui était à nous, il nous accordait ce qui était à lui ; pour ce qui faisait notre honte il donnait l’honneur, pour les douleurs la guérison, pour la mort la vie…

    Le saint apôtre Pierre a fait le premier l’expérience de combien cette humilité a été profitable à tous les croyants. Ébranlé par la tempête violente de son trouble, il est revenu à lui par ce brusque changement, et a retrouvé sa force. Il avait trouvé le remède dans l’exemple du Seigneur… Le serviteur en effet « ne pouvait pas être plus grand que son seigneur ni le disciple que son maître » (Mt 10,24), et il n’aurait pas pu vaincre le tremblement de la fragilité humaine si le vainqueur de la mort n’avait d’abord tremblé. Le Seigneur donc a regardé Pierre (Lc 22,61) ; au milieu des calomnies des prêtres, des mensonges des témoins, des injures de ceux qui le frappaient et le bafouaient, il a rencontré son disciple ébranlé avec ces yeux qui avaient vu son trouble d’avance. La Vérité l’a pénétré de son regard là où son cœur avait besoin de guérison. C’était comme si la voix du Seigneur s’y était fait entendre pour lui dire : « Où vas-tu, Pierre ? Pourquoi te retirer en toi-même ? Reviens à moi, fais-moi confiance et suis-moi. Ce temps-ci est celui de ma Passion, l’heure de ton supplice n’est pas encore venue. Pourquoi craindre maintenant ? Toi aussi tu surmonteras. Ne te laisse pas déconcerté par la faiblesse que j’ai prise. C’est à cause de ce que j’ai pris de toi que j’ai tremblé, mais toi, sois sans crainte à cause de ce que tu tiens de moi. »

    Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église
    Sermon 3 sur la Passion, 4-5 ; PL 54, 320-321 (trad. cf Orval et SC 74 bis p. 59)

     

     

     

    Psaume71