Catégorie : Année liturgique

  • « Elle est étroite la porte, il est resserré le chemin qui conduit à la vie. »

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    Je suis venu vous encourager dans la voie de l’Évangile, une voie étroite certes, mais la voie royale, sûre, éprouvée par des générations de chrétiens, enseignée par les saints… C’est la voie sur laquelle, tout comme vous, vos frères dans l’Église universelle s’efforcent de cheminer. Cette voie ne passe pas par la résignation, par les renoncements ou par les abandons. Elle ne se résout pas à l’affadissement du sens moral, et elle souhaiterait que la loi civile elle-même aide à élever l’homme. Elle ne cherche pas à s’enterrer, à demeurer inaperçue, mais elle requiert au contraire l’audace joyeuse des apôtres. Elle bannit donc la pusillanimité, tout en se montrant parfaitement respectueuse à l’égard de ceux qui ne partagent pas le même idéal…

    « Reconnais, ô chrétien, ta dignité ! » disait le grand pape St Léon. Et moi, son indigne successeur, je vous dis à vous, mes frères et mes sœurs : Reconnaissez votre dignité ! Soyez fiers de votre foi, du don de l’Esprit que le Père vous a fait. Je viens parmi vous comme un pauvre, avec la seule richesse de la foi, pèlerin de l’Évangile. Donnez à l’Église et au monde l’exemple de votre fidélité sans faille et de votre zèle missionnaire. Ma visite chez vous veut être…un appel à un élan nouveau devant les tâches nombreuses qui s’offrent à vous.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Discours à Paris le 30 mai 1980 (DC 1788 du 15/6/80)

     

     

     

  • « La poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? »

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    Quand un homme reconnaît humblement ses défauts, il apaise facilement les autres et gagne facilement ceux qui sont en colère contre lui.

    Dieu protège et délivre l’homme humble ; il l’aime et le console ; il se penche vers lui. À celui qui est humble il accorde sa grâce en abondance ; après son abaissement il l’élève à la gloire.

    À celui qui est humble il dévoile ses secrets, il l’attire et l’invite doucement à lui.

    Les affronts ne troublent pas la paix de l’homme humble, parce qu’il s’appuie sur Dieu et non pas sur le monde…

    Commence par te garder toi-même en paix, et alors tu pourras la donner aux autres.

    Un homme pacifique est plus utile qu’un homme instruit.

    Un homme passionné change le bien en mal et croit facilement le mal.

    Un homme bon et pacifique change tout en bien.

    Celui qui est vraiment en paix ne soupçonne personne.

    Mais celui qui est mécontent et troublé se laisse agiter par mille soupçons ; il ne se sent jamais tranquille et ne laisse pas non plus les autres en repos. Il dit souvent ce qu’il ne devrait pas dire et néglige ce qu’il a à faire.

    Il est attentif aux devoirs des autres et manque à ses propres obligations.

    Commence donc par être zélé pour toi-même et alors tu auras le droit d’étendre ton zèle jusqu’à ton prochain.

    L’Imitation de Jésus Christ, traité spirituel du 15e siècle
    Livre II, ch. 2 et 3 (trad. cf bréviaire 3e mar. Avent)

     

     

     

     

  • « Tout ce qui est voilé sera dévoilé. »

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    Du haut du ciel, Dieu offre à tous les hommes les richesses de sa grâce. Il est lui-même la source de salut et de lumière d’où s’écoulent éternellement la miséricorde et la bonté. Mais tous les hommes ne mettent pas à profit sa force et sa grâce pour l’exercice parfait de la vertu et la réalisation de ses merveilles ; seuls le font ceux qui ont mis leurs résolutions en pratique et qui ont prouvé par des actes leur attachement à Dieu, ceux qui se sont complètement détournés du mal, qui adhèrent fermement aux commandements de Dieu et qui fixent le regard de leur esprit sur le Christ, Soleil de justice (Ml 3,20).

    Du haut du ciel, le Christ offre à ceux qui combattent le secours de son bras, et il les exhorte par ces paroles de l’Évangile : « Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, à mon tour je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ». En tant que serviteur de Dieu, chacun d’entre les saints se déclare pour le Christ en cette vie passagère et devant des hommes mortels ; il le fait en un court laps de temps et en présence d’un petit nombre d’hommes. Tandis que notre Seigneur Jésus Christ… se déclarera pour nous dans le monde de l’éternité, devant Dieu son Père, entouré des anges et des archanges et de toutes les puissances du ciel, en présence de tous les hommes, depuis Adam jusqu’à la fin des siècles. Car tous ressusciteront et se tiendront devant le tribunal du Christ. Alors, en présence de tous et à la vue de tous, il fera connaître, il glorifiera et il couronnera ceux qui lui ont prouvé leur foi jusqu’à la fin.

    Saint Grégoire Palamas (1296-1359), moine, évêque et théologien
    Sermon pour le Dimanche de tous les saints ; PG 151, 322-323 (trad. Orval rev.)

     

     

     

  • Sacré-Cœur de Jésus, solennité

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    Toi qui as fait pour moi de si grandes et si belles choses que tu m’as obligée à ton service pour toujours, que te rendrai-je pour tant de bienfaits ? Quelles louanges et quelles actions de grâces pourrais-je t’offrir, même si je m’y dépensais mille fois ? Que suis-je moi, pauvre créature, en comparaison de toi, toi ma rédemption abondante ? Donc, mon âme que tu as rachetée, je te l’offrirai tout entière, je te ferai hommage de l’amour de mon cœur. Oui, transporte ma vie en toi, emporte-moi tout entière en toi et, m’enfermant en toi, fais que je ne sois qu’une même chose avec toi.

    Ô Amour, ton ardeur divine m’a ouvert le cœur très doux de mon Jésus. Cœur source de douceur, cœur débordant de bonté, cœur surabondant de charité, cœur d’où coule goutte à goutte la bienveillance, cœur plein de miséricorde…, cœur très cher, je te prie d’absorber mon cœur tout entier en toi. Perle très chère de mon cœur, invite-moi à tes festins qui donnent la vie ; verse pour moi les vins de ta consolation… afin que la ruine de mon esprit soit remplie de ta charité divine, et que l’abondance de ton amour supplée à la pauvreté et à la misère de mon âme.

    Cœur aimé par-dessus tout…, aie pitié de moi. Je t’en supplie, que la douceur de ta charité rende le courage à mon cœur. De grâce, que les entrailles de ta miséricorde s’émeuvent en ma faveur, car hélas, mes démérites sont nombreux, mes mérites sont nuls. Mon Jésus, que le mérite de ta mort précieuse, qui seul a eu le pouvoir d’acquitter la dette universelle, me remette tout ce que j’ai fait de mal… ; qu’il m’attire à toi si puissamment que, transformée totalement par la force de ton amour divin, je trouve grâce à tes yeux… Et donne-moi, cher Jésus, de t’aimer, toi seul en toutes choses et par-dessus toutes choses, de m’attacher à toi avec ferveur, d’espérer en toi, et de ne mettre à mon espérance aucune limite.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301), moniale bénédictine
    Les Exercices, 7 (trad. SC 127, p. 285 rev.)

     

    En union de prière,  à la demande de Marie Mère des hommes,  tous les vendredis soir,  de 21h30 à 22h00.
    En union de prière,
    à la demande de Marie Mère des hommes,
    tous les vendredis soir,
    de 21h30 à 22h00.

     

     

  • « Quand vous priez, dites : ‘Père’ » (Lc 11,2)

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    « Notre Père qui es aux cieux. » Ô mon Seigneur, comme il se voit bien que tu es le Père d’un tel Fils, et comme ton Fils manifeste bien qu’il est le Fils d’un tel Père ! Sois-en béni à jamais ! Cette phrase n’aurait-elle pas été une aussi grande faveur, Seigneur, si tu l’avais placée à la fin de cette prière ? Or, c’est dès le début que ta libéralité éclate par le don d’un tel bienfait. Notre esprit devrait en être tellement rempli, et notre volonté tellement pénétrée, qu’il nous soit impossible de proférer une parole. Ô mes filles, que ce serait bien ici le lieu de vous parler de la contemplation parfaite ! Comme il serait juste que l’âme rentre au-dedans d’elle-même pour s’élever au-dessus d’elle-même et apprendre du Fils béni où est ce lieu où, selon sa parole, se trouve son Père qui est dans les cieux ! …

    Ô Fils de Dieu, doux maître ! Dès cette première parole…, tu t’humilies au point d’unir tes demandes aux nôtres… Ne veux-tu pas que ton Père nous regarde comme ses enfants ? … Dès lors qu’il est notre Père, il doit nous supporter, malgré la gravité de nos offenses. Il doit nous pardonner lorsque nous revenons à lui comme l’enfant prodigue. Il doit nous consoler dans nos épreuves. Il doit nous nourrir, comme il convient à un tel Père, car il est forcément meilleur que tous les pères qui sont ici-bas, puisqu’il possède nécessairement toute perfection ; et, en plus de tout cela, il doit nous rendre participants et cohéritiers de ses richesses avec toi…

    Ô mon Jésus, je vois bien que tu as parlé comme un Fils chéri et pour toi et pour nous… Et vous, mes filles, n’est-il donc pas juste maintenant qu’en prononçant du bout des lèvres cette parole : « Notre Père », vous y apportiez toute votre attention pour la comprendre, et que votre cœur se brise de voir un si grand amour ?

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
    Le Chemin de la perfection, ch. 27/29

     

     

    Notre Père

     

     

     

     

     

  • « Ton Père voit ce que tu fais en secret. »

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    Il n’est pas question de concevoir la prière intérieure, libre de toutes formes traditionnelles, comme une piété simplement subjective et de l’opposer à la liturgie, qui serait la prière objective de l’Église. Toute prière véritable est prière de l’Église ; à travers toute prière véritable, il se passe quelque chose dans l’Église et c’est l’Église elle-même qui prie car c’est l’Esprit Saint vivant en elle qui, en chaque âme unique, « intervient pour nous par des cris inexprimables » (Rm 8,26). Et voilà justement la prière véritable, car « sans le Saint Esprit, personne n’est capable de dire ‘Jésus est le Seigneur’ » (1Co 12,3). Que serait la prière de l’Église si elle n’était pas l’offrande de ceux qui, brûlant d’un grand amour, se donnent au Dieu qui est amour ?

    Le don de soi à Dieu, par amour et sans limite, et le don divin en retour, l’union pleine et constante, est la plus haute élévation du cœur qui nous soit accessible, le plus haut degré de la prière. Les âmes qui l’ont atteint sont en vérité le cœur de l’Église ; en elles vit l’amour de Jésus grand prêtre. Cachées en Dieu avec le Christ (Col 3,3), elles ne peuvent que rayonner dans d’autres cœurs l’amour divin dont elles sont remplies et concourir ainsi à l’accomplissement de l’unité parfaite de tous en Dieu, ce qui était et demeure le grand désir de Jésus.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    La Prière de l’Eglise (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 70)

     

     

     

  • « Moi, je vous dis : aimez vos ennemis. »

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    Nous, tous les frères, considérons attentivement ce que dit le Seigneur : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent ». Notre Seigneur Jésus Christ, dont nous devons suivre les traces (1P 2,21), a donné le nom d’ami à celui qui le trahissait (Mt 26,50), et il s’est offert de son plein gré à ceux qui allaient le crucifier. Ils sont donc nos amis, tous ceux qui nous infligent injustement tribulations et angoisses, affronts et injures, douleurs et tourments, martyre et mort. Nous devons les aimer beaucoup, car les coups qu’ils nous portent nous vaudront la vie éternelle.

    Saint François d’Assise (1182-1226), fondateur des Frères mineurs
    Première Règle, §22 (trad. Desbonnets et Vorreux, Documents, p. 74)

     

     

     

  • « Laisse-lui encore ton manteau. »

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    Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure
    Sans réclamer de salaire ici-bas.
    Ah ! sans compter je donne, étant bien sûre
    Que lorsqu’on aime, on ne calcule pas !
    Au Cœur Divin, débordant de tendresse,
    J’ai tout donné…. légèrement je cours
    Je n’ai plus rien que ma seule richesse :
    Vivre d’Amour.

    Vivre d’Amour, c’est bannir toute crainte,
    Tout souvenir des fautes du passé.
    De mes péchés je ne vois nulle empreinte,
    En un instant l’amour a tout brûlé !
    Flamme divine, ô très douce fournaise,
    En ton foyer je fixe mon séjour.
    C’est en tes feux que je chante à mon aise (cf Dn 3,51) :
    « Je vis d’Amour ! »…

    « Vivre d’Amour, quelle étrange folie ! »
    Me dit le monde. « Ah ! cessez de chanter,
    « Ne perdez pas vos parfums, votre vie :
    « Utilement sachez les employer ! »
    T’aimer, Jésus, quelle perte féconde !
    Tous mes parfums sont à toi sans retour,
    Je veux chanter en sortant de ce monde :
    « Je meurs d’Amour ! »

    Aimer c’est tout donner et se donner soi-même.

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
    Poésies « Vivre d’amour » et « Pourquoi je t’aime, ô Marie » (OC, Cerf DDB 1996, p. 668)

     

     

     

     

     

     

     

  • Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

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    Si l’on pouvait bien comprendre tous les biens renfermés dans la sainte Communion, il n’en faudrait pas davantage pour contenter le cœur de l’homme.

    Notre Seigneur a dit : « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon Nom, Il vous l’accordera. » (Jn 16,23b) Jamais nous n’aurions pensé à demander à Dieu son propre Fils. Mais ce que l’homme n’aurait pu imaginer, Dieu l’a fait. Ce que l’homme ne peut pas dire ni concevoir, et qu’il n’eût jamais osé désirer, Dieu, dans son Amour, l’a dit, l’a conçu et l’a exécuté.

    Sans la divine Eucharistie, il n’y aurait point de bonheur en ce monde, la vie ne serait pas supportable. Quand nous recevons la sainte Communion, nous recevons notre joie et notre bonheur. Le Bon Dieu, voulant se donner à nous dans le Sacrement de son Amour, nous a donné un désir vaste et grand que Lui seul peut satisfaire… À côté de ce beau Sacrement, nous sommes comme une personne qui meurt de soif à côté d’une rivière ; elle n’aurait cependant qu’à courber la tête !… Comme une personne qui reste pauvre à côté d’un trésor ; elle n’aurait qu’à tendre la main !

    Si l’on pouvait bien comprendre tous les biens renfermés dans la sainte Communion, il n’en faudrait pas davantage pour contenter le cœur de l’homme.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars
    Pensées choisies du saint Curé d’Ars (J. Frossard, Éds Tequi 2007, p. 83-86, rev.)

     

     

     

     

  • « Moi, je vous dis » : La Loi ancienne accomplie par celui qui donne la Loi nouvelle

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    La Loi donnée à Moïse est un recueil d’enseignements variés et impératifs, une collection utile à tous de ce qu’il est bon de faire en cette vie, et un reflet mystique des coutumes de la vie céleste : un flambeau et une lampe, un feu et une lumière, répliques des luminaires d’en haut. La Loi de Moïse était l’itinéraire de la piété, la règle des mœurs honnêtes, le frein du premier péché, l’esquisse de la vérité à venir (Col 2,17)… La Loi de Moïse était pour la piété un maître et pour la justice un guide, pour les aveugles une lumière et pour les insensés une preuve, pour les enfants un pédagogue et pour les imprudents une amarre, pour les nuques raides une bride et pour les impatients un joug contraignant.

    La Loi de Moïse était le messager du Christ, le précurseur de Jésus, le héraut et le prophète du grand Roi, une école de sagesse, une préparation nécessaire et un enseignement universel, une doctrine venue à son heure et un mystère temporaire. La Loi de Moïse était un résumé symbolique et énigmatique de la grâce future, annonçant en images la perfection de la vérité à venir. Par les sacrifices, elle annonçait la Victime, par le sang, le Sang, par l’agneau, l’Agneau, par la colombe, la Colombe, par l’autel le Grand Prêtre, par le Temple le séjour de la divinité, par le feu de l’autel la pleine « Lumière du monde » (Jn 8,12) qui descend d’en haut.

    Une homélie grecque du 4e siècle
    Sur la Sainte Pâque, 9 ; PG 59, 743 ; SC 27 (inspiré d’une homélie perdue d’Hippolyte ; trad. Solms, Bible chrétienne)