Catégorie : Année liturgique

  • « Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de préparer votre défense. »

    enluminure-l-amour-de-dieu-a-ete-rependu-dans-nos-coeurs-carte.netÔ amour puissant de mon Dieu ! Qu’il est bien vrai que rien n’est impossible à celui qui aime. Heureux celui qui jouit d’une telle paix de la part de son Dieu, qui domine toutes les souffrances et tous les périls du monde. Il n’en redoute aucun, dès qu’il s’agit de servir un tel Maître, et il a bien raison… Une pensée s’offre à moi qui s’applique aux personnes naturellement craintives et peu courageuses… Même lorsqu’elles sont réellement élevées à l’état dont je parle, leur faible nature s’effraie. Il faut alors bien prendre garde, parce que cette faiblesse naturelle pourrait nous faire perdre une magnifique couronne.

    Quand vous sentirez, mes filles, ces atteintes de la crainte, recourez à la foi et à l’humilité ; et, fortifiées par la conviction que rien n’est impossible à Dieu (Lc 1,37), abordez votre tâche. Il a bien pu fortifier tant de jeunes saintes, qu’il a rendues capables d’endurer tous les tourments qu’elles s’étaient déterminées à supporter pour lui !

    Ce qu’il demande, c’est une détermination qui le rende maître de notre libre arbitre, car de nos efforts il n’a nul besoin. Notre Seigneur se plaît au contraire à faire resplendir ses merveilles chez les plus faibles de ses créatures, parce qu’il peut alors plus librement déployer son pouvoir et satisfaire son désir de nous accorder ses bienfaits…

    Laissez de côté les objections de votre raison, et méprisez votre faiblesse. Celle-ci ne ferait que grandir si vous vous arrêtiez à réfléchir si vous réussirez ou non… Ce n’est pas le moment de songer à vos péchés; laissez-les de côté. Cette humilité n’est plus de mise, elle est tout à fait hors de propos… Soyez certaines que le Seigneur n’abandonne jamais ceux qui l’aiment et qui encourent des risques pour lui seul.

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
    Pensées sur l’amour de Dieu, ch. 3, 4-6 LN/C (trad. OC, Cerf 1995, p. 929)

     

     

  • En trois jours, je le relèverai…

    pierre-vivante

    L’antique Temple était édifié par les mains des hommes : on voulait « donner une maison » à Dieu, pour avoir un signe visible de sa présence au milieu du peuple. Avec l’incarnation du Fils de Dieu s’accomplit la prophétie de Nathan au roi David (2S 7,1s) : ce n’est pas le roi, ce n’est pas nous qui « donnons une maison à Dieu », mais c’est Dieu lui-même qui « construit sa maison » pour venir habiter parmi nous, comme l’écrit saint Jean dans son Évangile (1,14). Le Christ est le Temple vivant du Père, et le Christ lui-même construit sa « maison spirituelle », l’Église, faite non de pierres matérielles mais des « pierres vivantes » (1P 2,5) que nous sommes.

    L’apôtre Paul dit aux chrétiens d’Éphèse : « La construction que vous êtes a pour fondation les apôtres et prophètes, et pour pierre d’angle le Christ Jésus lui-même. En lui toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint, dans le Seigneur. En lui, vous aussi, vous êtes intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu, dans l’Esprit » (2,20s). C’est une très belle chose que cela ! Nous sommes les pierres vivantes de l’édifice de Dieu, unies profondément au Christ, qui est la pierre de soutien, ainsi que de soutien entre nous. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que le temple c’est nous, nous sommes l’Église vivante, le temple vivant et quand nous sommes tous ensemble parmi nous il y a aussi le Saint Esprit, qui nous aide à grandir comme Église. Nous ne sommes pas isolés, mais nous sommes peuple de Dieu : c’est cela l’Église !…

    Je voudrais alors que nous nous demandions : comment vivons-nous notre manière d’être Église ? Sommes-nous des pierres vivantes ou sommes-nous, pour ainsi dire, des pierres lasses, ennuyées, indifférentes ? Avez-vous vu comme il est laid de voir un chrétien las, ennuyé, indifférent ? Un tel chrétien ne va pas, le chrétien doit être vivant, joyeux d’être chrétien ; il doit vivre cette beauté de faire partie du peuple de Dieu qui est l’Église.

    Pape François
    Audience générale du 26/06/2013 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • Tout à vous

    Puissance-de-la-louange

    « Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains » (Lc 23,46). C’est la dernière prière de notre Maître, de notre Bien-aimé. Puisse-t-elle être la nôtre. Et qu’elle soit non seulement celle de notre dernier instant, mais celle de tous nos instants : « Mon Père, je me remets entre vos mains ; mon Père, je me confie à vous ; mon Père, je m’abandonne à vous. Mon Père, faites de moi ce qu’il vous plaira ; quoi que vous fassiez de moi, je vous remercie ; merci de tout. Je suis prêt à tout, j’accepte tout, je vous remercie de tout, pourvu que votre volonté se fasse en moi, mon Dieu, pourvu que votre volonté se fasse en toutes vos créatures, en tous vos enfants, en tous ceux que votre cœur aime ; je ne désire rien d’autre, mon Dieu. Je remets mon âme entre vos mains, je vous la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je vous aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre en vos mains sans mesure. Je me remets entre vos mains avec une infinie confiance, car vous êtes mon Père. »

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
    Méditations sur l’Évangile au sujet des principales vertus (1896)

     

     

     

  • Solennité du Christ, Roi de l’Univers

    Christ Roi

    Chers frères et sœurs,

    En ce dernier dimanche de l’Année liturgique, nous célébrons la solennité de Jésus Christ Roi de l’Univers, une fête instituée de façon relativement récente, mais qui a des racines bibliques et théologique profondes. Le titre de roi, appliqué à Jésus, est très important dans les Évangiles et il permet de donner une lecture complète de sa figure et de sa mission de salut. On peut remarquer à ce propos une progression : on part de l’expression roi des Juifs et on arrive à celle de roi universel, Seigneur de l’univers et de l’histoire, donc très au-delà des attentes du peuple juif lui-même.

    Au centre de ce parcours de révélation de la royauté de Jésus Christ, il y a encore une fois le mystère de sa mort et de sa résurrection. Lorsque Jésus est mis en croix, les prêtres, les scribes et les anciens le tournent en dérision en disant : « Il est le roi d’Israël ; qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui » (Mt 27, 42).

    En réalité, c’est justement parce qu’il est le Fils de Dieu que Jésus s’est remis librement à sa passion, et la croix est le signe paradoxal de sa royauté qui consiste dans la volonté d’amour de Dieu le Père sur la désobéissance du péché. C’est justement en s’offrant lui-même en sacrifice d’expiation que Jésus devient le Roi universel, comme il le déclarera Lui-même en apparaissant aux apôtres après la résurrection : «Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28, 18).

    Mais en quoi consiste le pouvoir de Jésus Christ Roi ? Ce n’est pas celui des rois et des grands de ce monde ; c’est le pouvoir divin de donner la vie éternelle, de libérer du mal, de vaincre le pouvoir de la mort. C’est le pouvoir de l’Amour, qui sait tirer le bien du mal, attendrir un cœur endurci, apporter la paix dans le conflit le plus âpre, allumer l’espérance dans les ténèbres les plus épaisses. Ce règne de la Grâce ne s’impose jamais, et respecte toujours notre liberté.

    Le Christ est venu « rendre témoignage à la vérité » (Jn 18, 37) – comme il l’a dit devant Pilate -: qui accueille son témoignage se place sous son étendard, selon l’image chère à saint Ignace de Loyola. Un choix – ce oui – est donc nécessaire pour chaque conscience : qui est-ce que je veux suivre ? Dieu ou le malin ? La vérité ou le mensonge ? Choisir le Christ ne garantit pas le succès selon les critères du monde, mais assure cette paix et cette joie que lui seul peut donner. C’est ce que manifeste à chaque époque l’expérience de tant d’hommes et de femmes qui, au nom du Christ, au nom de la vérité et de la justice, ont su s’opposer aux flatteries des pouvoirs terrestres et de leurs différents masques, jusqu’à sceller cette fidélité par le martyre.

    Chers frères et sœurs, lorsque l’Ange Gabriel a apporté l’annonce à Marie, il lui a annoncé que son Fils aurait hérité du trône de David, et qu’il aurait régné à jamais (cf. Lc 1, 32-33). Et la Sainte Vierge a cru avant même de l’offrir au monde. Elle a ensuite dû certainement se demander quel nouveau genre de royauté serait celle de Jésus, et elle l’a compris en écoutant ses paroles et surtout en participant intimement au mystère de sa mort sur la croix et de sa résurrection. Demandons à Marie de nous aider nous aussi à suivre Jésus, notre Roi, comme elle l’a fait elle-même, et à lui rendre témoignage par toute notre existence.

    Je souhaite à tous un bon dimanche.

     

    BENOÎT XVI

    ANGELUS

    Place Saint-Pierre
    Dimanche 22 novembre 2009

    © Copyright 2009 – Libreria Editrice Vaticana

  • « Le peuple tout entier était suspendu à ses lèvres. »

    Historique-de-Jerusalem

    Aujourd’hui, je voudrais brièvement évoquer une autre de ces images qui nous aident à illustrer le mystère de l’Église : celle du temple (Vatican II, LG 6)… À Jérusalem, le grand Temple de Salomon était le lieu de la rencontre avec Dieu dans la prière. À l’intérieur du Temple, il y avait l’Arche de l’alliance…, un rappel que Dieu avait toujours été à l’intérieur de l’histoire de son peuple… Nous aussi quand nous allons au temple nous devons nous rappeler cette histoire, chacun de nous notre histoire, comment Jésus m’a rencontré, comment Jésus a marché avec moi, comment Jésus m’aime et me bénit.

    Voilà, ce qui était préfiguré dans l’antique Temple est réalisé, par la puissance du Saint Esprit, dans l’Église : l’Église est la « maison de Dieu », le lieu de sa présence, où nous pouvons trouver et rencontrer le Seigneur ; l’Église est le Temple où habite le Saint Esprit qui l’anime, la guide et la soutient. Si nous nous demandons : où pouvons-nous rencontrer Dieu ? Où pouvons-nous entrer en communion avec lui à travers le Christ ? Où pouvons-nous trouver la lumière du Saint Esprit qui éclaire notre vie ? La réponse est : dans le peuple de Dieu, parmi nous, qui sommes Église…

    Et c’est le Saint Esprit, avec ses dons, qui dessine la diversité. Cela est important : que fait le Saint Esprit parmi nous ? Il dessine la diversité qui est la richesse dans l’Église et qui unit tout et tous, de manière à constituer un temple spirituel, dans lequel nous n’offrons pas des sacrifices matériels, mais nous-mêmes, notre vie (1P 2,4-5). L’Église n’est pas un mélange de choses et d’intérêts, mais elle est le Temple du Saint Esprit, le Temple dans lequel Dieu œuvre, le Temple dont chacun de nous, à travers le don du baptême, est une pierre vivante… Nous sommes tous nécessaires pour construire ce Temple ! Personne n’a un rôle de second plan. Personne n’est le plus important dans l’Église, nous sommes tous égaux aux yeux de Dieu. L’un d’entre vous pourrait dire : « Écoutez, Monsieur le Pape, vous n’êtes pas égal à nous. » Mais si, je suis comme chacun de vous, nous sommes tous égaux, nous sommes frères ! Personne n’est anonyme.

    Pape François
    Audience générale du 26/06/2013 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • Présentation de la Vierge Marie – Mémoire

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    Les parents qui aiment Dieu lui ont, de tout temps, consacré leurs enfants, avant et après leur naissance. Parmi les Juifs, existait de plus l’usage de consacrer quelques fois à Dieu les enfants en bas âge ; on les amenait au Temple, où avait lieu la cérémonie de la consécration, puis ils habitaient dans les dépendances du Temple et servaient les prêtres et les lévites dans leurs fonctions. Nous avons des exemples de cette consécration spéciale dans la personne de Samuel et de quelques autres saints personnages. Il y avait aussi des appartements pour les femmes dévouées au service divin.

    L’évangile ne nous apprend rien de l’enfance de Marie ; son titre de Mère de Dieu efface tout le reste. Mais la tradition est plus explicite ; elle nous apprend que la Sainte Vierge, dans son enfance, fut solennellement offerte à Dieu dans son temple. Cette présentation est le sujet de la fête qu’on célèbre aujourd’hui. Où mieux que loin du monde, dans l’enceinte du temple, Marie se fût-elle préparée à sa mission ? Douze années de recueillement, de prière, de contemplation, telle fut la préparation de l’élue de Dieu.

    Voici, d’après saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au temple : depuis l’aurore jusqu’à 9 heures du matin, elle priait ; de 9 heures à 3 heures elle s’appliquait au travail des mains ; ensuite elle se remettait à la prière, jusqu’au moment où arrivait sa nourriture. Marie, au jour de sa présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après elles, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l’ombre des autels ; Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection.

     

     

     

  • « Faites-les fructifier ! »

    creation

    Je voudrais m’arrêter aujourd’hui sur la question de l’environnement, comme j’ai déjà eu l’occasion de le faire en diverses occasions… Lorsque nous parlons d’environnement, de la création, ma pensée va aux premières pages de la Bible, au livre de la Genèse, où l’on affirme que Dieu a établi l’homme et la femme sur terre afin qu’ils la cultivent et qu’ils la gardent (2,15). Cela suscite en moi les questions suivantes : Que signifie cultiver et garder la terre ? Cultivons-nous et gardons-nous vraiment la création ? Ou bien est-ce que nous l’exploitons et nous la négligeons ? Le verbe « cultiver » me rappelle à l’esprit le soin que l’agriculteur prend de sa terre afin qu’elle porte du fruit et que celui-ci soit partagé : combien d’attention, de passion et de dévouement !

    Cultiver et garder la création est une indication de Dieu donnée non seulement au début de l’histoire, mais à chacun de nous ; cela fait partie de son projet ; cela signifie faire croître le monde avec responsabilité, en le transformant afin qu’il soit un jardin, un lieu vivable pour tous. Benoît XVI a rappelé à plusieurs reprises que ce devoir qui nous a été confié par Dieu Créateur exige de saisir le rythme et la logique de la création. Au contraire, nous sommes souvent guidés par l’orgueil de dominer, de posséder, de manipuler, d’exploiter ; nous ne la « gardons » pas, nous ne la respectons pas, nous ne la considérons pas comme un don gratuit dont il faut prendre soin. Nous sommes en train de perdre l’attitude de l’émerveillement, de la contemplation, de l’écoute de la création ; et ainsi, nous ne sommes plus capables d’y lire ce que Benoît XVI appelle « le rythme de l’histoire d’amour de Dieu avec l’homme ». Pourquoi est-ce le cas ? Parce que nous pensons et vivons de façon horizontale, nous nous sommes éloignés de Dieu, nous ne lisons pas ses signes.

    Mais « cultiver et garder » ne comprend pas seulement le rapport entre nous et l’environnement…, cela concerne également les relations humaines… Nous vivons actuellement un moment de crise ; nous le voyons dans l’environnement, mais surtout…, la personne humaine aujourd’hui est en danger, voilà l’urgence de l’écologie humaine !

    Pape François
    Audience générale du 05/06/2013 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • Saints

    Saint Paul, image-robot LKA NRW 02/08
    Saint Paul, image-robot LKA NRW 02/08

    L’homme est « vraiment faible et souvent, souvent, [il commet] des péchés, il a des imperfections… » mais « même les imperfections servent à quelque chose sur ce chemin de sanctification ».

    « Si tu t’habitues : ‘J’ai une vie un peu comme ça; je crois en Jésus-Christ, mais je vis comme j’en ai envie’… Ah, non, cela ne te sanctifie pas ; cela ne va pas ! C’est un contresens ! Mais si tu dis : ‘Oui, je suis pécheur ; je suis faible et je me tourne sans cesse vers le Seigneur pour lui dire : ‘Mais Seigneur, toi tu as la force, donne-moi la foi ! Tu peux me guérir’… dans le sacrement de la réconciliation, Il te guérit ».
    « Avant l’acte de foi, avant d’avoir accepté Jésus-Christ qui re-crée par son sang, l’homme était sur la voie de l’injustice ». Après, en revanche, il est « sur la voie de la sanctification », mais il doit le prendre « au sérieux » en faisant des œuvres de justice car s’il « accepte la foi mais ensuite ne la vit pas », il n’est que « chrétien a memoria ».
    Ces oeuvres sont « simples » : « adorer Dieu : Dieu est toujours le premier ! Et puis faire ce que Jésus conseille : aider les autres ». Ce « sont les œuvres que Jésus a faites dans sa vie : les œuvres de justice, les œuvres de re-création ».
    « Sans cette conscience de l’avant et de l’après, dont parle Paul, le christianisme ne sert à personne ! Et plus encore : il est sur la voie de l’hypocrisie. ‘On me dit chrétien, mais je vis comme un païen’. Ces ‘chrétiens à mi-chemin’ ne prennent pas cela au sérieux. »
    Ce sont « des chrétiens tièdes : ‘Mais oui, ou ; mais non, non’. Un peu ‘des chrétiens à l’eau de rose’, non ?… Un peu de vernis de chrétien, un peu de verni de catéchèse… Mais à l’intérieur, il n’y a pas de vraie conversion, il n’y a pas cette conviction de Paul : ‘J’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ et d’être trouvé en lui’. »
    Le baptisé est « saint, justifié, sanctifié par le sang du Christ » mais il est appelé à « prendre cette sanctification au sérieux et la vivre » :« accepter de perdre tout ce qui éloigne de Jésus-Christ » et « faire tout neuf : tout est nouveauté dans le Christ ».
    « On peut y arriver », a encouragé le pape : « Pas seulement les saints, mais aussi les saints anonymes, ceux qui vivent sérieusement le christianisme ». « Demandons à saint Paul, a-t-il conclu, la grâce de vivre sérieusement notre vie de chrétien, de croire vraiment que nous avons été sanctifiés par le sang de Jésus-Christ ».
    Homélie du Pape François, Rome, 24/10/2013
    in zenit.org
  • « Fils de David, aie pitié de moi ! »

    aveugle-de-Jéricho-1Tu as appris, mon ami, que le Royaume des cieux est au-dedans de toi, si tu le veux, et que tous les biens éternels sont dans tes mains. Hâte-toi donc de voir, de saisir et d’obtenir en toi ces biens tenus en réserve pour toi… Crie vers Dieu ; prosterne-toi.

    Comme l’aveugle autrefois, dis maintenant toi aussi : « Aie pitié de moi, Fils de Dieu, et ouvre les yeux de mon âme, afin que je voie la Lumière du monde que tu es, toi mon Dieu, et que je devienne moi aussi enfant de cette lumière divine. Toi qui es bon et généreux, envoie l’Esprit Saint, le Consolateur, sur moi aussi afin qu’il m’enseigne tout ce qui te concerne, tout ce qui est à toi, Dieu de l’univers. Demeure en moi aussi, comme tu l’as dit, afin que je devienne à mon tour digne de demeurer en toi. Donne-moi de savoir entrer en toi et de savoir que je te possède en moi. Toi qui es invisible, daigne prendre forme en moi, afin qu’en voyant ta beauté inaccessible, je porte ton image, toi qui es aux cieux, et que j’oublie toutes les choses visibles. Donne-moi la gloire que le Père t’a donnée, toi le miséricordieux, afin que, semblable à toi comme tous tes serviteurs, je partage ta vie divine selon la grâce et que je sois avec toi continuellement, maintenant et toujours et pour les siècles sans fin ».

    (Références bibliques : Lc 17,21; Jn 8,12; Jn 12,36; Jn 14,26; Jn 15,4; Jn 17,22)

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec
    Éthique 5 (trad. Cerf 1979, p. 95 rev.)

     

     

     

     

  • « Toujours prier sans se décourager »

    Qu’elle est grande la puissance de la prière ! On dirait une reine ayant à chaque instant libre accès auprès du roi et pouvant obtenir tout ce qu’elle demande. Il n’est point nécessaire pour être exaucée de lire dans un livre une belle formule composée pour la circonstance ; s’il en était ainsi, hélas, que je serais à plaindre ! En dehors de l’Office Divin que je suis bien indigne de réciter, je n’ai pas le courage de m’astreindre à chercher dans les livres de belles prières, cela me fait mal à la tête, il y en a tant ! Et puis elles sont toutes plus belles les unes que les autres. Je ne saurais les réciter toutes, et ne sachant laquelle choisir, je fais comme les enfants qui ne savent pas lire, je dis tout simplement au Bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases, et toujours il me comprend.

    Pour moi, la prière, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus.

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
    Ms C, 25 r°

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