Catégorie : Enseignement

  • Aimons Dieu par Dieu !

    Aimons Dieu par Dieu !

    Personne n’est sans amour. Encore faut-il se demander ce qu’on aime. Nous ne sommes donc pas invités à nous abstenir d’aimer, mais à choisir ce que nous aimons. Or que choisir si nous ne sommes pas d’abord choisis, puisque nous ne pouvons aimer que si nous sommes d’abord aimés ?

    Écoutez l’apôtre Jean : « Nous aimons, dit-il, parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jn 4,10). Cherche comment l’homme peut aimer Dieu, et tu ne trouveras rien si ce n’est que Dieu l’a aimé le premier. Celui que nous aimons s’est donné lui-même, il nous a donné lui-même, il nous a donné ainsi la source de l’amour. Saint Paul nous dit clairement ce que Dieu nous a donné pour que nous aimions ; écoutez-le : « L’amour de Dieu, dit-il, a été répandu dans nos cœurs ». Par qui ? Serait-ce par nous ? Non. Par qui alors ? « Par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5). Puisque nous avons une telle certitude, aimons donc Dieu par Dieu.

    Écoutons maintenant cette parole de Jean, plus explicite encore : « Dieu est amour, et celui qui demeure en l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » (1 Jn 4,16). C’est peu de dire : « L’amour vient de Dieu ». Mais qui oserait affirmer ce qui vient d’être dit : « Dieu est amour » ? Celui qui l’a dit connaissait ce qu’il avait en lui. Tu ne vois pas Dieu. Aime et tu l’as en toi. Dieu s’offre à nous. Il nous crie : « Aimez-moi et vous m’aurez en vous, car vous ne pourriez m’aimer si vous ne m’aviez pas en vous. »

    Saint Augustin (354-430)

  • Le vêtement de noce

    Le vêtement de noce

    « L’odeur de tes vêtements est comme l’odeur de l’encens » (Ct 4,11 LXX). Le sens profond de ces paroles enseigne aux hommes vers quel but se tourne la vie vertueuse. Car le but de la vie vertueuse est la ressemblance avec Dieu. Et c’est pour cela que les âmes vertueuses s’appliquent à acquérir la pureté de l’âme et le dégagement de toute affection sensuelle, afin de montrer en elles l’empreinte de la nature divine par l’excellence de leur vie.

    Mais la vie vertueuse ne présente pas un seul aspect ni une seule forme. De même que dans la fabrication des étoffes, c’est par de nombreux fils, les uns tendus verticalement, les autres disposés horizontalement, que le tissage réalise un vêtement, ainsi, pour la vie vertueuse, c’est par le concours de nombreux éléments que se fait nécessairement aussi le tissage. Ce sont ces fils qu’énumère l’Apôtre lorsqu’il décrit ce qui concourt au tissage des œuvres pures et parle de « charité, joie, paix, longanimité, bonté » (Ga 5,22), et des autres vertus qui font l’ornement de celui qui s’est dépouillé de la vie corruptible et terrestre pour revêtir l’incorruptibilité céleste (cf. 1 Co 15,53). (…)

    Tel est donc le sens de ces mots du Cantique. C’est comme s’il disait : En toi, mon Épouse, le revêtement des vertus est une imitation de la béatitude divine qui t’assimile à l’être inaccessible par la pureté et la libération des passions.

    Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395)

  • « Allez, vous aussi, à ma vigne. »

    « Allez, vous aussi, à ma vigne. »

    Mes bien-aimés, persévérez dans les bonnes œuvres que vous avez commencées… De malheureux hommes servent un roi terrestre au péril de leur vie et moyennant d’énormes difficultés pour un bénéfice très vite passé et disparu ; pourquoi ne serviriez-vous pas le roi du ciel pour obtenir le bonheur du Royaume ? Puisque, par la foi, le Seigneur vous a déjà appelés à sa vigne, c’est-à-dire à l’unité de la sainte Église, vivez, conduisez-vous de telle sorte que, grâce à la générosité de Dieu, vous puissiez recevoir la pièce d’argent, c’est-à-dire le bonheur du Royaume des cieux.

    Que personne ne désespère à cause de la grandeur de ses péchés, et ne dise : « Nombreux sont les péchés dans lesquels j’ai persévéré jusqu’à la vieillesse et l’extrême vieillesse ; je ne pourrai plus désormais obtenir le pardon, surtout que ce sont les péchés qui m’ont laissé, non pas moi qui les ai rejetés. » Que celui-là ne désespère absolument pas de la miséricorde divine, car les uns sont appelés à la vigne de Dieu à la première heure, d’autres à la troisième, d’autres à la sixième, d’autres à la neuvième, d’autres à la onzième, c’est-à-dire que les uns sont conduits au service de Dieu dans l’enfance, d’autres dans l’adolescence, d’autres dans la jeunesse, d’autres dans la vieillesse, d’autres dans l’extrême vieillesse.

    Que personne donc, quel que soit son âge, ne désespère s’il veut se convertir à Dieu… Travaillez fidèlement dans la vigne de l’Église, pour recevoir le salaire du bonheur éternel et régner avec le Christ dans tous les siècles des siècles.

    Auteur anonyme du 9e siècle

  • Tout quitter pour suivre le Christ

    Tout quitter pour suivre le Christ

    C’est une grande chose, en vérité, de « tout quitter », mais une plus grande de « suivre le Christ » car, comme nous l’apprenons dans les livres, beaucoup ont tout quitté mais n’ont pas suivi le Christ. Suivre le Christ est notre tâche, c’est notre travail, en cela consiste l’essentiel du salut de l’homme, mais nous ne pouvons pas suivre le Christ si nous n’abandonnons pas tout ce qui nous entrave. Car « il s’élance en conquérant joyeux » (Ps 18,6), et personne ne peut le suivre s’il est chargé d’un fardeau.

    « Voilà, dit Pierre, que nous avons tout quitté », non seulement les biens de ce monde, mais aussi les désirs de notre âme. Car il n’a pas tout abandonné, celui qui reste attaché ne serait-ce qu’à lui-même. Bien plus, cela ne sert à rien d’avoir abandonné tout le reste à l’exception de soi-même, car il n’y a pas pour l’homme de fardeau plus lourd que son moi. Quel tyran est plus cruel, quel maître plus impitoyable pour l’homme que sa volonté propre ? … Par conséquent, il faut que nous abandonnions nos possessions et notre volonté propre si nous voulons suivre celui qui n’avait « pas d’endroit où reposer la tête » (Lc 9,58) et qui est venu « non pour faire sa volonté, mais pour faire la volonté de celui qui l’a envoyé » (Jn 6,38).

    Saint Pierre Damien (1007-1072)

  • La joie du détachement spirituel

    La joie du détachement spirituel

    Un jour, en secret, Messire Bernard s’approcha de François, qui n’avait encore aucun compagnon. « Frère, dit Bernard, pour l’amour de mon Seigneur qui me les a confiés, je veux distribuer tous mes biens, de la manière qui te paraîtra la plus appropriée. » François répondit : « Demain, nous irons à l’église et le livre des Évangiles nous fera connaître de quelle manière le Seigneur enseigna ses disciples. » Le matin donc, ils se levèrent et, en compagnie d’un autre homme appelé Pierre qui lui aussi désirait devenir frère, ils se rendirent à l’église… Ils entrèrent pour prier et, parce qu’ils étaient sans instruction et ne savaient pas où trouver la parole de l’Évangile sur la renonciation au monde, ils demandaient au Seigneur qu’il daigne leur montrer sa volonté dès la première ouverture du livre.

    Leur prière terminée, le bienheureux François prit le livre fermé et, agenouillé devant l’autel, il l’ouvrit. À la première ouverture se présenta ce conseil du Seigneur : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel. » À cette découverte le bienheureux François se réjouit beaucoup et rendit grâce à Dieu. Mais, comme il avait une vraie dévotion à la Trinité, il voulut avoir la confirmation par un triple témoignage. Il ouvrit donc le livre une seconde et une troisième fois. À la seconde ouverture il trouva : « N’emportez rien sur la route » (Lc 9,3) et à la troisième : « Celui qui veut me suivre doit renoncer à lui-même » (Lc 9,23)… François dit : « Frères, voilà notre vie et notre règle, et celle de tous ceux qui voudront se joindre à notre groupe. Allez, et ce que vous avez entendu, faites-le ! »

    Bernard, qui était très riche, s’en alla ; en vendant tout ce qu’il possédait, il réunit une grande somme d’argent dont il distribua la totalité aux pauvres de la ville… À partir de cette heure, tous trois vécurent suivant la règle du saint Évangile que le Seigneur leur avait montrée. C’est ce que le bienheureux François dit dans son testament : « C’est le Seigneur lui-même qui m’a révélé que je devais vivre selon la forme du saint Évangile. »

    Récit de trois compagnons de saint François d’Assise (v. 1244)

  • « Femme, ta foi est grande ! »

    « Femme, ta foi est grande ! »

    « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! » C’est un cri d’appel d’une force immense… C’est un gémissement qui vient comme d’une profondeur sans fin. Cela dépasse de beaucoup la nature, et c’est le Saint Esprit qui doit lui-même proférer en nous ce gémissement (Rm 8,26)… Mais Jésus lui dit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël »… Or qu’a-t-elle fait ainsi pourchassée ? … Elle a pénétré plus profondément encore dans l’abîme. Tout en s’abaissant et s’humiliant, elle a gardé confiance et a dit : « C’est vrai, Seigneur ; et justement les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »

    Ah ! si vous aussi vous pouviez réussir à pénétrer ainsi vraiment dans le fond de la vérité, non pas par de savants commentaires, de grands mots, ou bien avec les sens, mais dans le vrai fond de vous-même ! Ni Dieu, ni aucune créature ne pourrait vous fouler, vous anéantir, si vous demeuriez dans la vérité, dans l’humilité confiante. On pourrait vous faire subir affront, mépris et rebuffades, vous resteriez ferme dans la persévérance, vous pousseriez plus à fond encore, animé d’une confiance entière, et vous augmenteriez toujours davantage encore votre zèle. C’est de là que tout dépend, et celui qui parvient à ce point, celui-là réussit. Ces chemins et eux seuls conduisent, en vérité, sans aucune station intermédiaire, jusqu’à Dieu. Mais demeurer ainsi dans cette grande humilité, avec persévérance, avec une assurance entière et véritable, comme cette pauvre femme l’a fait, il en est peu qui y arrivent.

    Jean Tauler (v. 1300-1361)

  • Tous deux ne feront plus qu’un. »

    Tous deux ne feront plus qu’un. »

    Dans la Bible, la relation de Dieu avec Israël est illustrée par les métaphores des fiançailles et du mariage ; et par conséquent, l’idolâtrie est adultère et prostitution… Mais l’amour-eros de Dieu pour l’homme est en même temps totalement l’amour-agapè. Non seulement parce qu’il est donné absolument gratuitement, sans aucun mérite préalable, mais encore parce qu’il est un amour qui pardonne… Dans la Bible, donc, nous nous trouvons d’une part devant une image strictement métaphysique de Dieu : Dieu est en absolu la source originaire de tout être ; mais ce principe créateur de toutes choses, la raison primordiale, est d’autre part quelqu’un qui aime avec toute la passion d’un véritable amour. De la sorte, l’amour-eros est ennobli au plus haut point, mais, en même temps, il est ainsi purifié jusqu’à se fondre avec l’amour-agapè… La première nouveauté de la foi biblique consiste dans cette image de Dieu ; la deuxième, qui lui est essentiellement liée, nous la trouvons dans l’image de l’homme.

    Le récit biblique de la création parle de la solitude du premier homme, Adam, aux côtés duquel Dieu veut placer une aide… L’idée que l’homme serait en quelque sorte incomplet de par sa constitution, à la recherche, dans l’autre, de la partie qui manque à son intégrité, à savoir l’idée que c’est seulement dans la communion avec l’autre sexe qu’il peut devenir « complet », est sans aucun doute présente. Le récit biblique se conclut ainsi sur une prophétie concernant Adam : « À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un » (Gn 2,24).

    Deux aspects sont ici importants : l’eros est comme enraciné dans la nature même de l’homme ; Adam est en recherche et il « quitte son père et sa mère » pour trouver sa femme ; c’est seulement ensemble qu’ils représentent la totalité de l’humanité, qu’ils deviennent « une seule chair ». Le deuxième aspect n’est pas moins important : selon une orientation qui a son origine dans la création, l’eros renvoie l’homme au mariage, à un lien caractérisé par l’unicité et le définitif ; ainsi, et seulement ainsi, se réalise sa destinée profonde. À l’image du Dieu du monothéisme, correspond le mariage monogamique. Le mariage fondé sur un amour exclusif et définitif devient l’icône de la relation de Dieu avec son peuple et réciproquement : la façon dont Dieu aime devient la mesure de l’amour humain.

    Benoît XVI

  • Article sans titre 27064

    Tout homme est débiteur de Dieu et tout homme a son frère pour débiteur. En effet, qui n’aurait pas de dette envers Dieu sinon celui en qui il ne se trouve pas de péché ? Et qui n’aurait pas son frère pour débiteur sinon celui que personne n’a jamais offensé ? Tout homme est donc à la foi débiteur et créancier… Un mendiant te demande l’aumône et toi tu es le mendiant de Dieu, car nous sommes tous, quand nous le prions, les mendiants de Dieu. Nous nous tenons ou plutôt nous nous prosternons devant la porte de notre Père de famille (cf Lc 11,5s) ; nous le supplions en nous lamentant, désireux de recevoir de lui une grâce, et cette grâce, c’est Dieu lui-même. Que te demande le mendiant ? Du pain. Et toi, que demandes-tu à Dieu si ce n’est le Christ, qui a dit : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel » (Jn 6,51). Vous voulez être pardonnés ? Pardonnez. « Remettez, et il vous sera remis ». Vous voulez recevoir ? « Donnez, et l’on vous donnera » (Lc 6,37)…

    Nous devons donc être prêts à pardonner toutes les fautes que l’on commet contre nous si nous voulons que Dieu nous pardonne. Oui vraiment, si nous considérons nos péchés et passons en revue les fautes que nous avons commises, je ne sais pas si nous pourrions nous endormir sans sentir peser tout le poids de notre dette. Voilà pourquoi chaque jour nous présentons à Dieu nos demandes, chaque jour nos prières frappent à ses oreilles, chaque jour nous nous prosternons en disant : « Remets-nous nos dettes comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient ». Quelles dettes veux-tu te faire remettre ? Toutes, ou une partie ? Tu vas répondre : Toutes. Fais donc de même pour ton débiteur.

    Saint Augustin (354-430)

  • « Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. » : le sacrement de réconciliation

    « Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. » : le sacrement de réconciliation

    L’autre jour, quelqu’un, un journaliste, m’a posé une question étrange : « Vous-même, allez-vous en confession ? – Oui, je vais en confession chaque semaine, ai-je répondu. – Dieu doit être plus qu’exigeant si vous-même avez à vous confesser ».

    C’était à mon tour de lui dire : « Il arrive parfois à votre propre enfant de mal agir. Que se passe-t-il quand il vous annonce : ‘Papa, je suis désolé !’ Que faites-vous ? Vous prenez votre enfant dans vos bras et vous l’embrassez. Pourquoi ? Parce que c’est votre façon de lui dire que vous l’aimez. Dieu fait la même chose. Il vous aime tendrement ». Si nous avons péché ou si nous avons commis une faute, faisons en sorte que cela nous aide à nous rapprocher de Dieu. Disons lui humblement : « Je sais que je n’aurais pas dû agir ainsi, mais même cette chute, je te l’offre ».

    Si nous avons péché, si nous avons fauté, allons vers lui et disons-lui : « Je regrette ! Je me repens ! » Dieu est un père qui prend pitié. Sa miséricorde est plus grande que nos péchés. Il nous pardonnera.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

  • L’Église, victorieuse des tempêtes

    L’Église, victorieuse des tempêtes

    Notre espérance, tout comme notre foi, qui en est la substance et la réalité, est dans le ciel, et là-haut elle reste fixée ; mais ici-bas elle soutient notre vie. Si, au nom du Christ et de sa Croix, dans le ciel les chœurs des anges (…) chantent devant le trône de Dieu « gloire, honneur, salut et bénédiction », ici-bas, l’Église des fidèles encore pèlerins met toute son espérance dans la Croix. « Ô Croix, salut, unique espérance ! » (Hymne de la Passion)

    L’océan de l’humanité s’agite, les peuples comme les flots se soulèvent et s’entrechoquent sous la pression des vents des passions sociales et politiques, les rivages et les plages de la paix sont battus et ébranlés par les flots déchaînés. (…) Qui commandera aux vents et aux tempêtes ? Qui rendra muets leur sifflement et leur rage ? (…)

    Ne craignez pas, mes frères. Sur les flots et sur les tempêtes marche dans l’ombre des tabernacles le Seigneur du ciel et de la terre ; non, il ne passera pas indifférent au-delà de notre barque agitée ; il viendra à nous et nous dira : « ayez confiance ; c’est moi, ne craignez pas. » (Mt 14, 27) N’a-t-il pas promis qu’il serait avec nous jusqu’à la consommation des temps ? (…) Ne croyons-nous pas en lui ? Ne le connaissons-nous pas peut-être ? Ah, qu’il n’ait pas à dire de nous, après tant de temps passé avec nous : « depuis tant de temps je suis avec vous et vous ne me connaissez pas ? » (Jn 14, 9)

    Nous sommes perdus au milieu de la tempête qui agite l’océan de la société et des peuples, mais dans la Croix du Christ, qui reste debout au milieu des bouleversements du monde, résident notre confiance et nos espoirs. C’est elle l’ancre qui, dans les flots déchaînés, donne la sécurité à la barque de l’Église et de notre âme, qui tend au port des biens suprêmes et invisibles ; c’est elle, l’ancre solidement fixée à Dieu et à ses promesses infaillibles.

    Vénérable Pie XII