Catégorie : Enseignement

  • Les deux commandements de l’amour

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    Question : Nous vous prions d’abord de nous dire si les commandements de Dieu se suivent dans un certain ordre. Y a-t-il un premier, un deuxième, un troisième et ainsi de suite ? …

    Réponse : Le Seigneur en personne a déterminé l’ordre à garder dans ses commandements. Le premier et le plus grand est celui qui regarde la charité envers Dieu, et le second, qui lui est semblable, ou plutôt en est l’accomplissement et la conséquence, concerne l’amour du prochain…

    Question : Parlez-nous d’abord de l’amour de Dieu. Il est entendu qu’il faut aimer Dieu, mais comment faut-il l’aimer ? …

    Réponse : L’amour envers Dieu ne s’enseigne pas. Personne ne nous a appris à jouir de la lumière ni à tenir à la vie par-dessus tout ; personne non plus ne nous a enseigné à aimer ceux qui nous ont mis au monde ou nous ont élevés. De la même façon, ou plutôt à plus forte raison, ce n’est pas un enseignement extérieur qui nous apprend à aimer Dieu. Dans la nature même de l’être vivant — je veux dire de l’homme — est déposé une sorte de germe qui contient en lui le principe de cette aptitude à aimer. C’est à l’école des commandements de Dieu qu’il appartient de recueillir ce germe, de le cultiver diligemment, de le nourrir avec soin, et de le porter à son épanouissement moyennant la grâce divine. J’approuve votre zèle, il est indispensable au but…

    Il faut savoir que cette vertu de charité est une, mais qu’en puissance elle embrasse tous les commandements : « Car celui qui m’aime, dit le Seigneur, accomplit mes commandements » (Jn 14,23), et encore : « Dans ces deux commandements sont contenus toute la loi et les prophètes » (Mt 22,40).

    Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
    Grandes Règles monastiques, Q 1-2 (trad. Eds Maredsous 1969, p. 48s)

     

     

  • « Tout royaume divisé devient un désert. »

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    Nul ne peut avoir Dieu pour père s’il n’a pas l’Église pour mère… Le Seigneur nous en avertit en disant : « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui ne rassemble pas avec moi dissipe. » Celui qui brise la paix et la concorde du Christ agit contre le Christ ; celui qui rassemble en dehors de l’Église dissipe l’Église du Christ.

    Le Seigneur dit : « Le Père et moi nous sommes un » (Jn 10,30). Il est écrit encore à propos du Père, du Fils et du Saint Esprit : « Ces trois sont un » (1Jn 5,7). Qui dès lors croira que l’unité, qui tient son origine dans cette harmonie divine, qui est liée à ce mystère céleste, puisse être morcelée dans l’Église…par des conflits de volonté ? Quiconque n’observe pas cette unité n’observe pas la loi de Dieu, ni la foi au Père et au Fils ; il ne garde pas la vie ni le salut.

    Ce sacrement de l’unité, ce lien de la concorde dans une cohésion indissoluble nous est montré dans l’évangile par la tunique du Seigneur. Elle ne peut pas du tout être divisée ni déchirée, mais elle est tirée au sort pour savoir qui revêtira le Christ (Jn 19,24)… Elle est le symbole de l’unité qui vient d’en haut.

    Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
    De l’unité de l’Eglise (trad. cf. coll. Pères dans la foi, DDB 1979, p. 31)

     

  • Faire silence

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    Qui d’entre nous ne s’est pas entendu dire un jour « il faut que je fasse du rangement » ? Plus on avance dans la vie, plus on se rend compte qu’il est vital d’appliquer ce réflexe à notre vie intérieure… Depuis une quinzaine d’années, les monastères, les communautés ou les foyers de charité accueillent de plus en plus de gens. Pour certains, c’est un rendez-vous avec Dieu qui s’impose. D’autres sont attirés sans rien connaître de Dieu. D’autres encore ont rompu avec la foi de leur enfance mais une sensibilité religieuse leur est restée. Mais faire retraite reste une exigence, cela suppose d’accepter de se laisser déposséder de ses attaches, pour être plus soi-même en vérité.
    On décide de faire une retraite lorsque l’on a besoin de souffler, de réfléchir sur sa vie, parce que l’on se sent tiraillé, effiloché, émietté. Faire le point permet de relire sa vie, de se recentrer sur l’essentiel, de refaire l’unité en soi pour avancer à nouveau.
    Pour certains, ce sera le moyen de discerner, de faire mûrir une décision difficile à prendre ou une orientation de vie difficile à accepter. Pour d’autres c’est un moyen de faire plus de place au Seigneur dans sa vie, de lui consacrer un temps de prière, un temps privilégié aussi pour prier pour tous ceux que l’on aime. Tous ressentent le besoin de s’éloigner de chez eux pour méditer, réfléchir en silence! D’autres viennent y chercher « le vrai silence ». Ceux qui ont vu le film « le Grand silence » se souviennent de l’émotion ressentie « à l’écoute » du silence dans lequel vivent les moines de la Grande Chartreuse. Un silence qui vous happe, vous trouble, mais fait goûter un autre rapport au temps, à la vie et vous laisse tellement différent !

    Le silence peut être un choc. S’il est vécu de façon authentique, il permet de descendre en soi, d’atteindre un niveau de conscience que l’on ne peut atteindre dans le tourbillon de la vie. Ce silence n’est pas vide. C’est le lieu de rencontre avec Dieu.

     

    Evelyne Montigny , journaliste
    juillet 2009

    croire.com

     

     

  • Vivons selon Dieu

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    Nous qui par chaque parole de la divine Écriture sommes invités à l’imitation du Seigneur qui nous a créés dans sa bienfaisance, voilà que nous détournons tout à notre propre utilité, nous mesurons tout à notre agrément. Nous nous attribuons des biens pour notre propre vie et nous mettons le reste en réserve pour nos héritiers. Quant aux gens qui sont dans la misère, il n’en est nullement question. Et des pauvres on n’a pas le moindre souci. 0 cœurs sans miséricorde !

    Un homme voit-il son prochain manquer de pain et du moyen de se procurer la nourriture indispensable, loin de s’empresser de lui offrir son aide pour le tirer de la misère, il l’observe comme on observerait une plante verdoyante en train de se dessécher pitoyablement, faute d’eau. Et cependant cet homme déborde de richesses et serait capable d’apporter à beaucoup l’aide de ses biens. De même que le débit d’une seule source peut arroser de nombreux champs sur une vaste étendue, ainsi l’opulence d’une seule maison est capable de sauver de la misère un grand nombre de pauvres, à moins que la parcimonie et l’avarice de l’homme ne vienne y faire obstacle, comme un rocher tombé dans le ruisseau en détourne le cours.

    Ne vivons pas uniquement selon la chair, vivons selon Dieu.

    Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque
    Sermon 1 sur l’amour des pauvres : PG 46, 463-466 (trad. Orval)

     

     

  • La vie communautaire : « Vous êtes tous frères »

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    Quoi qu’ils fassent, les frères doivent se montrer charitables et joyeux les uns avec les autres. Celui qui travaille parlera ainsi de celui qui prie : « Le trésor que mon frère possède, je l’ai, moi aussi, puisqu’il nous est commun. » De son côté, celui qui prie dira de celui qui lit : « Le bénéfice qu’il tire de sa lecture m’enrichit, moi aussi. » Et celui qui travaille dira encore : « C’est dans l’intérêt de la communauté que j’accomplis ce service. »

    Les multiples membres du corps ne forment qu’un seul corps et ils se soutiennent mutuellement en remplissant chacun sa tâche. L’œil voit pour tout le corps ; la main travaille pour les autres membres ; le pied, en marchant, les porte tous ; un membre souffre dès qu’un autre souffre. Voilà comment les frères doivent se comporter les uns avec les autres (cf. Rm 12, 4-5). Celui qui prie ne jugera pas celui qui travaille parce qu’il ne prie pas. Celui qui travaille ne jugera pas celui qui prie… Celui qui sert ne jugera pas les autres. Au contraire, chacun, quoi qu’il fasse, agira pour la gloire de Dieu (cf. 1Co 10,31 ; 2Co 4,15)…

    Ainsi une grande concorde et une sereine harmonie formeront « le lien de la paix » (Ép 4,3), qui les unira entre eux et les fera vivre avec transparence et simplicité sous le regard bienveillant de Dieu. L’essentiel, évidemment, c’est de persévérer dans la prière. D’ailleurs une seule chose est requise : chacun doit posséder en son cœur ce trésor qu’est la présence vivante et spirituelle du Seigneur. Qu’il travaille, prie ou lise, chacun doit pouvoir se dire en possession de ce bien impérissable qu’est le Saint Esprit.

     

    Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390), moine
    Troisième Homélie, 1-3 ; PG 34, 467-470 (trad. Orval)

     

     

  • Convertissez-vous !

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    « Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas » (Marc 4,12). Comment peut-on regarder sans voir ou écouter sans comprendre ? Notre monde est fait de communication. Lorsqu’il s’agit de transmettre des reportages sur des événements, comme le font les informations télévisées ou radiodiffusées, en général on n’a pas de mal à comprendre, même si certaines interprétations sont discutables. Lorsqu’il s’agit d’un cours scientifique ou d’une réflexion philosophique, l’étudiant a parfois du mal à suivre et doit se mettre à investiguer. Lorsqu’il s’agit en revanche de l’Évangile du Royaume, on a beau écouter « convertissez-vous » (Marc 1,15), la vie suit son cours vers la ruine du péché ; on a beau assister à des miracles de la grâce de Dieu (conversion, guérison), la foi n’en est pas augmentée. Pourquoi ? Le message est-il trop compliqué ou abstrait ?
    L’appel prophétique direct est souvent entendu comme un message qui concerne « les autres », « la société », bref tout le monde, sauf la propre vie ; l’esprit du monde cache un scepticisme déguisé en « pensée critique ». En échange, la Parabole enrobe le message en des problématiques de la vie courante, communément acceptées : la tentation sceptique est acculée et ne peut faire autre qu’accepter.
    Le message du Seigneur contient une leçon : la qualité de notre existence (ce que nous en faisons), telle une terre, se mesure par le fruit qu’elle fait porter à la semence. La foi et l’adhésion à Dieu, le choix de nos préoccupations, qui sont un langage d’amour, la profondeur de notre espérance parlent de l’accueil que chacun réserve à l’appel du Seigneur dans sa conscience ; elles sont les attitudes que décrivent les trois types de terrain où la semence se perd. Le quatrième terrain est fertile ; sa bonne disposition n’est pas un privilège réservé à un cercle d’initiés : il dépend de notre option de vie.
    La Parole divine va bien au-delà d’une dimension purement conceptuelle (intellectuelle) ; il s’agit de la vie de grâce semée en notre âme, qui se développe par une vie vertueuse, docile à l’action de l’Esprit Saint. Elle a porté de nombreux fruits dans l’histoire de l’Église : les Saints ! Jésus est reproduit à raison de trente, soixante ou cent pour un… Et chaque Saint aura attiré les hommes et les femmes à une rencontre avec le Christ, à l’amitié, jusqu’à l’imitation de Jésus Christ : trente, soixante, cent pour un… En raison de la potentialité extraordinaire de la Parole de Dieu, les fruits sont innombrables. La Parole n’a pas besoin de nous pour porter du fruit. C’est nous qui avons besoin d’elle : alors, pourquoi encore hésiter ?

    Père Jaroslav de Lobkowicz, LC
    Méditation quotidienne 28/01/2015
    catholique.org

    http://escapamargue.blogspot.fr

     

  • « Va d’abord te réconcilier avec ton frère. »

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    Voici ce que je proclame, ce que j’atteste, ce que je dis à voix retentissante : Qu’aucun de ceux qui ont un ennemi n’approche de la table sainte et ne reçoive le Corps du Seigneur ! Qu’aucun de ceux qui s’approche n’ait un ennemi ! Tu as un ennemi ? N’approche pas ! Si tu veux le faire, alors, va d’abord te réconcilier, puis reçois le sacrement.

    Ce n’est pas moi qui parle ainsi, c’est le Seigneur qui le dit, lui qui a été crucifié pour nous ; pour te réconcilier à son Père, il n’a pas refusé d’être immolé ni de répandre son sang ; et toi, pour te réconcilier avec ton frère, tu ne veux même pas dire un mot, et prendre l’initiative d’aller le trouver ? Écoute ce que dit le Seigneur à propos de ceux qui te ressemblent : « Si tu présentes ton offrande à l’autel, et que là, tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi … » Il ne dit pas : « Attends qu’il vienne te trouver, ou qu’il reçoive la visite d’un de tes amis comme réconciliateur », ou encore : « Envoie-lui quelqu’un d’autre », mais bien : « Toi, en personne, cours vers lui ! » « Va-t-en, dit-il, va d’abord te réconcilier avec ton frère. »

    Incroyable ! Alors que Dieu ne se tient pas pour déshonoré de voir laissé de côté le don qu’on allait lui offrir, toi, tu t’estimerais déshonoré de faire le premier pas pour te réconcilier avec ton frère ? Où trouver une excuse à pareille conduite ? Lorsque tu vois l’un de tes membres coupé, n’essaies-tu pas, par tous les moyens, de le réunir au reste de ton corps ? Agis ainsi pour tes frères : lorsque tu les verras séparés de ton amitié, vite, ramène-les, n’attends pas qu’ils se présentent les premiers, mais toi, le premier, hâte-toi de réussir.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies au peuple d’Antioche, XX, 5 et 6 (trad. Tardif)

     

     

  • La prière des enfants de Dieu

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15. 


    En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
    Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.
    Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
    que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
    Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
    Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
    Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
    Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
    Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes.

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    La prière, pour être féconde, doit venir du cœur et pouvoir toucher le cœur de Dieu. Vois comment Jésus a enseigné à ses disciples à prier. Chaque fois que nous prononçons le « Notre Père », Dieu, je le crois, porte le regard sur ses mains, là où il nous a gravés : « Je t’ai gravé sur la paume de ma main » (Is 49,16). Il contemple ses mains et il nous voit là, blottis en elles. Quelle merveille que la tendresse de Dieu ! 

    Prions, disons le « Notre Père ». Vivons-le et alors nous serons des saints. Tout y est : Dieu, moi-même, le prochain. Si je pardonne, alors je peux être saint, je peux prier. Tout provient d’un cœur humble ; ayant un tel cœur, nous saurons comment aimer Dieu, nous aimer nous-mêmes et aimer notre prochain (Mt 22,37s). Il n’y a là rien de compliqué et pourtant nous compliquons tant nos vies, les aggravant de tant de surcharges. Une seule chose compte : être humble et prier. Plus vous prierez, mieux vous prierez.

    Un enfant ne rencontre aucune difficulté à exprimer son intelligence candide en des termes simples qui disent beaucoup. Jésus n’a-t-il pas fait comprendre à Nicodème qu’il faut devenir comme un petit enfant ? (Jn 3,3) Si nous prions selon l’Évangile, nous permettrons au Christ de grandir en nous. Prie donc avec amour, à la manière des enfants, avec l’ardent désir de beaucoup aimer, et de rendre aimé celui qui ne l’est pas.

    Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    No Greater Love (trad. Pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 28)

     

     

  • « C’est à moi que vous l’avez fait »

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    T’imagines-tu que la charité ne soit pas obligatoire mais libre ? Qu’elle ne soit pas une loi, mais un simple conseil ? Je le voudrais bien moi aussi et le penserais volontiers. Mais la main gauche de Dieu m’effraie, là où il a placé les boucs pour leur adresser ses reproches, non parce qu’ils ont volé, pillé, commis l’adultère ou perpétré d’autres délits de cet ordre, mais parce qu’ils n’ont pas honoré le Christ dans la personne de ses pauvres.

    Si vous voulez m’en croire, vous les serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers, tant qu’il n’est pas trop tard, visitons le Christ, servons le Christ, nourrissons le Christ, vêtons le Christ, accueillons le Christ, honorons le Christ, et non pas seulement en lui offrant un repas comme certains, ou du parfum comme Marie Madeleine, ou une sépulture comme Joseph d’Arimathie, ou les devoirs funèbres comme Nicodème, ou de l’or, de l’encens et de la myrrhe comme les mages.

    « C’est la miséricorde et non les sacrifices » (Mt 9,13) que désire le Seigneur de l’univers, la compassion plutôt que des milliers d’agneaux gras. Présentons-la-lui donc par la main de ceux qui sont abattus par la misère, et le jour où nous quitterons ce monde, ils nous « recevront dans les tentes éternelles » (Lc 16,9), dans le Christ lui-même, notre Seigneur à qui appartient la gloire pour l’éternité.

    Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l’Église
    Sermon 14, sur l’amour des pauvres, 27, 28, 39-40 ; PG 35, 891s (trad. Orval ; cf bréviaire 3e samedi de Carême)