Catégorie : Enseignement

  • « Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main et le toucha »

    Les pauvres ont soif d’eau, mais aussi de paix, de vérité et de justice. Les pauvres sont nus et ont besoin de vêtements, mais aussi de dignité humaine et de compassion pour les pécheurs. Les pauvres sont sans abri et ont besoin d’un abri fait de briques, mais aussi d’un cœur joyeux, compatissant et plein d’amour. Ils sont malades et ils ont besoin de soins médicaux, mais aussi d’une main secourable et d’un sourire accueillant.

    Les exclus, ceux qui sont rejetés, ceux qui ne sont pas aimés, les prisonniers, les alcooliques, les mourants, ceux qui sont seuls et abandonnés, les marginalisés, les intouchables et les lépreux…, ceux qui sont dans le doute et la confusion, ceux qui n’ont pas été touchés par la lumière du Christ, les affamés de la parole et de la paix de Dieu, les âmes tristes et affligées…, ceux qui sont un fardeau pour la société, qui ont perdu toute espérance et foi dans la vie, qui ont oublié comment sourire et qui ne savent plus ce que c’est que de recevoir un peu de chaleur humaine, un geste d’amour et d’amitié –- tous, ils se tournent vers nous pour recevoir un réconfort. Si nous leur tournons le dos, nous tournons le dos au Christ.

    Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    Lettre à ses collaboratrices du 10/04/1974

     

     

     

     

  • « Bien avant l’aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert. »

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    Rien ne rend l’âme pure et joyeuse, ni ne l’illumine et en éloigne les pensées mauvaises, autant que les veilles. Pour cette raison, tous nos pères ont persévéré dans ce labeur des veilles et ont adopté pour règle de rester éveillés la nuit durant tout le cours de leur vie ascétique. Ils l’ont fait spécialement parce qu’ils avaient entendu notre Sauveur nous y inviter instamment en divers endroits par sa vivante Parole : « Veillez et priez en tout temps » (Lc 21,36) ; « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » (Mt 26,41) ; et encore : « Priez sans cesse » (1Th 5,17).

    Et il ne s’est pas contenté de nous avertir seulement par ses paroles. Il nous a donné aussi l’exemple en sa personne en honorant la pratique de la prière au-dessus de toute autre chose. C’est pourquoi il s’isolait constamment pour la prière, et cela non d’une façon arbitraire, mais en choisissant pour temps la nuit et pour lieu le désert, afin que nous aussi, évitant les foules et le tumulte, nous devenions capables de prier dans la solitude.

    C’est pourquoi nos pères ont reçu ce haut enseignement concernant la prière comme s’il venait du Christ lui-même. Et ils ont choisi de veiller dans la prière selon l’ordre de l’apôtre Paul, avant tout afin de pouvoir demeurer sans aucune interruption dans la proximité de Dieu par la prière continuelle… Aucune chose venant du dehors ne les atteint et n’altère la pureté de leur intellect, ce qui troublerait ces veilles qui les remplissent de joie et qui sont la lumière de l’âme.

    Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
    Discours ascétiques (trad. Deseille, La Fournaise de Babylone, Eds. Présence 1974, p. 88)

     

     

     

     

  • Que cherchez-vous ?

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    Le christianisme est avant tout une rencontre avec une personne. Une rencontre concrète d’une personne avec une autre personne. Le christianisme n’est pas d’abord une liste de préceptes à suivre pour avoir le salut, ni un code moral, ni des réunions hebdomadaires. Etre chrétien cela veut dire avoir rencontré Jésus, et avoir trouvé en Lui ce qui ne peut se trouver nulle part ailleurs. Etre chrétien, c’est avoir une relation d’amour avec Jésus, et ,avec lui, avec la Sainte Trinité. C’est cela qui donne son sens à tout le reste. Il est impossible d’être un vrai chrétien sans cette rencontre, sans cette expérience de l’amour de Jésus.
    Le dialogue entre Jésus et les disciples, déconcertant de simplicité, est en fait le dialogue de Jésus avec chacune des personnes qu’ Il rencontre. En voyant ces personnes qui le suivent, Jésus ne leur déroule pas toute une liste de règles qu’il faut respecter pour se mettre à sa suite. Non, Il leur pose une question : « Que cherchez-vous ? » Jésus sait que chaque personne a en elle une soif d’un amour qu’elle ne trouve pas dans ce monde. Soif d’un amour infini, qui seul peut remplir son cœur. Et à la question « Où demeures-tu ? » Jésus répond par cette invitation: « Venez, et vous verrez.» Jésus ne leur laisse pas une liste de choses à faire. La vie chrétienne est une rencontre avec Jésus, et un chemin qui se parcourt avec Jésus. Il n’est pas venu juste pour nous rencontrer, mais pour rester avec nous. Pour nous accompagner tout au long de notre vie. Il est toujours fidèle, dans les moments de joie comme dans les moments de souffrance. Et c’est même là, dans nos souffrances les plus profondes, là où personne ne peut nous rejoindre, que Jésus, par sa mort sur la croix, vient au plus près de nous.

    catholique.org

     

     

     

  • « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est tout proche. »

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    L’homme moderne est en marche vers un développement plus complet de sa personnalité, vers une découverte et une affirmation toujours croissantes de ses droits. L’Église, pour sa part, qui a reçu la mission de manifester le mystère de Dieu, de ce Dieu qui est la fin ultime de l’homme, révèle en même temps à l’homme le sens de sa propre existence, c’est-à-dire sa vérité essentielle.

    L’Église sait parfaitement que Dieu seul, dont elle est la servante, répond aux plus profonds désirs du cœur humain que jamais ne rassasient pleinement les nourritures terrestres. Elle sait aussi que l’homme, sans cesse sollicité par l’Esprit de Dieu, ne sera jamais tout à fait indifférent au problème religieux, comme le prouvent non seulement l’expérience des siècles passés, mais de multiples témoignages de notre temps.

    L’homme voudra toujours connaître, ne serait-ce que confusément, la signification de sa vie, de ses activités et de sa mort. Ces problèmes, la présence même de l’Église les lui rappelle. Or Dieu seul, qui a créé l’homme à son image et l’a racheté du péché, peut répondre à ces questions en plénitude. Il le fait par la révélation dans son Fils, qui s’est fait homme. Quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme…

    Car le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, s’est lui-même fait chair, afin que, homme parfait, il sauve tous les hommes et récapitule toutes choses en lui. Le Seigneur est le terme de l’histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l’histoire et de la civilisation, le centre du genre humain, la joie de tous les cœurs et la plénitude de leurs aspirations.

    Concile Vatican II
    Constitution dogmatique sur l’Eglise dans le monde de ce temps « Gaudium et spes », § 41, 45

     

     

  • « Il faut que lui, il grandisse ; et moi, que je diminue. »

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    Avant Jean Baptiste, on a vu de grands, de saints prophètes en grand nombre, dignes de Dieu, pleins de son Esprit, qui annonçaient l’avènement du Seigneur et rendaient témoignage à la vérité. Cependant on n’a pas dit d’eux ce qui a été dit de Jean Baptiste : « Parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas eu de plus grand que Jean » (Mt 11,1). Pourquoi donc cette grandeur envoyée devant celui qui est la grandeur même ? Pour donner un témoignage de la profonde humilité du Précurseur.

    Il était si grand qu’on aurait pu le prendre pour le Christ. Rien de plus facile… puisque sans qu’il le dise, c’est ce que croyaient ceux qui l’entendaient et le voyaient… Mais cet humble ami de l’époux, zélé pour l’honneur de l’époux, ne veut pas prendre la place de l’époux, comme un adultère. Il rend témoignage à son ami, il recommande à l’épouse l’époux véritable, et il a horreur d’être aimé à sa place parce qu’il ne veut être aimé qu’en lui. « L’ami de l’époux se tient debout et l’écoute ; il se réjouit d’une grande joie à sa voix. »

    Le disciple écoute le maître ; il est debout parce qu’il l’écoute, car s’il refuse de l’écouter sa chute est certaine. Ce qui relève à nos yeux la grandeur de Jean, c’est qu’il pouvait être pris pour le Christ et que, cependant, il a préféré rendre témoignage à Jésus Christ, proclamer sa grandeur et s’humilier que de passer pour le Messie et se tromper lui-même en trompant les autres. C’est donc à juste titre que Jésus dit de lui qu’il était plus qu’un prophète… Jean s’est humilié devant la grandeur du Seigneur pour mériter que son humilité soit relevée par cette grandeur… « Je ne suis pas digne, dit-il, de dénouer la courroie de ses sandales. » (Mc 1,7)

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    2ème Sermon pour la nativité de Jean Baptiste, no. 288, 2 ; PL 38-39, 1302-1304 (cf Bouchet, Lectionnaire, p. 19)

     

     

     

     

  • « Il vient à eux vers la fin de la nuit. »

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    « Après cela, il ordonna à ses disciples de monter dans la barque jusqu’à ce qu’il disperse lui-même les foules ; et, la foule dispersée, il monta pour prier et, le soir venu, il était seul » (Mt 14,22-23). Pour donner la raison de ces faits, il faut faire des distinctions de temps. S’il est seul le soir, cela montre sa solitude à l’heure de la Passion, quand la panique a dispersé tout le monde. S’il ordonne à ses disciples de monter dans la barque et de traverser la mer, pendant qu’il renvoie lui-même les foules et, celles-ci une fois renvoyées, s’il monte sur une montagne, c’est qu’il leur ordonne d’être dans l’Église et de naviguer par la mer, c’est-à-dire ce monde, jusqu’à ce que, revenant dans son avènement de gloire, il rende le salut à tout le peuple qui sera le reste d’Israël (cf Rm 11,5)…et que ce peuple rende grâce à Dieu son Père et s’établisse dans sa gloire et sa majesté…

    « Il vient à eux vers la fin de la nuit, à la quatrième veille. » Dans l’expression « quatrième veille de la nuit » on trouve le nombre correspondant aux marques de sa sollicitude. En effet, la première veille a été celle de la Loi, la seconde celle des prophètes, la troisième celle de son avènement corporel, la quatrième se place à son retour glorieux. Mais il trouvera l’Église déclinante et cernée par l’esprit de l’Antéchrist et toutes les agitations de ce monde ; il viendra au plus fort de l’anxiété et des tourments… Les disciples seront dans l’effroi même à l’avènement du Seigneur, redoutant les images de la réalité déformées par l’Antéchrist et les fictions qui s’insinuent dans le regard. Mais le Seigneur qui est bon leur parlera aussitôt, chassera leur peur et leur dira : « C’est moi », dissipant, par la foi en son avènement, la crainte du naufrage menaçant.

    Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’Evangile de Matthieu, 14, 13-14 (trad. SC 258, p. 27 rev.)

     

     

     

  • « Tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. »

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    Frères, suivons les mages, quittons nos mœurs païennes. Partons ! Faisons un long voyage pour voir le Christ. Si les mages n’étaient pas partis loin de leur pays, ils n’auraient pas vu le Christ. Quittons nous aussi les intérêts de la terre. Tant qu’ils restaient dans leur pays, ce n’est que l’étoile que les mages voyaient ; mais quand ils ont quitté leur patrie, ils ont vu le Soleil de justice (Ma 3,20). Disons mieux : s’ils n’avaient pas généreusement entrepris leur voyage, ils n’auraient même pas vu l’étoile. Nous aussi, levons-nous donc, et même si tout le monde à Jérusalem se trouble, courons là où se trouve l’Enfant…

    « Entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie, sa mère ; et tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui ; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent leurs présents. » Quel motif les a poussés à se prosterner devant cet enfant ? Rien de remarquable dans la Vierge ni dans la maison ; pas un objet capable de frapper le regard et de les attirer. Et pourtant, non contents de se prosterner, ils ouvrent leurs trésors, des cadeaux qu’on n’offre pas à un homme, mais seulement à Dieu — l’encens et la myrrhe symbolisent la divinité. Quelle raison les a poussés à agir de la sorte ? La même qui les avait décidés à quitter leur patrie, à partir pour ce long voyage. C’est l’étoile, c’est à dire la lumière dont Dieu avait rempli leur cœur et qui les conduisait peu à peu à une connaissance plus parfaite. S’il n’y avait pas eu cette lumière, comment auraient-ils pu rendre de tels hommages alors que ce qu’ils voyaient était si pauvre et si humble ? S’il n’y a pas de grandeur matérielle, mais seulement une crèche, une étable, une mère dénuée de tout, c’est pour que tu voies plus nettement la sagesse des mages, pour que tu comprennes qu’ils sont venus non pas à un homme, mais à un Dieu, leur bienfaiteur.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur St Matthieu, 7-8 (trad. Véricel, l’Evangile commenté, p. 50 rév)

     

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  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,16-21.

    En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
    Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
    Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.
    Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.
    Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.
    Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

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    L’Immaculée annonce l’aube du jour éternel et nous soutient et nous guide tout au long du chemin qui nous en sépare encore. Pour cette raison l’hymne liturgique « Salut, étoile du matin » est une douce invocation : « Fais en sorte que, croyant en Jésus avec toi, avec toi nous puissions en jouir ». C’est à cette fin, couronnement d’une vie de grâce, que doivent tendre les battements de notre cœur et les efforts les plus généreux de notre fidélité de chrétiens. Prenons courage, enfants, nous ne serons pas toujours dans le trouble. Marie, « tu es notre force » !

    Ô Marie, image radieuse de grâce et de pureté, en paraissant tu as dissipé les ténèbres de la nuit et nous as élevés aux splendeurs du ciel : sois propice à tes enfants. Prépare nos pensées à la venue du Soleil de justice (Ml 3,20) que tu as donné au monde. Porte du ciel, fais que nos cœurs aspirent au paradis. Miroir de justice, conserve en nous l’amour de la grâce divine, afin que dans l’humilité et la joie, nous accomplissions notre vocation chrétienne ; que nous puissions jouir toujours de l’amitié du Seigneur et recevoir tes consolations maternelles.

    Saint Jean XXIII (1881-1963), pape
    Discorsi II, p. 53

     

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  • « Servant Dieu jour et nuit »

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    Dans les Saintes Écritures, le vrai soleil et le jour véritable, c’est le Christ ; c’est pourquoi pour les chrétiens, aucune heure n’est exclue, et sans cesse et toujours il faut adorer Dieu. Puisque nous sommes dans le Christ, c’est-à-dire dans la lumière véritable, tout au long du jour, soyons en supplications et en prière. Et quand selon le cours du temps, la nuit revient après le jour, rien dans les ténèbres nocturnes ne nous empêche de prier : pour les fils de lumière (1Th 5,5), il fait jour même dans la nuit. Quand donc est-il sans la lumière, celui dont la lumière est dans le cœur ? Quand donc fait défaut le soleil, quand donc n’est-ce plus jour pour celui dont le Christ est Soleil et Jour ?

    Pendant la nuit donc ne laissons pas la prière. C’est ainsi qu’Anne, la veuve, obtenait la faveur de Dieu en persévérant dans la prière et dans les veilles comme il est écrit dans l’Évangile : « Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant jour et nuit dans les jeûnes et la prière »… Que la paresse et le laisser-aller ne nous empêchent pas de prier. Par la miséricorde de Dieu, nous avons été recréés dans l’Esprit et nous sommes renés. Imitons donc ce que nous serons. Nous devons habiter un royaume où il n’y aura plus de nuit, où brillera un jour sans déclin, veillons déjà pendant la nuit comme s’il faisait plein jour. Appelés à prier et à rendre grâces sans fin à Dieu au ciel, commençons déjà à prier sans cesse et à rendre grâces ici-bas.

    Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
    Sur le Notre Père ; PL 4, 544 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 280)

     

     

     

  • Fête des saints Innocents, martyrs

    «La Vierge à l'Enfant entourée des saints Innocents», huile sur bois  (Hauteur. 138 cm ; largeur. 100 cm) de Pierre Paul Rubens. – Œuvre executée vers 1618, appartenant au musée du Louvre (Paris). - Ref. Nº  INV 1763, photographiée lors de l’exposition temporaire « Rubens et son Temps » au musée du Louvre-Lens.
    «La Vierge à l’Enfant entourée des saints Innocents», huile sur bois (Hauteur. 138 cm ; largeur. 100 cm) de Pierre Paul Rubens. – Œuvre executée vers 1618, appartenant au musée du Louvre (Paris). – Ref. Nº INV 1763, photographiée lors de l’exposition temporaire « Rubens et son Temps » au musée du Louvre-Lens.

    Il est bien juste que nous célébrions la mort de ces Saints Innocents, car elle était sainte. Quand les événements nous rapprochent du Christ, quand nous souffrons pour le Christ, c’est sûrement un privilège inexprimable –- quelle que soit la souffrance, même si sur le moment nous ne sommes pas conscients de souffrir pour lui. Les petits enfants que Jésus a pris dans ses bras ne pouvaient pas non plus comprendre sur le moment de quelle admirable condescendance ils étaient l’objet, mais cette bénédiction du Seigneur n’était-elle pas un réel privilège ? Pareillement, ce massacre des enfants de Bethléem tient lieu pour eux de sacrement ; c’était le gage de l’amour du Fils de Dieu envers ceux qui ont subi cette souffrance. Tous ceux qui l’ont approché ont souffert plus ou moins, du fait même de ce contact, comme si émanait de lui une force secrète qui purifie et qui sanctifie les âmes à travers les peines de ce monde. Tel a été le cas des Saints Innocents.

    Vraiment, la présence même de Jésus tient lieu de sacrement : tous ses actes, tous ses regards, toutes ses paroles communiquent la grâce à ceux qui acceptent de les recevoir — et combien plus à ceux qui acceptent de devenir ses disciples. Dès les débuts de l’Église donc, un tel martyre a été considéré comme une forme du baptême, un vrai baptême de sang, qui a la même efficacité sacramentelle que l’eau qui régénère. Nous sommes donc invités à considérer ces petits enfants comme des martyrs et à profiter du témoignage de leur innocence.

    Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre
    Sermon « The Mind of Little Children » ; PPS II,6