Catégorie : Enseignement

  • Aimer Dieu, son prochain et soi-même

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    Celui qui n’aime pas son frère n’est pas dans l’amour, et celui qui n’est pas dans l’amour n’est pas en Dieu, car « Dieu est amour » (1Jn 4,8).

    En outre, celui qui n’est pas en Dieu n’est pas dans la lumière, car « Dieu est lumière, il n’y a pas de ténèbres en lui » (1Jn 1,5). Celui donc qui n’est pas dans la lumière, quoi d’étonnant qu’il ne voie pas la lumière, autrement dit, qu’il ne voie pas Dieu, puisqu’il est dans les ténèbres ? Il voit son frère d’une vue humaine, qui ne permet pas de voir Dieu. Mais si ce frère qu’il voit d’une vue humaine, il l’aimait d’un amour spirituel, il verrait Dieu qui est l’amour même, de cette vue intérieure qui permet de le voir…

    Qu’il ne soit plus question de savoir combien de charité nous devons à notre frère, combien à Dieu : incomparablement plus à Dieu qu’à nous, autant à nos frères qu’à nous-mêmes ; or nous nous aimons d’autant plus nous-mêmes que nous aimons Dieu davantage. C’est donc d’une seule et même charité que nous aimons Dieu et le prochain, mais nous aimons Dieu pour lui-même, nous et le prochain pour Dieu.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    De Trinitate, 8,12 ; PL 42, 958 (trad. Orval)

     

     

  • « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »

     

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,39-56.

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    En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
    Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
    Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
    et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
    D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
    Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
    Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,
    exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
    Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
    Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !
    Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
    Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
    Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
    Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
    Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
    de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
    Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

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    https://youtu.be/LWnPDdyC-IU

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    « Alors Élisabeth poussa un grand cri et dit : Bénie es-tu entre les femmes et béni le fruit de ton sein ! Comment m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? » Tu es bénie entre les femmes. Tu es le principe de leur régénération. Tu nous a ouvert le libre accès du paradis et tu as chassé nos douleurs anciennes. Non, après toi, la multitude des femmes ne souffrira plus. Les héritières d’Ève ne redouteront plus sa vieille malédiction, ni les douleurs de l’accouchement. Car Jésus Christ, le rédempteur de notre humanité, le Sauveur de toute la nature, l’Adam spirituel qui guérit les blessures de l’homme terrestre, Jésus Christ sort de tes entrailles sacrées. « Bénie es-tu entre les femmes et béni le fruit de ton sein ! »

    Une homélie grecque du 4e siècle
    attribuée à tort à saint Grégoire de Néocésarée, dit le Thaumaturge, no. 2 ; PG 10, 1156s (trad. Quéré, Luc commenté, DDB 1987, p. 38)

     

     

     

  • Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

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    Le Fils unique de Dieu, voulant nous faire participer à sa divinité, a pris notre nature afin de diviniser les hommes, lui qui s’est fait homme. En outre, ce qu’il a pris de nous, il nous l’a entièrement donné pour notre salut. En effet, sur l’autel de la croix il a offert son corps en sacrifice à Dieu le Père afin de nous réconcilier avec lui ; et il a répandu son sang pour qu’il soit en même temps notre rançon et notre baptême : rachetés d’un esclavage lamentable, nous serions purifiés de tous nos péchés. Et pour que nous gardions toujours la mémoire d’un si grand bienfait, il a laissé aux fidèles son corps à manger et son sang à boire, sous les apparences du pain et du vin.

    Quel banquet précieux et stupéfiant, qui apporte le salut et qui est rempli de douceur ! Peut-il y avoir rien de plus précieux que ce banquet où l’on ne nous propose plus, comme dans l’ancienne Loi, de manger la chair des veaux et des boucs, mais le Christ qui est vraiment Dieu ? Y a-t-il rien de plus admirable que ce sacrement ?… Aucun sacrement ne produit des effets plus salutaires que celui-ci : il efface les péchés, accroît les vertus et comble l’âme surabondamment de tous les dons spirituels. Il est offert dans l’Église pour les vivants et pour les morts afin de profiter à tous, étant institué pour le salut de tous.

    Personne n’est capable d’exprimer les délices de ce sacrement, puisqu’on y goûte la douceur spirituelle à sa source ; et on y célèbre la mémoire de cet amour insurpassable que le Christ a montré dans sa Passion. Il voulait que l’immensité de cet amour soit gravée plus profondément dans le cœur des fidèles. C’est pourquoi à la dernière Cène, après avoir célébré la Pâque avec ses disciples, lorsqu’il allait passer de ce monde à son Père (Jn 13,1), il a institué ce sacrement comme le mémorial perpétuel de sa Passion, l’accomplissement des anciennes préfigurations, le plus grand de tous ses miracles. Et à ceux que son absence allait remplir de tristesse, il a laissé ce réconfort incomparable.

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
    Opuscule pour la fête du Corps du Christ 57, 1-4 (trad. bréviaire, fête du Saint Sacrement, rev.)

     

     

     

  • « Qui t’a donné cette autorité ? »

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    La sagesse personnelle de Dieu, son Fils unique, a créé et réalisé toute chose. En effet, un psaume dit : « Tu as tout fait avec sagesse » (103,24)… De même que notre parole humaine est l’image de cette Parole qui est le Fils de Dieu (cf Jn 1,1), ainsi notre sagesse est, elle aussi, l’image de ce Verbe qui est la Sagesse en personne. Parce que nous possédons en elle la capacité de connaître et de penser, nous devenons capables d’accueillir la Sagesse créatrice, et par elle nous pouvons connaître son Père. « Car celui qui a le Fils a aussi le Père » (1Jn 2,23), et encore : « Celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé » (Mt 10,40)…

    « Puisque le monde, avec le moyen de la sagesse, n’a pas su reconnaître Dieu à travers les œuvres de la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Évangile » (1Co 1,21). Désormais Dieu ne veut plus, comme dans les temps anciens, être connu par des images et des ombres de la Sagesse : il a voulu que la véritable Sagesse en personne prenne chair, devienne homme, subisse la mort de la croix, afin qu’à l’avenir tous les croyants puissent être sauvés par la foi en cette Sagesse incarnée.

    C’est donc elle qui est la Sagesse de Dieu. Auparavant, elle se faisait connaître par son image introduite dans les choses créées…et de cette façon faisait connaître le Père. Par la suite, elle, qui est le Verbe, est devenue chair, comme dit saint Jean (1,14). Après avoir « détruit la mort » (1Co 15,26) et sauvé l’humanité, elle s’est manifestée plus clairement elle-même et, par elle-même, elle a manifesté son Père. Ce qui lui a fait dire : « Donne-leur de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jn 17,3). Toute la terre a donc été remplie de sa connaissance. Car il y a une seule connaissance, du Père par le Fils, et du Fils à partir du Père. Le Père met sa joie en lui, et le Fils se réjouit de la même joie dans le Père, ainsi qu’il le dit : « J’y trouvais ma joie, je me réjouissais jour après jour en sa présence » (Pr 8,30).

    Saint Athanase (295-373), évêque d’Alexandrie, docteur de l’Église
    Discours contre les Ariens, 2, 78-79 (trad. bréviaire 6e mar. rev.)

     

     

     

     

  • « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » (Jn 2,16)

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    « Alors Jésus entra dans le Temple et se mit à expulser ceux qui vendaient et ceux qui achetaient. » Certains s’étonnent de la résurrection de Lazare (Jn 11,44), ils sont stupéfaits que le fils d’une veuve soit ressuscité (Lc 7,15), d’autres sont frappés par d’autres miracles. Sans aucun doute, il est admirable de rendre la vie à un corps mort. Pour ma part, je suis davantage frappé par l’évènement présent. Cet homme, fils de charpentier, un pauvre sans demeure, sans gîte où se reposer, sans armée, qui n’était ni chef ni juge — quel pouvoir l’a autorisé à… chasser une foule si nombreuse alors qu’il était seul ? Personne n’a protesté, personne n’a osé opposer de résistance, car personne n’a osé s’opposer au Fils qui réparait l’injure faite à son Père…

    « Il se mit à chasser ceux qui vendaient et achetaient dans le Temple. » Si cela a été possible chez les juifs, pourquoi cela ne l’est-il pas à plus forte raison chez nous ? Si cela arrive dans le cadre de la Loi, pourquoi n’en est-il pas de même à plus forte raison dans l’Évangile ?… Le Christ, un pauvre, chasse les acheteurs et les vendeurs, qui sont riches. Celui qui vend est jeté au même titre que celui qui achète. Que personne ne dise : « Moi, j’offre tout ce que je possède, je fais des offrandes aux prêtres, comme Dieu l’a ordonné ». Dans un passage de Matthieu, nous lisons ceci : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10,8). La grâce de Dieu ne se vend pas, elle se donne.

    Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Marc, n°9 (trad. Marc commenté, DDB 1986, p. 87s)

     

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,46b-52.

    m_jésus et ses disciples arrivent à Jéricho. Et tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin.
    Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »
    Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »
    Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »
    L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.
    Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
    Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

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    L’Écriture nous représente avec raison cet aveugle assis au bord du chemin et demandant l’aumône, car la Vérité a dit elle-même : « Je suis la voie » (Jn 14,6). Ainsi, quiconque ignore la clarté de la lumière éternelle est aveugle.

    S’il croit déjà au Rédempteur, il est assis au bord du chemin. S’il croit déjà, mais néglige de demander que lui soit donnée la lumière éternelle et s’il néglige de prier, cet aveugle peut être assis au bord du chemin, mais il ne demande pas l’aumône. Mais s’il croit, s’il connaît l’aveuglement de son cœur et prie afin de recevoir la lumière de la vérité, alors il est bien cet aveugle assis au bord du chemin et qui demande aussi l’aumône.

    Celui donc qui reconnaît les ténèbres de son aveuglement et ressent la privation de la lumière éternelle, qu’il crie au fond de son cœur, qu’il crie de toute son âme : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
    Homélies sur les évangiles, n°2 (trad. Tissot, Les Pères nous parlent, 1954, p. 190)

     

     

  • « Le Fils de l’homme est venu… pour donner sa vie. »

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    « Si c’est possible, que cette coupe s’éloigne de moi » (Mt 26,39). Pourquoi as-tu repris Simon-Pierre qui disait : « Que cela ne t’arrive pas, Seigneur ! » (Mt 16,22), toi qui dis maintenant : « Si c’est possible, que cette coupe s’éloigne de moi » ? Il savait bien ce qu’il disait à son Père, et qu’il était possible que cette coupe s’éloigne, mais il était venu la boire pour tous, afin d’acquitter par cette coupe la dette que la mort des prophètes et des martyrs ne pouvait pas payer… Celui qui avait décrit sa mise à mort dans les prophètes et qui avait préfiguré le mystère de sa mort par les justes, lorsque le temps est venu de consommer cette mort, il n’a pas refusé de la boire. S’il n’avait pas voulu la boire, mais la repousser, il n’aurait pas comparé son corps au Temple dans cette parole : « Détruisez ce Temple et, le troisième jour, je le relèverai » (Jn 2,19) ; il n’aurait pas dit aux fils de Zébédée : « Pouvez-vous boire à la coupe que je boirai ? » et encore : « Il y a pour moi un baptême dont je dois être baptisé » (Lc 12,50)…

    « Si c’est possible, que cette coupe s’éloigne de moi. » Il dit cela à cause de la faiblesse qu’il avait revêtue non en faisant semblant mais réellement. Puisqu’il s’était fait petit et avait réellement revêtu notre faiblesse, il devait craindre et être ébranlé dans sa faiblesse. Ayant pris chair, ayant revêtu la faiblesse, mangeant quand il avait faim, fatigué par le travail, vaincu par le sommeil, il fallait que soit accompli tout ce qui relève de la chair lorsque le temps de sa mort est venu…

    Pour apporter par sa Passion le réconfort à ses disciples, Jésus ressenti ce qu’ils ressentent. Il a pris en lui leur peur afin de leur montrer, par la ressemblance de son âme, qu’il ne faut pas se vanter au sujet de la mort avant de l’avoir subie. Si, en effet, celui qui ne craint rien a eu peur et a demandé d’être délivré alors qu’il savait que c’était impossible, combien plus faut-il que les autres persévèrent dans la prière avant la tentation afin d’en être délivrés lorsqu’elle se présentera… Pour donner courage à ceux qui craignent la mort, il n’a pas caché sa propre crainte, afin qu’ils sachent que cette peur ne les mène pas au péché, du moment qu’ils ne demeurent pas en elle. « Non, Père, dit Jésus, mais que ta volonté soit faite » : que je meure pour donner la vie à une multitude.

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
    Commentaire de l’Évangile concordant, 20, 2-7 ; SC 121 (trad. SC, p. 344s)

     

     

     

  • Tout quitter pour le suivre

     

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    Depuis quarante ans déjà Claire, selon la comparaison employée par saint Paul (1Co 9,24), menait la course dans le stade de la très grande pauvreté. Elle approchait du but de sa vocation céleste et de la récompense promise au vainqueur… La divine Providence se hâtait d’accomplir ce qu’elle avait prévu pour Claire : le Christ veut introduire dans son palais royal la petite pauvre au terme de son pèlerinage. Quant à elle, elle aspirait de tout l’élan de son désir… à contempler, régnant là-haut dans sa gloire, le Christ qu’elle avait imité sur terre dans sa pauvreté…

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    Toutes ses filles étaient réunies autour du lit de leur mère… S’adressant alors à elle-même, Claire dit à son âme : « Pars en toute sécurité, car tu as bon guide pour la route. Pars, car celui qui t’a créée t’a aussi sanctifiée ; il t’a toujours gardée et aimée d’un tendre amour, comme une mère aime son enfant. Sois béni, Seigneur, toi qui m’as créée ! » Une sœur lui demanda à qui elle s’adressait. Claire répondit : « À mon âme bénie ». Son guide pour la route n’était pas loin. En effet, se tournant vers l’une de ses filles, elle dit : « Vois-tu le Roi de gloire que j’aperçois ? »…

    Bénie soit sa sortie de cette vallée de misère, sortie qui fut pour elle l’entrée dans la vie bienheureuse ! En récompense de ses jeûnes d’ici-bas, elle connaît maintenant la joie qui règne à la table des saints ; en échange des guenilles et des cendres, elle est entrée en possession de la béatitude du Royaume des cieux où elle est revêtue de la robe de gloire éternelle.

    Thomas de Celano (v. 1190-v. 1260), biographe de saint François et de sainte Claire
    Vie de sainte Claire, §25-28 (trad. Vorreux, Documents, Éds. Franciscaines 1983, p. 615 rev.)

     

     

     

  • Le Jeune homme riche

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    Mes chers frères,

    Le texte de l’Évangile d’aujourd’hui est intitulé « Le jeune homme riche »

    Un jeune homme, nous dit Mathieu, s’approcha de Jésus et lui demanda « Que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? »

    Au départ il est plein de mérite et montre de l’intérêt pour les choses spirituelles. Il se soucie de son avenir. Il ne ressemble en rien aux jeunes gens de son âge qui ne pensent qu’aux distractions, aux joies éphémères et à la débauche. Et lorsqu’il apprend de la bouche du Maître la réponse selon laquelle pour entrer dans la vie éternelle il n’a rien d’autre à faire qu’à observer les commandements, très vite, avec anxiété, mais bien disposé à la connaître, il demande : « Quels sont ces commandements ? » Et jésus lui répond : Tu ne tueras point ; tu ne commettras point d’adultère ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage ; honore ton père et ta mère ; et tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

    Tous ces commandements et même le dernier qui est admirable et si difficile à pratiquer, le jeune homme a la sensation qu’il les observe tous, avec foi et justesse.

    Il répond au maître divin que ces commandements-là il les observe tous depuis sa plus tendre enfance. Mais il comprend qu’il lui manque encore quelque chose qui lui échappe. Il demande donc à Jésus : « Que me manque-t-il encore ? » et Jésus lui dit « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. » Il s’adresse au jeune homme non pas comme il s’adresserait à un homme quelconque mais comme à quelqu’un qui désire accéder aux plus hautes vertus et exceller dans la piété.

    Mais après avoir entendu ces paroles, le visage du jeune homme s’assombrit et il s’en va tout triste car il avait de grands biens et une grande fortune.

    Ce que lui demandait le Christ était infaisable pour lui, c’est pourquoi il considéra qu’il était inutile de poursuivre la discussion.

    Jésus dit à ses disciples : « Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »

    Parole redoutable, qui déconcerta et bouleversa les disciples. Alors spontanément les disciples dirent : « Qui peut donc être sauvé ? »

    Soyez attentifs mes frères, à cette question, ce doute des disciples. À première vue elle n’est pas justifiée puisque le Christ leur a dit qu’il était difficile aux riches d’être sauvés or les riches sont peu nombreux ; ce sont les pauvres qui existent en plus grand nombre.

    Ces riches ce ne sont pas seulement ceux qui ont beaucoup d’argent, de beaux vêtements, des voitures etc. Il existe toutes sortes de richesses. Par exemple la santé constitue une richesse, il y a la richesse intellectuelle, la beauté physique, et les capacités et les aptitudes de chacun sont autant de richesses. Toutes ces choses font que ceux qui les possèdent, leur accordent une grande importance et ce faisant, risquent d’en devenir esclaves et d’en oublier les choses précieuses et impérissables concernant l’éternité.

    C’est ainsi mes chers frères, que nous entrons tous dans la catégorie des riches dont parle le Seigneur. Chacun de nous a en lui quelque chose qu’il apprécie particulièrement et qui l’attire vers le monde terrestre. Chacun d’entre nous, peut très bien faire partie des riches qui entreront difficilement dans le Royaume de Dieu, car ils sont liés, attachés aux bien terrestres.

    Mais le Christ a donné aussi une autre réponse aux disciples, pour ce qui concerne l’entrée au Royaume des Cieux ; une réponse plus agréable et consolatrice qui est la suivante :

    « Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible ».

    La nature humaine, chers chrétiens, a tendance à s’attacher aux choses périssables et terrestres. Mais la grâce est si forte, et si merveilleuse, qu’elle arrive à en vaincre la faiblesse.

    C’est cette grâce qui permet à chacun de se libérer de son attachement aux choses terrestres. Mais la grâce de Dieu est si forte, et si merveilleuse, qu’elle arrive à en vaincre la faiblesse.

    C’est cette grâce qui permet à chacun de se libérer de son attachement aux choses terrestres, et de chercher à conquérir les désirs célestes de tout son cœur et de toute son âme.

    Il suffit de demander à Dieu de nous accorder sa grâce, son aide et son soutien.

    Le meilleur et unique enseignement que nous retiendrons de l’Évangile d’aujourd’hui, c’est le fait que nous ne pouvons nous sauver nous-mêmes, sanas la grâce de Dieu.

    Si le jeune homme de l’Évangile, que nous avons entendu aujourd’hui, avait demandé l’aide du Christ, au lieu de s’en aller, son espérance et son désir de gagner la vie éternelle auraient été entendus.

    Alors aurait eu lieu le miracle, qui aurait permis à un autre riche d’entrer dans la vie éternelle comme tant d’autres y sont rentrés et y rentreront après lui.

    « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu »

    Amen

     

    Homélie prononcée par Père Panagiotis

     

     

     

  • Très Sainte Trinité – Solennité

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    Chers frères et sœurs,

    Nous célébrons aujourd’hui la solennité de la Très Sainte Trinité. Après le temps pascal, après avoir revécu l’événement de la Pentecôte, qui renouvelle le Baptême de l’Église dans l’Esprit Saint, nous tournons pour ainsi dire le regard vers « les cieux ouverts », pour entrer avec les yeux de la foi dans les profondeurs du mystère de Dieu, Un dans la substance et Trine dans les personnes: le Père, le Fils et l’Esprit Saint. […]

    Dans la première Lecture, tirée du Livre des Proverbes, entre en scène la Sagesse, qui se trouve aux côtés de Dieu comme assistante, comme « maître d’œuvre » (8,30). La « vision panoramique » sur l’univers observé à travers ses yeux est merveilleuse. La Sagesse elle-même confesse: « M’ébattant sur la surface de sa terre / et trouvant mes délices parmi les enfants des hommes » (8, 31). C’est au milieu des êtres humains que celle-ci aime demeurer, car elle reconnaît en eux l’image et la ressemblance du Créateur. Cette relation préférentielle de la Sagesse avec les hommes fait penser à un célèbre passage d’un autre livre sapientiel, le Livre de la Sagesse: « La sagesse – peut-on lire – est en effet un effluve de la puissance de Dieu / … Bien qu’étant seule, elle peut tout, demeurant en elle-même, elle renouvelle l’univers / et, d’âge en âge passant en des âmes saintes, / elle en fait des amis de Dieu et des prophètes » (Sg 7, 25-27). Cette dernière expression suggestive invite à considérer la manifestation de la sainteté, multiforme et intarissable, au sein du peuple de Dieu au cours des siècles. La Sagesse de Dieu se manifeste dans l’univers, dans la variété et la beauté de ses éléments, mais ses chefs-d’œuvre, dans lesquels apparaissent beaucoup plus sa beauté et sa grandeur, ce sont les saints.

    Dans le passage de la Lettre de l’Apôtre Paul aux Romains, nous trouvons une image semblable: celle de l’amour de Dieu « répandu dans les cœurs des saints », c’est-à-dire des baptisés, « par le Saint Esprit » qui leur a été donné (cf. Rm 5, 5). C’est à travers le Christ que passe le don de l’Esprit, « Personne-amour, Personne-don », comme l’a défini saint Jean-Paul II (Encyc. Dominum et vivificantem, n. 10). A travers le Christ, l’Esprit de Dieu nous parvient comme principe de vie nouvelle, « sainte ». L’Esprit place l’amour de Dieu dans le cœur des croyants sous la forme concrète qui était la sienne dans l’homme Jésus de Nazareth. C’est ainsi que se réalise ce que saint Paul dit dans la Lettre aux Colossiens: « Christ parmi vous! L’espérance de la gloire! » (1, 27). Les « tribulations » ne sont pas en opposition avec cette espérance, elles concourent même à la réaliser, à travers la « constance » et la « vertu éprouvée » (Rm 5, 3-4): c’est le chemin de Jésus, le chemin de la Croix.

    Dans la même perspective, de la sagesse de Dieu incarnée dans le Christ et communiquée par l’Esprit Saint, l’Évangile nous a suggéré que Dieu le Père continue à manifester son dessein d’amour à travers les saints. Ici aussi, se produit ce que nous avons déjà souligné à propos de la Sagesse: l’Esprit de vérité révèle le dessein de Dieu dans la multiplicité des éléments de l’univers – nous sommes reconnaissants pour cette manifestation visuelle de la beauté et de la bonté de Dieu dans les éléments de l’univers -, et il le fait en particulier à travers les hommes et les femmes, de manière particulière à travers les saints et les saintes, où transparaissent avec une grande force sa lumière, sa vérité, son amour. En effet, « l’Image du Dieu invisible » (Col 1, 15) est Jésus Christ et lui seul, « le Saint et le Juste » (Ac 3, 14). Il est la Sagesse incarnée, le Logos créateur qui trouve sa joie en demeurant parmi les fils de l’homme, chez qui il a planté sa tente (cf. Jn 1, 14). En Lui, il a plu à Dieu de faire habiter « toute la Plénitude » (cf. Col 1, 19); ou, comme Il le dit lui-même dans le passage évangélique d’aujourd’hui: « Tout ce qui est au Père est à moi » (Jn 16, 15). Chaque saint participe de la richesse du Christ, reprise par le Père et communiquée au moment opportun. C’est toujours la même sainteté que celle de Jésus, c’est toujours Lui, le « Saint », que l’Esprit façonne dans les « âmes saintes », en formant des amis de Jésus et des témoins de sa sainteté. Et Jésus veut également faire de nous ses amis. Précisément en ce jour, ouvrons notre cœur afin que, dans notre vie également, croisse l’amitié pour Jésus, afin que nous puissions témoigner de sa sainteté, de sa bonté et de sa vérité. […]

    Chers frères et sœurs, nous rendons grâce à Dieu pour les merveilles qu’il a accomplies chez les saints, dans lesquels resplendit sa gloire. Laissons-nous attirer par leurs exemples, laissons-nous guider par leurs enseignements, pour que toute notre existence devienne, comme la leur, un cantique de louange à la gloire de la Très Sainte Trinité. Que Marie, la Reine des saints, nous obtienne cette grâce. Amen.

    Place Saint-Pierre (Dimanche 3 juin 2007)

    Extraits de l’homélie du Pape Benoît XVI