Catégorie : Enseignement

  • « Revenez à moi de tout votre cœur. » (Jl 2,12)

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    Parcourons tous les âges et nous apprendrons que, de génération en génération, le Maître a offert la possibilité de se convertir à tous ceux qui voulaient se tourner vers lui. Noé prêcha la conversion, et ceux qui l’écoutèrent furent sauvés. Jonas annonça aux Ninivites la destruction qui les menaçait ; ils se repentirent de leurs péchés, ils apaisèrent Dieu par leurs supplications et ils obtinrent le salut, bien qu’étrangers à Dieu…

    Par sa volonté toute-puissante, il veut faire participer tous ceux qu’il aime à la conversion. C’est pourquoi nous devons obéir à sa magnifique et glorieuse volonté. Implorons humblement sa miséricorde et sa bonté ; confions-nous à sa compassion en abandonnant les préoccupations frivoles, la discorde et la jalousie qui ne conduisent qu’à la mort…

    Restons humbles, mes frères, rejetons tous les sentiments d’orgueil, de jactance, de vanité et de colère… Attachons-nous fermement aux préceptes et aux commandements du Seigneur Jésus, nous rendant dociles et humbles devant ses paroles. Car voici ce que dit la parole sainte : « Vers qui tournerai-je mon regard, sinon vers l’homme doux, pacifique, qui tremble à mes paroles ? » (Is 66,2).

    Saint Clément de Rome, pape de 90 à 100 environ
    Lettre aux Corinthiens, § 7-13 ; PA 1, 108-110

     

     

     

     

  • « Jésus passait par les villes et les villages en enseignant. »

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    Faites bien attention, frères très chers : les saintes Écritures nous ont été transmises pour ainsi dire comme des lettres venues de notre patrie. Notre patrie, en effet, c’est le paradis ; nos parents, ce sont les patriarches, les prophètes, les apôtres et les martyrs ; nos concitoyens, les anges ; notre roi, le Christ. Quand Adam a péché, nous avons été pour ainsi dire jetés dans l’exil de ce monde. Mais parce que notre roi est fidèle et miséricordieux plus qu’on ne peut le penser ou le dire, il a daigné nous envoyer, par l’intermédiaire des patriarches et des prophètes, les saintes Écritures, comme des lettres d’invitation par lesquelles il nous invitait dans notre éternelle et première patrie… En raison de son ineffable bonté, il nous a invités à régner avec lui.

    Dans ces conditions, quelle idée se font d’eux-mêmes les serviteurs qui…ne daignent pas lire les lettres qui nous invitent à la béatitude du Royaume ? … « Celui qui ignore sera ignoré » (1Co 14,38). Certainement, celui qui néglige de chercher Dieu dans ce monde par la lecture des textes sacrés, Dieu à son tour refusera de l’admettre dans la béatitude éternelle. Il doit craindre qu’on ne lui ferme les portes, qu’on ne le laisse dehors avec les vierges folles (Mt 25,10) et qu’il ne mérite d’entendre : « Je ne sais pas qui vous êtes ; je ne vous connais pas ; écartez-vous de moi, vous tous qui faites le mal »… Celui qui veut être écouté favorablement de Dieu doit commencer par écouter Dieu. Comment aurait-il le front de vouloir que Dieu l’écoute favorablement, s’il en fait si peu de cas qu’il néglige de lire ses préceptes ?

    Saint Césaire d’Arles (470-543), moine et évêque
    Sermon 7 ; CCL 103, 37s (trad. SC 175, p. 341s rev.)

     

     

     

     

  • « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. »

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    Peu importe de savoir qui est avec toi ou contre toi ; prends plutôt soin que Dieu soit avec toi en tout ce que tu fais. Garde ta conscience pure, et Dieu te défendra. Celui que Dieu voudra aider, aucune trahison ne pourra lui faire du mal.

    Si tu sais te taire et demeurer patient, sans aucun doute tu recevras l’assistance du Seigneur.
    C’est lui qui connaît le moment et la manière de te délivrer, et voilà pourquoi tu dois t’abandonner à lui.
    C’est de Dieu que vient le secours, la délivrance de toute humiliation.

    Il est souvent très avantageux, pour nous garder dans une plus grande humilité, que les autres connaissent et critiquent nos manquements.
    Quand un homme apprend l’humilité de ses manquements, il lui est facile d’apaiser les autres, et il gagne facilement ceux qui s’irritent contre lui.

    L’Imitation de Jésus Christ, traité spirituel du 15e siècle
    Livre 2, ch. 2 (trad. cf. bréviaire 3e mar. Avent)

     

     

     

  • « Heureux est l’homme… qui se plaît dans la loi du Seigneur et médite sa loi jour et nuit. » (Ps 1,1-2)

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    Que signifie « la Loi du Seigneur » ? Le psaume 118…est tout empli du désir de connaître la Loi du Seigneur et de se laisser guider par elle tout au long de la vie. Il se peut bien que le psalmiste ait songé là à la Loi de l’Ancienne Alliance. Sa connaissance exigeait effectivement une étude à longueur de vie et son accomplissement un effort de volonté qui dure aussi toute la vie. Mais le Seigneur nous a libérés du joug de cette Loi. Nous pouvons considérer comme la Loi de la Nouvelle Alliance le grand précepte de l’amour qui renferme, ainsi qu’il l’a dit, toute la Loi et les prophètes ; le parfait amour de Dieu et du prochain serait certes un objet digne d’être médité une vie entière.

    Mais mieux encore, nous entendons par la Loi de la Nouvelle Alliance le Seigneur Jésus lui-même, puisque sa vie constitue pour nous le modèle de la vie que nous devons vivre. Nous accomplissons donc notre règle si nous gardons sans cesse devant nos yeux l’image du Seigneur Jésus pour lui être configurés. L’Évangile est le livre que nous n’aurons jamais fini d’étudier. Mais nous ne trouvons pas le Sauveur dans les seuls récits des témoins de sa vie. Il nous est présent dans le très Saint Sacrement, et les heures d’adoration devant le Bien suprême, l’écoute attentive de la voix du Dieu de l’eucharistie sont à la fois « méditation de la Loi du Seigneur » et « veille dans la prière ». Cependant le plus haut degré est atteint lorsque « la Loi habite au milieu de notre cœur » (Ps 39,11).

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    L’Histoire et l’esprit du Carmel (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 221)

     

     

     

     

  • Les ouvriers de la vigne du Seigneur

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    Le Royaume des cieux est comparé à un père de famille qui embauche des ouvriers pour cultiver sa vigne. Or qui peut être plus justement comparé à ce père de famille que notre Créateur, qui gouverne ceux qu’il a créés, et exerce en ce monde le droit de propriété sur ses élus comme un maître sur les serviteurs qu’il a chez lui ? Il possède une vigne, l’Église universelle, qui a poussé, pour ainsi dire, autant de sarments qu’elle a produit de saints, depuis Abel le juste jusqu’au dernier élu qui naîtra à la fin du monde.

    Ce Père de famille embauche des ouvriers pour cultiver sa vigne, dès le point du jour, à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième et à la onzième heure, puisqu’il n’a pas cessé, du commencement du monde jusqu’à la fin, de réunir des prédicateurs pour instruire la foule des fidèles. Le point du jour, pour le monde, c’était d’Adam à Noé ; la troisième heure, de Noé à Abraham ; la sixième, d’Abraham à Moïse ; la neuvième, de Moïse jusqu’à la venue du Seigneur ; et la onzième heure, de la venue du Seigneur jusqu’à la fin du monde. Les saints apôtres ont été envoyés pour prêcher en cette dernière heure, et bien que tard venus, ils ont reçu un plein salaire.

    Le Seigneur ne cesse donc en aucun temps d’envoyer des ouvriers pour cultiver sa vigne, c’est-à-dire pour enseigner son peuple. Car tandis qu’il faisait fructifier les bonnes mœurs de son peuple par les patriarches, puis par les docteurs de la Loi et les prophètes, enfin par les apôtres, il travaillait, en quelque sorte, à cultiver sa vigne par l’entremise de ses ouvriers. Tous ceux qui, à une foi droite, ont joint les bonnes œuvres ont été les ouvriers de cette vigne.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
    Homélies sur l’Évangile, n°19 (trad. Le Barroux)

     

     

     

  • Tout quitter pour suivre le Christ

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    C’est une grande chose, en vérité, de « tout quitter », mais une plus grande de « suivre le Christ » car, comme nous l’apprenons dans les livres, beaucoup ont tout quitté mais n’ont pas suivi le Christ. Suivre le Christ est notre tâche, c’est notre travail, en cela consiste l’essentiel du salut de l’homme, mais nous ne pouvons pas suivre le Christ si nous n’abandonnons pas tout ce qui nous entrave. Car « il s’élance en conquérant joyeux » (Ps 18,6), et personne ne peut le suivre s’il est chargé d’un fardeau.

    « Voilà, dit Pierre, que nous avons tout quitté », non seulement les biens de ce monde, mais aussi les désirs de notre âme. Car il n’a pas tout abandonné, celui qui reste attaché ne serait-ce qu’à lui-même. Bien plus, cela ne sert à rien d’avoir abandonné tout le reste à l’exception de soi-même, car il n’y a pas pour l’homme de fardeau plus lourd que son moi. Quel tyran est plus cruel, quel maître plus impitoyable pour l’homme que sa volonté propre ? … Par conséquent, il faut que nous abandonnions nos possessions et notre volonté propre si nous voulons suivre celui qui n’avait « pas d’endroit où reposer la tête » (Lc 9,58) et qui est venu « non pour faire sa volonté, mais pour faire la volonté de celui qui l’a envoyé » (Jn 6,38).

    Saint Pierre Damien (1007-1072), ermite puis évêque, docteur de l’Église
    Sermon 9 ; PL 144, 549-553 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 499)

     

     

     

  • L’arche de la Nouvelle Alliance entre dans le Temple céleste (1R 8 ; Ap 11,19)

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    Aujourd’hui l’arche sainte et vivante du Dieu vivant, celle dont le sein avait porté son propre Créateur, repose dans le temple du Seigneur, temple non bâti de main d’homme. David, son ancêtre et parent de Dieu, danse de joie (2S 7,14) ; les anges dansent en chœur, les archanges applaudissent, et les puissances des cieux chantent sa gloire…

    Celle qui pour tous a fait jaillir la vraie vie, comment pourrait-elle tomber au pouvoir de la mort ? Certes, comme fille du vieil Adam, elle se soumet à la sentence portée contre lui, car son Fils qui est la Vie même ne s’y est pas dérobé ; mais comme mère du Dieu vivant, il est juste qu’elle soit élevée jusqu’à lui… Comment celle qui a reçu en elle la Vie même, sans commencement ni fin, ne serait-elle pas vivante pour l’éternité ? Jadis, les premiers parents de notre race mortelle, enivrés du vin de la désobéissance…, l’esprit alourdi par l’intempérance du péché, s’étaient endormis dans le sommeil de la mort ; le Seigneur les avait chassés et exilés du paradis d’Éden. Maintenant, celle qui n’a pas commis de péché et qui a mis au monde l’enfant de l’obéissance à Dieu et au Père, comment le Paradis pourrait-il ne pas la recevoir, ne pas lui ouvrir joyeusement ses portes ? … Puisque le Christ qui est la Vie et la Vérité a dit : « Là où je suis, là sera aussi mon serviteur » (Jn 12,26), comment, à plus forte raison, sa mère ne partagerait-elle pas sa demeure ? …

    Maintenant donc « que les cieux se réjouissent », que tous les anges l’acclament. « Que la terre exulte » (Ps 95,11), que les hommes tressaillent de joie. Que les airs retentissent de chants d’allégresse ; que la nuit rejette ses ténèbres et son manteau de deuil… Car la cité vivante du Seigneur, Dieu des puissances, est exaltée. Du sanctuaire de Sion des rois apportent le présent inestimable (Ps 67,30) ; ceux que le Christ a établis princes de toute la terre, les apôtres, escortent la Mère de Dieu, toujours vierge, dans la Jérusalem d’en haut, qui est libre et notre mère (Ga 4,26).

    Saint Jean de Damas (v. 675-749), moine, théologien, docteur de l’Église
    2ème homélie pour la Dormition, 2, 3 : PG 96, 723s (trad. Orval rev. ; cf SC 80, p. 127)

     

     

     

     

     

  • Allumer dans les cœurs des hommes le feu de l’amour de Dieu

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    « Je suis venu apporter un feu sur la terre » : je suis descendu du haut du ciel et, par le mystère de mon incarnation, je me suis manifesté aux hommes pour allumer dans les cœurs humains le feu de l’amour divin. « Et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé » — c’est-à-dire qu’il prenne et devienne une flamme activée par l’Esprit Saint et qu’il fasse jaillir des actes de bonté !

    Le Christ annonce ensuite qu’il subira la mort sur la croix avant que le feu de cet amour n’enflamme l’humanité. C’est, en effet, la très sainte Passion du Christ qui a valu à l’humanité un don aussi grand, et c’est avant tout le souvenir de sa Passion qui allume une flamme dans les cœurs fidèles. « Je dois recevoir un baptême », autrement dit : Il m’incombe et il m’est réservé par une disposition de Dieu de recevoir un baptême de sang, de me baigner et de me plonger comme dans l’eau, dans mon sang répandu sur la croix pour racheter le monde entier. « Et quelle n’est pas mon angoisse jusqu’à ce qu’il soit accompli », en d’autres termes jusqu’à ce que ma Passion soit achevée, et que je puisse dire : « Tout est accompli ! » (Jn 19,30)

    Denys le Chartreux (1402-1471), moine
    Commentaire sur l’évangile de Luc, 12, 72-74 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p.430)

     

     

     

  • « Semblables à cet enfant … »

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    Le Seigneur dit aux apôtres déjà âgés et mûrs : « Si vous ne changez pas pour devenir comme cet enfant, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 18,3 ; cf v. 4)… Il les incite à retrouver l’enfance…afin qu’ils renaissent à l’innocence du cœur : « Personne, à moins de naître de l’eau et de l’esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3,5).

    « Si vous ne changez pas pour devenir comme cet enfant » : il ne dit pas « ces enfants », mais « cet enfant » ; il n’en choisit qu’un, il n’en propose qu’un. Et qui est cet enfant qu’il donne en exemple à ses disciples ? Je ne crois pas que ce soit un enfant du peuple, de la foule des hommes, qui offre aux apôtres un modèle de sainteté pour le monde entier. Non, je ne crois pas que cet enfant vienne du peuple, mais du ciel. Il s’agit de cet enfant venu du ciel dont parle le prophète Isaïe : « Un enfant nous est né, un fils nous est donné » (9,5). C’est lui l’enfant innocent, qui ne sait pas répondre à l’insulte par l’insulte, aux coups par les coups — bien mieux, même pendant son agonie il prie pour ses ennemis : « Mon Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Ainsi, en sa grâce insondable, le Seigneur déborde de cette innocence du cœur que la nature donne aux enfants. Il est cet enfant qui demande aux tout-petits de l’imiter et de le suivre.

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
    Homélie 58 ; PL 57, 363 (trad. coll. Icthus, t. 10, p. 260 rev.)

     

     

     

  • « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » (Lc 11,4)

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    Chaque soir, avant de vous endormir, vous devez faire votre examen de conscience (car vous ne savez pas si vous serez encore de ce monde le lendemain ! ). Quel que soit le mal que vous avez fait, vous devez vous engager à réparer si c’est possible. Si, par exemple, vous avez volé quelque chose, essayez de le rendre. Si vous avez froissé quelqu’un, essayez de vous en excuser sans délai. S’il est impossible de réparer, exprimez à Dieu vos regrets ou vos remords. C’est très important, car nous devons être capables de contrition pour être rendus capables d’amour. Vous pourriez dire, par exemple : « Seigneur, je suis navré de t’avoir offensé et je te promets de faire de mon mieux pour ne plus recommencer ». Alors, tout à coup, quelle impression de bien-être, de délivrance, que de sentir son cœur purifié ! Souvenez-vous que Dieu est miséricorde. Il est notre Père prévenant, prêt à tout pardonner et à tout oublier, à la condition que nous essayions d’en faire autant envers ceux qui nous ont fait du tort.

    Examinez donc le fond de votre cœur pour voir s’il n’y demeure pas enfouie quelque rancune envers votre prochain. Comment, en effet, pourrions-nous demander à Dieu de nous pardonner, alors que nous ne voulons pas pardonner aux autres ? Souvenez-vous que si vous vous repentez vraiment avec un cœur généreux, vos fautes seront oubliées aux yeux de Dieu. Il vous pardonnera toujours si votre repentir est sincère. Priez donc pour pardonner à ceux qui vous ont offensé, pour aimer ceux que vous n’aimez pas, et sachez ensuite pardonner comme Dieu vous a pardonné.

    Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame1995, p. 48)