Catégorie : Enseignement

  • « Le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. »

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    Quel don grand et admirable Dieu nous fait, mes frères ! Dans sa Pâque…, la résurrection du Christ fait renaître dans l’innocence des tout-petits ce qui hier dépérissait dans le péché. La simplicité du Christ fait sienne l’enfance. L’enfant est sans rancœur, il ne connaît pas la fraude, il n’ose pas frapper. Ainsi cet enfant qu’est devenu le chrétien ne s’emporte pas si on l’insulte, il ne se défend pas si on le dépouille, il ne rend pas les coups si on le frappe. Le Seigneur exige même de prier pour ses ennemis, d’abandonner tunique et manteau aux voleurs, de présenter l’autre joue (Mt 5,39s).

    Cette enfance dans le Christ dépasse l’enfance simplement humaine. Celle-ci ignore le péché, celle-là le déteste. Celle-ci doit son innocence à sa faiblesse ; celle-là à sa vertu. Elle est digne de plus d’éloges encore : sa haine du mal vient de sa volonté, non de son impuissance… Bien sûr, on peut rencontrer la sagesse d’un vieillard chez un enfant et l’innocence de la jeunesse chez des personnes âgées. Et l’amour droit et vrai peut mûrir des jeunes : « La vieillesse honorable, dit le prophète, n’est pas celle que donnent les jours ; elle ne se mesure pas au nombre des années… mais par l’intelligence » (Sg 4,8). Mais à des apôtres déjà mûrs et âgés, le Seigneur dit : « Si vous ne faites retour sur vous-mêmes, si vous ne vous rendez pas semblables à cet enfant, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 18,3). Il les renvoie à la source même de leur vie ; il les incite à retrouver l’enfance, afin que ces hommes dont les forces déclinent déjà, renaissent à l’innocence du cœur. « A moins de renaître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume des cieux » (Jn 3,5).

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
    Homélie 58, sur la Pâque ; PL 57, 363 (trad. coll. Icthus vol. 10, p. 259)

     

     

     

     

     

  • « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. »

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    Le Seigneur nous oblige à remettre nous-mêmes les dettes de nos débiteurs, comme nous, nous demandons qu’on nous remette les nôtres (Mt 6,12). Nous devons savoir que nous ne pouvons pas obtenir ce que nous demandons à propos de nos péchés, si nous n’en faisons pas autant pour ceux qui ont péché envers nous. C’est pourquoi le Christ dit ailleurs : « C’est la mesure dont vous vous servirez qui servira de mesure pour vous » (Mt 7,2). Et le serviteur qui, après avoir été libéré de toute sa dette, n’a pas voulu à son tour remettre celle de son compagnon de service est jeté en prison. Parce qu’il n’avait pas voulu faire grâce à son compagnon, il a perdu ce dont son maître lui avait fait grâce. Cela, le Christ l’établit avec plus de force encore dans ses préceptes, lorsqu’il décrète… : « Quand vous êtes debout en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, pour que votre Père qui est aux cieux vous pardonne vos fautes. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est aux cieux ne vous pardonnera pas non plus vos fautes » (Mc 11,25-26)…

    Lorsque Abel et Caïn, les premiers, ont offert des sacrifices, ce n’est pas leurs offrandes que Dieu regardait mais leur cœur (Gn 4,3s). Celui dont l’offrande lui plaisait, c’est celui dont le cœur lui plaisait. Abel, pacifique et juste, en offrant le sacrifice à Dieu dans l’innocence, enseignait aux autres à venir avec la crainte de Dieu pour offrir leur présent à l’autel, avec un cœur simple, le sens de la justice, la concorde et la paix. En offrant avec de telles dispositions le sacrifice à Dieu, il a mérité de devenir lui-même une offrande précieuse et de donner le premier témoignage du martyre. Il a préfiguré, par la gloire de son sang, la Passion du Seigneur, parce qu’il possédait la justice et la paix du Seigneur. Ce sont des hommes semblables qui sont couronnés par le Seigneur, et qui, au jour du jugement, obtiendront justice avec lui.

    Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
    La Prière du Seigneur, 23-24 (trad. bréviaire et DDB 1982, p.56)

     

     

     

  • « Je suis là, au milieu d’eux. »

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    Celui qui célèbre tout seul au cœur du désert,
    il est une assemblée nombreuse.
    Si deux s’unissent pour célébrer parmi les rochers,
    des milliers, des myriades sont là, présents.
    S’il y en a trois qui se rassemblent,
    un quatrième est parmi eux.
    S’il y en a six ou sept,
    douze mille milliers sont rassemblés.
    S’ils se mettent en rang,
    ils remplissent le firmament de prière.

    Sont-ils crucifiés sur le roc, et marqués d’une croix de lumière,
    l’Église est fondée.
    Sont-ils réunis,
    l’Esprit plane sur leurs têtes.
    Et quand ils terminent leur prière,
    le Seigneur se lève et sert ses serviteurs (Lc 12,37 ; Jn13,4).

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
    Hymne inédite (citée dans A. Louf, « Apprends-nous à prier, Eds Foyer ND 1972, p. 158)

     

     

     

  • Par sa Passion le Christ a payé pour nous nos dettes

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    Quel homme pourrait se racheter par son propre sang, alors que le Christ a versé son sang pour le rachat de tous ? Y a-t-il un seul homme dont le sang puisse être comparé à celui du Christ…qui, à lui seul, a réconcilié le monde avec Dieu par son sang ? Y a-t-il une offrande plus noble, un sacrifice plus noble, un avocat meilleur que celui qui s’est fait supplication pour les péchés de tous et qui a donné sa vie en rédemption pour nous ?

    Il n’y a donc pas à chercher une expiation ou une rédemption individuelle, parce que le sang versé en rançon pour tous est celui du Christ. C’est par ce sang que le Seigneur Jésus nous a rachetés, lui qui, seul, nous a réconciliés avec le Père. Et il a accompli son labeur jusqu’au bout, car il a pris sur lui notre labeur, lui qui dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez, et moi je vous soulagerai » (Mt 11,28)… L’homme ne donnera donc rien en expiation pour sa rédemption, car il a été lavé une fois pour toutes du péché par le sang du Christ, mais il n’est pas pour autant dispensé de peiner pour observer les préceptes de la vie et pour ne pas s’écarter des commandements du Seigneur. Tant qu’il vivra, il sera dans le labeur et y persévérera pour vivre éternellement, de peur qu’il ne meure de mort alors qu’il a déjà été racheté à la mort.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire du Psaume 48, 14-15 ; CSEL 64, 368 (trad. cf Orval et bréviaire 20e sam)

     

     

     

  • « Vraiment, tu es le Fils de Dieu. »

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    Lorsque nous aurons tenu bon durant les longues heures de la nuit obscure qui règne dans les moments d’épreuve, quand nous aurons lutté de notre mieux…, soyons sûrs que vers la fin de la nuit, « lorsque la nuit sera avancée et que poindra le jour » (Rm 13,12), le Fils de Dieu viendra près de nous, en marchant sur les flots. Lorsque nous le verrons apparaître ainsi, nous serons saisis de trouble jusqu’au moment où nous comprendrons clairement que c’est le Sauveur qui est venu parmi nous. Croyant encore voir un fantôme, nous crierons de frayeur, mais lui nous dira aussitôt : « Ayez confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ».

    Peut-être que ces mots rassurants feront surgir en nous un Pierre en route vers la perfection, qui descendra de la barque, certain d’avoir échappé à l’épreuve qui le secouait. Tout d’abord, son désir d’aller au-devant de Jésus le fera marcher sur les eaux. Mais sa foi étant encore peu assurée et lui-même dans le doute, il remarquera la « force du vent », il prendra peur et commencera à couler. Pourtant il échappera à ce malheur car il lancera vers Jésus ce grand cri : « Seigneur, sauve-moi ! » Et à peine cet autre Pierre aura-t-il fini de dire « Seigneur sauve-moi ! » que le Verbe étendra la main pour lui porter secours, et le saisira au moment où il commencera à couler, lui reprochant son peu de foi et ses doutes. Note cependant qu’il n’a pas dit : « Incrédule » mais « homme de peu de foi », et qu’il est écrit : « Pourquoi as-tu douté ? », c’est-à-dire : « Tu avais bien un peu de foi, mais tu t’es laissé entraîner dans le sens contraire ». Et là-dessus, Jésus et Pierre remonteront dans la barque, le vent se calmera et les passagers, comprenant à quels dangers ils ont échappé, adoreront Jésus en disant : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ». Ces paroles-là, ce ne sont que les disciples proches de Jésus dans la barque qui les disent.

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Commentaire sur l’évangile de Matthieu 11, 6 ; PG 13, 919 (trad. Orval rev.; cf SC 162, p. 299)

     

     

     

  • « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance. » (Mc 9,24)

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    Personne ne peut se donner à lui-même la vertu de la foi… ; la foi est le don gratuit de Dieu. Comme le dit saint Jacques : « Les dons les meilleurs, les présents merveilleux, viennent d’en haut ; ils descendent tous d’auprès du Père de toutes les lumières » (1,17). Quand nous ressentons donc que notre foi est bien faible, prions celui qui nous la donne de la fortifier… : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance » (Mc 9,24), et avec les apôtres : « Seigneur, augmente notre foi » (Lc 17,5). Et puis méditons les paroles du Christ quand il dit que, si nous ne voulons pas permettre à notre foi de tiédir et même de se refroidir complètement, ou de perdre sa force par la dispersion de notre esprit dans les futilités de ce monde, il faut nous retirer dans une petite pièce au fond de notre maison (Mt 6,6) et y ramasser notre foi, en cessant d’accorder de l’importance aux illusions de ce monde.

    Et comme la graine de moutarde, qui par sa nature est brûlante, il faut semer la foi dans le jardin de notre cœur, après en avoir arraché toutes les mauvaises herbes. Elle grandira tellement que les oiseaux du ciel, c’est-à dire les saints anges, viendront demeurer en notre âme et qu’elle portera le fruit des vertus sur ses branches (Mt 13,31s). Alors, confiants en la parole de Dieu, nous aurons une assurance ferme en ses promesses et nous pourrons chasser de notre cœur une montagne d’afflictions (Mt 17,20), tandis que si notre foi est faible et chancelante, elle ne déplacera même pas une taupinière.

    Saint Thomas More (1478-1535), homme d’État anglais, martyr
    Dialog of Comfort against Tribulation, I, 2

     

     

     

  • « Qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »

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    Accomplissant le dessein mystérieux de sa bonté, le Seigneur assume la condition de serviteur et consent à s’abaisser pour nous jusqu’à la mort de la croix (Ph 2,8). Par cet abaissement visible, il réalise notre élévation jusqu’au ciel, qui est intérieure et invisible. Regarde où nous étions tombés dès le commencement ; comprends-le bien, c’est par le dessein de la sagesse et de la bonté de Dieu que nous sommes rendus à la vie. Avec Adam nous étions tombés par orgueil ; c’est pourquoi nous nous abaissons dans le Christ afin d’effacer l’ancienne faute par la pratique de la vertu opposée. Nous avons offensé le Seigneur par orgueil, nous lui plaisons maintenant par notre humilité.

    Réjouissons-nous, glorifions-nous dans le Seigneur qui a fait nôtres son combat et sa victoire en nous disant : « Courage, car j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33)… Lui, l’invincible, combattra pour nous et il vaincra en nous. Alors le prince des ténèbres sera jeté dehors (cf Jn 12,31), car s’il n’est pas chassé du monde où il est partout, il est chassé du cœur de l’homme : la foi, lorsqu’elle pénètre en nous, le repousse pour faire place au Christ dont la présence jette le péché dehors…

    Que les orateurs gardent leur éloquence, les philosophes leur sagesse, les rois leurs royaumes : pour nous, la gloire, les richesses et le royaume, c’est le Christ ; pour nous la sagesse, c’est la folie de l’Évangile ; pour nous la force, c’est la faiblesse de la chair, et la gloire, c’est le scandale de la croix (1Co 1,18-23).

    Saint Paulin de Nole (355-431), évêque
    Lettre 38, 3-4.6 ; PL 61, 359 (trad. Orval rev.)

     

     

     

  • « Sur la mer fut ton chemin, ton sentier sur les eaux innombrables. Et tes traces nul ne les connut. » (Ps 76,20)

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    Dieu est partout, tout entier, sans limites. Partout il est proche, selon le témoignage qu’il donne de lui-même : « Je suis un Dieu proche, et non un Dieu lointain » (Jr 23,23). Le Dieu que nous cherchons ne demeure donc pas loin de nous ; nous l’avons parmi nous. Il habite en nous comme l’âme dans le corps, si du moins nous sommes pour lui des membres sains que le péché n’a pas tués (cf 1Co 6,15)… À cette condition, il habite vraiment en nous, lui qui a dit : « J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux » (Lv 26,11s; 2Co 6,16). S’il nous fait la grâce d’habiter en nous, nous sommes véritablement vivifiés par lui, comme ses membres vivants. « En lui, dit l’apôtre Paul, nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17,28).

    Mais qui pourra suivre le Très-Haut jusqu’en son être inexprimable et incompréhensible ? Qui scrutera les profondeurs de Dieu ? Qui tentera de rechercher l’origine éternelle de l’univers ? Qui se glorifiera de connaître le Dieu infini qui emplit tout et enveloppe tout, pénètre tout et dépasse tout, embrasse tout et se dérobe à tout, « lui que personne n’a jamais vu » (Jn 1,18) tel qu’il est ? Que personne n’ait donc la présomption de sonder la profondeur impénétrable de Dieu, le quoi, le comment, le pourquoi de son être. Cela ne peut être ni exprimé, ni scruté, ni pénétré. Crois simplement mais avec force que Dieu est et qu’il sera toujours tel qu’il a été, car Dieu est sans changement.

    Saint Colomban (563-615), moine, fondateur de monastères
    Instructions spirituelles 1, La foi, 3-5 (trad. Orval rev. ; cf bréviaire 7e vendr.)

     

     

     

  • « Tous mangèrent à leur faim. »

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    En voyant que le jour courait vers le couchant, les apôtres du Rédempteur se hâtèrent d’aller le trouver en s’écriant : « Maître, le jour a baissé, tout ce peuple est consumé par le jeûne ; or l’endroit est désert, tu le sais. Renvoie-les avant que vienne le soir, pour qu’ils aillent acheter du pain dans les villages. Car ces gens-là ne sont pas capables de jeûner comme nous, à qui tu as donné la force parce que tu es le pain céleste d’immortalité.

    « Tu es, par ta nature, le grand sauveur du monde, et tu as enseigné à tous la connaissance ; en nourrissant le peuple avec des paroles de vérité, tu as guidé les hommes vers le chemin du salut en leur donnant de connaître la justice. Ils ont nourri spirituellement leurs âmes, mais maintenant ils ont besoin de prendre soin de leurs corps… Renvoie-les, car nous sommes très inquiets… Tu as enseigné la compassion pour tous à tes disciples et apôtres, car tu es le pain céleste d’immortalité… »

    Quand le Christ a entendu ces paroles, il répondit : « Vous vous trompez, ne sachant pas que je suis le Créateur du monde. Mais je veille sur le monde ; je sais bien de quoi ces gens-là ont besoin, je vois bien le désert et le soleil qui s’est couché, mais c’est moi qui ai fixé au soleil sa course. Je connais l’épuisement de la foule qui est là, je sais ce que je vais faire pour elle. Je remédierai moi-même à la faim, car je suis le pain céleste d’immortalité…

    « Vous pensez : ‘Qui nourrira cette foule dans le désert ?’ Eh bien, sachez clairement qui je suis, amis : c’est moi qui ai nourri Israël dans le désert et qui leur ai donné un pain du ciel. J’ai fait sortir l’eau du rocher dans un lieu aride, et en plus de tout cela je leur ai procuré des cailles à profusion, car je suis le pain céleste d’immortalité… »

    Multiplie ainsi en nous tous, Sauveur, la multitude de tes miséricordes, et de même que tu as rassasié la multitude dans le désert par ta sagesse et l’as nourrie par ta puissance, rassasie-nous tous de la justice, en nous raffermissant dans la foi, Seigneur. Nourris-nous tous, Compatissant ; donne-nous ta grâce et le pardon de nos fautes…, puisque tu es le seul Christ, le seul miséricordieux, pain céleste d’immortalité.

    Saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d’hymnes
    Hymne 24, « La multiplication des pains » (trad. SC 114, p. 117s)

     

     

     

  • Fête de la Transfiguration du Seigneur

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    « Seigneur, il nous est bon d’être ici ! » Las de vivre au milieu de la foule, Pierre avait trouvé la solitude sur la montagne, où son âme se nourrissait du Christ. Pourquoi quitter ce lieu pour aller vers les fatigues et les peines, puisqu’il brûlait pour Dieu d’un saint amour et, par le fait même, sanctifiait sa vie ? Il voulait ce bonheur pour lui, si bien qu’il ajouta : « Si tu le veux, faisons ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie »…

    Pierre désirait trois tentes : la réponse venue du ciel a montré que nous n’en avons qu’une : le Verbe de Dieu est le Christ, le Verbe de Dieu est dans la Loi, le Verbe de Dieu est dans les prophètes… Au moment où la nuée les enveloppa tous, et forma pour ainsi dire une seule tente au-dessus d’eux, une voix en sortit… Celui que la voix révélait est celui dont la Loi et les prophètes se glorifiaient : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ». Car vous l’avez écouté dans les prophètes, vous l’avez écouté dans la Loi, et où ne l’avez-vous pas entendu ? À ces mots, les disciples tombèrent à terre…

    En tombant à terre, les apôtres symbolisent notre mort…, mais en les relevant, le Seigneur symbolise la résurrection. Et, après la résurrection, à quoi sert la Loi ? À quoi sert la prophétie ? Dès lors Élie disparaît, et Moïse disparaît. Ce qui te reste, c’est : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu » (Jn 1,1). Le Verbe te reste pour que Dieu soit tout en tous (1Co 15,28)…

    Descends, Pierre. Tu désirais te reposer sur la montagne… ; voici que le Seigneur lui-même te dit : « Descends pour peiner et servir en ce monde, pour être méprisé et crucifié en ce monde. » La vie est descendue pour être mise à mort, le pain est descendu pour endurer a faim, la voie est descendue pour se fatiguer sur le chemin, la source est descendue pour endurer la soif, et toi, tu refuses de souffrir ? Ne cherche pas ton profit. Pratique la charité, annonce la vérité. Tu parviendras alors à l’immortalité, et avec elle tu trouveras la paix.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 78, 2-6; PL 38, 490-493 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 501)