Catégorie : Enseignement

  • « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. »

     

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    Vue de Jérusalem. Israel

    « Le Christ remettra le Royaume à son Père », dit saint Paul (1Co 15,24), non pas en ce sens qu’il renoncerait à sa puissance en lui remettant son Royaume, mais parce que c’est nous qui serons le Royaume de Dieu, lorsque nous aurons été rendus conformes à la gloire de son corps…, constitués Royaume de Dieu par la glorification de son corps. C’est nous qu’il remettra au Père, en tant que Royaume, selon ce qui est dit dans l’Évangile : « Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui vous a été préparé dès la création du monde » (Mt 25,34).

    « Les justes brilleront alors comme le soleil dans le Royaume de leur Père. » Car le Fils livrera à Dieu, comme étant son Royaume, ceux qu’il a conviés à son Royaume, ceux à qui il a promis la béatitude propre à ce mystère par ces mots : « Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5,8)… Voici que ceux qu’il remet à son Père comme étant son Royaume voient Dieu.

    Le Seigneur lui-même a déclaré à ses apôtres en quoi consiste ce Royaume : « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Lc 17,21). Et si quelqu’un cherche à savoir qui est celui qui remet le Royaume, qu’il écoute : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection » (1Co 15,20-21). Tout cela concerne le mystère du Corps, car le Christ est le premier ressuscité d’entre les morts… C’est donc pour le progrès de l’humanité assumée par le Christ que « Dieu sera tout en tous » (1Co 15,28).

    Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
    La Trinité, XI, 39-40 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 268)

     

     

     

  • Le levain qui fait lever toute l’humanité

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    Le Christ comparait tout à l’heure son royaume à une graine de moutarde ; il l’identifie maintenant à du levain. Il racontait que l’homme avait semé une petite graine et qu’il en était sorti un grand arbre ; à présent la femme enfouit une pincée de levain pour faire gonfler toute sa pâte. En vérité, comme dit l’apôtre Paul : « Dans le Seigneur, la femme ne va pas sans l’homme ni l’homme sans la femme » (1Co 11,11)… Dans ces paraboles, Adam, le premier homme, et Ève, la première femme, sont conduits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal à la saveur brûlante de cet arbre de moutarde de l’Évangile…

    Ève avait reçu du démon le levain de la mauvaise foi ; voici que cette femme reçoit de Dieu le levain de la foi… Ève, par le levain de la mort, avait gâté en la personne d’Adam toute la pâte du genre humain ; une autre femme renouvellera dans la personne du Christ, par le levain de la résurrection, toute la pâte humaine. Après Ève, qui a brassé le pain des gémissements et de la sueur (Gn 3,19), celle-ci cuira le pain de la vie et du salut. Après celle qui a été en Adam la mère de tous les morts, celle-ci sera dans le Christ la véritable « mère de tous les vivants » (Gn 3,20). Car si le Christ a voulu naître, c’est pour que dans cette humanité où Ève avait semé la mort, Marie ramène la vie. Marie nous offre la parfaite image de ce levain, elle nous en propose la parabole, quand en son sein elle reçoit du ciel le levain du Verbe, et le répand en son sein virginal sur la chair humaine, que dis-je ? sur une chair qui, en son sein virginal, est toute céleste et qu’elle fait ainsi lever.

     

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Sermon 99 (trad. coll. Icthus, vol. 11, p. 286 rev.)

     

     

     

     

     

  • « Le Royaume des cieux est comparable à un trésor. »

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    Il est logique que la fin de tous nos désirs, c’est-à-dire la vie éternelle, soit indiquée à la fin de tout ce qui nous est donné à croire dans le Credo avec ces paroles : « La vie éternelle. Amen »… Dans la vie éternelle, il y a l’union de l’homme avec Dieu…, la louange parfaite…, et le rassasiement parfait de nos désirs, car chaque bienheureux y possédera encore plus qu’il ne désirait et n’espérait. En cette vie personne ne peut combler son désir ; jamais rien de créé ne pourra rassasier le désir de l’homme. Dieu seul rassasie, et à l’infini. C’est pourquoi nous ne nous reposons qu’en Dieu, comme le dit saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il se repose en toi ».

    Puisque dans la patrie les saints posséderont Dieu parfaitement, il est évident que non seulement leur désir sera rassasié mais qu’en outre il débordera de gloire. C’est pourquoi le Seigneur dit : « Entre dans la joie de ton Seigneur » (Mt 25,21). Et saint Augustin dit à ce propos : « Ce n’est pas toute la joie qui entrera en ceux qui se réjouissent, mais ceux qui se réjouissent entreront tout entiers dans la joie. » On dit dans un psaume : « Je serai rassasié lorsque se manifestera ta gloire » (62,3), et dans un autre : « Il comble de biens ton désir » (Ps 37,4)… Car si l’on désire les délices, c’est là que se trouvera la délectation suprême et parfaite, parce qu’elle consistera dans le souverain bien qui est Dieu lui-même : « À ta droite, délices éternelles » (Ps 15,11).

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
    Homélie sur le Credo (trad. bréviaire 33e samedi ; rev.)

     

     

     

  • Recevoir la Parole dans la bonne terre

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    Que le Christ vous aide, frères très chers, à toujours accueillir la lecture de la parole de Dieu avec un cœur avide et assoiffé ; ainsi votre obéissance très fidèle vous remplira de joie spirituelle. Mais si vous voulez que les saintes Écritures aient pour vous de la douceur et que les préceptes divins vous profitent autant qu’il le faut, soustrayez-vous pendant quelques heures à vos préoccupations matérielles. Relisez dans vos maisons les paroles de Dieu, consacrez-vous entièrement à sa miséricorde. Ainsi vous réussirez à réaliser en vous ce qui est écrit de l’homme bienheureux : « Il méditera jour et nuit la loi du Seigneur » (Ps 1,2) et aussi : « Heureux ceux qui scrutent ses commandements, ceux qui le cherchent de tout leur cœur » (Ps 118,2).

    Les commerçants ne cherchent pas à faire des bénéfices sur une seule marchandise mais sur plusieurs. Les cultivateurs cherchent un meilleur rendement en semant différentes sortes de semences. Vous qui cherchez des bénéfices spirituels, ne vous contentez pas seulement d’entendre les textes sacrés à l’église. Lisez les textes sacrés à la maison ; quand les jours sont courts, profitez des longues soirées. Et ainsi vous pourrez amasser un froment spirituel dans le grenier de votre cœur et ranger dans le trésor de vos âmes les perles précieuses des Écritures.

    Saint Césaire d’Arles (470-543), moine et évêque
    Sermons au peuple, n° 7, 1 (trad. cf SC 175, p.338s)

     

     

     

  • « Beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez. »

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    Dès que Dieu a vu le monde bouleversé par la crainte, il a mis en œuvre son amour pour le rappeler à lui, sa grâce pour l’inviter, son affection pour l’embrasser. Lors du déluge… il appelle Noé à engendrer un monde nouveau, l’encourage par de douces paroles, lui donne sa confiance familière, l’instruit avec bonté sur le présent et le console par sa grâce au sujet de l’avenir… Il prend part à son labeur et enferme dans l’arche le germe du monde entier, pour que l’amour de son alliance bannisse la crainte…

    Ensuite Dieu appelle Abraham du milieu des nations, il magnifie son nom et le fait père des croyants. Il l’accompagne en chemin, le protège à l’étranger, le comble de richesses, l’honore de victoires, l’assure de ses promesses, l’arrache aux injustices, le console dans son hospitalité et l’émerveille par une naissance inespérée afin que attiré par la grande douceur de l’amour divin, il apprenne à… adorer Dieu en l’aimant et non plus en tremblant.

    Plus tard Dieu console par des rêves Jacob en fuite. À son retour, il le provoque au combat et, dans la lutte, il l’étreint dans ses bras afin qu’il aime le père des combats et ne le craigne plus. Puis il appelle Moïse et lui parle avec l’amour d’un père pour l’inviter à délivrer son peuple.

    Dans tous ces événements, la flamme de la charité divine a embrasé le cœur des hommes…, et ceux-ci, l’âme blessée, ont commencé à désirer voir Dieu avec leurs yeux de chair… L’amour n’admet pas ne pas voir ce qu’il aime. Tous les saints n’ont-ils pas considéré comme peu de chose tout ce qu’ils obtenaient tant qu’ils ne voyaient pas Dieu ? … Que personne donc ne pense que Dieu a eu tort de venir aux hommes par un homme. Il a pris chair parmi nous pour être vu de nous.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Sermon 147 ; PL 52, 594-596 (trad. Orval)

     

     

     

  • Repos

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    Toute l’Écriture est porteuse d’une bonne nouvelle, celle de la puissance de l’amour qui nous fait exister, nous accompagne sur toutes nos routes, nous achemine vers la victoire de la vie. Pourquoi répéter cela ? Parce qu’il y a une part de nous-mêmes qui a peur de Dieu. Peur de ses exigences, du poids des fardeaux que nous avons du mal à trouver légers. Peur de sa «justice». Cela nous empêche de faire le pas décisif d’une confiance totale, de nous ouvrir sans réserve à l’amour. Or la peur est le contraire de la foi. Le repos dont nous parle Jésus est pour une part la fin de l’inquiétude, de la tension, du souci. Bien sûr projets, prévisions, dispositifs demeurent, mais vécus dans la paix. Même l’échec ne peut entamer la certitude fondamentale que Dieu est avec nous. Ce que la vie nous donne à subir, infirmités, maladies, déceptions etc. n’est pas l’oeuvre de Dieu, pas plus que la croix du Christ, qui est dressée par les hommes. Mais Dieu vient faire jaillir la vie là où voudrait régner la mort. Dès lors, tout fardeau peut devenir léger et il le devient si nous croyons pour de bon à cette Présence qui nous habite et vient traverser avec nous toutes les Mers Rouges que nous avons à franchir.
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    Père Marcel Domergue, jésuite (1922-2015)
    commentaire sur Mt 11, 25-30 „Vous trouverez le repos“
  • « C’est un ennemi qui a fait cela. »

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    Je vous écris, frères bien-aimés, pour que vous sachiez que depuis le jour où Adam a été créé jusqu’à la fin du monde, le Malin fera la guerre aux saints sans se donner de repos (Ap 13,7)… Ils sont cependant peu nombreux, ceux qui se rendent compte que le ravageur des âmes cohabite avec eux dans leur corps, tout près de l’âme. Ils sont dans la tribulation, et il n’y a personne sur terre pour les réconforter. C’est pourquoi, ils regardent vers le ciel et y placent leur attente, afin d’en recevoir quelque chose au-dedans d’eux-mêmes. Et par cette force, et grâce à cette armure de l’Esprit (Ep 6,13), ils vaincront. C’est du ciel, en effet, qu’ils reçoivent une force, qui demeure cachée aux yeux de la chair. Tant qu’ils chercheront Dieu de tout leur cœur, la force de Dieu vient secrètement à leur aide à tout moment… C’est précisément parce qu’ils touchent du doigt leur faiblesse, parce qu’ils sont incapables de vaincre, qu’ils sollicitent ardemment l’armure de Dieu, et ainsi revêtus de l’équipement de l’Esprit pour le combat (Ep 6,13), ils deviennent victorieux…

    Sachez donc, frères bien-aimés, qu’en tous ceux qui ont préparé leur âme à devenir une bonne terre pour la semence céleste, l’ennemi se hâte de semer son ivraie… Sachez aussi que ceux qui ne cherchent pas le Seigneur de tout leur cœur ne sont pas tentés par Satan de façon aussi évidente ; c’est plutôt en cachette plus par des ruses qu’il essaie…de les écarter loin de Dieu.

    Mais maintenant, frères, prenez courage et ne craignez rien. Ne vous laissez pas effrayer par des imaginations suscitées par l’ennemi. Dans la prière, ne vous livrez pas à une agitation confuse, en multipliant des cris déplacés, mais accueillez la grâce du Seigneur dans la contrition et le repentir… Prenez courage, réconfortez-vous, tenez bon, souciez-vous de vos âmes, persévérez avec zèle dans la prière… Car tous ceux qui cherchent Dieu en vérité recevront une force divine en leur âme, et en recevant cette onction céleste, tous ceux-là sentiront en eux-mêmes le goût et la douceur du monde à venir. Que la paix du Seigneur, celle qui a été avec tous les saints pères et les a gardés de toute tentation, demeure aussi avec vous.

    Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390), moine
    Homélies spirituelles, n° 51 (trad. Bellefontaine 1984, coll. Spi. Or. 40, p.367 rev.)

     

    MMDHjuillet2017

     

     

     

     

  • « Devenez mes disciples ; apprenez de moi. »

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    Je te vois, ô bon Jésus, avec les yeux de la foi que tu as ouverts en moi, je te vois criant et disant à tout le genre humain : « Venez à moi et mettez-vous à mon école. » Quelle est la leçon…, toi par qui tout a été fait…, quelle est la leçon que nous venons apprendre à ton école ? « Que je suis doux et humble de cœur. » Voilà donc à quoi se réduisent « tous les trésors de sagesse et de connaissance » cachés en toi — à apprendre cette leçon capitale : que tu es « doux et humble de cœur »…

    Que ceux qui recherchent ta miséricorde et ta vérité écoutent, qu’ils viennent à toi, qu’ils apprennent de toi à être doux et humbles, en vivant pour toi et non pour eux-mêmes. Qu’il entende cela, celui qui peine et qui est chargé, qui ploie sous son fardeau jusqu’à ne pas oser lever les yeux vers le ciel, le pécheur qui se frappe la poitrine et n’approche que de loin. Qu’il entende, le centurion qui n’était pas digne que tu entres sous son toit. Qu’il entende, Zachée, le chef des publicains, quand il rend au quadruple le fruit de ses péchés. Qu’elle entende, la femme qui avait été pécheresse dans la ville et qui répandait d’autant plus de larmes à tes pieds qu’elle avait été plus éloignée de tes pas. Qu’ils entendent, les femmes de mauvaise vie et les publicains qui précèdent les scribes et les pharisiens dans le Royaume des cieux. Qu’ils entendent, les malades de toute sorte dont on t’accusait d’avoir été le convive…

    Tous ceux-là, quand ils se tournent vers toi, deviennent facilement doux et humbles devant toi, au souvenir de leur vie pleine de péchés et de ta miséricorde pleine de pardon, car « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé ».

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sur la virginité, 35-36 ; PL 40,416 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 511)
    (Références bibliques : Col 2,3; Lc 18,13; Lc 7,6; Lc 19,8; Lc 7,37; Mt 21,31; Mt 9,11; Rm 5,20)

     

     

     

  • « Personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »

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    Il nous est impossible de trouver des termes appropriés pour parler de la glorieuse Trinité, et cependant il faut bien en dire quelque chose… Il est absolument impossible à toute intelligence de comprendre comment la haute et essentielle unité est unité simple quant à l’essence, et triple quant aux Personnes, comment les Personnes se distinguent, comment le Père engendre son Fils, comment le Fils procède du Père et demeure cependant en lui ; et comment, de la connaissance qui sort de lui, jaillit un torrent d’amour inexprimable qui est le Saint Esprit ; comment ces épanchements merveilleux refluent dans l’ineffable complaisance de la Trinité en elle-même et dans la jouissance que la Trinité a d’elle-même et dans une unité essentielle… Mieux vaut sentir tout cela que d’avoir à l’exposer…

    Cette Trinité, nous devons la considérer en nous-mêmes, nous rendre compte comment nous sommes vraiment faits à son image (Gn 1,26), car on trouve dans l’âme, en son état naturel, la propre image de Dieu, image vraie, nette, quoiqu’elle n’ait pas cependant toute la noblesse de l’objet qu’elle représente. Les savants disent qu’elle réside dans les facultés supérieures de l’âme, dans la mémoire, l’intelligence, la volonté… Mais d’autres maîtres disent, et cette opinion est de beaucoup supérieure, que l’image de la Trinité résiderait dans le plus intime, au plus secret, dans le tréfonds de l’âme… C’est sûrement dans ce fond de l’âme que le Père du ciel engendre son Fils unique… Si quelqu’un veut sentir cela, qu’il se tourne vers l’intérieur, bien au-dessus de toute l’activité de ses facultés extérieures et intérieures, au-dessus des images et de tout ce qui lui a jamais été apporté du dehors, et qu’il se plonge et s’écoule dans le fond de son âme. La puissance du Père vient alors, et le Père appelle l’homme en lui-même par son Fils unique, et tout comme le Fils naît du Père et reflue dans le Père, ainsi l’homme lui aussi, dans le Fils, naît du Père et reflue dans le Père avec le Fils, devenant un avec lui. Le Saint Esprit se répand alors dans une charité et une joie inexprimables et débordantes. Il inonde et il pénètre le fond de l’homme avec ses dons aimables.

    Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
    Sermon 29 (trad. Cerf 1991, p. 214)

     

     

     

  • Jésus appelle les villes de Galilée à la conversion

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    « Le Seigneur est bon et miséricordieux », préférant à la mort le repentir des péchés (Jl 2,13). « Il est patient et riche en miséricorde » ; il n’imite pas l’impatience des hommes, mais il attend longuement notre repentir. « Il est prêt à arrêter le mal » ou à s’en repentir. C’est-à-dire que si nous nous repentons de nos péchés, lui-même se repentira de ses menaces et ne nous infligera pas les maux dont il nous avait menacés ; si nous changeons d’avis, lui aussi en changera…

    Cependant le prophète qui vient de dire : « Le Seigneur est bon et miséricordieux, patient et riche en miséricorde, prêt à arrêter le mal ou à s’en repentir » ajoute pour que cette grande clémence ne nous rende pas négligents : « Qui sait ? il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment et nous combler de ses bienfaits » (v. 14). Moi, dit-il, je vous exhorte de mon mieux à la pénitence, et je sais que la clémence de Dieu est inexprimable. Comme l’a dit David : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ta grande miséricorde ; dans l’abondance de tes pardons, efface mes péchés » (Ps 50,3). Mais, parce que nous ne pouvons pas connaître la profondeur des richesses de la sagesse et de la science de Dieu (Rm 11,33), je m’exprimerai de façon plus nuancée, je formulerai seulement un souhait en disant : « Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne pardonnera pas ? » Ce « qui sait » doit être compris comme désignant une chose difficile.

    Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église
    Commentaire sur le prophète Joël ; PL 25,967 (trad. bréviaire 21e vendredi, rev.)