Catégorie : Enseignement

  • « Tenez-vous prêts ! »

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    « C’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme viendra. » Jésus leur dit cela pour que les disciples restent éveillés, qu’ils soient toujours prêts. S’il leur dit qu’il viendra quand ils ne s’y attendront pas, c’est qu’il veut les pousser à pratiquer la vertu avec zèle et sans relâche. C’est comme s’il leur disait : « Si les gens savaient quand ils vont mourir, ils seraient parfaitement prêts pour ce jour »… Mais le moment de la fin de notre vie est un secret qui échappe à chaque homme…

    Voilà pourquoi le Seigneur exige deux qualités de son serviteur : qu’il soit fidèle, pour qu’il ne s’attribue à lui-même rien de ce qui appartient à son maître, et qu’il soit avisé, pour administrer convenablement tout ce qu’on lui a confié. Il nous faut donc ces deux qualités pour être prêts à l’arrivée du Maître… Car voici ce qui arrive du fait que nous ne connaissons pas le jour de notre rencontre avec lui : on se dit : « Mon maître tarde à venir ». Le serviteur fidèle et avisé n’a pas de pensée semblable. Malheureux, sous prétexte que ton Maître tarde, tu t’imagines qu’il ne va pas venir du tout ? Son arrivée est certaine. Pourquoi ne restes-tu donc pas sur tes gardes ? Non, le Seigneur n’est pas lent à venir ; ce retard n’est que dans l’imagination du mauvais serviteur.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie 77 sur St Matthieu (trad. cf Véricel, Les Pères commentent, p. 252)

     

     

     

  • « Gardez vos lampes allumées ! »

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    La prière offerte au temps de la nuit possède un grand pouvoir, plus que celle qui est offerte pendant le jour. C’est pourquoi tous les saints ont eu l’habitude de prier la nuit, combattant l’assoupissement du corps et la douceur du sommeil et dépassant leur nature corporelle. Le prophète disait lui aussi : « Je me suis fatigué à gémir ; chaque nuit, je baigne ma couche de mes larmes » (Ps 6,7) pendant qu’il soupirait du fond du cœur dans une prière passionnée. Et ailleurs : « Je me lève au milieu de la nuit pour te louer à cause de tes jugements, toi le Juste. » (Ps 118,62). Pour chacune des requêtes que les saints voulaient adresser à Dieu avec force, ils s’armaient de la prière pendant la nuit et aussitôt ils recevaient ce qu’ils demandaient.

    Satan lui-même ne craint rien autant que la prière que l’on offre pendant les veilles. Même si elles s’accompagnent de distractions, elle ne revient pas sans fruit, à moins qu’on ne demande ce qui ne convient pas. C’est pourquoi il engage de sévères combats contre ceux qui veillent, afin de les détourner si possible de cette pratique, surtout s’ils se montrent persévérants. Mais ceux qui sont quelque peu fortifiés contre ses ruses pernicieuses et ont goûté les dons que Dieu accorde durant les veilles, et qui ont expérimenté personnellement la grandeur de l’aide que Dieu leur accorde, le méprisent complètement, lui et tous ses stratagèmes.

    Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
    Discours ascétiques (trad. Deseille, La fournaise de Babylone, Eds. Présence 1974, p. 90)

     

     

     

  • Amasser pour soi-même ou être riche en vue de Dieu ?

    Voilà ce qui arrive à celui qui amasse un trésor pour lui-même au lieu de s’enrichir auprès de Dieu, Lc 12,21
    Voilà ce qui arrive à celui qui amasse un trésor pour lui-même au lieu de s’enrichir auprès de Dieu, Lc 12,21

    Les chrétiens collaboreront de bon gré et de tout leur cœur à la construction de l’ordre international. Cela doit se faire dans un respect loyal des libertés légitimes et dans une fraternité amicale avec tous. Ils le feront d’autant plus volontiers que la plus grande partie du globe souffre encore d’une telle indigence que le Christ lui-même, dans la personne des pauvres, réclame pour ainsi dire à haute voix la charité de ses disciples. Qu’on évite donc ce scandale : tandis que certains pays jouissent d’une grande abondance et que la majeure partie de leurs habitants portent le nom de chrétiens, d’autres sont privés du nécessaire et sont tourmentés par la faim, la maladie et toutes sortes de misères. L’Esprit de pauvreté et de charité est, en effet, la gloire et le signe distinctif de l’Église du Christ. Il faut donc louer et encourager ces chrétiens, les jeunes en particulier, qui s’offrent spontanément à secourir d’autres hommes et d’autres peuples…

    Pour encourager et stimuler la coopération entre tous, il est donc tout à fait nécessaire que l’Église soit présente dans la communauté des nations –- aussi bien par des organes officiels que par la collaboration entière et loyale de tous les chrétiens… À cet égard, dans l’éducation religieuse comme dans l’éducation civique, on sera particulièrement attentif à la formation des jeunes…

    Enfin, il faut souhaiter que les catholiques, pour bien remplir leur rôle dans la communauté internationale, recherchent une coopération active et positive à la fois avec leurs frères chrétiens d’autres communautés ecclésiales, qui professent le même amour évangélique, et avec tous les hommes en quête d’une paix véritable.

    Concile Vatican II
    Constitution sur l’Église dans le monde de ce temps « Gaudium et spes », § 88-90 (trad. cf bréviaire 31e mar.)

     

     

     

     

  • « Soyez sans crainte ! »

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    Il me semble que vous devriez vous résoudre à faire avec calme ce que vous pouvez. Ne soyez pas inquiet de tout le reste, mais abandonnez à la divine Providence ce que vous ne pouvez pas accomplir par vous-même. Sont agréables à Dieu notre soin et notre sollicitude raisonnables pour mener à bien les affaires dont nous devons nous occuper par devoir. Ne plaisent pas à Dieu l’anxiété et l’inquiétude de l’esprit : le Seigneur veut que nos limites et nos faiblesses prennent appui en sa force et en sa toute-puissance, il veut que nous espérions que sa bonté suppléera à l’imperfection de nos moyens.

    Ceux qui se chargent d’affaires nombreuses, même avec une intention droite, doivent se résoudre à faire simplement ce qui est en leur pouvoir… Si on doit laisser de côté certaines choses, il faut s’armer de patience, et ne pas penser que Dieu attend de nous ce que nous ne pouvons pas faire. Il ne veut pas que l’homme s’afflige de ses limites… ; il n’est pas nécessaire de se fatiguer exagérément. Bien plus, lorsqu’on s’est efforcé d’agir de son mieux, on peut abandonner tout le reste à celui qui a le pouvoir d’accomplir tout ce qu’il veut.

    Plaise à la divine bonté de nous communiquer toujours la lumière de la sagesse, pour que nous puissions voir clairement et accomplir fermement son bon plaisir, en nous et dans les autres…, pour que nous acceptions de sa main ce qu’il nous envoie, en considérant ce qui a le plus d’importance : la patience, l’humilité, l’obéissance et la charité.

    Saint Ignace de Loyola (1491-1556), fondateur des jésuites
    Lettre du 17/11/1555 (trad. Soleil Levant 1957, p. 169 rev. Tournay)

     

     

     

  • « Ils se mirent à lui en vouloir terriblement et le harcelaient. »

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    Ô mon peuple, que t’ai-je fait ?
    En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi (Mi 6,3).

    Peuple égaré par l’amertume,
    peuple au cœur fermé, souviens-toi !
    Le Maître t’a libéré.
    Tant d’amour serait-il sans réponse,
    tant d’amour d’un Dieu crucifié ?

    Moi, depuis l’aurore des mondes,
    j’ai préparé ton aujourd’hui ;
    toi, tu rejettes la vraie Vie
    qui peut donner la joie sans ombre :
    ô mon peuple, réponds-moi !

    Moi, j’ai brisé tes liens d’esclave,
    j’ai fait sombrer tes ennemis ;
    toi, tu me livres à l’ennemi,
    tu me prépares une autre Pâque :
    ô mon peuple, réponds-moi.

    Moi, j’ai pris part à ton exode,
    par la nuée je t’ai conduit ;
    toi, tu m’enfermes dans ta nuit,
    tu ne sais plus où va ma gloire :
    ô mon peuple, réponds-moi.

    Moi, j’ai envoyé mes prophètes,
    ils ont crié dans ton exil ;
    toi, tu ne veux pas revenir,
    tu deviens sourd quand je t’appelle :
    ô mon peuple, réponds-moi.

     

    Le Missel romain
    Impropères du Vendredi Saint

     

  • « Donnez en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »

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    Il ne faut pas se satisfaire de donner de l’argent ; l’argent n’est pas assez, car on peut en trouver. C’est de nos mains que les pauvres ont besoin pour être servis, c’est de nos cœurs qu’ils ont besoin pour être aimés. La religion du Christ est l’amour, la contagion de l’amour.

    Ceux qui peuvent s’offrir une vie aisée ont sans doute leurs raisons. Ils peuvent l’avoir gagnée par leur travail ; je ne suis en colère que devant le gaspillage, devant ceux qui mettent aux ordures ce qui pourrait nous être utile. La difficulté, c’est que bien souvent les riches, ou même les gens aisés, ne savent pas vraiment ce que sont les pauvres ; c’est pourquoi nous pouvons leur pardonner, car la connaissance ne peut que conduire à l’amour, et l’amour au service. C’est parce qu’ils ne les connaissent pas qu’ils ne sont pas émus par eux.

    J’essaie de donner aux pauvres, par amour, ce que les riches pourraient obtenir par l’argent. Certes, je ne toucherais pas un lépreux pour un million ; mais je le soigne volontiers pour l’amour de Dieu.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    Something Beautiful for God (trad. La Joie du don, p. 49)

     

     

     

  • « Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive : il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération. »

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    Tu as prévenu le désespoir de Ninive, tu as détourné la menace déjà annoncée, et ta miséricorde a vaincu ta colère, Seigneur. Aie pitié, aujourd’hui encore, de ton peuple et de ta ville ; renverse nos adversaires de ta main puissante, par l’intercession de la Mère de Dieu, en accueillant notre repentir.

    L’hôpital du repentir est ouvert à toutes les maladies morales : venez, hâtons-nous d’y aller, et d’y prendre de la vigueur pour nos âmes. C’est dans le repentir que la pécheresse a retrouvé la santé, que Pierre a été délivré de son reniement, que David a mis fin a la souffrance de son cœur, en lui que les Ninivites ont été guéris (Lc 7,50; 22,62; 2S 12,13). N’hésitons donc pas, levons-nous, montrons notre blessure au Sauveur et laissons-nous panser. Car il surpasse tout désir dans l’accueil qu’il fait à notre repentir.

    Jamais aucuns honoraires ne sont exigés d’un seul de ceux qui vont à lui, car ils ne pourraient offrir un cadeau de même valeur que la cure. Ils ont retrouvé la santé gratuitement, mais ils ont donné ce qu’ils pouvaient donner : au lieu de cadeaux, des larmes, car ce sont là pour ce Libérateur de précieux objets d’amour et de désir. En témoignent la pécheresse, Pierre, David et les Ninivites, car c’est en apportant seulement leurs gémissements qu’ils sont allés aux pieds du Libérateur, et il a reçu leur repentir.

    Les larmes sont souvent plus fortes que Dieu, si l’on peut dire, et lui font vraiment violence : car le Miséricordieux se laisse avec joie enchaîner par les larmes, par les larmes de l’esprit du moins (cf 2Co 7,10)… Pleurons donc du cœur, de la manière par laquelle les Ninivites, grâce à la contrition, ont ouvert le ciel et ont été vus du Libérateur, qui a reçu leur repentir.

    Attribué à saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d’hymnes
    Hymne « Ninive » ; SC 99 (trad. SC p. 411 rev.)

     

     

     

     

  • « Heureuse la mère qui t’a porté. »

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    « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » (Lc 1,28) Et que peut-il y avoir de supérieur à cette joie, ô Vierge Mère ? Que peut-il y avoir au-dessus de cette grâce ?… Vraiment « tu es bénie entre toutes les femmes » (Lc 1,42), parce que tu as transformé la malédiction d’Ève en bénédiction ; parce que Adam, qui auparavant était maudit, a obtenu d’être béni à cause de toi.

    Vraiment « tu es bénie entre toutes les femmes », parce que, grâce à toi, la bénédiction du Père s’est levée sur les hommes et les a délivrés de l’antique malédiction.

    Vraiment « tu es bénie entre toutes les femmes », parce que, grâce à toi, tes ancêtres sont sauvés, car c’est toi qui vas engendrer le Sauveur qui leur procurera le salut.

    Vraiment, « tu es bénie entre toutes les femmes », parce que, sans avoir reçu de semence, tu as porté ce fruit qui fait don à la terre entière de la bénédiction, et la rachète de la malédiction d’où naissent les épines.

    Vraiment, « tu es bénie entre toutes les femmes », parce que, étant femme par nature, tu deviens effectivement Mère de Dieu. Car si celui que tu dois enfanter est en vérité Dieu incarné, tu es appelée Mère de Dieu à très juste titre, puisque c’est Dieu que tu enfantes en toute vérité.

    Saint Sophrone de Jérusalem (?-639), moine, évêque
    Homélie pour l’Annonciation, 2 ; PG 87, 3, 3241 (trad. bréviaire, Commun de la Vierge Marie )

     

     

     

  • Le lieu du combat spirituel

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    Le lieu du combat entre Dieu et Satan, c’est l’âme humaine, à chaque instant de la vie. Il est donc nécessaire que l’âme laisse libre accès au Seigneur pour qu’il la fortifie de tout côté et par toutes sortes d’armes. Ainsi sa lumière peut venir l’illuminer pour mieux combattre les ténèbres de l’erreur. Revêtue du Christ (Ga 3,27), de sa vérité et de sa justice, protégée par le bouclier de la foi et par la parole de Dieu, elle vaincra ses ennemis, aussi puissants soient-ils (Ep 6, 13s). Mais pour être revêtu du Christ, encore faut-il mourir à soi-même.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
    CE 33 (trad. Une pensée, Médiaspaul 1991, p. 56)

     

     

     

  • « Combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ? »

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    D’où viens-tu ? Comment pénètres-tu,
    je veux dire : à l’intérieur de ma cellule,
    fermée de toute part ?
    Ceci est en effet étrange,
    dépasse parole et pensée.
    Mais que tu viennes en moi,
    soudain tout entier et que tu brilles,
    que tu te laisses voir sous forme lumineuse,
    comme la lune dans sa pleine lumière,
    cela me laisse sans pensée
    et sans voix, mon Dieu !
    Je sais bien que tu es
    celui qui est venu pour illuminer
    ceux qui sont assis dans les ténèbres (Lc 1,79),
    et je suis stupéfait, je deviens
    privé de sens et de paroles,
    à voir une merveille étrange
    qui dépasse toute la création,
    toute la nature et tous les mots…

    Comment Dieu est-il hors de l’univers
    par son essence et sa nature,
    par sa puissance et par sa gloire,
    et comment aussi habite-t-il partout et en tous,
    mais d’une manière spéciale dans ses saints ?
    Comment dresse-t-il sa tente en eux
    d’une manière consciente et substantiellement,
    lui qui est totalement au-delà de la substance ?
    Comment est-il contenu dans leurs entrailles,
    lui qui contient toute la création ?
    Comment brille-t-il dans leur cœur,
    ce cœur charnel et épais ?
    Comment est-il à l’intérieur de celui-ci,
    comment est-il en dehors de tout,
    et remplit-il lui-même toute chose ?
    Comment, la nuit et le jour,
    brille-t-il sans être vu ?

    Dis-moi, est-ce que l’esprit de l’homme
    concevra tous ces mystères
    ou pourra te les exprimer ?
    Certes non ! un ange ne pourrait,
    ni un archange, te l’expliquer ;
    ils seraient incapables
    de t’exposer cela avec des mots.
    C’est donc l’Esprit de Dieu, parce qu’il est divin,
    qui seul connaît ces mystères
    et qui les sait parce que lui seul
    partage la nature, le trône et l’éternité
    avec le Fils et le Père.
    C’est donc à ceux pour qui cet Esprit resplendira
    et à qui il sera uni libéralement
    qu’il montre tout d’une manière inexprimable…
    C’est comme un aveugle : s’il voit,
    il voit tout d’abord la lumière
    et ensuite aussi toute la création
    qui est dans la lumière, oh merveille !
    De même, celui qui a été éclairé
    par le divin Esprit dans son âme,
    aussitôt entre en communion de la lumière
    et contemple la lumière,
    la lumière de Dieu, Dieu vraiment,
    qui aussi lui montre tout,
    ou plutôt tout ce que Dieu décide,
    tout ce qu’il désire et ce qu’il veut.
    À ceux qu’il éclairera par son illumination
    il accorde de voir ce qui se trouve dans la lumière divine.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec
    Hymnes, n°29 (trad. SC 174, p. 315s)