Catégorie : Enseignement

  • « Donnez en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »

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    Il ne faut pas se satisfaire de donner de l’argent ; l’argent n’est pas assez, car on peut en trouver. C’est de nos mains que les pauvres ont besoin pour être servis, c’est de nos cœurs qu’ils ont besoin pour être aimés. La religion du Christ est l’amour, la contagion de l’amour.

    Ceux qui peuvent s’offrir une vie aisée ont sans doute leurs raisons. Ils peuvent l’avoir gagnée par leur travail ; je ne suis en colère que devant le gaspillage, devant ceux qui mettent aux ordures ce qui pourrait nous être utile. La difficulté, c’est que bien souvent les riches, ou même les gens aisés, ne savent pas vraiment ce que sont les pauvres ; c’est pourquoi nous pouvons leur pardonner, car la connaissance ne peut que conduire à l’amour, et l’amour au service. C’est parce qu’ils ne les connaissent pas qu’ils ne sont pas émus par eux.

    J’essaie de donner aux pauvres, par amour, ce que les riches pourraient obtenir par l’argent. Certes, je ne toucherais pas un lépreux pour un million ; mais je le soigne volontiers pour l’amour de Dieu.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    Something Beautiful for God (trad. La Joie du don, p. 49)

     

     

     

  • « Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive : il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération. »

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    Tu as prévenu le désespoir de Ninive, tu as détourné la menace déjà annoncée, et ta miséricorde a vaincu ta colère, Seigneur. Aie pitié, aujourd’hui encore, de ton peuple et de ta ville ; renverse nos adversaires de ta main puissante, par l’intercession de la Mère de Dieu, en accueillant notre repentir.

    L’hôpital du repentir est ouvert à toutes les maladies morales : venez, hâtons-nous d’y aller, et d’y prendre de la vigueur pour nos âmes. C’est dans le repentir que la pécheresse a retrouvé la santé, que Pierre a été délivré de son reniement, que David a mis fin a la souffrance de son cœur, en lui que les Ninivites ont été guéris (Lc 7,50; 22,62; 2S 12,13). N’hésitons donc pas, levons-nous, montrons notre blessure au Sauveur et laissons-nous panser. Car il surpasse tout désir dans l’accueil qu’il fait à notre repentir.

    Jamais aucuns honoraires ne sont exigés d’un seul de ceux qui vont à lui, car ils ne pourraient offrir un cadeau de même valeur que la cure. Ils ont retrouvé la santé gratuitement, mais ils ont donné ce qu’ils pouvaient donner : au lieu de cadeaux, des larmes, car ce sont là pour ce Libérateur de précieux objets d’amour et de désir. En témoignent la pécheresse, Pierre, David et les Ninivites, car c’est en apportant seulement leurs gémissements qu’ils sont allés aux pieds du Libérateur, et il a reçu leur repentir.

    Les larmes sont souvent plus fortes que Dieu, si l’on peut dire, et lui font vraiment violence : car le Miséricordieux se laisse avec joie enchaîner par les larmes, par les larmes de l’esprit du moins (cf 2Co 7,10)… Pleurons donc du cœur, de la manière par laquelle les Ninivites, grâce à la contrition, ont ouvert le ciel et ont été vus du Libérateur, qui a reçu leur repentir.

    Attribué à saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d’hymnes
    Hymne « Ninive » ; SC 99 (trad. SC p. 411 rev.)

     

     

     

     

  • « Heureuse la mère qui t’a porté. »

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    « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » (Lc 1,28) Et que peut-il y avoir de supérieur à cette joie, ô Vierge Mère ? Que peut-il y avoir au-dessus de cette grâce ?… Vraiment « tu es bénie entre toutes les femmes » (Lc 1,42), parce que tu as transformé la malédiction d’Ève en bénédiction ; parce que Adam, qui auparavant était maudit, a obtenu d’être béni à cause de toi.

    Vraiment « tu es bénie entre toutes les femmes », parce que, grâce à toi, la bénédiction du Père s’est levée sur les hommes et les a délivrés de l’antique malédiction.

    Vraiment « tu es bénie entre toutes les femmes », parce que, grâce à toi, tes ancêtres sont sauvés, car c’est toi qui vas engendrer le Sauveur qui leur procurera le salut.

    Vraiment, « tu es bénie entre toutes les femmes », parce que, sans avoir reçu de semence, tu as porté ce fruit qui fait don à la terre entière de la bénédiction, et la rachète de la malédiction d’où naissent les épines.

    Vraiment, « tu es bénie entre toutes les femmes », parce que, étant femme par nature, tu deviens effectivement Mère de Dieu. Car si celui que tu dois enfanter est en vérité Dieu incarné, tu es appelée Mère de Dieu à très juste titre, puisque c’est Dieu que tu enfantes en toute vérité.

    Saint Sophrone de Jérusalem (?-639), moine, évêque
    Homélie pour l’Annonciation, 2 ; PG 87, 3, 3241 (trad. bréviaire, Commun de la Vierge Marie )

     

     

     

  • Le lieu du combat spirituel

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    Le lieu du combat entre Dieu et Satan, c’est l’âme humaine, à chaque instant de la vie. Il est donc nécessaire que l’âme laisse libre accès au Seigneur pour qu’il la fortifie de tout côté et par toutes sortes d’armes. Ainsi sa lumière peut venir l’illuminer pour mieux combattre les ténèbres de l’erreur. Revêtue du Christ (Ga 3,27), de sa vérité et de sa justice, protégée par le bouclier de la foi et par la parole de Dieu, elle vaincra ses ennemis, aussi puissants soient-ils (Ep 6, 13s). Mais pour être revêtu du Christ, encore faut-il mourir à soi-même.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
    CE 33 (trad. Une pensée, Médiaspaul 1991, p. 56)

     

     

     

  • « Combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ? »

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    D’où viens-tu ? Comment pénètres-tu,
    je veux dire : à l’intérieur de ma cellule,
    fermée de toute part ?
    Ceci est en effet étrange,
    dépasse parole et pensée.
    Mais que tu viennes en moi,
    soudain tout entier et que tu brilles,
    que tu te laisses voir sous forme lumineuse,
    comme la lune dans sa pleine lumière,
    cela me laisse sans pensée
    et sans voix, mon Dieu !
    Je sais bien que tu es
    celui qui est venu pour illuminer
    ceux qui sont assis dans les ténèbres (Lc 1,79),
    et je suis stupéfait, je deviens
    privé de sens et de paroles,
    à voir une merveille étrange
    qui dépasse toute la création,
    toute la nature et tous les mots…

    Comment Dieu est-il hors de l’univers
    par son essence et sa nature,
    par sa puissance et par sa gloire,
    et comment aussi habite-t-il partout et en tous,
    mais d’une manière spéciale dans ses saints ?
    Comment dresse-t-il sa tente en eux
    d’une manière consciente et substantiellement,
    lui qui est totalement au-delà de la substance ?
    Comment est-il contenu dans leurs entrailles,
    lui qui contient toute la création ?
    Comment brille-t-il dans leur cœur,
    ce cœur charnel et épais ?
    Comment est-il à l’intérieur de celui-ci,
    comment est-il en dehors de tout,
    et remplit-il lui-même toute chose ?
    Comment, la nuit et le jour,
    brille-t-il sans être vu ?

    Dis-moi, est-ce que l’esprit de l’homme
    concevra tous ces mystères
    ou pourra te les exprimer ?
    Certes non ! un ange ne pourrait,
    ni un archange, te l’expliquer ;
    ils seraient incapables
    de t’exposer cela avec des mots.
    C’est donc l’Esprit de Dieu, parce qu’il est divin,
    qui seul connaît ces mystères
    et qui les sait parce que lui seul
    partage la nature, le trône et l’éternité
    avec le Fils et le Père.
    C’est donc à ceux pour qui cet Esprit resplendira
    et à qui il sera uni libéralement
    qu’il montre tout d’une manière inexprimable…
    C’est comme un aveugle : s’il voit,
    il voit tout d’abord la lumière
    et ensuite aussi toute la création
    qui est dans la lumière, oh merveille !
    De même, celui qui a été éclairé
    par le divin Esprit dans son âme,
    aussitôt entre en communion de la lumière
    et contemple la lumière,
    la lumière de Dieu, Dieu vraiment,
    qui aussi lui montre tout,
    ou plutôt tout ce que Dieu décide,
    tout ce qu’il désire et ce qu’il veut.
    À ceux qu’il éclairera par son illumination
    il accorde de voir ce qui se trouve dans la lumière divine.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec
    Hymnes, n°29 (trad. SC 174, p. 315s)

     

     

  • « Apprends-nous à prier. »

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    Le bien suprême, c’est la prière, la conversation familière avec Dieu. Elle est relation à Dieu et union avec lui. De même que les yeux du corps sont éclairés à la vue de la lumière, ainsi l’âme tendue vers Dieu est illuminée de son ineffable lumière. La prière n’est pas l’effet d’une attitude extérieure, mais elle vient du cœur. Elle ne s’enferme pas dans des heures ou des moments déterminés, mais elle est en activité continuelle, de nuit comme de jour. Ne nous contentons pas d’orienter notre pensée vers Dieu lorsqu’elle s’applique exclusivement à la prière ; mais lorsque d’autres occupations — comme le soin des pauvres ou quelque autre souci en vue d’une œuvre bonne et utile — nous absorbent, il importe aussi d’y mêler le désir et le souvenir de Dieu, afin d’offrir au Seigneur de l’univers une nourriture très douce, assaisonnée au sel de l’amour de Dieu. Nous pouvons en retirer un grand avantage, tout au long de notre vie, si nous y consacrons une bonne part de notre temps.

    La prière est la lumière de l’âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes. Par elle, l’âme s’élève vers le ciel et embrasse le Seigneur d’une étreinte inexprimable. Comme un nourrisson vers sa mère, elle crie vers Dieu en pleurant, assoiffée de lait divin. Elle exprime ses désirs profonds et reçoit des présents qui dépassent tout ce que l’on peut voir dans la nature. La prière, par laquelle nous nous présentons avec respect devant Dieu, est la joie du cœur et le repos de l’âme.

    Homélie du 5e siècle sur la prière
    Attribuée à tort à saint Jean Chrysostome ; PG 64, 461 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 196 rev. ; cf. bréviaire vendredi après les Cendres)

     

     

  • Deux femmes, deux images de notre vie

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    Vous comprenez, je crois, que ces deux femmes, toutes deux chères au Seigneur, toutes deux dignes de son amour, et toutes deux ses disciples…, ces deux femmes donc, sont l’image de deux formes de vie : la vie de ce monde et la vie du monde à venir, la vie de travail et la vie de repos, la vie dans les soucis et la vie dans la béatitude, la vie dans le temps et la vie éternelle.

    Deux vies : méditons sur elles plus longuement. Considérez de quoi est faite cette vie-ci : je ne dis pas une vie répréhensible…, une vie de débauches, d’impiétés ; non, je parle d’une vie de travail, chargée d’épreuves, d’angoisses, de tentations, de cette vie qui n’a rien de coupable, de cette vie qui était bien celle de Marthe… Le mal était absent de cette maison, avec Marthe comme avec Marie ; s’il y avait été, l’arrivée du Seigneur l’aurait dissipé. Deux femmes, donc, y ont vécu, les deux ont reçu le Seigneur, deux vies estimables, toutes deux droites, l’une faite de travail, l’autre de repos… L’une de travail, mais exempte de compromissions, écueil d’une vie donnée à l’action ; l’autre exempte d’oisiveté, écueil d’une vie de loisir. Il y avait là deux vies, et la source même de la vie…

    La vie de Marthe, c’est notre monde ; la vie de Marie, le monde que nous attendons. Vivons celle-ci avec rectitude, pour obtenir l’autre en plénitude. Que possédons-nous déjà de cette vie-là ? … En ce moment, justement, nous menons un peu cette vie-là : loin des affaires, à l’écart des soucis familiaux, vous vous êtes rassemblés, vous êtes là à écouter. Vous comportant ainsi, vous ressemblez à Marie. Et cela vous est plus facile qu’à moi, qui dois prendre la parole. Ce que je dis, cependant, c’est du Christ que je le tiens, et cette nourriture est celle du Christ. Car il est le pain commun à tous, et c’est pour cela que je vis en communion avec vous.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 104 ; PL 38, 616 (trad. Luc commenté, DDB 1987, p. 92 rev.)

     

     

     

  • « Va, et toi aussi, fais de même. »

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    Il est écrit : « Aimons-nous les uns les autres, car l’amour est de Dieu » (1Jn 4,7) et peu après « Dieu est amour » (v. 8). Par là on montre à la fois que Dieu lui-même est amour et que celui qui est de Dieu est amour. Or, qui est de Dieu sinon celui qui dit : « Je suis sorti de Dieu et je suis venu dans le monde » ? (Jn 16,28) Si Dieu le Père est amour, le Fils aussi est amour…; le Père et le Fils sont un et ne diffèrent en rien. Voilà pourquoi c’est à bon droit que le Christ, au même titre que Sagesse, Puissance, Justice, Verbe, et Vérité est encore appelé Amour…

    Et parce que Dieu est amour et que le Fils qui est de Dieu est amour, il exige en nous quelque chose de semblable à lui, en sorte que par cet amour, cette charité, qui est dans le Christ Jésus…, nous soyons unis à lui par une sorte de lien de parenté grâce à ce nom. Comme le disait Paul, qui lui était uni : « Qui nous séparera de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ? » (Rm 8,39)

    Or cet amour de charité estime que tout homme est notre prochain. C’est pour cette raison que le Sauveur a repris un homme qui croyait que l’âme juste n’est pas tenu d’observer les lois de la condition de prochain envers tous… Il a composé la parabole qui dit : « Un homme tomba entre les mains de brigands quand il descendait de Jérusalem à Jéricho ». Il blâme le prêtre et le lévite, qui le voyant à demi-mort, sont passés outre, mais il rend hommage au Samaritain qui a pratiqué la miséricorde. Et il fait confirmer que ce dernier a été le prochain de l’homme blessé par la réponse de celui même qui avait posé la question et lui dit : « Va, et fais de même ». Par nature, en effet, nous sommes tous le prochain les uns des autres, mais par les œuvres de charité, celui qui peut faire du bien se fait le prochain de celui qui ne le peut pas. C’est pourquoi notre Sauveur s’est fait notre prochain et n’est pas passé outre devant nous quand nous gisions « à demi-morts » par suite des « blessures dues aux brigands ».

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Commentaire sur le Cantique des Cantiques, prologue 2, 26-31 (trad. cf SC 375, p. 111s)

     

     

     

  • Porter du fruit

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    Le Seigneur ne cesse de comparer les âmes humaines à des vignes : « Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau, en un lieu fertile » (Is 5,1) ; « J’ai planté une vigne, je l’ai entourée d’une haie » (cf Mt 21,33). Ce sont évidemment les âmes humaines que Jésus appelle sa vigne, elles qu’il a entourées, comme d’une clôture, de la sécurité que donnent ses commandements et de la garde de ses anges, car « l’ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent » (Ps 33,8). Ensuite il a planté autour de nous une sorte de palissade en établissant dans l’Église, « premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner » (1Co 12,28). En outre, par les exemples des saints hommes d’autrefois, il élève nos pensées sans les laisser tomber à terre où elles mériteraient d’être foulées aux pieds. Il veut que les embrassements de la charité, comme les vrilles d’une vigne, nous attachent à notre prochain et nous fassent reposer sur lui. Ainsi gardant constamment notre élan vers le ciel, nous nous élèverons comme des vignes grimpantes, jusqu’aux plus hautes cimes.

    Il nous demande encore de consentir à être sarclés. Or une âme est sarclée quand elle écarte d’elle les soucis du monde qui sont un fardeau pour nos cœurs. Ainsi celui qui écarte de lui-même l’amour de ce monde et l’attachement aux richesses ou qui tient pour détestable et méprisable la passion pour cette misérable gloriole a pour ainsi dire été sarclé, et il respire de nouveau, débarrassé du fardeau inutile des soucis de ce monde.

    Mais, pour rester dans la ligne de la parabole, il ne faut pas que nous produisions seulement du bois, c’est-à-dire vivre avec ostentation, ni rechercher la louange de ceux du dehors. Il nous faut porter du fruit en réservant nos œuvres pour les montrer au vrai vigneron (Jn 15,1).

    Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
    Homélie 5 sur l’Hexaéméron, 6 ; SC 26 (trad. SC p. 304 rev. Delhougne)

     

     

     

  • « Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette. »

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    De même que le souffle de l’homme passe par la tête pour descendre vers les membres et les vivifier, ainsi l’Esprit Saint vient aux chrétiens par le Christ. La tête c’est le Christ, les membres ce sont les chrétiens. Il y a une tête et de nombreux membres, un seul corps formé de la tête et des membres, et dans ce seul corps un unique Esprit qui est en plénitude dans la tête et en participation dans les membres. Si donc il n’y a qu’un corps, il n’y a aussi qu’un seul Esprit. Qui n’est pas dans le corps ne peut pas être vivifié par l’Esprit, selon cette parole de l’Écriture : « Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas, n’est pas du Christ » (Rm 8,9). Car celui qui n’a pas l’Esprit du Christ n’est pas membre du Christ.

    Rien de ce qui fait partie du corps n’est mort ; rien de ce qui est séparé du corps n’est vivant. C’est par la foi que nous devenons membres ; c’est par l’amour que nous sommes vivifiés. Par la foi nous recevons l’unité ; par la charité nous recevons la vie. Le sacrement du baptême nous unit ; le Corps et le Sang du Christ nous vivifient. Par le baptême, nous devenons membres du corps ; par le Corps du Christ, nous participons à sa vie.

    Hugues de Saint-Victor (?-1141), chanoine régulier, théologien
    Traité des sacrements de la foi chrétienne, II, 1-2 ; PL 176, 415 (trad. Orval)