Catégorie : Enseignement

  • « Hérode cherchait à le voir. »

    Dieu est partout, tout entier, immense. Partout il est proche, selon le témoignage qu’il donne de lui-même :: « :Je suis un Dieu proche, et non un Dieu lointain :» (Jr 23,23). Le Dieu que nous cherchons ne demeure donc pas loin de nous :; nous l’avons parmi nous. Il habite en nous comme l’âme dans le corps, si du moins nous sommes pour lui des membres sains que le péché n’a pas tués… « :En lui, dit l’apôtre Paul, nous avons la vie, le mouvement et l’être :» (Ac 17,28). Mais qui pourra suivre le Très-Haut jusqu’en son être inexprimable et incompréhensible 😕 Qui scrutera les profondeurs de Dieu 😕 Qui risquera de traiter de l’origine éternelle de l’univers 😕 Qui se glorifiera de connaître le Dieu infini qui emplit tout et enveloppe tout, pénètre tout et dépasse tout, embrasse tout et se dérobe à tout, « :lui que personne n’a jamais vu :» tel qu’il est 😕 (1Tm 6,16) Que nul n’ait donc la présomption de sonder l’impénétrable profondeur de Dieu, le quoi, le comment, le pourquoi de son être. Cela ne peut être ni exprimé, ni scruté, ni pénétré. Crois simplement, mais avec force, que Dieu est tel qu’il a été et qu’il sera car il n’y a pas de changements en lui.

    Saint Colomban (563-615), moine, fondateur de monastères

     

     

     

     

  • « Il les envoya proclamer le règne de Dieu »

    Notre époque, alors que l’humanité est en mouvement et en recherche, exige une impulsion nouvelle dans l’action missionnaire de l’Église. Les horizons et les possibilités de la mission s’étendent, et nous les chrétiens, nous sommes appelés au courage apostolique, fondé sur la confiance dans l’Esprit Saint. C’est lui le protagoniste de la mission :! Dans l’histoire de l’humanité, de nombreux tournants marquants ont stimulé le dynamisme missionnaire, et l’Église, guidée par l’Esprit, y a toujours répondu avec générosité et prévoyance. Et les fruits n’ont pas manqué. On a célébré… le millénaire de l’évangélisation de la Russie et des peuples slaves… [et] le cinq centième anniversaire de l’évangélisation des Amériques. On a aussi célébré récemment le centenaire des premières missions de plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Océanie. L’Église doit affronter aujourd’hui d’autres défis, en avançant vers de nouvelles frontières tant pour la première mission « :ad gentes :», auprès des peuples de la terre, que pour la nouvelle évangélisation de peuples qui ont déjà reçu l’annonce du Christ. Il est aujourd’hui demandé à tous les chrétiens, aux Églises particulières et à l’Église universelle le même courage que celui qui animait les missionnaires du passé, la même disponibilité à écouter la voix de l’Esprit.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

     

     

     

  • « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. »

    «  J’ai cherché le repos en toutes choses » dit la Sagesse de Dieu ; «  et je demeurerai, dit-elle ensuite, dans l’héritage du Seigneur » (Si 24,7). L’héritage du Seigneur, dans sa totalité, c’est l’Église, tout spécialement c’est Marie, et c’est l’âme de chaque fidèle en particulier… Le texte continue : «  Alors le Créateur de l’univers m’a parlé et m’a commandé ; celui qui m’a créée m’a fait dresser ma tente. Il m’a dit : ‘Installe-toi en Jacob’ » (v. 8). Ayant en effet cherché partout le repos et ne l’ayant trouvé nulle part, la Sagesse de Dieu, son Verbe, s’est d’abord réservé comme son héritage le peuple juif, auquel par Moïse il a «  parlé et commandé »… Et celui qui par cette seconde création a créé la Synagogue, la mère de l’Église, «  s’est reposé dans sa tente », dans la tente de l’Alliance. Maintenant, dans l’Église, il repose dans le sacrement de son Corps. Et, comme il avait aussi cherché, pour ainsi dire, parmi toutes les femmes celle de qui il naîtrait, il s’est choisi tout spécialement Marie, qui depuis est appelée «  bénie entre toutes les femmes » (Lc 1,28)… Le Christ, qui l’avait créée nouvelle créature (cf 2Co 5,17), est venu reposer en son sein. C’est également à chaque âme fidèle prédestinée au salut que cette Sagesse «  commande et parle », quand elle veut et comme elle veut. Elle le fait soit intérieurement par l’intelligence naturelle, par laquelle elle «  illumine tout homme venant en ce monde » (Jn 1,9) et par l’inspiration de la grâce…; soit au-dehors par la doctrine et par la création (cf Rm 1,20)… Et la Sagesse de Dieu, son Verbe, qui crée et forme ainsi cette âme «  dans le Christ Jésus pour que nos actes soient vraiment bons » (Ep 2,10), vient reposer en sa conscience.

    Isaac de l’Étoile (?-v. 1171), moine cistercien

     

     

     

     

  • Mettre notre lampe sur le lampadaire

    « Le Christ, écrit un Père de l’Église [Saint Jean Chrysostome], nous a laissés en ce monde pour que nous soyons comme des lampes…; pour que nous agissions comme un levain…; pour que nous soyons une semence ; pour que nous portions du fruit. Si notre vie avait un tel éclat, nous n’aurions pas besoin d’ouvrir la bouche. Les mots seraient de trop, si nous pouvions montrer nos œuvres. Il n’y aurait pas un seul païen, si nous étions vraiment chrétiens. » Nous devons éviter l’erreur de croire que l’apostolat se réduit au témoignage de quelques pratiques pieuses. Nous sommes, toi et moi, des chrétiens, mais en même temps et sans solution de continuité, nous sommes des citoyens et des travailleurs aux obligations bien précises, que nous devons accomplir d’une façon exemplaire, si nous voulons nous sanctifier pour de bon. C’est Jésus Christ qui nous presse : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Ainsi votre lumière doit-elle briller aux yeux des hommes pour que, voyant vos bonnes œuvres, ils en rendent gloire à votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5,14-16). Le travail professionnel, quel qu’il soit, devient une lampe qui éclaire vos collègues et vos amis. C’est pourquoi j’ai l’habitude de répéter…: que m’importe que l’on me dise d’un tel qu’il est un bon fils, un bon chrétien, s’il est un piètre cordonnier ! S’il ne s’efforce pas de bien apprendre son métier, et de l’exercer avec soin, il ne pourra ni le sanctifier, ni l’offrir au Seigneur. Et la sanctification du travail de tous les jours est, pour ainsi dire, la charnière de la véritable spiritualité pour nous tous qui, plongés dans les réalités temporelles, sommes décidés à fréquenter Dieu.

    Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975), prêtre, fondateur

     

     

     

     

  • St Padre Pio de Pietrelcina

     

     

    La majesté du Fils de Dieu n’avait pas dédaigné l’état d’enfance. Mais l’enfant a grandi avec l’âge jusqu’à la stature de l’homme parfait ; puis, lorsqu’il a pleinement accompli le triomphe de sa passion et de sa résurrection, toutes les actions de la condition humiliée qu’il avait adoptée pour l’amour de nous sont devenues du passé. Pourtant la fête de sa nativité renouvelle pour nous les premiers instants de Jésus, né de la Vierge Marie. Et lorsque nous adorons la naissance de notre Sauveur, il se trouve que nous célébrons notre propre origine. En effet, lorsque le Christ vient au monde, le peuple chrétien commence : l’anniversaire de la tête, c’est l’anniversaire du corps. Sans doute, chacun de ceux qui sont appelés le sont à leur tour, et les fils de l’Église apparaissent à des époques différentes. Pourtant, puisque les fidèles dans leur totalité, nés de la source du baptême, ont été crucifiés avec le Christ dans sa passion, ressuscités dans sa résurrection, établis à la droite du Père dans son ascension, ils sont nés avec lui en sa nativité. Tout croyant, de n’importe quelle partie du monde, qui renaît dans le Christ, après avoir abandonné le chemin de péché qu’il tenait de son origine, devient un homme nouveau par sa seconde naissance. Il n’appartient plus à la descendance de son père selon la chair, mais à la race du Sauveur, car celui-ci est devenu Fils de l’homme pour que nous puissions être fils de Dieu.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église

     

     

     

  • « Du grain est tombé dans la bonne terre…, et il a porté du fruit au centuple. »

    Si vous me demandez ce que veut dire Jésus Christ par ce semeur qui sortit de grand matin pour aller répandre sa semence dans son champ, mes frères, le semeur, c’est le bon Dieu lui-même, qui a commencé à travailler à notre salut dès le commencement du monde, et cela en nous envoyant ses prophètes avant la venue du Messie pour nous apprendre ce qu’il fallait pour être sauvés. Il ne s’est pas contenté d’envoyer ses serviteurs, il est venu lui-même, il nous a tracé le chemin que nous devions prendre, il est venu nous annoncer la parole sainte. Savez-vous ce que c’est qu’une personne qui n’est pas nourrie de cette parole sainte ?… Elle est semblable à un malade sans médecin, à un voyageur égaré et sans guide, à un pauvre sans ressource. Il est tout à fait impossible, mes frères, d’aimer Dieu et de lui plaire sans être nourri de cette parole divine. Qu’est-ce qui peut nous porter à nous attacher à lui, sinon parce que nous le connaissons ? Et qui nous le fait connaître avec toutes ses perfections, ses beautés et son amour pour nous, sinon la parole de Dieu, qui nous apprend tout ce qu’il a fait pour nous et les biens qu’il nous prépare dans l’autre vie ?

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars

     

     

     

     

  • Fête de saint Matthieu, apôtre et évangéliste

    Notre Seigneur a choisi Matthieu, le collecteur d’impôts, pour encourager ses collègues à venir avec lui. Il a vu des pécheurs, il les a appelés et les a fait asseoir auprès de lui. Quel spectacle admirable : les anges sont debout et tremblants, alors que les publicains, assis, se réjouissent. Les anges sont frappés de crainte à cause de la grandeur du Seigneur, et les pécheurs mangent et boivent avec lui. Les scribes suffoquent de haine et de dépit, et les publicains exultent à cause de sa miséricorde. Les cieux ont vu ce spectacle et ont été dans l’admiration ; les enfers l’ont vu et sont devenus fous. Satan l’a vu et s’est enragé ; la mort l’a vu et a dépéri ; les scribes l’ont vu et en ont été très troublés. Il y avait de la joie dans les cieux et de l’allégresse chez les anges parce que les rebelles avaient été convaincus, les récalcitrants s’étaient assagis et les pécheurs amendés, et parce que ces publicains avaient été justifiés. Comme notre Seigneur n’a pas renoncé à l’ignominie de la croix malgré les exhortations de ses amis (Mt 16,22), il n’a pas renoncé à la compagnie des publicains malgré les moqueries de ses ennemis. Il a méprisé la moquerie et dédaigné la louange, faisant ainsi tout ce qui est le mieux pour les hommes.

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église

     

     

     

  • « C’est à cause de son grand amour. »

    « Qu’il me donne un baiser de sa bouche. » (Ct 1,2) Qui parle ainsi ? L’épouse [du Cantique des cantiques]. Et qui est cette épouse ? L’âme assoiffée de Dieu. Et à qui parle-t-elle ? À son Dieu… On ne saurait trouver de noms plus tendres, pour exprimer la tendresse réciproque de Dieu et de l’âme, que ceux d’Époux et d’épouse. Tout leur est commun, ils ne possèdent rien en propre ni à part. Unique est leur héritage, unique leur table, unique leur maison, unique même la chair qu’ensemble ils constituent (Gn 2,24)… Si donc le mot aimer convient spécialement et en premier lieu aux époux, ce n’est pas sans de bonnes raisons qu’on donne le nom d’épouse à l’âme qui aime Dieu. La preuve qu’elle aime, c’est qu’elle demande à Dieu un baiser. Elle ne souhaite ni la liberté, ni une récompense, ni un héritage, ni même un enseignement, mais un baiser, à la manière d’une chaste épouse, soulevée par un saint amour et incapable de cacher la flamme dont elle brûle… Oui, son amour est chaste puisqu’elle désire seulement celui qu’elle aime, et non quelque chose qui serait à lui. Son amour est saint, puisqu’elle aime non pas dans un désir lourd de la chair mais dans la pureté de l’esprit. Son amour est ardent, puisqu’enivrée de cet amour même, elle en oublie la grandeur de Celui qu’elle aime. N’est-ce pas lui, en effet, qui d’un regard fait trembler la terre ? (Ps 103,32) Et c’est à lui qu’elle demande un baiser ? N’est-elle pas ivre ? Oui, elle est ivre d’amour pour son Dieu… Quelle force dans l’amour ! Quelle confiance et quelle liberté dans l’Esprit ! Comment manifester plus clairement que « l’amour parfait bannit la crainte » ? (1Jn 4,18)

    Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église

     

     

     

     

  • Dans l’Église, le Christ nous appelle à la conversion

    L’Église vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice. Dans ce cadre, la méditation constante de la parole de Dieu, et surtout la participation consciente et réfléchie à l’eucharistie et au sacrement de pénitence ou de réconciliation ont une grande signification. L’eucharistie nous rapproche toujours de cet « amour plus fort que la mort » (Ct 8,6) : en effet « chaque fois que nous mangeons ce pain et que nous buvons cette coupe », non seulement « nous annonçons la mort » du Rédempteur, mais aussi « nous proclamons sa résurrection, dans l’attente de sa venue dans la gloire » (Missel romain; cf 1Co 11,26). La liturgie eucharistique, célébrée en mémoire de celui qui, dans sa mission messianique, nous a révélé le Père par sa parole et par sa croix atteste l’amour inépuisable en vertu duquel il désire toujours s’unir à nous et ne faire qu’un avec nous, allant à la rencontre de tous les cœurs humains. C’est le sacrement de la pénitence ou de la réconciliation qui « aplanit la route » (Lc 3,3; Is 40,3) de chacun, même quand il est accablé par de lourdes fautes. Dans ce sacrement, tout homme peut expérimenter de manière unique la miséricorde, c’est-à-dire l’amour qui est plus fort que le péché.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

     

     

     

     

  • « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! »

    Même si les symptômes de la mort ont enlevé tout espoir de vie, même si les corps des défunts gisent près du tombeau, cependant, à la voix de Dieu, les cadavres déjà prêts à se décomposer se relèvent, retrouvent la parole ; le fils est rendu à sa mère, il est rappelé du tombeau, il en est arraché. Quel est ce tombeau, le tien ? Tes mauvaises habitudes, ton manque de foi. C’est de ce tombeau que le Christ te délivre, de ce tombeau que tu ressusciteras, si tu écoutes la Parole de Dieu. Même si ton péché est si grave que tu ne peux le laver toi-même par les larmes de ton repentir, l’Église, ta mère, pleurera pour toi, elle qui intervient pour chacun de ses fils comme une mère veuve pour son fils unique. Car elle compatit par une sorte de souffrance spirituelle qui lui est naturelle, lorsqu’elle voit que ses enfants sont entraînés vers la mort par des vices funestes… Qu’elle pleure donc, cette pieuse mère ; que la foule l’accompagne ; que non seulement une foule, mais une foule considérable compatisse à cette tendre mère. Alors tu ressusciteras dans ton tombeau, tu en seras délivré ; les porteurs s’arrêteront, tu te mettras à dire des paroles de vivant, tous seront stupéfaits. L’exemple d’un seul en corrigera beaucoup et ils loueront Dieu de nous avoir accordé de tels remèdes pour éviter la mort.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église