Catégorie : Enseignement

  • « Je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre. » (Mt 11,25)

    L’homme doué de raison en vérité n’a qu’une chose à cœur : obéir et plaire au Dieu de l’Univers, et former son âme à l’unique souci de lui être agréable, en lui rendant grâce pour la réalité et la force de sa providence par laquelle il dirige toutes choses, quoi qu’il arrive, durant la vie. Il serait en effet déplacé de remercier pour la santé du corps les médecins qui nous prescrivent des remèdes amers et désagréables, alors que nous refuserions à Dieu la gratitude pour des choses qui nous paraissent pénibles, et que nous ne saurions pas que tout arrive comme il se doit, et pour notre avantage, par les soins de la providence. Car la connaissance de Dieu et la foi en lui sont le salut et la perfection de l’âme. (…)

    Ceux qui n’ont pas l’intelligence de l’âme ne pensent pas à cela. Car ils ne comprennent pas que tout arrive en bien et comme il se doit, pour notre avantage, afin que brillent les vertus, et que nous soyons couronnés par Dieu. (…) C’est l’homme seul que Dieu écoute. C’est à l’homme seul que Dieu se révèle. Dieu aime l’homme, jusqu’à faire de lui un dieu. Seul l’homme est le digne adorateur de Dieu. C’est pour l’homme que Dieu se transfigure. C’est pour l’homme que Dieu a fait le ciel entier paré d’étoiles. C’est pour l’homme qu’il a fait la terre. Et c’est pour eux-mêmes que les hommes la cultivent. Ceux qui ne sentent pas une telle providence de Dieu ont l’âme dénuée d’intelligence. (…)

    Dieu a fondé sur la terre la naissance et la mort. Et il a fondé dans le ciel la providence et la destinée. Il a tout fait pour l’homme et son salut. Disposant de tous les biens, Dieu a créé pour les hommes le ciel, la terre et leurs éléments, pour lesquels il leur a donné toute jouissance de ces biens. (…) L’action de grâce, et elle seule, plaît à Dieu plus que tout sacrifice précieux. À lui la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

    Saint Antoine le Grand (251-356)

     

     

     

     

  • Pour que tous les hommes entrent dans le Royaume des cieux

    Qu’elle aide le monde ou qu’elle reçoive de lui, l’Église tend vers un but unique : que vienne le règne de Dieu et que s’établisse le salut du genre humain. D’ailleurs, tout le bien que le Peuple de Dieu, au temps de son pèlerinage terrestre, peut procurer à la famille humaine découle de cette réalité que l’église est « le sacrement universel du salut » (Lumen gentium), manifestant et actualisant tout à la fois le mystère de l’amour de Dieu pour l’homme.

    Car le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, s’est lui-même fait chair, afin que, homme parfait, il sauve tous les hommes et récapitule toutes choses en lui. Le Seigneur est le terme de l’histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l’histoire et de la civilisation, le centre du genre humain, la joie de tous les cœurs et la plénitude de leurs aspirations. C’est lui que le Père a ressuscité d’entre les morts, a exalté et a fait siéger à sa droite, le constituant juge des vivants et des morts. Vivifiés et rassemblés en son Esprit, nous marchons vers la consommation de l’histoire humaine qui correspond pleinement à son dessein d’amour : « ramener toutes choses sous un seul chef, le Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Ep 1,10).

    C’est le Seigneur lui-même qui le dit : « Voici que je viens bientôt et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon ses œuvres. Je suis l’alpha et l’omega, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Ap 22,12-13).

    Concile Vatican II

     

     

     

     

  • « C’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra. »

    Il est juste, frères, de célébrer l’avènement du Seigneur avec toute la dévotion possible, tellement son réconfort nous réjouit (…) et tellement son amour brûle en nous. Mais ne pensez pas seulement à son premier avènement, quand il est venu « chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,10) ; pensez aussi à cet autre avènement, quand il viendra pour nous emmener avec lui. Je voudrais vous voir sans cesse occupés à méditer sur ces deux avènements (…), « vous reposer entre ces deux bercails » (Ps 67,14), car ce sont là les deux bras de l’Époux entre lesquels reposait l’Épouse du Cantique des Cantiques : « Son bras gauche est sous ma tête, et sa droite m’entoure » (2,6). (…)

    Mais il y a un troisième avènement entre les deux que j’ai évoqués, et ceux qui le connaissent peuvent s’y reposer pour leur plus grand bonheur. Les deux autres sont visibles : celui-ci ne l’est pas. Dans le premier, le Seigneur « est apparu sur la terre et a conversé avec les hommes » (Ba 3,38) (…); dans le dernier « Tout homme verra le salut de Dieu » (Lc 3,6; Is 40,5). (…) Celui du milieu est secret ; c’est celui où seuls les élus voient le Sauveur au-dedans d’eux-mêmes, et où leurs âmes sont sauvées.

    Dans son premier avènement le Christ est venu dans notre chair et dans notre faiblesse ; dans son avènement intermédiaire il vient en Esprit et puissance ; dans son dernier avènement il viendra dans sa gloire et dans sa majesté. Mais c’est par la force des vertus que l’on parvient à la gloire, comme il est écrit : « Le Seigneur des armées, c’est lui le roi de gloire » (Ps 23,10), et dans le même livre : « Pour que je voie ta puissance et ta gloire » (62,3). Le second avènement est donc comme la voie qui conduit du premier au dernier. Dans le premier, le Christ a été notre rédemption ; dans le dernier, il apparaîtra comme notre vie ; dans sa venue intermédiaire, il est notre repos et notre consolation.

    Saint Bernard (1091-1153)

     

     

     

     

     

     

  • « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. »

    « Bois l’eau de tes sources et de tes puits, et que ta source soit bien à toi » (Pr 5,15.17). Essaie, toi qui m’écoutes, d’avoir un puits à toi et une source à toi ; de la sorte, quand tu prendras le livre des Écritures, tu arriveras à découvrir toi aussi, de ton propre chef, quelque interprétation. Oui, d’après ce que tu as appris dans l’Église, essaie de boire, toi aussi, à la source de ton esprit. À l’intérieur de toi-même, il y a (…) « l’eau vive » (Jn 4,10) ; il y a les canaux intarissables et les fleuves gonflés du sens spirituel de l’Écriture, pourvu qu’ils ne soient pas obstrués par la terre et les déblais. Dans ce cas, ce qu’il faut faire, c’est de creuser et de nettoyer, c’est-à-dire de chasser la paresse de l’esprit et de secouer la torpeur du cœur. (…)

    Purifie donc ton esprit pour qu’un jour tu boives à tes sources et puises l’eau vive à tes puits. Car si tu as reçu en toi la parole de Dieu, si tu as reçu de Jésus l’eau vive, et si tu l’as reçue avec foi, elle deviendra en toi « source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4,14).

    Origène (v. 185-253)

     

     

     

  • Le Christ reviendra dans la gloire

    « Le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants » (Rm 14,9). L’ascension du Christ au ciel signifie sa participation, dans son humanité, à la puissance et à l’autorité de Dieu lui-même. Jésus Christ est Seigneur : il possède tout pouvoir dans les cieux et sur la terre. Il est « au-dessus de toute autorité, pouvoir, puissance et souveraineté », car le Père « a tout mis sous ses pieds » (Ep 1,20-22). Le Christ est le Seigneur du cosmos et de l’histoire. En lui, l’histoire de l’homme et même toute la création trouvent leur « récapitulation » (Ep 1,10), leur achèvement transcendant.

    Comme Seigneur, le Christ est aussi la Tête de l’Église qui est son corps (Ep 1,22). Élevé au ciel et glorifié, ayant ainsi accompli pleinement sa mission, il demeure sur la terre dans son Église. (…) « Le règne du Christ est déjà mystérieusement présent dans l’Église », « germe et commencement de ce Royaume sur la terre » (Vatican II : LG 3; 5). Depuis l’Ascension, le dessin de Dieu est entré dans son accomplissement. Nous sommes déjà à « la dernière heure » (1Jn 2,18). (…)

    Déjà présent dans son Église, le règne du Christ n’est cependant pas encore achevé « avec puissance et grande gloire » (Lc 21,27) par l’avènement du Roi sur la terre. Ce règne est encore attaqué par les puissances mauvaises même si elles ont été déjà vaincues à la base par la Pâque du Christ. Jusqu’à ce que tout lui ait été soumis (1Co 15,28), « jusqu’à l’heure où seront réalisés les nouveaux cieux et la nouvelle terre où la justice habite, l’Église en pèlerinage porte dans ses sacrements et ses institutions, qui relèvent de ce temps, la figure du monde qui passe ; elle vit elle-même parmi les créatures qui gémissent présentement encore dans les douleurs de l’enfantement et attendent la manifestation des fils de Dieu » (LG 48; Rm 8,19.22). Pour cette raison, les chrétiens prient, surtout dans l’eucharistie, pour hâter le retour du Christ en lui disant : « Viens, Seigneur » (1Co 16,22 ; Ap 22,17.20)

    Catéchisme de l’Église catholique

     

     

     

  • « C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »

    « Celui qui, comme moi, est tourné en dérision par ses amis invoquera Dieu, qui l’exaucera. » (Jb 12,4 Vulg). (…) Il arrive que l’âme persévère dans le bien, et pourtant subisse la dérision des hommes. Elle agit de manière admirable, et elle reçoit des injures. Alors celui que les louanges auraient pu attirer au dehors, repoussé par les affronts, rentre en lui-même. Et il s’affermit en Dieu d’autant plus solidement qu’il ne trouve à l’extérieur rien où il puisse se reposer. Il met toute son espérance dans son Créateur et, au milieu des moqueries outrageantes, il n’implore plus que le témoin intérieur. L’âme de l’homme affligé s’approche de Dieu d’autant plus qu’il est délaissé par la faveur des hommes. Il se répand aussitôt en prière, et sous l’oppression venue du dehors, il se purifie pour saisir les réalités intérieures. C’est pourquoi ce texte dit avec raison : « Celui qui, comme moi, est tourné en dérision par ses amis invoquera Dieu, qui l’exaucera (…) » Lorsque ces malheureux trouvent des armes dans la prière, ils rejoignent intérieurement la bonté divine : celle-ci les exauce parce que, extérieurement, ils sont privés de la louange des hommes. (…)

    « On tourne en dérision la simplicité du juste. » (Jb 12,4) La sagesse de ce monde consiste à dissimuler le cœur sous des artifices, à voiler la pensée par des paroles, à montrer comme vrai ce qui est faux, à prouver la fausseté de ce qui est vrai. Au contraire, la sagesse des justes consiste à ne rien inventer pour se faire valoir, à livrer sa pensée dans ses paroles, à aimer la vérité comme elle est, à fuir la fausseté, à faire le bien gratuitement, à préférer supporter le mal plutôt que de le faire, à ne jamais chercher à se venger d’une offense, à considérer comme un bénéfice l’insulte qu’on reçoit pour la vérité. Mais c’est précisément cette simplicité des justes qui est tournée en dérision, car les sages de ce monde croient que la pureté est une sottise. Tout ce qui se fait avec intégrité, ils le considèrent évidemment comme absurde ; tout ce que la Vérité approuve dans la conduite des hommes apparaît une sottise à la soi-disant sagesse de ce monde.

    Saint Grégoire le Grand

     

     

     

  • « Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas ! »

    Plus le roi s’approche, plus il faut se préparer. Plus est proche le moment où l’on décernera le prix au combattant, mieux il faut combattre. Ainsi fait-on lors des courses : quand arrive le terme de la course et qu’on s’approche du but, on stimule davantage la fougue des chevaux. Voilà pourquoi Paul dit : « Maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons embrassé la foi. La nuit est avancée, le jour est tout proche » (Rm 13,11-12).

    Puisque la nuit s’efface et que le jour apparaît, faisons les œuvres du jour ; laissons les œuvres des ténèbres. Ainsi fait-on en cette vie : quand nous voyons que la nuit cède le pas à l’aurore et que nous entendons chanter l’hirondelle, nous nous réveillons les uns les autres, bien qu’il fasse encore nuit. (…) Nous nous empressons aux tâches du jour ; nous nous habillons après nous être arrachés au sommeil, pour que le soleil nous trouve prêts. Ce que nous faisons alors, faisons-le à présent : secouons tous nos rêves, arrachons-nous aux songes de la vie présente, sortons de notre profond sommeil et revêtons le vêtement de la vertu. C’est ce que nous dit clairement l’apôtre : « Rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière » (v. 12). Car le jour nous appelle à la bataille, au combat.

    Ne sois pas effrayé en entendant ces mots de combat et de lutte ! Si revêtir une lourde armure matérielle est pénible, il est désirable par contre de revêtir l’armure spirituelle, car c’est une armure de lumière. Ainsi, tu brilleras d’un éclat plus resplendissant que le soleil, et tout en brillant d’un vif éclat, tu seras en sécurité, car ce sont des armes (…), des armes de lumière. Alors ? Sommes-nous dispensés de combattre ? Non ! Il faut combattre, mais sans être accablés de fatigue et sans peine. Car c’est moins à une guerre que nous sommes conviés, qu’à une fête et à une réjouissance.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

     

     

     

     

  • Le trésor de l’humilité

    Considère que tu as en toi la vertu véritable quand tu as parfaitement méprisé tout ce qui est sur la terre, en gardant ton cœur, grâce à une conscience pure, toujours prêt à partir vers le Seigneur. Si tu veux être connu de Dieu, sois ignoré des hommes autant qu’il est possible. (…)

    Tiens-toi pour une fourmi et pour un ver dans tous tes sens, afin de devenir l’homme créé par Dieu. Car si tu ne fais pas d’abord cela, ceci ne saurait suivre. Autant tu descendras, autant tu t’élèveras : c’est quand tu te considères toi-même comme rien devant le Seigneur (cf. Ps 38(39),5-6 LXX), suivant le psalmiste, qu’alors tu es devenu grand, car tu es demeuré caché un peu de temps. Et c’est quand tu penses ne rien avoir et ne rien savoir que tu es riche d’action et de connaissance louables dans le Seigneur. (…)

    Sauvé gratuitement, rends grâce à Dieu ton Sauveur. Mais si tu veux offrir des dons, offre avec reconnaissance, de ton âme veuve, les deux petites pièces, je veux dire l’humilité et l’amour. Et il les reçoit dans le trésor (cf. Mc 12,41-43) du salut, je le sais bien, plus que la multitude des vertus déposées par beaucoup. (…)

    Car si le trésor des impassibles est fait de la réunion de toutes les vertus, la pierre précieuse de l’humilité a plus de valeur qu’elles toutes. Non seulement elle donne à celui qui la possède l’expiation auprès de Dieu, mais elle le fait aller avec les élus dans le lieu des noces de son Royaume.

    Théognoste

     

     

  • « Lorsque tu entreras dans ton Royaume… »

    Aujourd’hui le paradis fermé depuis des milliers d’années est ouvert pour nous ; en ce jour, à cette heure, Dieu y a introduit le larron. Il a accompli ainsi deux merveilles : il nous ouvre le paradis et il y fait entrer un voleur. Aujourd’hui Dieu nous a rendu notre vieille patrie, aujourd’hui il nous a ramenés dans la cité de nos pères, aujourd’hui il a ouvert une demeure commune à toute l’humanité. « Aujourd’hui, dit-il, tu seras avec moi dans le paradis. » Que dis-tu là, Seigneur ? Tu es crucifié, attaché avec des clous, et tu promets le paradis ? Oui, dit-il, afin que par la croix tu apprennes ma puissance. (…)

    Car ce n’est pas en ressuscitant un mort, en commandant à la mer et au vent, ni en chassant les démons qu’il a pu changer l’âme méchante du larron, mais c’est crucifié, attaché par des clous, couvert d’insultes, de crachats, de railleries et d’outrages, afin que tu voies les deux aspects de sa puissance souveraine. Il a ébranlé toute la création, il a fendu les rochers (Mt 27,51) ; et il a attiré à lui l’âme du larron, plus dure que la pierre, et l’a comblée d’honneur. (…)

    Certes, aucun roi ne permettrait jamais à un voleur ou à un autre de ses sujets de s’asseoir à côté de lui lorsqu’il fait son entrée dans sa ville. Mais le Christ l’a fait : quand il entre dans sa sainte patrie, il y introduit un voleur avec lui. En agissant ainsi (…), il ne la déshonore pas par la présence d’un voleur ; bien au contraire, il honore le paradis, car c’est une gloire pour le paradis d’avoir un maître qui puisse rendre un voleur digne des délices qu’on y goûte. De même, lorsqu’il introduit les publicains et les prostituées dans le Royaume des cieux (Mt 21,31) (…), c’est pour la gloire de ce lieu saint, car il lui montre que le maître du Royaume des cieux est si grand qu’il peut rendre aux prostituées et aux publicains toute leur dignité au point de mériter cet honneur et ce don. Nous admirons un médecin d’autant plus quand nous le voyons guérir des hommes souffrant de maladies réputées incurables. Il est donc juste d’admirer le Christ (…) lorsqu’il rétablit les publicains et les prostituées dans une telle santé spirituelle qu’ils deviennent dignes du ciel.

    Saint Jean Chrysostome

     

     

     

     

  • « Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »

    C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet. L’homme n’est pas seulement tourmenté par la souffrance et la déchéance progressive de son corps, mais plus encore, par la peur d’une destruction définitive. Et c’est par une inspiration juste de son cœur qu’il rejette et refuse cette ruine totale et cet échec définitif de sa personne. Le germe d’éternité qu’il porte en lui, irréductible à la seule matière, s’insurge contre la mort. Toutes les tentatives de la technique, si utiles qu’elles soient, sont impuissantes à calmer son anxiété : car le prolongement de la vie que la biologie procure ne peut pas satisfaire ce désir d’une vie ultérieure, invinciblement ancré dans son cœur.

    Mais si toute imagination ici défaille, l’Église, instruite par la Révélation divine, affirme que Dieu a créé l’homme en vue d’une fin bienheureuse, au-delà des misères du temps présent. De plus, la foi chrétienne enseigne que cette mort corporelle, à laquelle l’homme aurait été soustrait s’il n’avait pas péché, sera un jour vaincue, lorsque le salut, perdu par la faute de l’homme, lui sera rendu par son tout-puissant et miséricordieux Sauveur. Car Dieu a appelé et appelle l’homme à adhérer à lui de tout son être, dans la communion éternelle d’une vie inaltérable. Cette victoire, le Christ l’a acquise en ressuscitant, libérant l’homme de la mort par sa propre mort. A partir des titres sérieux qu’elle offre à l’examen de tout homme, la foi est ainsi en mesure de répondre à son interrogation angoissée sur son propre avenir. Elle nous offre en même temps la possibilité d’une communion dans le Christ avec nos frères bien-aimés qui sont déjà morts, en nous donnant l’espérance qu’ils ont trouvé près de Dieu la vie véritable.

    Concile Vatican II