Catégorie : Enseignement

  • « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. »

    De tout temps et en toute nation, Dieu tient pour agréable quiconque le craint et pratique la justice (Ac 10,35).Cependant il a plu à Dieu de sanctifier et de sauver les hommes non pas individuellement, hors de tout lien mutuel, mais de les constituer en un peuple qui le connaîtrait dans la vérité et le servirait dans la sainteté. Il a donc choisi le peuple d’Israël pour être son peuple, avec qui il a fait une alliance et qu’il a progressivement instruit, se manifestant lui-même et manifestant son dessein dans l’histoire de ce peuple et en le sanctifiant pour qu’il soit à lui.

    Tout cela cependant est arrivé pour préparer et préfigurer l’Alliance Nouvelle et parfaite qui serait conclue dans le Christ, et la révélation plus complète qui serait apportée par le Verbe de Dieu lui-même fait chair. « Voici venir des jours, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle… Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur. Alors, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Tous me connaîtront du plus petit jusqu’au plus grand, dit le Seigneur » (Jr 31,31s). Le Christ a institué ce pacte nouveau, la Nouvelle Alliance dans son sang (1Co 11,25), appelant la multitude des hommes parmi les juifs et parmi les païens pour former un tout, non selon la chair mais dans l’Esprit, et constituer le nouveau peuple de Dieu (…) : « race choisie, sacerdoce royal, nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu » (1P 2,9). (…)

    De même que l’Israël selon la chair cheminant dans le désert reçoit déjà le nom d’Église de Dieu (2Esd 13,1; Nb 20,4; Dt 23,1s), de même le nouvel Israël qui s’avance dans l’ère présente en quête de la cité future, celle qui est permanente (He 13,14), est aussi appelé l’Église du Christ (Mt 16,18). C’est le Christ, en effet, qui l’a acquise par son sang (Ac 20,28), l’a remplie de son Esprit et l’a pourvue des moyens appropriés pour son unité visible et sociale.

    Concile Vatican II

     

     

     

     

  • « Prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit. »

    Jésus a rompu le pain. S’il n’avait pas rompu le pain, comment les miettes seraient-elles venues jusqu’à nous ? Mais il l’a brisé et il l’a distribué ; « il l’a dispersé et donné aux pauvres » (Ps 111,9 Vulg). Il l’a brisé par grâce, pour briser la colère du Père et la sienne. Dieu l’avait dit : il nous aurait brisés, si son Unique, « son élu, ne s’était pas tenu devant lui, debout sur la brèche, pour détourner sa colère » (Ps 105,23). Il s’est tenu devant Dieu et il l’a apaisé ; par sa force indéfectible, il s’est tenu debout, non brisé.

    Mais lui-même, volontairement, il a brisé, a offert sa chair, rompue par la souffrance. C’est là qu’il a « brisé la puissance de l’arc » (Ps 75,4), « brisé les têtes du dragon » (Ps 73,14), tous nos ennemis, dans sa colère. Là, il a brisé en quelque sorte les tables de la première alliance (cf Ex 32,19), pour que nous ne soyons plus sous la Loi. Là, il a brisé le joug de notre captivité. Il a brisé tout ce qui nous brisait, pour réparer en nous tout ce qui était brisé, et pour « renvoyer libres ceux qui étaient opprimés » (Is 58,6). En effet, nous étions « captifs de la misère et des chaînes » (Ps 106,10).

    Bon Jésus, aujourd’hui encore, bien que tu aies brisé la colère, brisé le pain pour nous, pauvres mendiants, nous avons encore faim. (…) Romps donc chaque jour ce pain pour ceux qui ont faim. Car aujourd’hui et tous les jours nous recueillons quelques miettes, et chaque jour nous avons de nouveau besoin de notre pain quotidien. « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » (Lc 11,3). Si tu ne le donnes, qui le donnera ? Dans notre dénuement et notre besoin (…), il n’y a personne pour nous rompre le pain, personne pour nous nourrir, personne pour nous refaire, personne que toi, notre Dieu. En toute consolation que tu nous envoies, nous recueillons les miettes de ce pain que tu nous romps et nous goûtons « combien est douce ta miséricorde » (Ps 108,21 Vulg).

    Baudouin de Ford (?-v. 1190)

     

     

     

  • « Les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants. »

    En s’approchant de Jésus, la Cananéenne ne dit que ces mots : « Aie pitié de moi » (Mt 15,22), et ses cris redoublés attirent un grand nombre de gens. C’était un spectacle touchant que de voir une femme crier avec tant d’émotion, une mère implorer pour sa fille, une enfant si durement malmenée. (…) Elle ne dit pas « Aie pitié de ma fille », mais : « Aie pitié de moi ». « Ma fille ne se rend pas compte de son mal ; moi au contraire, j’éprouve mille souffrances, je suis malade de la sentir dans cet état, je suis presque folle de la voir ainsi. » (…)

    Jésus lui répond : « Je n’ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d’Israël » (Mt 15,24). Que fait la Cananéenne après avoir entendu ces paroles ? Est-ce qu’elle s’en va en gardant le silence ? Perd-elle courage ? Pas du tout ! Elle insiste davantage. Ce n’est pas ce que nous faisons : quand nous ne sommes pas exaucés, nous nous retirons découragés, alors qu’il faudrait insister avec plus d’ardeur. Qui donc, il est vrai, n’aurait pas été découragé par la réponse de Jésus ? Son silence aurait suffi à ôter tout espoir… Mais cette femme ne perd pas courage, au contraire elle s’approche de plus près et se prosterne en disant : « Seigneur, viens à mon aide (v. 25) (…). Si je suis un petit chien dans cette maison, alors je ne suis plus une étrangère. Je sais bien que la nourriture est nécessaire aux enfants (…), mais il ne faut pas interdire de donner les miettes. On ne doit pas me les refuser (…), parce que je suis le petit chien qu’on ne peut pas repousser ».

    C’est parce qu’il prévoyait sa réponse que le Christ tardait à exaucer sa prière. (…) Ses réponses n’étaient pas destinées à faire de la peine à cette femme, mais à révéler ce trésor caché.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

     

     

     

  • Au-dedans du cœur, le Royaume

    À toute heure et à chaque instant, gardons assurément notre cœur (cf. Pr 4,23 LXX) des pensées qui viennent obscurcir le miroir de l’âme, sur lequel Jésus Christ, la sagesse et la puissance de Dieu le Père (cf. 1 Cor 1,24), pose son empreinte et inscrit son image lumineuse, et cherchons sans relâche au-dedans du cœur le Royaume des cieux (cf. Mt 6,33). (…)

    Il est impossible à celui qui se livre aux pensées mauvaises de se garder pur des péchés dans son homme extérieur. Et s’il ne déracine pas de son cœur les pensées mauvaises, il ne se peut pas non plus qu’il ne les porte pas vers des œuvres mauvaises. La cause du regard adultère est que l’œil intérieur s’est déjà livré à l’adultère et aux ténèbres. Et la cause du désir d’écouter des infamies est que nous écoutons ce que nous murmurent les démons infâmes qui sont en nous. Nous devons donc, dans le Seigneur, chacun de nous, nous purifier au-dedans et au dehors, garder nos propres sens, nous maintenir purs de toute activité inspirée par la passion et le péché. Et de même qu’auparavant adonnés à la vie du monde, dans notre ignorance et la vanité de notre intelligence, nous étions asservis par toute notre intelligence et tous nos sens au mensonge du péché, de même, nous retournant vers la vie selon Dieu, il nous faut, par toute notre intelligence et tous nos sens, nous asservir au Dieu vivant et véritable (cf. 1 Th 1,9), à sa justice et à sa volonté. (…)

    Menons donc le combat de l’intelligence contre ces démons, afin de ne pas faire passer leurs volontés mauvaises dans nos œuvres comme des péchés réels. Mais si nous retranchons de nos cœurs le péché, nous trouverons en nous-mêmes le Royaume de Dieu. Par cette très belle ascèse, gardons au nom de Dieu la pureté et la continuelle componction de notre cœur.

    Philothée le Sinaïte

     

     

     

     

  • « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi. »

    Imaginons qu’il y a en nous un palais d’une immense richesse, construit tout en or et en pierres précieuses, digne enfin du Maître auquel il appartient. Puis dites-vous, mes sœurs, que la beauté de cet édifice dépend aussi de vous. C’est vrai, car est-il plus bel édifice qu’une âme pure et pleine de vertus ? Plus elles sont grandes, plus les pierreries resplendissent. Enfin, songez que dans ce palais habite ce grand Roi qui a bien voulu se faire notre Père ; il se tient sur un trône de très haut prix, qui est votre cœur. (…)

    Peut-être rirez-vous de moi, et direz-vous que c’est fort clair, et vous aurez raison, mais cela a été obscur pour moi pendant un certain temps. Je comprenais bien que j’avais une âme, mais l’estime que méritait cette âme, la dignité de celui qui l’habitait, voilà ce que je ne comprenais pas. Les vanités de la vie étaient comme un bandeau que je mettais sur les yeux. Si j’avais compris, comme je le fais aujourd’hui, qu’en ce tout petit palais de mon âme habite un si grand Roi, je ne l’aurais pas laissé seul si souvent ; je me serais tenue de temps en temps près de lui, et j’aurais fait le nécessaire pour que le palais soit moins sale. Qu’il est donc admirable de songer que celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s’enferme ainsi en une si petite demeure !

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

     

     

     

     

  • « Tous ceux qui le touchèrent étaient sauvés. »

    La petitesse humaine a été assumée par la majesté de Dieu, notre faiblesse par sa force, notre servitude à la mort par son immortalité. Pour payer la dette de notre condition humaine, la nature inaltérable de Dieu s’est unie à notre nature exposée à la souffrance. C’est ainsi que, pour mieux nous guérir, « le seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Jésus Christ » (1Tm 2,5) devait, d’un côté, pouvoir mourir, et de l’autre, ne pas pouvoir mourir.

    C’est donc dans la nature intégrale et complète d’un vrai homme que le vrai Dieu est né (…). Il a pris la condition de l’esclave sans la souillure du péché ; il a rehaussé l’humanité sans abaisser la divinité. En se dépouillant lui-même (Ph 2,7), celui qui était invisible s’est rendu visible ; le Créateur et Seigneur de toutes choses a voulu être un mortel parmi les autres mortels. Mais tout cela était la condescendance de sa miséricorde, non une défaite de sa puissance. (…) Tout cela est d’un ordre nouveau (…) : lui qui dépasse toute limite a voulu être limité comme nous, lui qui existait avant la création du temps a commencé à exister dans le temps, le Seigneur de l’univers a pris la condition d’esclave (Ph 2,7), en plongeant dans l’ombre la grandeur infinie de sa majesté. Le Dieu incapable de souffrir n’a pas dédaigné d’être un homme capable de souffrir, et lui qui est immortel, de se soumettre aux lois de la mort. En effet, le même Christ qui est vrai Dieu est aussi vrai homme (…). Il est vrai Dieu du fait qu’« au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu » ; il est homme du fait que « le Verbe s’est fait chair et a établi sa demeure parmi nous » (Jn 1,1.14).

    Saint Léon le Grand (?-v. 461)

     

     

     

     

  • Jésus illumine l’espace du cœur

    Le sel sensible donne de la saveur au pain et à tout aliment, empêche de pourrir certaines viandes et les conserve longtemps. Considère qu’il en va de même de la garde de l’intelligence. Car elle comble de saveur divine l’homme intérieur comme l’homme extérieur, elle chasse l’odeur fétide des pensées mauvaises, et nous donne de persévérer dans le bien. De la suggestion naissent de nombreuses pensées, et de celles-ci la mauvaise action sensible. Mais celui qui avec Jésus éteint aussitôt la première, échappe à la suite et s’enrichira de la douce connaissance divine par laquelle il trouvera Dieu qui est partout présent.

    Tenant devant Dieu le miroir de l’intelligence, il est continuellement illuminé, à l’image du cristal pur et du soleil sensible. Alors, parvenue à la cime ultime des désirs, l’intelligence se reposera en lui de toute autre contemplation. (…) Il est impossible que celui qui regarde le soleil n’ait pas ses yeux inondés de lumière. De même celui qui se penche toujours sur l’espace de son cœur ne peut pas ne pas être illuminé. (…) Quand les nuages se dissipent, l’air apparaît pur. De même, quand sous le soleil de justice, Jésus Christ, se dissipent les fantasmes des passions, ne cessent de naître dans le cœur des pensées lumineuses, pareilles aux étoiles. Car Jésus illumine l’espace du cœur.

    Hésychius le Sinaïte

     

     

     

  • « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Mc 6,31)

    Si tu veux venir vers moi et me trouver, suis-moi, cherche-moi à part. Marc dit en effet : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. » (Mc 6,31)

    Hélas ! Les passions de la chair, le tumulte des pensées qui vont et qui viennent dans notre cœur sont tels, que nous n’avons pas le temps de manger la nourriture de la douceur éternelle ; de percevoir la saveur de la contemplation intérieure. C’est pourquoi notre Maître dit : « Venez à l’écart » de la foule bruyante ; « dans un lieu désert », dans la solitude de l’esprit et du cœur, « et reposez-vous un peu. » Vraiment un tout petit peu, car, dit-il dans l’Apocalypse : « Il se fit un silence dans le ciel, environ une demi-heure » (Ap 8,1) ; et dans le psaume : « Qui me donnera des ailes comme à la colombe, que je m’envole et me pose ? » (Ps 54,7 LXX)

    Mais écoutons ce que dit le prophète Osée : « Je l’allaiterai*, dit-il, et la conduirai au désert, et je parlerai à son cœur » (cf. Os 2,14 Vg.). Les trois expressions allaiter, conduire au désert, parler à son cœur désignent les trois étapes de la vie spirituelle : le début, le progrès, la perfection. Le Seigneur allaite le débutant lorsqu’il l’éclaire de sa grâce, pour qu’il grandisse et progresse de vertu en vertu. Il le conduit ensuite à l’écart du vacarme des vices et du désordre des pensées, dans le repos de l’esprit ; enfin, une fois amené à la perfection, il parle à son cœur. L’âme éprouve alors la douceur de l’inspiration divine et peut se livrer totalement à la joie de l’esprit.

    Quelle profondeur de dévotion, d’émerveillement et de bonheur dans son cœur ! Par la dévotion, il s’élève au-dessus de lui-même ; par l’émerveillement, il est conduit au-dessus de lui-même ; par le bonheur, il est transporté hors de lui-même.

    Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

    (* “Je l’allaiterai” : “lactabo” le verbe latin peut signifier allaiter ou séduire.)

     

  • Témoins de la vérité

    [Le Christ] a rendu témoignage à la vérité, mais il n’a pas voulu l’imposer par la force à ses contradicteurs. Son royaume, en effet, ne se défend pas par l’épée, mais il s’établit en écoutant la vérité et en lui rendant témoignage, il s’étend grâce à l’amour par lequel le Christ, élevé sur la croix, attire à lui tous les hommes.

    Instruits par la parole et l’exemple du Christ, les Apôtres suivirent la même voie. Aux origines de l’Église, ce n’est pas par la contrainte ni par des habilités indignes de l’Évangile que les disciples du Christ s’employèrent à amener les hommes à confesser le Christ comme Seigneur, mais avant tout par la puissance de la Parole de Dieu. Avec courage, ils annonçaient à tous le dessein de Dieu Sauveur « qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité »; mais en même temps, vis-à-vis des faibles, même vivant dans l’erreur, leur attitude était faite de respect, manifestant ainsi comment « chacun d’entre nous rendra compte à Dieu pour soi-même », et, pour autant, est tenu d’obéir à sa propre conscience. (…)

    Une foi inébranlable leur faisait en effet tenir l’Évangile comme étant en toute vérité une force de Dieu pour le salut de tous les croyants. Rejetant donc toutes les « armes charnelles », suivant l’exemple de douceur et de modestie donné par le Christ, ils proclamèrent la Parole de Dieu avec la pleine assurance qu’elle était une force divine capable de détruire les puissances opposées à Dieu (…). Comme leur Maître, les Apôtres reconnurent, eux aussi, l’autorité civile légitime (…). Mais, en même temps, ils ne craignirent pas de contredire le pouvoir public qui s’opposait à la sainte volonté de Dieu : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». Cette voie, d’innombrables martyrs et fidèles l’ont suivie en tous temps et en tous lieux.

    Concile Vatican II

    [Références bibliques : Jn 18,37 ; Mt 26,51s ; Jn 12,32 ; 1Tm 2,4 ; Rm 14,12 ; Rm 1,16 ; 2Co 10,4 ; Rm 13,15 ; Ac 5,29]

     

  • « Ni pièces de monnaie dans leur ceinture »

    Le Seigneur ordonne dans l’Évangile : Gardez-vous soigneusement de tout attachement mauvais ; évitez soigneusement les préoccupations de ce monde et les soucis matériels (cf Mt 6,25). C’est pourquoi aucun frère, qu’il demeure dans une résidence ou qu’il soit en voyage, ne doit en aucune manière accepter lui-même ou faire recueillir pour son compte ni pièces d’or ni menue monnaie, et cela ni pour acheter des vêtements ou des livres, ni en guise de salaire pour aucun travail, ni sous aucun prétexte, sauf cas de nécessité évidente pour les frères malades. Car l’or et la monnaie, nous ne devons pas les considérer comme plus utiles ou précieux que les cailloux. Le diable s’emploie à aveugler ceux qui convoitent l’argent ou qui lui accordent plus de valeur qu’à des cailloux. Nous qui avons tout quitté, n’allons donc pas perdre pour si peu le Royaume des cieux (Mc 10,24.28). S’il nous arrive de trouver quelque part des pièces de monnaie, n’y faisons pas plus attention qu’à la poussière que nous foulons aux pieds : car cela est vanité des vanités, et tout est vanité (Eccl 1,2). (…)

    Tous les frères s’appliqueront à suivre l’humilité et la pauvreté de notre Seigneur Jésus Christ. (…) Ils doivent se réjouir quand ils se trouvent parmi des gens de basse condition et méprisés, des pauvres et des infirmes, des malades et des lépreux, et des mendiants des rues. Lorsqu’il le faudra, ils iront quêter en nature. Qu’ils n’aient point honte : qu’ils se rappellent plutôt que notre Seigneur Jésus Christ, le Fils du Dieu vivant tout puissant (…), a été pauvre et sans abri, qu’il a vécu d’aumônes, lui, et la bienheureuse Vierge, et ses disciples.

    Saint François d’Assise (1182-1226)