Catégorie : Ecritures

  • « Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous. »

    Quelle est la loi du Peuple de Dieu ? C’est la loi de l’amour, amour pour Dieu et amour pour le prochain selon le commandement nouveau que nous a laissé le Seigneur (Mt 22,36; Jn 13,34)… : reconnaître Dieu comme unique Seigneur de la vie et, dans le même temps, accueillir l’autre comme vrai frère, en dépassant divisions, rivalités, incompréhensions, égoïsmes ; les deux choses vont de pair.

    Quelle mission a ce peuple ? Celle d’apporter dans le monde l’espérance et le salut de Dieu : être le signe de l’amour de Dieu qui appelle tous à l’amitié avec lui; être le levain qui fait fermenter toute la pâte, le sel qui donne du goût et qui préserve de la corruption, être une lumière qui illumine. Autour de nous…, nous voyons que le mal existe, le diable agit. Mais je voudrais dire à voix haute : Dieu est plus fort !… Parce qu’il est le Seigneur, l’unique Seigneur. Et je voudrais ajouter que la réalité parfois sombre, marquée par le mal, peut changer si, les premiers, nous apportons la lumière de l’Évangile en particulier à travers notre vie…

    Chers frères et sœurs, être Église, être Peuple de Dieu, selon le grand dessein d’amour du Père, cela signifie être le ferment de Dieu dans notre humanité, cela signifie annoncer et apporter le salut de Dieu dans notre monde, qui est souvent égaré, qui a besoin d’avoir des réponses qui encouragent, qui donnent de l’espérance, qui donnent une nouvelle vigueur sur le chemin. Que l’Église soit un lieu de miséricorde et d’espérance de Dieu, où chacun puisse se sentir écouté, aimé, pardonné, encouragé à vivre selon la bonne vie de l’Évangile. Et pour faire sentir l’autre écouté, aimé, pardonné, encouragé, l’Église doit garder les portes ouvertes, afin que tous puissent entrer. Et nous devons sortir de ces portes et annoncer l’Évangile.

    Pape François

     

     

  • « Nous avons voulu l’empêcher car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »

    Imitons l’immensité de l’amour de Jésus lui-même, modèle suprême d’amour envers l’Église. Assurément l’Épouse du Christ, l’Église, est unique ; cependant l’amour du divin Époux s’étend si largement que, sans exclure personne, il embrasse dans son Épouse le genre humain tout entier. Si notre Sauveur a répandu son sang, c’est afin de réconcilier avec Dieu sur la croix tous les hommes, même s’ils sont séparés par la nation et le sang, et de les réunir en un seul Corps. Le véritable amour de l’Église exige donc non seulement que nous soyons dans le Corps lui-même membres les uns des autres, pleins de sollicitude mutuelle (Rm 12,5), membres qui doivent se réjouir quand un autre membre est à l’honneur et souffrir avec lui quand il souffre (1Co 12,26) ; mais il exige aussi que dans les autres hommes non encore unis avec nous dans le Corps de l’Église nous sachions reconnaître des frères du Christ selon la chair, appelés avec nous au même salut éternel.

    Sans doute il ne manque pas de gens, hélas ! aujourd’hui surtout, qui vantent orgueilleusement la lutte, la haine et la jalousie comme moyen de soulever, d’exalter la dignité et la force de l’homme. Mais nous qui discernons avec douleur les fruits lamentables de cette doctrine, suivons notre Roi pacifique, qui nous a enseigné non seulement à aimer ceux qui n’appartiennent pas à la même nation ou à la même origine (Lc 10,33s), mais à aimer même nos ennemis (Lc 6,27s). Célébrons avec saint Paul, l’apôtre des nations, la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de l’amour du Christ (Ep 3,18) ; amour que la diversité des peuples ou des mœurs ne peut pas briser, que l’immense étendue de l’océan ne peut pas diminuer, que les guerres enfin, entreprises pour une cause juste ou injuste, ne peuvent pas désagréger.

    Vénérable Pie XII

     

     

  • « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

    Je dois proclamer son nom : Jésus est « le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,6). C’est lui qui nous a révélé le Dieu invisible, c’est lui qui est « le premier-né de toute créature », c’est « en lui que tout subsiste » (Col 1,15.17). Il est le maître de l’humanité et son rédempteur, il est né, il est mort, il est ressuscité pour nous.

    Il est le centre de l’histoire du monde ; il nous connaît et nous aime ; il est le compagnon et l’ami de notre vie, « l’homme de la douleur » (Is 53,3) et de l’espérance ; c’est lui qui doit venir, qui sera finalement notre juge et aussi, nous en avons la confiance, notre vie plénière et notre béatitude.

    Je n’en finirais jamais de parler de lui ; il est la lumière, il est la vérité ; bien plus, il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6). Il est le pain, la source d’eau vive qui comble notre faim et notre soif. Il est notre berger, notre chef, notre modèle, notre réconfort, notre frère. Comme nous, et plus que nous, il a été petit, pauvre, humilié, travailleur, opprimé, souffrant.

    Saint Paul VI

     

     

  • Jésus prit l’aveugle par la main

    J’ai vu que Dieu se réjouit d’être notre père, Dieu se réjouit d’être notre mère, Dieu se réjouit d’être notre véritable époux et d’avoir notre âme pour épouse bien-aimée. Le Christ se réjouit d’être notre frère, Jésus se réjouit d’être notre Sauveur. (…)

    Durant le temps de notre existence, nous qui allons être sauvés, nous connaissons un mélange étonnant de bien et de mal. Nous avons en nous notre Seigneur Jésus Christ ressuscité, et nous avons en nous la misère et la malice de la chute et de la mort d’Adam. (…) Par la chute d’Adam nous sommes si brisés que, par le péché et par diverses souffrances, nous avons le sentiment d’être dans les ténèbres ; aveugles, nous pouvons à peine éprouver le moindre réconfort. Mais par notre volonté, notre désir, nous demeurons en Dieu et croyons avec confiance en sa miséricorde et en sa grâce ; c’est ainsi qu’il œuvre en nous. Par sa bonté il ouvre l’œil de notre entendement, qui nous fait voir parfois plus, parfois moins, suivant la capacité qu’il nous donne. Tantôt il nous élève, tantôt il permet que nous tombions.

    Ce mélange est si déroutant qu’il nous est difficile de savoir, pour ce qui est de nous-mêmes ou de nos semblables dans le Christ, sur quel chemin nous sommes, tellement ce que nous ressentons est changeant. Mais ce qui compte c’est de dire un saint « oui » à Dieu quand nous le sentons, voulant être vraiment avec lui, de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces (Mc 12,30) ; alors nous haïssons et méprisons notre impulsion au mal. (…) Nous demeurons dans cet enchevêtrement tous les jours de notre vie.

    Julienne de Norwich (1342-après 1416)

     

     

     

  • « Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur aveuglé ? »

    imageDieu, Père tout-puissant, c’est à toi que je veux consacrer l’occupation principale de ma vie. Que tout en moi, mes paroles et mes pensées, parlent de toi… Conscients de notre pauvreté, nous te demandons ce qui nous manque ; nous apporterons un zèle infatigable pour scruter les paroles de tes prophètes et de tes apôtres, nous frapperons à toutes les portes que notre intelligence trouvera fermées.

    Mais c’est à toi d’exaucer la demande, d’accorder ce qu’on cherche, d’ouvrir la porte fermée (Lc 11,9). Car nous vivons dans une sorte de torpeur, à cause de l’engourdissement de notre nature ; la faiblesse de notre esprit nous empêche de comprendre tes mystères par une ignorance inéluctable.

    Heureusement, l’étude de ta doctrine fortifie notre perception de la vérité divine, et l’obéissance de la foi nous soulève au-dessus des pensées du commun des hommes. Nous espérons donc que tu stimuleras les débuts de cette entreprise difficile, que tu affermiras les progrès de notre démarche et que tu nous appelleras à participer à l’Esprit qui a guidé tes prophètes et tes apôtres. Nous voudrions comprendre leurs paroles dans le sens où ils les ont prononcées et employer des termes exacts pour rendre fidèlement tout ce qu’ils ont exprimé… Accorde-nous donc le sens exact des mots, la lumière de l’intelligence, la beauté de l’expression ; établis notre foi dans la vérité. Accorde-nous de dire ce que nous croyons.

    Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église
    La Trinité, I, 37-38 (trad. cf coll. Pères dans la foi, n°19, p. 56)

     

     

     

  • Réjouissez-vous et persévérez jusqu’à la fin !

    Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse ; persévérez jusqu’à la fin, et préférez plutôt mourir que de quitter le poste où Dieu vous a appelé.

    Mais embrassez la Croix par la patience, et cachez-vous dans le sein de Dieu avec vos peines ; fixez les yeux sur l’Agneau immolé pour vous, et soyez toujours content de ce que Dieu vous donne et vous destine. Nous devons faire ainsi parce que nous sommes certains que Dieu nous appelle et nous choisit ce qui peut nous rendre plus agréables à ses yeux. Vous irez ainsi de lumière en lumière, et les peines souffertes pour Jésus crucifié vous seront délicieuses, tandis que les jouissances et les consolations du monde vous deviendront amères. Vous commencerez à goûter, dès cette vie, les arrhes de la vie éternelle ; car la principale béatitude de l’âme dans le ciel, c’est d’être affermie pour toujours dans la volonté du Père. Elle goûte ainsi la douceur divine, mais elle ne la goûte jamais au ciel, si elle ne s’en est pas revêtue sur terre, où nous sommes pèlerins et voyageurs. Quand elle s’en est revêtue, elle goûte Dieu par la grâce dans ses peines ; sa mémoire s’emplit du sang de l’Agneau sans tache ; son intelligence s’ouvre et contemple l’amour ineffable que Dieu a manifesté dans la sagesse du Fils, et alors l’amour qu’elle trouve dans la bonté du Saint-Esprit chasse l’amour-propre et l’amour des choses créées, pour n’aimer que Dieu.

    Ne craignez donc pas (…), mais souffrez avec joie pour vous conformer à la volonté de Dieu.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

  • Le Christ se donne lui-même en nourriture

    Les fruits de la communion eucharistique : Recevoir l’eucharistie dans la communion porte comme fruit principal l’union intime au Christ Jésus. Le Seigneur dit en effet : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6,56). La vie en Christ trouve son fondement dans le banquet eucharistique : « De même qu’envoyé par le Père, qui est vivant, moi je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra, lui aussi, par moi » (Jn 6,57)…

    Ce que l’aliment matériel produit dans notre vie corporelle, la communion le réalise de façon admirable dans notre vie spirituelle. La communion à la chair du Christ ressuscité, « vivifiée par l’Esprit Saint et vivifiante », conserve, accroît et renouvelle la vie de grâce reçue au baptême. Cette croissance de la vie chrétienne a besoin d’être nourrie par la communion eucharistique, pain de notre pèlerinage, jusqu’au moment de la mort, où il nous sera donné comme viatique.

    La communion nous sépare du péché : Le corps du Christ que nous recevons dans la communion est « livré pour nous », et le sang que nous buvons est « versé pour la multitude en rémission des péchés ». C’est pourquoi l’eucharistie ne peut pas nous unir au Christ sans nous purifier en même temps des péchés commis et nous préserver des péchés futurs : « Chaque fois que nous le recevons, nous annonçons la mort du Seigneur » (1Co 11,26). Si nous annonçons la mort du Seigneur, nous annonçons la rémission des péchés…

    Comme la nourriture corporelle sert à restaurer la perte des forces, l’eucharistie fortifie la charité qui, dans la vie quotidienne, tend à s’affaiblir ; et cette charité vivifiée efface les péchés véniels… Par la même charité qu’elle allume en nous, l’eucharistie nous préserve des péchés mortels futurs.

    Catéchisme de l’Église catholique

     

     

     

  • « Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, et lui mit les doigts dans les oreilles. »

    « Dieu te guérit de toute maladie. » (Ps 102,3) Toutes tes maladies seront guéries, ne crains pas. Tu diras qu’elles sont grandes ; mais le médecin est plus grand. Pour un médecin tout-puissant, il n’y a pas de maladie incurable. Laisse-toi simplement soigner, ne repousse pas sa main ; il sait ce qu’il a à faire. Ne te réjouis pas seulement lorsqu’il agit avec douceur mais supporte-le aussi quand il taille. Accepte la douleur du remède en pensant à la santé qu’il va te rendre.

    Voyez, mes frères, tout ce que supportent les hommes dans leur maladies physiques pour prolonger leur vie de quelques jours (…). Toi du moins, tu ne souffres pas pour un résultat douteux : celui qui t’a promis la santé ne peut pas se tromper. Pourquoi est-ce que les médecins se trompent parfois ? Parce qu’ils n’ont pas créé ce corps qu’ils soignent. Mais Dieu a fait ton corps, Dieu a fait ton âme. Il sait comment recréer ce qu’il a créé ; il sait comment reformer ce qu’il a formé. Tu n’as qu’à t’abandonner entre ses mains de médecin. (…) Supporte donc ses mains, ô âme, qui « le bénis et qui n’oublies aucun de ses bienfaits : il te guérit de toutes tes maladies » (Ps 102,2-3).

    Celui qui t’avait fait pour n’être jamais malade si tu avais voulu garder ses préceptes, ne te guérira-t-il pas ? Celui qui a fait les anges et qui, en te recréant, te rendra égal aux anges, ne te guérira-t-il pas ? Celui qui a fait le ciel et la terre ne te guérira-t-il pas, après t’avoir fait à son image ? (Gn 1,26) Il te guérira, mais il faut que tu consentes à être guéri. Il guérit parfaitement tout malade, mais il ne le guérit pas malgré lui. (…) Ta santé, c’est le Christ.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

  • Ne t’arrête pas aux miettes !

    Seigneur Dieu, mon Bien-Aimé, si tu te souviens encore de mes péchés pour ne pas accomplir ce que je te demande, mon Dieu, fais en eux ta volonté, c’est ce que je désire le plus ; exerce ta bonté et ta miséricorde et tu seras connu en eux. Et si ce sont mes œuvres que tu attends pour exaucer ma prière par ce moyen, donne-les moi, toi, et fais-les moi, et aussi les peines que tu veux que j’accepte et que cela se fasse. Si ce ne sont pas mes œuvres que tu attends, qu’attends-tu donc, mon très clément Seigneur ? Pourquoi tardes-tu ? Car enfin, si ce que je te demande au nom de ton Fils, doit être une grâce et une miséricorde, prends mon obole, puisque tu la désires et donne-moi ce bien puisque toi aussi tu le veux.

    Qui pourra se libérer de ses pauvres manières et de ses pauvres limites, si toi-même ne l’élèves à toi en pureté d’amour mon Dieu ? Comment s’élèvera jusqu’à toi l’homme engendré et créé dans la bassesse, si toi-même ne l’élèves, Seigneur, de ta main qui l’a fait ? Tu ne m’ôteras, mon Dieu, ce qu’une fois tu m’as donné en ton Fils unique Jésus Christ. En lui, tu m’as donné tout ce que je désire. C’est pourquoi je me réjouirai de ce que tu ne tarderas plus si, moi, j’attends.

    Pourquoi tardes-tu ? Pourquoi diffère-tu ? vu que tu peux dès maintenant aimer Dieu dans ton cœur ? (…) Ne te rabaisse pas à des choses moindres. Ne t’arrête pas aux miettes qui tombent de la table de ton Père. Sors au-dehors et glorifie-toi de ce qui fait ta gloire. Cache-toi en elle et sois dans la joie et tu obtiendras ce que ton cœur demande.

    Saint Jean de la Croix (1542-1591)

     

     

  • « Désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

    Je n’ai pas persuadé aujourd’hui mon auditeur, mais peut-être le ferai-je demain, peut-être dans trois ou quatre jours ou dans quelques temps. Le pêcheur qui a jeté inutilement ses filets pendant un jour entier, prend quelquefois sur le soir, au moment de partir, le poisson qu’il n’avait pu prendre pendant le jour. Le laboureur ne laisse pas de cultiver ses terres, quoiqu’il n’ait pas eu de bonne récolte pendant plusieurs années ; et, à la fin, une seule année répare souvent et abondamment toutes les pertes antérieures. Dieu ne nous demande pas de réussir, mais de travailler ; or, notre travail ne sera pas moins récompensé parce qu’on ne nous aura pas écoutés.

    Il y a plus : le diable cesse-t-il de tenter chacun des fidèles, parce qu’il prévoit que plusieurs seront sauvés ? Voyez avec quels soins, quelle infernale persévérance, quelle détestable sollicitude il poursuit l’âme jusqu’à ce qu’on ait rendu le dernier soupir : jusque-là il ne désespère pas, et vous croyez, que votre évêque ne fera pas pour sauver votre âme ce le diable fait pour la rendre ? Le Christ savait bien que Judas ne se convertirait pas et pourtant jusqu’à la fin il voulut tenter sa conversion, lui reprochant sa faute dans le termes les plus touchants : « Ami, pourquoi es-tu venu ? » (Mt 26,50) Or, si le Christ, le modèle des pasteurs a travaillé jusqu’à la fin à la conversion d’un homme désespéré, que ne devons-nous pas faire pour ceux à l’égard desquels il nous est donné d’espérer ?

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)