Catégorie : Ecritures

  • Samech

    J’ai en haine ceux qui sont doubles de cœur, Et j’aime ta loi.
    Tu es mon refuge et mon bouclier ; Je m’attends à ta parole.
    Retirez-vous de moi, méchants, Que je garde les commandements de mon Dieu.
    Soutiens-moi, selon ta parole, afin que je vive, Et ne confonds pas mon attente !
    Sois mon appui, pour que je sois sauvé, Et que j’aie toujours les yeux sur tes statuts !
    Tu rejettes tous ceux qui s’écartent de tes statuts, Car leurs séductions ne sont que mensonge.
    Tu fais disparaître comme des scories Tous les méchants de la terre, C’est pourquoi j’aime tes témoignages.
    Ma chair frissonne de frayeur devant toi, Et je crains tes jugements.

    Psaume 119

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    La lettre samekh représente le soutien ainsi que les arêtes du poisson. Dans ce cas, le samekh devient l’arbre de vie de la tradition, le chemin tracé. Mais c’est un chemin que l’on suit sans regarder avec le risque de se faire enfermer, ce que montre sa forme arrondie. La lettre samekh représente tous nos attachements, nos passions sur lesquelles on s’appuie, mais qui agissent comme un piège qui se referme.
    Samekh est le destin, le mouvement circulaire, ce qui tend et siffle telle la corde de l’arc et le serpent de la Génèse.

  • La Transfiguration

    Au moment de commencer sa montée vers sa Passion, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène sur une montagne, le mont Thabor selon la tradition. Là, il est transfiguré devant eux et reçoit du Père ce témoignage: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Au jardin des Oliviers, au soir de son arrestation, ce sont les mêmes, Pierre, Jacques et Jean, que Jésus prendra avec lui. Ce n’est pas une coïncidence. Ceux qui allaient le voir défiguré (« il n’avait plus figure humaine » avait annoncé le prophète Isaïe) ce sont eux qui devaient, auparavant, l’avoir vu transfiguré: le Jésus Fils de Dieu est le même que le Jésus crucifié. La fête de la Transfiguration est très ancienne dans l’Orient chrétien. Elle fut très tôt fixée au 6 août, en plein été. Au Xe siècle, elle devint même, par décision de l’empereur, fête chômée dans tout l’empire byzantin. En Occident, après avoir été longtemps fête locale, elle fut constituée fête universelle après la victoire qui stoppa l’avance turque en 1456. La date liturgique de sa célébration fut choisie d’après la pratique des Églises orientales. Avec le Baptême du Christ, c’est une fête de théophanie, c’est-à-dire de manifestation du Christ comme Fils de Dieu. Elle est célébrée en ce jour par l’Église d’Occident et tous les Orientaux byzantins, syriens et coptes. L’Église arménienne la reporte au dimanche suivant.
    Fête de la Transfiguration du Seigneur, qui célèbre le jour où, sur le mont Thabor, le Christ Jésus, devant ses Apôtres Pierre, Jacques et Jean, manifesta sa gloire de Fils bien-aimé du Père, en présence de Moïse et d’Élie apportant le témoignage de la Loi et des Prophètes.

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  • Nun

    Ta parole est une lampe à mes pieds, Et une, lumière sur mon sentier.
    J’ai juré, et je le tiendrai, D’observer les ordonnances de ta justice.
    Je suis extrêmement affligé. Eternel, fais-moi vivre selon ta parole
    Agrée, je te prie, ô Eternel, Les offrandes volontaires de ma bouche, Et m’enseigne tes ordonnances !
    Ma vie est continuellement en danger, Mais je n’oublie point ta loi.
    Les méchants m’ont tendu des pièges, Mais je ne me suis point écarté de tes commandements.
    Tes témoignages sont mon héritage à toujours, Car ils sont la joie de mon cœur.
    J’ai incliné mon cœur à pratiquer tes statuts, A toujours, jusqu’à la fin.

    Psaume 119

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    La lettre noun représente le poisson mais aussi le serpent. Noun est la réversibilité et l’émergence, l’harmonie des mixtes, tout ce qu’une graine produit.
    La lettre noun est aussi le symbole du fondement (sefer habahir). Il faut souligner que le noun évoque ce qui est caché ou englouti dans les profondeurs. Il a souvent une connotation féminine, et signale une intimité que l’on cherche à préserver des regards indiscrets.

    Le mot Noun désigne la perpétuation.
    Le mot araméen ‘Noun », poisson, montre la fructification et la productivité.

  • Mem

    Ô ! combien j’aime ta loi ! Tout le jour je la médite.
    Tu me rends plus sage que mes ennemis Par tes commandements, Car pour toujours ils sont mon partage.
    Je suis plus éclairé que tous ceux qui m’enseignent, Car tes témoignages sont l’objet de ma méditation.
    Je suis plus intelligent que les anciens, Parce que j’ai gardé tes commandements.
    J’ai détourné mes pas de tout mauvais chemin, Afin de garder ta parole.
    Je ne me suis point écarté de tes lois, Car c’est toi qui m’enseignes.
    Que tes paroles sont douces à mon palais ! Plus douces que le miel à ma bouche.
    Par tes commandements je deviens intelligent, C’est pourquoi je hais toute voie de mensonge.

    Psaume 119

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    Le mem symbolise le retour vers l’intérieur. Le nom mem vient de maïm, l’eau, mot composé de mi qui regarde son reflet inverse im pour nous enseigner que dans chaque question se trouve le reflet d’une autre question. Cette lettre est celle de l’introspection qui nous pousse à descendre en nous et à nous interroger sur notre existence. Le mem est la lettre de l’eau, symbole de l’écoulement de la vie et de la sagesse divine. La lettre mem suggère simultanément le révélé et le caché, c’est pour cela que cette lettre est l’initiale de Moïse, qui révèle la loi et de Messie, qui demeure caché. Ainsi, le mem ouvert représente la thora révélé et le mem fermé représente la thora cachée.

    Sa valeur numérique 40 apparaît systématiquement dans la Bible pour signaler un isolement et une transformation (la traversée du désert).
    Cette valeur désigne le temps nécessaire pour accomplir un processus de maturation menant à la fructification par la purification. Le nombre 40 revient souvent dans la Bible pour exprimer la durée correspondant approximativement à une génération humaine, s’il s’agit d’années.
    40 correspond à une période de mutation et de transformation pour accéder à un changement radical, on peut citer :
    – les 40 jours du Déluge (Gen. 7:4)
    – les 40 jours de Moïse sur la Montagne (Ex. 24:18)
    – les 40 ans dans le désert (Nomb. 14:33)
    – 40 jours d’exploration de Canaan (Nomb. 13:25)
    – Elie marche 40 jours à Horeb (Rois 19:8).
    L’eau de la vie, Mem, se symbolise également par le lait, dont le nom hébreu « h’alav », possède une valeur numérique..

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  • Lamed

    Pour toujours, ô Eternel, Ta parole subsiste dans les cieux.
    De génération en génération dure ta fidélité. Tu as fondé la terre, et elle demeure ferme.
    C’est par tes décrets que tout subsiste aujourd’hui, Car toutes choses te servent.
    Si ta loi n’eût fait mes délices, J’eusse péri dans mon affliction.
    Jamais je n’oublierai tes commandements, Car c’est par eux que tu me fais vivre.
    Je suis à toi ; sauve-moi, Car j’ai recherché tes ordonnances.
    Les méchants m’ont épié pour me faire périr, Je suis attentif à tes témoignages.
    A tout ce qui est parfait j’ai vu une fin ; Ton commandement est d’une immense étendue !

    Psaume 119

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    Lamed désigne un « aiguillon ». Il désigne aussi le fait d’enseigner, d’apprendre, d’instruire.
    L’existence du lamed implique un but vers lequel on doit aller, mais indique aussi la transition dans laquelle on se trouve avant d’aboutir à un état nouveau. Le fait que lamed désigne l’étude et l’aiguillon nous enseigne que l’étude doit être suivie d’actes, montrant que ce que l’on a appris n’est pas une simple théorie sans fondement.
    Les trois lettres formant le mot lamed sont les initiales de lev, mevin, daat : « un coeur qui comprend la connaissance ». Par sa situation centrale est le coeur de l’aleph-beth.

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  • Kaph

    Mon âme languit après ta délivrance ; Je m’attends à ta parole.
    Mes yeux languissent après ta promesse ; Je dis : Quand me consoleras-tu ?
    Car je suis comme une outre enfumée, Bien que je n’aie pas oublié tes statuts.
    Que sont les jours de ton serviteur ? Quand feras-tu justice de ceux qui me poursuivent ?
    Les orgueilleux m’ont creusé des fosses, Eux qui n’agissent point selon ta loi.
    Tous tes commandements ne sont que fidélité. On me persécute sans cause ; aide-moi !
    Encore un peu, ils m’auraient fait disparaître du pays ! Mais moi, je n’ai pas abandonné tes commandements.
    Fais-moi vivre, dans ta bonté, Et je garderai les témoignages de ta bouche.

    Psaume 119

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    Kaph représente la paume de la main. C’est un symbole d’accomplissement. La courbure du Kaph est à la fois un signe d’humilité, montrant l’acceptation des épreuves et des lois garantissant le couronnement de l’oeuvre (Kéter, couronne).
    L’aboutissement du Kaph est la conséquence d’efforts mentaux et physiques et révèle aussi la capacité de faire sortir un potentiel.

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  • Iod

    Tes mains m’ont fait et m’ont formé ; Rends-moi intelligent pour apprendre tes ordonnances !
    Ceux qui te craignent me verront et se réjouiront, Car je m’attends à ta parole.
    Je sais, ô Eternel, que tes décrets ne sont que justice, Et que c’est en ta fidélité que tu m’as humilié.
    Oh !que ta bonté soit ma consolation, Comme tu l’as promis à ton serviteur.
    Que tes compassions viennent sur moi, pour que je vive ; Car ta loi fait mon plaisir.
    Que les orgueilleux soient confus De ce qu’ils m’oppriment sans cause. Pour moi, je méditerai tes commandements.
    Que ceux qui te craignent reviennent à moi, Et qu’ils connaissent tes témoignages !
    Que mon cœur soit intègre dans tes statuts, Afin que je ne sois pas confus.

    Psaume 119

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    youd vient de yad, la main. C’est la main avec le poignet et les doigt étendus. Cette lettre symbolise, par sa valeur la création du monde par dix paroles. youd, à peine plus grande qu’un point, est la plus petite de lettres de l’alphabet et pourtant c’est elle qui contient le plus de puissance. Enfin, youd symbolise la capacité d’agir, l’expression individuelle, l’intéraction dans le monde, le monde des sens, la matière principale, la création.


  • Teth

    Tu as agi avec bonté envers ton serviteur, Ô Eternel ! selon ta parole.
    Enseigne-moi à juger avec sens et intelligence, Car j’ai foi à tes commandements.
    Avant d’avoir été humilié, je m’égarais, Mais maintenant j’observe ta parole.
    Tu es bon et bienfaisant ; Enseigne-moi tes statuts !
    Des orgueilleux ont forgé contre moi des mensonges ; Moi, de tout mon cœur, je garde tes commandements.
    Leur cœur est figé comme de la graisse ; Moi, je fais mes délices de ta loi.
    Il m’est bon d’avoir été humilié, Afin d’apprendre tes statuts.
    Mieux vaut pour moi la loi de ta bouche Que des milliers de pièces d’or et d’argent.

    Psaume 119

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    Il s’agit d’une lettre à part, car elle est absente des dix commandements et des noms des dix séfiroth. Teth symbolise le changement d’état, c’est la seule lettre ouverte vers le haut. Teth exprime la sûreté et le refuge, l’introspection et la quête spirituelle. Mais le terme le plus souvent associé à teth est le bien, car la première fois que cette lettre apparaît dans la thora, c’est pour initier le mot tov : « Et D-ieu vit que cela était bon » (Génèse 1:4).

    Le nombre 9 annonce la fin et le commencement, un deuil dans le présent et un bonheur dans le futur. Autant par sa forme que par sa valeur numérique, teth représente le repli sur soi-même en vue de provoquer l’éclair de l’intuition.
    Sa valeur pleine (teth-youd-tav) est 419, guematria du mot ah’edouth (union), en tant qu’aboutissement et promesse de devenir.

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  • « Donnez-leur vous-mêmes à manger »

    « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie » (Jn 6,51). Par ces paroles, le Seigneur révèle la véritable signification du don de sa propre vie pour tous les hommes, nous montrant aussi la profonde compassion qu’il a pour toute personne. En effet, à de nombreuses reprises, les évangiles nous rapportent les sentiments de Jésus à l’égard des hommes, tout particulièrement des personnes qui souffrent et des pécheurs. À travers un sentiment profondément humain, il exprime l’intention salvifique de Dieu pour tout homme, afin qu’il atteigne la vraie vie.

    Toute célébration eucharistique actualise sacramentellement le don que Jésus a fait de sa vie sur la croix pour nous et pour le monde entier. En même temps, dans l’eucharistie, Jésus fait de nous des témoins de la compassion de Dieu pour chacun de nos frères et sœurs. Autour du mystère eucharistique naît ainsi le service de la charité vis-à-vis du prochain, qui « consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ ». De cette façon, dans les personnes que j’approche, je reconnais des frères et des sœurs pour lesquels le Seigneur a donné sa vie en les aimant « jusqu’au bout » (Jn 13,1).

    Par conséquent, nos communautés, quand elles célèbrent l’eucharistie, doivent prendre toujours plus conscience que le sacrifice du Christ est pour tous, et que l’eucharistie presse alors toute personne qui croit en lui à se faire « pain rompu » pour les autres et donc à s’engager pour un monde plus juste et plus fraternel. En pensant à la multiplication des pains et des poissons, nous devons reconnaître que le Christ, encore aujourd’hui, continue à exhorter ses disciples à s’engager personnellement : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». La vocation de chacun de nous consiste véritablement à être, avec Jésus, pain rompu pour la vie du monde.

    Pape Benoît XVI
    Exhortation apostolique « Sacramentum caritatis », 88 (trad. DC n° 2377, p. 339 © copyright Libreria Editrice Vaticana)

  • Heth

    Tu es ma part, ô Eternel ! Je l’ai déclaré : je garderai ta parole.
    Je t’ai imploré de tout mon cœur : Aie pitié de moi, selon ta parole !
    J’ai fait le compte de mes voies, Et j’ai tourné mes pas vers tes témoignages.
    Je me suis hâté, je n’ai point différé De garder tes commandements.
    Les pièges des méchants m’ont environné, Je n’ai point oublié ta loi.
    Au milieu de la nuit, je me lève pour te louer Des arrêts de ta justice.
    Je m’associe à tous ceux qui te craignent Et qui gardent tes commandements.
    Ta bonté, ô Eternel, remplit la terre ; Enseigne-moi tes statuts.

    Psaume 119

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    H’eth désigne une barrière qui sépare l’intérieur de l’extérieur. Cette barrière sert à délimiter la propriété, marquant la séparation entre les choses de valeurs et les choses saines. H’eth symbolise l’équilibre universel, c’est un réservoir d’énergie et de force vitale.
    Cette huitième lettre symbolise : la culture, la nourriture, la réceptivité, l’énergie féminine, la frontière et la limite, la vie.

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