Catégorie : Ecritures

  • De Marie


    “Tous nous voyons en Marie ce qu’il y a de plus doux dans la femme. À la fois l’enfant pure et la mère très douce. Et on ne sait pas si on l’aime plus pour l’une ou l’autre de ces grâces…” dit Philippe. “On l’aime parce que c’est « Marie ». Voilà!” dit Pierre sentencieusement. Jésus les a entendus parler et il dit: “Vous avez tous bien parlé. Simon Pierre a très bien parlé. On aime Marie parce que c’est « Marie ». Je vous ai dit, en allant à Césarée, que seuls ceux qui uniront une foi parfaite à un amour parfait arriveront à connaître le vrai sens des mots: « Jésus, le Christ, le Verbe, le Fils de Dieu et le Fils de l’homme ». Mais maintenant aussi je vous dis qu’il y a un autre nom lourd de sens. Et c’est celui de ma Mère. Seulement ceux qui uniront une foi parfaite à un amour parfait arriveront à connaître le vrai sens du nom « Marie », de la Mère du Fils de Dieu. Et le vrai sens commencera à apparaître clairement aux vrais croyants et aux vrais aimants dans une heure redoutable de déchirement, quand celle qui a enfanté sera suppliciée avec celui qui est né d’elle, quand la Rédemptrice rachètera avec le Rédempteur, aux yeux de tout le monde et pour tous les siècles des siècles.”

    “Oui. Parce qu’être ma Mère selon la chair, se serait déjà une grande chose. Pensez que l’on se rappelle Anne d’Elcana parce que mère du prophète Samuel. Mais lui n’était qu’un prophète, et pourtant on se souvient de sa mère parce qu’elle l’a engendré. Par conséquent le souvenir de Marie serait accompagné des plus grands éloges parce qu’elle a donné au monde Jésus le Sauveur. Mais ce serait peu par rapport à ce que Dieu exige d’elle pour compléter la mesure requise pour la rédemption du monde. Marie ne décevra pas le désir de Dieu. Elle ne l’a jamais déçu. Depuis la requête d’un amour total a celle d’un sacrifice total, elle s’est donnée et elle se donnera. Et quand elle aura consommé le plus grand sacrifice, avec Moi, pour Moi, et pour le monde, alors les vrais fidèles et les vrais aimants comprendront le vrai sens de son Nom. Et dans les siècles des siècles, il sera accordé de le savoir à tout véritable fidèle, à tout véritable aimant. Le Nom de la Grande Mère, de la sainte Nourrice qui allaitera dans les siècles des siècles les enfants du Christ par ses pleurs, pour les faire croître à la Vie des Cieux.” “Pleurer, Seigneur? Elle doit pleurer ta Mère?” demande l’Iscariote. “Toute mère pleure, et la mienne pleurera plus que toute autre.” “Mais pourquoi? J’ai fait quelquefois pleurer ma mère parce que je ne suis pas toujours un bon fils. Mais Toi! Tu ne donneras jamais de douleur à ta Mère.” “Non. En effet je ne lui donne pas de douleur en tant que Fils, mais je lui en donnerai en tant que Rédempteur. Il y en aura deux qui feront verser à ma Mère des pleurs qui n’auront pas de fin: Moi pour sauver l’Humanité, et l’Humanité par son continuel péché. Tout homme qui a vécu, vit ou vivra coûte des larmes à Marie.” “Mais pourquoi?” demande Jacques de Zébédée, étonné. “Parce que tout homme me coûte des tortures à Moi, pour le racheter.”

    “Le Fils de l’homme sera livré aux mains des hommes parce qu’il est le Fils de Dieu, mais parce qu’Il est aussi le Rédempteur de l’homme. Et il n’y a pas de rédemption sans souffrance. Ma souffrance atteindra le corps, la chair et le sang, pour réparer les péchés de la chair et du sang. Elle sera morale pour réparer les péchés de l’âme et des passions. Elle sera spirituelle pour réparer les fautes de l’esprit. Elle sera complète. Aussi, à l’heure fixée, je serai pris dans Jérusalem, et après avoir beaucoup souffert, de la part des Anciens et des Grands Prêtres, des scribes et des pharisiens, je serai condamné à une mort infamante. Et Dieu laissera faire parce qu’il doit en être ainsi, car je suis l’Agneau qui expie pour les péchés du monde entier. Et dans une mer d’angoisse, que partagera ma Mère et quelques autres personnes, je mourrai sur le gibet. Trois jours après, par ma seule volonté divine, je ressusciterai pour une vie éternelle et glorieuse comme Homme et je serai de nouveau Dieu au Ciel avec le Père et l’Esprit. Mais auparavant je devrai souffrir toutes sortes d’opprobres et avoir le cœur transpercé par le Mensonge et la Haine. ”

    “Je suis venu pour être le Chemin, la Vérité et la Vie. Je vous donne la Vérité par ce que j’enseigne. Je vous aplanis le Chemin par mon sacrifice, je vous le trace, je vous l’indique. Mais la Vie, je vous la donne par ma mort. Et souvenez-vous que quiconque répond à mon appel et se met dans mes rangs pour coopérer à la rédemption du monde doit être prêt à mourir pour donner aux autres la Vie.”

    Extraits de l’Evangile selon Maria Valtorta

    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,21-27
    Correspondance dans « l’Évangile tel qu’il m’a été révélé » de Maria Valtorta : Tome 5, Ch 34, p 222

  • « La Vierge Marie qui a fait lever sur le monde l’espérance et l’aurore du salut » (Prière après la communion)

     

    « Qui est celle-ci ? » demande l’Esprit Saint lorsque Marie vient au monde. « Qui est celle qui s’avance ? Elle surgit comme l’aurore, elle est belle comme la lune, resplendissante comme le soleil » (Ct 6,10)…

    « Elle surgit comme l’aurore. » Dans l’éclat de midi, notre premier père a été fait à l’image et à la ressemblance de son Créateur (Gn 1,26). Quoi de plus glorieux pour le créé que de ressembler au Créateur ?… Il lui a donné l’image éternelle ; la ressemblance était à faire : il fallait que l’homme devienne semblable à son Créateur. Lui pourtant a rejeté l’honneur d’un tel privilège…, se vouant à la mort, avec toute sa descendance, dans les ténèbres. Les ténèbres recouvraient toute la terre (cf Gn 1,2), jusqu’à ce que vienne la Vierge. Il n’y avait personne pour sortir de ces ténèbres, personne pour les dissiper… Mais avec la Vierge surgit l’aurore : Marie annonce la vraie lumière ; par sa nativité elle fait luire le plus resplendissant des matins. Elle est l’étoile du matin… Elle est cette aurore que suit –- ou plutôt de laquelle naît –- le Soleil de justice (Ml 3,20), qui seul la surpasse de splendeur…

    « A toi, Seigneur, le jour » où Adam a été créé ; « à toi la nuit » (Ps 73,16) où il a été chassé de ta lumière. C’est toi qui a créé l’aurore, c’est-à-dire la Vierge Marie, et le Soleil, ce Soleil de justice qui s’est levé de son sein virginal. Comme l’aurore annonce la fin de la nuit et marque le commencement du jour, ainsi la Vierge a mis en fuite la nuit sans fin. Et jour après jour, elle donne à la terre celui qui a germé de sa virginité.

    Saint Pierre Damien (1007-1072), ermite puis évêque, docteur de l’Église

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  • Pierre

    Voici ce que nous lisons en Matthieu 16.18-19 :

    « Et moi, je te dis (Jésus s’adresse à l’apôtre Pierre) que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. »

    I- « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église »

    La traduction littérale du grec donne : « Tu es « caillou » et sur ce « rocher » je construirai mon Église ». Le jeu de mots transcrit en français fait de l’apôtre une pierre, la première pierre, en quelque sorte, que Jésus posera le jour de l’inauguration de la construction de son Église, c’est à dire, à la Pentecôte. En effet, ce jour-là, bien que les douze apôtres aient tous été remplis du Saint-Esprit, c’est Pierre qui prit le premier la parole devant la foule et eut ainsi le privilège d’inaugurer la construction de l’Église de Jésus-Christ :

    « Alors, Pierre, se présentant avec les onze, éleva la voix, et leur parla en ces termes : Hommes juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez ceci et prêtez l’oreille à mes paroles ! » (Actes 2.14).

    II- « Les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle »

    Ou la mort ne pourra rien contre l’Église de Jésus-Christ qui est le Premier ressuscité d’entre les morts.

    III- « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux »

    Avec ces clefs, Pierre va ouvrir les portes du Royaume des cieux, donner ainsi libre accès à la grâce que Dieu offre aux hommes par le sacrifice de son Fils mort sur la croix pour nos péchés (Jean 3.16). Dans le livre des Actes des Apôtres, nous voyons, en effet, Pierre ouvrir la porte du Royaume successivement :

    • aux Juifs (à Jérusalem le jour de la Pentecôte ; Actes 2),
    • aux Samaritains (mi-Juifs, mi-païens ; Actes 8),
    • aux païens (chez l’officier romain Corneille ; Actes 10).

    Ainsi se trouvait réalisée la promesse que Jésus avait faite à ses apôtres :

    « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités des la terre »(Actes 1.8).

    Les portes étant ouvertes, il restait aux apôtres et aux futures générations de disciples à poursuivre l’?uvre ainsi inaugurée par Pierre. Cependant, dans tout cela, nous ne devons jamais oublier que Dieu reste le Maître Souverain ; les hommes qui annoncent sa Bonne Nouvelle ne sont que des instruments dans sa main.

    IV- « Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux »

    Lier et délier signifiait dans le langage des rabbins : interdire ou permettre.

    Ici, il faut d’abord remarquer que cette prérogative n’est pas particulière à Pierre puisqu’en Matthieu 18.18, Jésus l’accorde aussi à l’ensemble de ses disciples :

    « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que vous délierez sur la terre sera délié dans les cieux »

    Il s’agit de l’autorité que les apôtres exerceront dans l’Église par l’Esprit Saint :

    « Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé » (Luc 10.16).

    Ainsi les hommes qui accepteront le message de l’Évangile seront déliés de la servitude du péché et du pouvoir de la mort, tandis que les hommes qui le rejetteront resteront liés.

     

  • Vingt-troisième dimanche du temps ordinaire

    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,15-20.
    Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère.
    S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins.
    S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.
    Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.
    Encore une fois, je vous le dis : si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
    Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

     

  • « Les invités de la noce. »

    « Voici que l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair. Ce mystère est de grande portée : je veux dire qu’il s’applique au Christ et l’Église » (Ep 5,31-32). Ce texte de la lettre aux Éphésiens…compare le caractère nuptial de l’amour entre l’homme et la femme avec le mystère du Christ et de l’Église. Le Christ est l’Époux de l’Église, l’Église est l’Épouse du Christ. Cette analogie n’est pas sans précédent : elle transpose dans le Nouveau Testament ce qui était déjà contenu dans l’Ancien Testament, en particulier chez les prophètes Osée, Jérémie, Ézéchiel, Isaïe (Os 1,2; 2,16-18; Jr 2,2; Ez 16,8; Is 50,1; 54,5-8)… Chez les prophètes cette femme-épouse, c’est Israël en tant que peuple élu par Dieu, et cette élection a sa source uniquement dans l’amour gratuit de Dieu. C’est justement par cet amour que s’explique l’alliance, souvent présentée comme une alliance nuptiale que Dieu renoue sans cesse avec son peuple élu. Elle est, de la part de Dieu, un engagement durable : il reste fidèle à son amour sponsal, même si l’épouse s’est montrée bien des fois infidèle.

    Cette image de l’amour sponsal liée à la figure de l’Époux divin — image très claire dans les textes prophétiques — se trouve confirmée et couronnée dans la lettre aux Éphésiens…où se trouve l’expression la plus forte de la vérité sur l’amour du Christ rédempteur, suivant l’analogie de l’amour nuptial dans le mariage : « Le Christ a aimé l’Église : il s’est livré pour elle » (5,25). En cela se trouve pleinement confirmé le fait que l’Église est l’Épouse du Christ : « Le Saint d’Israël est ton rédempteur » (Is 54,5). Dans le texte de saint Paul, l’analogie de la relation nuptiale prend en même temps deux directions qui forment l’ensemble du « grand mystère » (« sacramentum magnum »). L’alliance proprement dite des époux explique le caractère sponsal de l’union du Christ et de l’Église ; et cette union, à son tour, en tant que « grand sacrement », détermine la sacramentalité du mariage comme alliance sainte des deux époux, l’homme et la femme.

    Bienheureux Jean-Paul II
    Lettre apostolique « Mulieris Dignitatem » §23 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

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  • Epître aux Galates

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    La Galatie était une province de l’Asie Mineure, bornée au nord par la Bithynie et la Paphlagonie, à l’est par le Pont et la Cappadoce, au sud par la Cappadoce, la Lycaonie et la Phrygie, à l’ouest par la Phrygie et la Bithynie. Ses villes principales étaient Ancyra, Tavium, Pessinus. Cette province tirait son nom de tribus gauloises qui s’y étaient établies deux cent cinquante ans avant Jésus-Christ. On l’appelait Gallo-Grèce ou Galatie. La population mixte de ces contrées parlait grec comme tout l’Orient ; mais, au témoignage de Jérôme, qui y avait séjourné, les tribus gauloises avaient conservé la langue usitée aux environs de Trêves. La Galatie fut soumise aux Romains dès l’an 189 avant Jésus-Christ, et réduite en province romaine l’an 25 avant notre ère, ayant, depuis la même époque, Ancyra pour métropole.

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    Paul y annonça l’Evangile dans son second voyage missionnaire (Actes 16.6 ; Luc, il est vrai, semble dire dans ce récit que l’apôtre n’avait fait que traverser la Galatie, puis il ajoute qu’il fut empêché par l’Esprit d’annoncer la Parole en Asie. Mais ces mots ne sauraient s’appliquer à la Galatie même, car il ressort clairement de Galates 4.13,14, non seulement que Paul y séjourna, mais même qu’il y fut retenu par des infirmités corporelles.) et y fonda des Eglises. (Galates 1.6-11 ; 4.13 et suivants) Il y retourna durant son troisième voyage (Actes 18.23), et affermit dans la foi les nouveaux convertis. Bientôt après cette seconde visite de l’apôtre, il vint dans ces Eglises des docteurs judaïsants (comparez Actes 15.1-5 ; Galates 2.12), qui, contrairement à la doctrine du salut par la grâce et de la justification par la foi seule qu’avait annoncée l’apôtre, enseignaient la nécessité de la circoncision et des observances de la loi, même pour les païens convertis. (Galates 5.2, 11, 12 ; 6.12 et suivants) Afin de parvenir plus facilement à leur but, ces faux docteurs s’appliquèrent à rabaisser l’autorité de Paul, en lui refusant la dignité apostolique, parce que, disaient-ils, il n’avait pas reçu sa doctrine directement du Seigneur, comme les autres apôtres, dont ils se réclamaient. (Galates 1.1-11 et suivants) Les Galates furent réellement ébranlés dans leur foi. (Galates l.6 ; 3.l ; 4.9, 21 ; 5.3 et suivants)

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    Paul apprit ces tristes nouvelles très probablement pendant son séjour à Ephèse (Actes 19), peu de temps après sa seconde visite en Galatie. (Galates 1.6 si promptement !) Et c’est pour réparer le mal causé par l’erreur que l’apôtre écrit cette lettre, vers l’an 56. Le bien qu’elle a fait à l’Eglise, par raffermissement de la saine doctrine, l’emporte de beaucoup sur le mal que firent en Galatie les faux docteurs. Très semblable, pour le fond, à l’épître aux Romains, où Paul expose paisiblement et longuement les profondes vérités de l’Evangile de Jésus-Christ, la lettre aux Galates atteint le même but, avec cette différence, qu’elle est et devait être polémique dans la forme. Et quel modèle de polémique ! quelle énergique décision dans la réfutation de l’erreur et dans l’exposition de la vérité ! Et en même temps, quel ardent amour des âmes !

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    Cette épître, dont l’authenticité n’a jamais été révoquée en doute et ne pouvait l’être, tant les preuves externes et internes sur lesquelles elle se fonde, sont évidentes, se divise naturellement en trois parties :

    1. L’apôtre justifie d’abord son apostolat en déclarant qu’il ne l’a reçu d’aucun homme, mais directement de Jésus-Christ lui-même ; que sa conversion et son appel au ministère évangélique ont été parfaitement indépendants des hommes (chapitre 1) ; que plus tard, cependant, les apôtres de Jérusalem, reconnaissant sa mission parmi les païens, lui donnèrent la main d’association ; qu’il eut même occasion de reprendre en face l’apôtre Pierre, qui cédait par crainte des hommes aux chrétiens judaïsants (chapitre 2).
    2. Abordant la grande question de doctrine qu’il avait à traiter, savoir : la justification de l’homme pécheur par la foi seule, l’apôtre montre : que les Galates n’avaient point reçu l’Esprit de Dieu par la loi, mais par la foi, de même qu’Abraham avait été justifié, non par une loi qui n’existait point encore, mais par sa foi en la promesse de grâce (3.1-9) ; que la loi ne peut que condamner et maudire ceux qui la violent, et que Christ seul nous a délivrés de cette malédiction par sa mort sur la croix (versets 10 à 14) ; que cette alliance de grâce (ou testament), déjà traitée avec Abraham, n’a pu être invalidée par la loi venue plus tard (versets 15 à 18) ; que la loi n’a été ajoutée qu’à cause des transgressions, pour nous servir de gardien et de pédagogue jusqu’à l’accomplissement de la promesse, laquelle proclame à tous la liberté (versets 19 à 29). Vous êtes donc libres, enfants de Dieu, pourquoi retournez-vous sous l’esclavage de ces misérables rudiments ? (4.1-13) Souvenez-vous des temps heureux de votre conversion et de votre premier amour ; qu’y a-t-il de changé ? Il est venu des hommes jaloux de vous ; mais moi, j’éprouve de nouveau à votre sujet les douleurs de l’enfantement (versets 13 à 20). Vous vous appuyez sur la loi ; voyez ce que la loi nous enseigne par des faits : elle nous rapporte qu’à la naissance d’Isaac, fils de la promesse, Abraham reçut l’ordre de chasser l’esclave Agar et son fils né selon la chair. Ce récit s’applique allégoriquement à nous, car nous sommes les enfants de la femme libre, les fils de la promesse (versets 21 à 31). Tenez-vous donc fermes dans cette liberté, car si vous voulez être sauvés par la loi en acceptant la circoncision, Christ ne vous sert plus de rien, et vous êtes déchus de la grâce ; mais vous vous laissez troubler par des hommes qui en porteront la condamnation (5.1-12).
    3. L’apôtre, s’adressant aux membres des Eglises qui avaient conservé la saine doctrine, les exhorte à ne pas abuser de la liberté chrétienne pour vivre selon la chair ; il leur énumère les œuvres de la chair et les fruits de l’Esprit (versets 13 à 26) ; il les engage à supporter les faibles en veillant sur eux-mêmes, puisque chacun est responsable devant Dieu de sa vie entière, et moissonnera ce qu’il aura semé (6.1-10). Enfin, après avoir jeté un dernier regard sur les faux docteurs et leurs desseins égoïstes, il prend congé de ses frères en les suppliant de ne pas ajouter à ses souffrances, et en leur souhaitant la grâce du Seigneur Jésus-Christ (versets 11 à 18).

     

    Cette analyse peut donc encore se résumer ainsi :

    1. Apologie personnelle de l’apôtre. Chapitres 1 et 2.
    2. Partie dogmatique de sa lettre. 3.1 à 5.12.
    3. Exhortations pratiques, résumé et salutation. 5.13 à 6.18.