Catégorie : Ecritures

  • Est-ce qu’il marche avec nous ?

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    Aujourd’hui, je voudrais m’arrêter brièvement sur un des termes avec lesquels le Concile Vatican II a défini l’Église, celui de « Peuple de Dieu »… Que veut dire être « Peuple de Dieu » ? Tout d’abord cela veut dire que Dieu n’appartient de manière propre à aucun peuple, parce que c’est lui qui nous appelle, nous convoque, nous invite à faire partie de son peuple, et cette invitation est adressée à tous, sans distinction, parce que la miséricorde de Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés » (1Tm 2,4).

    Jésus ne dit pas aux apôtres ni à nous de former un groupe exclusif, un groupe d’élite. Jésus dit : Allez et faites de tous les peuples des disciples (Mt 28,19). Saint Paul affirme que dans le peuple de Dieu, dans l’Église, « il n’y a ni juif ni grec…, car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3,28). Je voudrais dire aussi à qui se sent éloigné de Dieu et de l’Église, à qui est craintif ou indifférent, à qui pense ne pouvoir jamais changer : le Seigneur t’appelle toi aussi à faire partie de son peuple et il le fait avec beaucoup de respect et d’amour ! Il nous invite à faire partie de ce peuple, peuple de Dieu.

    Comment devient-on membre de ce peuple ? Ce n’est pas à travers la naissance physique, mais à travers une nouvelle naissance. Dans l’Évangile, Jésus dit à Nicodème qu’il faut naître d’en haut, de l’eau et de l’Esprit pour entrer dans le Royaume de Dieu (Jn 3,3s). C’est à travers le baptême que nous sommes introduits dans ce peuple, à travers la foi dans le Christ, don de Dieu qui doit être nourri et qu’il faut faire croître toute notre vie. Demandons-nous : comment puis-je faire grandir la foi que j’ai reçue de mon baptême ? Comment puis-je faire croître cette foi que j’ai reçue et que le peuple de Dieu possède ?

    Pape François
    Audience générale du 12/06/2013 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

     

  • Lettre de saint Jacques 4,1-10.

    imagesrères, d’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous? N’est-ce pas justement de tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-mêmes?
    Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre.
    Vous n’obtenez rien parce que vous ne priez pas ; vous priez, mais vous ne recevez rien parce que votre prière est mauvaise : vous demandez des richesses pour satisfaire vos instincts.
    Créatures adultères ! Vous savez bien que l’amour pour les choses du monde est hostilité contre Dieu ; donc celui qui veut aimer les choses du monde se pose en ennemi de Dieu.
    Vous pensez bien que l’Écriture ne parle pas pour rien quand elle dit : Dieu veille jalousement sur l’Esprit qu’il a fait habiter en nous.
    Mais il nous donne une grâce plus grande encore ; c’est ce que dit l’Écriture : Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce.
    Soumettez-vous donc à Dieu, et résistez au démon : il s’enfuira loin de vous.
    Approchez-vous de Dieu, et lui s’approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; hommes partagés, purifiez vos cœurs.
    Affligez-vous, lamentez-vous et pleurez ; que votre rire se change en lamentations et votre joie en tristesse.
    Abaissez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera.

     

     

     

     

  • « Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant. »

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,38-48. 

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    Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, dent pour dent.
    Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre.
    Et si quelqu’un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
    Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.
    Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter.
    Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
    Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,
    afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
    Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
    Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
    Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

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    « Aimez vos ennemis », dit le Seigneur. Aimer vraiment son ennemi, c’est d’abord ne pas se chagriner des torts qu’on a subis soi-même. C’est ressentir douloureusement le péché que l’autre a commis comme une offense à l’amour de Dieu, et c’est prouver à ce dernier, par des actes, qu’on l’aime toujours.

    « Ai-je commis un péché ? C’est la faute au démon ! Ai-je subi une injustice ? C’est la faute au prochain ! » Telle est l’attitude de beaucoup de chrétiens. Mais ce n’est pas sur autrui qu’il faut rejeter la faute : l’ennemi, chacun le tient entre ses mains ; l’ennemi c’est l’égoïsme qui fait tomber dans le péché. Heureux dès lors le serviteur qui gardera toujours enchaîné cet ennemi livré entre ses mains et saura s’armer sagement contre lui ; tant qu’il agira de la sorte, aucun autre ennemi, visible ou invisible, ne pourra lui faire du mal.

    Saint François d’Assise (1182-1226), fondateur des Frères mineurs
    Admonitions, 9-10 (trad. Desbonnets et Vorreux, Documents, p. 46 rev.)

     

     

     

     

     

  • Chaire de saint Pierre, Apôtre, fête

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    Rien n’échappait à la sagesse et à la puissance du Christ : les éléments de la nature étaient à son service, les esprits lui obéissaient, les anges le servaient… Et pourtant dans tout l’univers, Pierre seul est choisi pour présider à l’appel de tous les peuples, à la direction de tous les apôtres et de tous les Pères de l’Église. Ainsi, bien qu’il y ait dans le peuple de Dieu beaucoup de prêtres et beaucoup de pasteurs, Pierre en personne les gouvernerait tous, alors que le Christ les gouverne aussi à titre de chef…

    Le Seigneur demande à tous les apôtres quelle est l’opinion des hommes à son sujet. Et ils disent tous la même chose aussi longtemps qu’ils exposent les doutes venus de l’ignorance humaine. Mais lorsque le Seigneur exige de connaître le sentiment des disciples eux-mêmes, le premier à confesser le Seigneur est celui qui est le premier dans la dignité d’apôtre. Comme il avait dit : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant », Jésus lui répond : « Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. » C’est-à-dire : heureux es-tu parce que c’est mon Père qui t’a enseigné ; l’opinion de la terre ne t’a pas égaré, mais c’est une inspiration du ciel qui t’a instruit ; ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont permis de me découvrir, mais celui dont je suis le Fils unique.

    « Et moi, je te le déclare », c’est-à-dire : de même que mon Père t’a manifesté ma divinité, de même moi je te fais connaître ta supériorité. « Tu es Pierre », c’est-à-dire : Moi je suis le rocher inébranlable, la pierre d’angle qui de deux peuples n’en fait qu’un seul (Ep 2,14), le fondement en dehors duquel personne ne peut en poser d’autre (1Co 3,11), mais toi aussi, tu es pierre, car tu es solide par ma force, et ce que j’ai en propre par ma puissance, tu l’as en commun avec moi du fait que tu y participes. « Sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise »… Sur la solidité de ce fondement, dit-il, je construirai un temple éternel, et mon Eglise, dont le sommet doit être introduit au ciel, s’élèvera sur la fermeté de cette foi.

     

  • « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »

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    Comme on vit bien dans le cœur du Christ ! Qui pourrait se plaindre de souffrir ? L’insensé seul, qui n’adore pas la Passion du Christ, la croix du Christ, le cœur du Christ, peut désespérer dans ses propres souffrances… Comme on vit bien auprès de la croix de Jésus !

    Christ Jésus…, montre-moi ce savoir qui consiste à aimer le mépris, les injures, l’abjection ; enseigne-moi à souffrir avec la joie humble et sans cris des saints ; enseigne-moi à être doux avec ceux qui ne m’aiment pas ou qui me méprisent ; montre-moi cette connaissance que toi, du haut du Calvaire, tu montres au monde entier.

    Je sais : une voix intérieure, très douce, m’explique tout ; je sens en moi quelque chose, qui vient de toi et que je ne sais pas définir, qui me déchiffre tant de mystères que l’homme ne peut pas comprendre. Moi, Seigneur, à ma manière, je comprends tout. C’est l’amour. Tout est là. Je le vois, Seigneur, je n’ai besoin de plus rien. C’est l’amour ! Qui peut expliquer l’amour du Christ ? Que les hommes et les créatures se taisent ; taisons-nous, pour que, dans le silence, nous entendions les chuchotements de l’amour, de l’amour humble, de l’amour patient, de l’amour immense, infini, que Jésus nous offre, cloué sur sa croix, les bras grands ouverts. Le monde, dans sa folie, ne l’écoute pas.

    Saint Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938), moine trappiste espagnol
    Écrits spirituels 07/04/1938 (trad. Cerf 2008, p. 401 rev.)

     

     

     

     

  • « Pour la première fois il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup. »

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    Jésus béni, que m’ont enseigné les hommes que tu ne m’aies enseigné depuis ta croix ? Hier j’ai clairement vu qu’on apprend seulement en accourant à toi, et que toi seul tu donnes des forces dans les épreuves et tentations ; que seulement au pied de ta croix, te voyant cloué sur elle, on apprend le pardon, on apprend l’humilité, la charité, la bonté. Ne m’oublie pas, Seigneur, regarde-moi prostré devant toi et accorde-moi ce que je te demande. Que viennent ensuite les mépris, que viennent les humiliations…, que m’importe ! Avec toi à mes côtés je peux tout. La prodigieuse, l’admirable, l’inexprimable leçon que tu m’apprends depuis ta croix me donne des forces pour tout.

    On t’a craché dessus, on t’a insulté, on t’a flagellé, on t’a cloué sur une croix et, étant Dieu, tu pardonnais, tu te taisais humblement, et tu t’offrais même. Que pourrais-je dire de ta Passion ? Il vaut mieux ne rien dire, et que, au fond de mon cœur, je médite ce que l’homme ne peut jamais arriver à comprendre ; que je me contente d’aimer profondément, passionnément, le mystère de ta Passion…

    Qu’elle est douce la croix de Jésus ! Qu’il est doux de souffrir en pardonnant !… Comment ne pas devenir fou ? Il me montre son cœur ouvert aux hommes et méprisé. Où a-t-on jamais vu, et qui a jamais rêvé d’une douleur pareille ? Comme on vit bien dans le cœur du Christ !

    Saint Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938), moine trappiste espagnol
    Écrits spirituels 07/04/1938 (trad. Cerf 2008, p. 400)

     

     

     

  • Quand vous priez Dieu, dans quelle direction vous tournez-vous ?

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    Vous penserez peut-être que c’est une question bizarre.
    En fait, le geste auquel je fais référence est le suivant. Parmi les populations premières d’Amérique du Nord, les Amérindiens, ceux qui sont devenus chrétiens, ont réinvesti et christianisé une coutume. Ils prient Dieu dans les différentes directions autour d’eux. Ils se tournent vers l’est, vers le sud, vers l’ouest et vers le nord, priant ainsi pour les diverses réalités de l’existence humaine : le froid et la chaleur, la pluie et le vent, la lumière du soleil. Ils s’ouvrent à toutes les rencontres qui font leur quotidien. Ils ajoutent aussi la direction du sol, terre nourricière, exprimant en même temps que nous venons de la terre et que nous y retournons. Ils complètent enfin avec la direction du ciel, comme le cœur qui aspire aux réalités spirituelles.
    Et je repensais à un usage de l’Eglise. Traditionnellement, nous prions en nous tournant vers l’est, l’orient. Ce que nous appelons l’orientation de la prière. L’est, c’est le côté où le soleil se lève, et le lever du soleil évoque la lumière du Christ ressuscitéqui inonde notre monde et dissipe les ténèbres du péché et de la mort. Nous accueillons le ressuscité, dans notre prière ! L’est, c’est le lieu où Dieu rencontre notre monde. Ainsi nous le prions pour la vie de notre humanité. Concrètement, comment cela se passait ? Les églises étaient traditionnellement orientées. Le chœur était tourné vers l’est, et le prêtre et toute l’assemblée priaient en direction de l’Orient, ce que je trouve très significatif car cela aide notre corps à entrer en prière, et non pas seulement notre esprit. (…)
    La direction que nous prenons pour prier, si elle est surtout cérébrale et intérieure, nous impose de vérifier que notre prière ne se limite pas à un petit retour sur nous-même. Sommes-nous bien tournés vers Dieu, le Dieu tout autre qui vient jusqu’à nous ? Est-ce que nous disons vraiment « tu » ou « vous » à Dieu, dans notre prière ?  Est-ce que nous lui parlons vraiment, en nous disant que nous lui remettons notre vie, que nous attendons quelque chose de lui et que nous pouvons le remercier ? Est-ce bien une relation de respect et d’amitié qui se dessine dans notre contemplation ? Car nous pouvons vite nous faire illusion, dans notre prière, en parlant plus de Dieu qu’en parlant véritablement à Dieu.
    La direction physique de la prière, dans la tradition de l’Eglise, nous permet de nous rappeler qu’avoir la foi, c’est être en relation avec Dieu, un Dieu que nous rencontrons, comme une personne, et non pas une idée ou une valeur !
    Les quatre directions de la prière, chez les Amérindiens, nous permettent de nous redire que notre prière porte nos proches mais aussi ceux qui sont loin. Notre prière se fait attentive aux réalités de l’humanité dans les situations diverses connues en ce monde. Nous présentons tout cela à Dieu !
    Dans ces deux manières de penser la prière, il s’agit de se tourner vers Dieu amoureusement et embrasser le monde entier, dans sa grande largeur, sa hauteur et sa profondeur, pour ne plus se centrer sur soi.
    Or, ne plus se centrer sur soi, c’est commencer à travailler pour l’unité de tous les chrétiens dans leur diversité et pour le bien de l’humanité entière dans la pluralité de ses cultures et de l’histoire des peuples.
     (…)
    Fr. Philippe Jaillot
    Blog du Jour du Seigneur
  • « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? »

    sangiovanirotondopadrepioLe plus bel acte de foi est celui qui jaillit sur tes lèvres en pleine obscurité, parmi les sacrifices, les souffrances, le suprême effort d’une ferme volonté de faire le bien. Comme la foudre, cet acte de foi déchire les ténèbres de ton âme ; au milieu des éclairs de l’orage, il t’élève et te conduit à Dieu.

    La foi vive, la certitude inébranlable et l’adhésion inconditionnelle à la volonté du Seigneur, voilà la lumière qui éclaire les pas du peuple de Dieu au désert. C’est cette même lumière qui resplendit à chaque instant en tout esprit agréable au Père. C’est cette lumière aussi qui a conduit les mages et leur a fait adorer le Messie nouveau-né. C’est l’étoile prophétisée par Balaam (Nb 24,17), le flambeau qui guide les pas de tout homme qui cherche Dieu.

    Or cette lumière, cette étoile, ce flambeau, sont également ce qui illumine ton âme, ce qui dirige tes pas pour t’empêcher de chanceler, ce qui fortifie ton esprit dans l’amour de Dieu. Tu ne le vois pas, tu ne le comprends pas, mais ce n’est pas nécessaire. Tu ne verras que ténèbres, certes non pas celles des fils de perdition, mais bien plutôt celles qui entourent le Soleil éternel. Tiens pour assuré que ce Soleil resplendit dans ton âme ; le prophète du Seigneur a chanté à son sujet : « À ta lumière je verrai la lumière » (Ps 35,10).

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
    CE,57 ; Ep 3,400s (trad. Une pensée, Mediaspaul 1991, p. 70)

     

     

     

  • Miséricorde

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    La vie dans la suite du Christ n’est pas « un long fleuve tranquille ». Tous ayant rencontré Jésus le Christ, nous faisons l’expérience qu’ « on ne naît pas chrétien, on le devient » [ajouterai-je tous les jours], que sans cesse il y a un combat à mener avec des moments de victoire et de dépassement, avec des instants de défaite et de faiblesse.
    Tout n’est pas joué parce qu’un jour il a été dit : « Je crois ». C’est toute la vie, dans toutes ses dimensions, qui sans cesse a besoin d’être évangélisée, qui a besoin d’être libérée de ses pulsions, de ses attachements désordonnés, de ses dévoiements La vie chrétienne, à la lumière de l’Evangile, se découvre un parcours de croyant pour mieux aimer.
    C’est parce que nous sommes dans la lumière qu’est le Christ, que nous distinguons les zones d’ombre dans notre vie et parfois il nous arrive de nous retrouver dans la nuit du doute, du questionnement, du refus d’aimer, de l’infidélité, de la trahison, Comme Nicodème [cf. Jean 3], il nous faut aller « de nuit » à la source de la voix qui peut nous remettre sur la voie : « Il vous faut renaître d’en-haut ». Et nous sommes toujours dans ces commencements, en cette naissance.
    Comment ne pas se souvenir de ce que Jésus dit à propos de sa venue et de sa mission : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » [Jean 10, 10] ? Aucune illusion de sa part de ce que nous pourrions atteindre par nous-mêmes mais conviction que la vie, celle que Dieu veut pour nous, est donnée par grâce :

    « La miséricorde (de Dieu) n’a donc pas de bornes, et chaque fois que le pécheur se repent, la voici qui vient, qu’il soit question de petits ou de grands péchés. Tu as failli, relève-toi, la miséricorde t’accueille ; tu es tombé, crie, et la miséricorde accourt. Tu as de nouveau failli, tu es de nouveau tombé, tourne-toi vers le Seigneur : il te recevra avec des entrailles de bonté. Tu as failli, tu es tombé une troisième et une quatrième fois, pleure ta faute, la miséricorde ne te laissera jamais. A chaque chute, relève-toi, et la miséricorde n’aura pas de fin »[Savonarole, Dernières méditations, p. 67].

    (…) A travers ces signes, Dieu nous dit son attente et sa tendresse. Dieu ne se complaît pas dans le passé, il croit en demain avec vous. C’est l’expérience d’Israël dans l’Ancien Testament ; c’est une lecture possible des récits de guérison dans les évangiles.
    En lisant ce que vous avez écrit, j’entends la parabole de la brebis égarée [Luc 15, 3-7]. Le berger, c’est lui qui cherche la brebis ; elle, elle se signale en appelant. Mais quelle fête quand il l’a retrouvée : « Et quand il l’a retrouvée, il la charge tout joyeux, sur ses épaules, et, de retour à la maison, il réunit ses amis et ses voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée ma brebis qui était perdue ! Je vous le déclare, c’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ! »
    (…)
    Comment ne pas nous réjouir avec vous de goûter la miséricorde de Dieu qui rejoint chacun ?
     /
    Jean-Luc Ragonneau, jésuite
    Extraits de la réponse à la question d’une internaute sur la miséricorde divine
    croire.com
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  • Les apôtres des slaves

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    Je voudrais parler aujourd’hui des saints Cyrille et Méthode, frères de sang et dans la foi, appelés apôtres des slaves. [Ils sont nés] à Thessalonique…, [mais] ont été envoyés en Moravie par l’empereur Michel III, à qui le prince moldave Ratislav avait adressé une requête précise : « Notre peuple, depuis qu’il a rejeté le paganisme, observe la loi chrétienne ; mais nous n’avons pas de maître qui soit en mesure de nous expliquer la foi véritable dans notre langue. » La mission a connu très vite un succès insolite…

    Toutefois, cela a suscité l’hostilité du clergé franc, qui était arrivé précédemment en Moravie… Pour se justifier, en 867 les deux frères se sont rendus à Rome. Au cours du voyage, ils se sont arrêtés à Venise, où une discussion animée a eu lieu avec…ceux qui considéraient qu’il n’y avait que trois langues dans lesquelles on pouvait licitement louer Dieu : l’hébreu, le grec et le latin. Bien sûr, les deux frères se sont opposés à cela avec force. À Rome…le pape avait compris la grande importance de leur mission exceptionnelle. À partir du milieu du premier millénaire, en effet, les slaves s’étaient installés en très grand nombre sur ces territoires placés entre les deux parties de l’empire romain, orientale et occidentale, qui étaient déjà en tension entre elles. Le pape a compris que les peuples slaves auraient pu jouer le rôle de pont, contribuant ainsi à maintenir l’union entre les chrétiens de l’une et l’autre partie de l’empire. Il n’a donc pas hésité à approuver la mission des deux frères dans la Grande Moravie, en acceptant l’usage de la langue slave dans la liturgie…

    En effet, Cyrille et Méthode constituent un exemple classique de ce que l’on indique aujourd’hui par le terme d’« inculturation » : chaque peuple doit introduire dans sa propre culture le message de la révélation et exprimer la vérité du salut en sa propre langue. Cela suppose un travail de traduction exigeant, car il faut trouver les termes adaptés pour reproposer, sans la trahir, la richesse de la Parole révélée. Les deux saints frères ont laissé de cela un témoignage significatif au plus haut point, vers lequel l’Église se tourne aujourd’hui aussi, pour en tirer son inspiration et son orientation.

    Benoît XVI, pape de 2005 à 2013
    Audience générale du 17/06/2009 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana rev.)