Catégorie : Ecritures

  • « C’est ma paix que je vous donne »

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    Il revient à tout croyant d’être, dans le monde d’aujourd’hui, une étincelle lumineuse, un foyer d’amour et un ferment pour toute la masse (Mt 5,14; 13,33). Chacun le sera dans la mesure de son union à Dieu. La paix ne pourra pas régner entre les hommes si elle ne règne d’abord en chacun d’eux, si chacun n’observe en lui-même l’ordre voulu par Dieu… Il s’agit, en fait, d’une entreprise trop sublime et trop élevée pour que sa réalisation soit au pouvoir de l’homme laissé à ses seules forces, même s’il était animé de la bonne volonté la plus louable. Pour que la société humaine donne avec la plus parfaite fidélité l’image du Royaume de Dieu, le secours d’en haut est absolument nécessaire…

    Par sa Passion et par sa mort, le Christ a vaincu le péché, source première de toutes les discordes, détresses et inégalités… « C’est lui qui est notre paix… Il est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin, et paix pour ceux qui étaient proches » (Ep 2,14s). Et c’est ce même message que nous fait entendre la liturgie de ces saints jours de Pâques : « Jésus, notre Seigneur ressuscité, se tint au milieu de ses disciples et leur dit : La paix soit avec vous, alléluia. Et les disciples, ayant vu le Seigneur, furent remplis de joie » (cf Jn 20,19s). Le Christ nous a apporté la paix, nous a laissé la paix : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. »

    C’est cette paix apportée par le Rédempteur que nous lui demandons avec insistance dans nos prières. Qu’il bannisse des âmes ce qui peut mettre la paix en danger, et qu’il transforme tous les hommes en témoins de vérité, de justice et d’amour fraternel. Qu’il éclaire ceux qui président aux destinées des peuples… Que le Christ enflamme le cœur de tous les hommes et leur fasse renverser les barrières qui divisent, resserrer les liens de l’amour mutuel, montrer de la compréhension à l’égard des autres et pardonner à ceux qui leur ont fait du tort. Et qu’ainsi, grâce à lui, tous les peuples de la terre forment entre eux une véritable communauté fraternelle, et que parmi eux ne cesse de fleurir et de régner la paix tant désirée.

    Saint Jean XXIII (1881-1963), pape
    Encyclique « Pacem in Terris » § 164-171 (trad. © Libreria Editrice Vaticana rev.)

     

     

     

     

     

  • « L’Esprit Saint, une eau féconde »

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    « L’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle. C’est une eau toute nouvelle, vivante, et jaillissante, jaillissant pour ceux qui en sont dignes. Pour quelle raison le don de l’Esprit est-il appelé une « eau » ? C’est parce que l’eau est à la base de tout ; parce que l’eau produit la végétation et la vie ; parce que l’eau descend du ciel sous forme de pluie ; parce qu’en tombant sous une seule forme, elle opère de façon multiforme. […] Elle est différente dans le palmier, différente dans la vigne, elle se fait toute à tous. Elle n’a qu’une seule manière d’être, et elle n’est pas différente d’elle-même.
    La pluie ne se transforme pas quand elle descend ici ou là mais, en s’adaptant à la constitution des êtres qui la reçoivent, elle produit en chacun ce qui lui convient.
    Elle est différente dans le palmier, différente dans la vigne, elle se fait toute à tous. Elle n’a qu’une seule manière d’être, et elle n’est pas différente d’elle-même. La pluie ne se transforme pas quand elle descend ici ou là mais, en s’adaptant à la constitution des êtres qui la reçoivent, elle produit en chacun ce qui lui convient.
    L’Esprit Saint agit ainsi. Il a beau être un, simple et indivisible, il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté. De même que le bois sec, associé à l’eau, produit des bourgeons, de même l’âme qui vivait dans le péché, mais que la pénitence rend capable de recevoir le Saint-Esprit, porte des fruits de justice. Bien que l’Esprit soit simple, c’est lui, sur l’ordre de Dieu et au nom du Christ, qui anime de nombreuses vertus.
    Il emploie la langue de celui-ci au service de la sagesse : il éclaire par la prophétie l’âme de celui-là ; il donne à un autre le pouvoir de chasser les démons ; à un autre encore celui d’interpréter les divines Ecritures. Il fortifie la chasteté de l’un, il enseigne à un autre l’art de l’aumône, il enseigne à celui-ci le jeûne et l’ascèse, à un autre il enseigne à mépriser les intérêts du corps, il prépare un autre encore au martyre. Différent chez les différents hommes, il n’est pas différent de lui-même, ainsi qu’il est écrit : Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous.
    Son entrée en nous se fait avec douceur, on l’accueille avec joie, son joug est facile à porter. Son arrivée est annoncée par des rayons de lumière et de science. Il vient avec la tendresse d’un défenseur véritable, car il vient pour sauver, guérir, enseigner, conseiller, fortifier, réconforter, éclairer l’esprit : chez celui qui le reçoit, tout d’abord ; et ensuite, par celui-ci, chez les autres.
    Un homme qui se trouvait d’abord dans l’obscurité, en voyant soudain le soleil, a le regard éclairé et voit clairement ce qu’il ne voyait pas auparavant : ainsi celui qui a l’avantage de recevoir le Saint-Esprit a l’âme illuminée, et il voit de façon surhumaine ce qu’il ne connaissait pas.
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    Catéchèse de St Cyrille de Jérusalem sur le Saint-Esprit : Extraits de la Catéchèse 18 sur le Symbole de la Foi, 23-25
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  • « Comment peux-tu dire : ‘ Montre-nous le Père ? ’ »

     

    trinite_aaLe Seigneur Jésus dit à ses disciples : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie ; personne ne va au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père ; dorénavant vous le connaîtrez, et d’ailleurs vous l’avez déjà vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. » Jésus lui répondit : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas encore ? Philippe, qui me voit voit aussi mon Père. » Le Père « habite une lumière inaccessible », « Dieu est esprit », « personne n’a jamais vu Dieu » : puisque Dieu est esprit, on ne peut donc le voir que par l’Esprit, car « c’est l’esprit qui fait vivre, la chair ne sert de rien » (1Tm 6,16; Jn 4,24; Jn 1,18; 6,63).  Il en va de même pour le Fils : en tant qu’il est égal au Père, on ne peut le voir autrement que par le Père, autrement que par l’Esprit…

    « Fils d’hommes, combien de temps encore aurez-vous le cœur si dur ? » (Ps 4,3 Vulg). Pourquoi ne pas reconnaître la vérité ? Pourquoi ne pas croire au Fils de Dieu ? Regardez : chaque jour il s’abaisse, exactement comme à l’heure où, quittant son palais royal (Sg 18,15), il s’est incarné dans le sein de la Vierge ; chaque jour c’est lui-même qui vient à nous, et sous les apparences les plus humbles ; chaque jour il descend du sein du Père sur l’autel entre les mains du prêtre. Et de même qu’autrefois il se présentait aux saints apôtres dans une chair bien réelle, de même il se montre à nos yeux maintenant dans le pain consacré.

    Les apôtres, lorsqu’ils le regardaient de leurs yeux de chair, ne voyaient que sa chair, mais ils le contemplaient avec les yeux de l’esprit, et croyaient qu’il était Dieu. Nous aussi, lorsque, de nos yeux de chair, nous voyons du pain et du vin, sachons voir et croire fermement que c’est là, réels et vivants, le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tel est en effet le moyen qu’il a choisi de rester toujours avec ceux qui croient en lui, comme il l’a dit lui-même : « Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20).

    Saint François d’Assise (1182-1226), fondateur des Frères mineurs
    Admonitions, § 1 (trad. Desbonnets et Vorreux, Documents, p. 39)

     

     

     

  • « Personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

    Paques_5_A_124CToute la vie de Jésus, sa manière d’agir avec les pauvres, ses gestes, sa cohérence, sa générosité quotidienne et simple, et finalement son dévouement total, tout est précieux et parle à notre propre vie. Chaque fois que quelqu’un se met à le découvrir, il se convainc que c’est cela même dont les autres ont besoin, bien qu’ils ne le reconnaissent pas… Parfois, nous perdons l’enthousiasme pour la mission en oubliant que l’Évangile répond aux nécessités les plus profondes des personnes, parce que nous avons tous été créés pour ce que l’Évangile nous propose : l’amitié avec Jésus et l’amour fraternel… Nous disposons d’un trésor de vie et d’amour qui ne peut pas tromper, le message qui ne peut ni manipuler ni décevoir. C’est une réponse qui se produit au plus profond de l’être humain et qui peut le soutenir et l’élever. C’est la vérité qui ne se démode pas parce qu’elle est capable de pénétrer là où rien d’autre ne peut arriver. Notre tristesse infinie ne se soigne que par un amour infini…

    Unis à Jésus, cherchons ce qu’il cherche, aimons ce qu’il aime. Au final, c’est la gloire du Père que nous cherchons, nous vivons et agissons « à la louange de sa grâce » (Ep 1,6). Si nous voulons nous donner à fond et avec constance, nous devons aller bien au-delà de toute autre motivation. C’est le motif définitif, le plus profond, le plus grand, la raison et le sens ultime de tout le reste. C’est la gloire du Père que Jésus a cherchée durant toute son existence. Lui est le Fils éternellement joyeux avec tout son être « tourné vers le sein du Père » (Jn 1,18). Si nous sommes missionnaires, c’est avant tout parce que Jésus nous a dit : « C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit » (Jn 15,8). Au-delà du fait que cela nous convienne ou non, nous intéresse ou non, nous soit utile ou non, au-delà des petites limites de nos désirs, de notre compréhension et de nos motivations, nous évangélisons pour la plus grande gloire du Père qui nous aime.

    Pape François
    Exhortation apostolique « Evangelii Gaudium / La Joie de l’Évangile » § 265-267 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

  • St Matthias, apôtre et martyr

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    On ne peut guère douter que saint Matthias n’ait été un des soixante-douze disciples de Jésus-Christ; du moins est-il certain qu’il s’attacha de bonne heure à la personne du Sauveur, et qu’il ne S’en sépara point depuis Son Baptême jusqu’à Son Ascension.

    Les fidèles étant assemblés pour attendre la descente du Saint-Esprit, saint Pierre leur dit que, pour accomplir l’Écriture, il fallait choisir un douzième Apôtre à la place de Judas.

    « Dans l’Eglise de Jérusalem deux personnes furent proposées par la communauté et ensuite tirées au sort: “Joseph Barsabbas, surnommé Justus, et Matthias” (Ac 1, 23). Ce dernier fut précisément élu et ainsi “associé aux onze Apôtres” (Ac 1, 26).

    Nous ne savons rien de lui, si ce n’est qu’il avait été lui aussi témoin de toute la vie terrestre de Jésus (cf. Ac 1, 21-22), lui demeurant fidèle jusqu’au bout. A la grandeur de sa fidélité s’ajouta ensuite l’appel divin à prendre la place de Judas, comme pour compenser sa trahison.

    Nous pouvons en tirer une dernière leçon: même si dans l’Église ne manquent pas les chrétiens indignes et traîtres, il revient à chacun de nous de contrebalancer le mal qu’ils ont accompli par notre témoignage limpide à Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur. » (cf. catéchèse de Benoît XVI du 18/10/2006)

    De saint Matthias on sait qu’après avoir reçu le Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, il alla prêcher l’Évangile de Jésus-Christ, et qu’il consacra le reste de sa vie aux travaux de l’apostolat.

    Clément d’Alexandrie rapporte que, dans ses instructions, il insistait principalement sur la nécessité de mortifier la chair en réprimant les désirs de la sensualité; leçon importante qu’il tenait de Jésus-Christ, et qu’il mettait lui-même en pratique.

    Les Grecs prétendent, d’après une ancienne tradition exprimée dans leurs ménologes, que saint Matthias prêcha la foi vers la Cappadoce et les côtes de la mer Caspienne; ils ajoutent qu’il fut martyrisé dans la Colchide, à laquelle ils donnent le nom d’Éthiopie. Les Latins célèbrent sa fête le 24 février.

    On garde une partie de ses reliques à l’abbaye de Saint-Matthias de Trèves, et à Sainte-Marie-Majeure de Rome. Mais les Bollandistes disent que les reliques de Sainte-Marie-Majeure qui portent le nom de saint Matthias, pourraient ne point être de l’Apôtre, mais d’un autre saint Matthias, évêque de Jérusalem vers l’an 120.
    Sources principales : L’Année Chrétienne, Tome I, p. 253, 254 ; vatican.va (« Rév. x gpm »).

     

     

     

     

  • « Personne ne peut rien arracher de la main du Père. »

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    Dieu est. La foi chrétienne ajoute : Dieu est en tant que Père, Fils et Saint Esprit, un en trois personnes. Dans la chrétienté un silence gêné entoure largement ce centre de sa foi. L’Église ne s’est-elle pas aventurée trop loin ? Ne vaudrait-il pas mieux laisser à une chose si grande, si impénétrable, son caractère inaccessible ? D’ailleurs, une telle réalité peut-elle signifier quelque chose pour nous ? Certes, cet article de foi reste la manière d’exprimer que Dieu est Tout-Autre, qu’il est infiniment plus grand que nous, qu’il dépasse toute notre pensée, tout notre être. Mais s’il n’avait rien à nous dire, son contenu ne nous aurait pas été révélé…

    Qu’est-ce que cela signifie ? Commençons là où Dieu lui aussi a commencé : il se nomme Père. La paternité humaine peut donner une idée de ce qu’il est. Mais là où il n’y a plus de paternité, là où la paternité n’est plus vécue comme un phénomène non seulement biologique mais aussi humain et spirituel, parler de Dieu le Père, c’est parler à vide… Là où la paternité n’apparaît plus que comme hasard biologique sans recours humain ou comme tyrannie à rejeter, il y a blessure dans la structure profonde de l’être humain. Pour être pleinement homme on a besoin du père au vrai sens du terme… : une responsabilité vis-à-vis de l’autre, sans dominer l’autre mais le rendre à lui-même dans sa liberté ; c’est-à-dire un amour qui ne désire pas prendre possession de l’autre…mais le veut pour sa vérité la plus intime, qui est en son créateur. Cette manière d’être père n’est possible qu’à condition d’accepter soi-même d’être enfant ; accepter la parole de Jésus : « Vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux » (Mt 23,9), est la condition intérieure pour que des hommes puissent être pères de la bonne manière…

    Il faut compléter notre pensée : le fait que dans la Bible Dieu apparaît fondamentalement sous l’image du Père inclut le fait que le mystère du maternel, lui aussi, tire de lui son origine… Ce n’est pas comme abstraction que l’homme est « l’image de Dieu » (Gn 1,27) — cela ne nous amènerait qu’à un Dieu abstrait. Il l’est dans sa réalité concrète, c’est-à-dire dans la relation.

    Cardinal Joseph Ratzinger [Benoît XVI, pape de 2005 à 2013]
    Der Gott Jesu Christi (trad. Dieu de Jésus Christ, Fayard 1977, p. 23s rev.)

     

     

     

  • Le bon pasteur

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    « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » Lorsque Jésus prononçait ces paroles, les apôtres ne savaient pas qu’il parlait de lui-même. Même Jean, l’apôtre bien-aimé, ne le savait pas. Il l’a compris au Calvaire, au pied de la croix, en le voyant offrir silencieusement sa vie pour ses brebis. Quand pour lui et pour les autres apôtres le temps est venu d’assumer cette même mission, alors ils se sont souvenus de ses paroles. Ils se sont rendus compte qu’ils seraient en mesure de mener la mission jusqu’à son achèvement seulement parce que Jésus avait assuré que ce serait lui-même qui agirait en eux. Pierre, en particulier, en a été bien conscient, lui le « témoin de la Passion du Christ » qui exhortait en ces termes les anciens de l’Église : « Soyez les bergers du troupeau de Dieu qui vous est confié » (1P 5,1-2).

    Au cours des siècles, les successeurs des apôtres, conduits par l’Esprit Saint, ont continué à rassembler le troupeau du Christ et à le mener vers le Royaume des Cieux, conscients qu’ils ne pouvaient assumer une telle responsabilité que « par le Christ, avec le Christ et en le Christ ».

    Cette même conscience a été la mienne quand le Seigneur m’a appelé à exercer la mission de Pierre dans cette ville bien-aimée de Rome et au service du monde entier. Dès le début de mon pontificat, mes pensées, mes prières et mes actions ont été animées par un unique désir : témoigner que le Christ, le Bon Pasteur, est présent et à l’œuvre dans l’Église. Il est à la recherche continuelle de la brebis perdue, il la ramène au bercail, il panse ses blessures ; il veille sur la brebis faible et malade, et il protège celle qui est robuste (Ez 34,16). Voilà pourquoi, dès le premier jour, je n’ai jamais cessé d’exhorter : « N’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter sa puissance ! » Je le redis aujourd’hui avec force : « Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! Laissez-vous conduire par lui. Ayez confiance en son amour ! »

    St Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Homélie  du 16/10/2003, pour le 25ème anniversaire de son pontificat (trad. DC 2301, p. 953 ; cf Libreria Editrice Vaticana)

     

     

  • « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. »

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    « Voici ce que dit le Seigneur : ‘ Je viens moi-même ’ »… C’est ce qu’il a fait sans aucun doute, et c’est ce qu’il fera encore : « Voici que je viens moi-même : je rechercherai mes brebis, je m’en occuperai comme un berger s’occupe de son troupeau. » Les mauvais bergers n’en ont pris aucun soin, car ils n’ont pas racheté leurs brebis de leur sang… « Mes brebis écoutent ma voix. Je rechercherai mes brebis au milieu des brebis dispersées, et je les ferai sortir de tous les lieux où elles avaient été dispersées au jour des nuées et des ténèbres. Quelque difficulté qu’il y ait à les trouver, je les trouverai… Je ferai sortir mes brebis des pays étrangers, je les rassemblerai et je les ramènerai chez elles ; je les mènerai paître sur les montagnes d’Israël. »

    Ces « montagnes d’Israël », ce sont les auteurs des saintes Écritures. Voilà les pâturages où il faut vous nourrir, si vous voulez le faire en sécurité. Savourez tout ce que vous apprenez là, rejetez tout ce qui est en dehors. Ne vous égarez pas dans le brouillard, écoutez la voix du berger. Rassemblez-vous sur les montagnes de la sainte Écriture. Vous trouverez là un vrai délice pour votre cœur ; là il n’y a rien de vénéneux, rien de dangereux ; ce sont de riches pâturages… « Je les mènerai le long des rivières, dans les endroits les meilleurs. » De ces montagnes dont nous venons de parler ont découlé les rivières de la prédication de l’Évangile, puisque « la parole [des apôtres] a retenti jusqu’au bout de la terre », et que tous les endroits de la terre offrent aux brebis des pâturages agréables et abondants.

    « Je les ferai paître dans un bon pâturage…, et là sera leur bergerie », c’est-à-dire là elles vont se reposer, là elles pourront dire : « Il est bon d’être ici ; c’est vrai, c’est parfaitement clair, nous avons trouvé la vérité. » Elles se reposeront dans la gloire de Dieu, comme dans leur bergerie.

    (Références bibliques : Ez 34,10-14; Ps 79,2-3; Jn 10,27; Ps 18,5)

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 46, sur les pasteurs ; CCL 41, 529

     

     

     

  • « Tu as les paroles de la vie éternelle. »

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    « À qui donc irions-nous ? », demande Pierre. Il veut dire : « Qui nous instruira comme toi des mystères divins ? », ou encore : « Auprès de qui trouverions-nous quelque chose de meilleur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Elles ne sont pas intolérables, comme le disent d’autres disciples. Au contraire, elles conduisent à la réalité la plus extraordinaire de toutes, la vie sans fin, la vie impérissable. Ces paroles nous montrent bien que nous devons nous asseoir aux pieds du Christ, le prenant pour notre seul et unique maître, et nous tenir constamment près de lui…

    L’Ancien Testament aussi nous apprend qu’il faut suivre le Christ, toujours unis à lui. Effectivement, au temps où les Israélites, libérés de l’oppression égyptienne, se hâtaient vers la Terre promise, Dieu ne les laissait pas faire route en désordre. Celui qui donne sa Loi ne leur permettrait pas d’aller n’importe où, à leur gré. En effet, sans guide, à coup sûr ils se seraient complètement égarés…; les Israélites trouvaient leur salut en restant avec leur guide. Aujourd’hui, nous faisons également le nôtre en refusant de nous séparer du Christ, car c’est lui qui s’est manifesté aux anciens sous les apparences de la tente, de la nuée et du feu (Ex 13,21; 26,1s)…

    « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jn 12,26)… Or, la marche en compagnie et à la suite du Christ Sauveur ne se fait pas dans un sens matériel, mais plutôt par les œuvres de la vertu. Les disciples les plus sages s’y sont fermement engagés de tout leur cœur…; avec raison ils disent : « Où irions-nous ? » En d’autres termes : « Nous serons toujours avec toi, nous nous attacherons à tes commandements, nous accueillerons tes paroles, sans jamais récriminer. Nous ne croirons pas, avec les ignorants, que ton enseignement est dur à entendre. Au contraire, nous dirons : ‘ Qu’elle est douce à mon palais, ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche ! ’ » (Ps 118,103)

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de Jean, 4, 4 ; PG 73, 613 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 282 rev.)

     

     

     

     

  • « Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »

    30-je-suis-le-pain-de-vieLe Christ est « pain de la vie » pour ceux qui croient en lui : croire en Christ c’est manger le pain de vie, c’est posséder en soi le Christ, c’est posséder la vie éternelle…

    « Je suis le pain de la vie, dit-il ; vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts » (Jn 6,48s). Par là il faut comprendre la mort spirituelle. Pourquoi sont-ils morts ? Parce qu’ils croyaient ce qu’ils voyaient ; ils ne comprenaient pas ce qu’ils ne voyaient pas… Moïse a mangé la manne, Aaron l’a mangée et bien d’autres aussi qui ont plu à Dieu et qui ne sont pas morts. Pourquoi ne sont-ils pas morts ? Parce qu’ils ont compris spirituellement, ils ont eu faim spirituellement, ils ont goûté spirituellement la manne pour être rassasiés spirituellement. « Voici le pain qui descend du ciel : celui qui en mange ne mourra pas » (v. 50).

    Ce pain, c’est-à-dire le Christ lui-même qui parlait ainsi…, a été préfiguré par la manne, mais il peut plus que la manne. Car par elle-même la manne ne pouvait pas empêcher de mourir spirituellement… Mais les justes ont vu dans la manne le Christ, ils ont cru en sa venue, et le Christ, dont la manne était le symbole, donne à tous ceux qui croient en lui de ne pas mourir spirituellement. C’est pourquoi il dit : « C’est ici le pain descendu du ciel ; celui qui en mange ne mourra pas. » Ici sur la terre, ici maintenant, devant vos yeux, vos yeux de chair, ici se trouve « le pain descendu du ciel ». « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel » (v. 51). Le « pain de la vie » de tout à l’heure est appelé maintenant « pain vivant ». Pain vivant, parce qu’il possède en lui-même la vie qui demeure et parce qu’il peut délivrer de la mort spirituelle et donner la vie. D’abord il a dit : « Celui qui en mange ne mourra pas » ; maintenant il parle en clair de la vie qu’il donne : « Celui qui mange ce pain vivra éternellement » (v. 58).

    Baudouin de Ford (?-v. 1190), abbé cistercien, puis évêque
    Le Sacrement de l’autel II, 3 ; SC 93 (trad. SC p. 261 rev.)