Catégorie : Ecritures

  • « Tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres. »

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    Par son travail et son génie, l’homme s’est toujours efforcé de donner à sa vie un épanouissement plus large… Devant cet immense effort, qui s’étend déjà à tout le genre humain, de nombreuses questions s’élèvent parmi les hommes : quels sont le sens et la valeur de cette activité laborieuse ? Comment faut-il utiliser tous ses biens ?…

    Pour les croyants, une chose est certaine : considérée en elle-même, l’activité humaine, individuelle et collective, ce gigantesque effort par lequel les hommes, tout au long des siècles, s’acharnent à améliorer leurs conditions de vie, correspond au dessein de Dieu. L’homme, créé à l’image de Dieu, a en effet reçu la mission de soumettre la terre et tout ce qu’elle contient (Gn 1,26s), de gouverner le monde en justice et sainteté et, en reconnaissant Dieu comme Créateur de tout, de lui rapporter sa personne ainsi que toutes choses, de façon à ce que, tout étant soumis à l’homme, le nom même de Dieu soit glorifié par toute la terre. Cela concerne aussi les activités les plus quotidiennes…

    Mais plus le pouvoir de l’homme grandit, plus le champ de ses responsabilités, personnelles et communautaires, s’élargit. On voit par là que le message chrétien ne détourne pas les hommes de la construction du monde et ne les incite pas à se désintéresser du sort de leurs semblables : il leur en fait au contraire un devoir plus pressant. De même que l’activité humaine procède de l’homme, de même elle est ordonnée à l’homme. En effet, par son action, l’homme ne transforme pas seulement les choses et la société, il se parfait lui-même… L’homme vaut plus par ce qu’il est que par ce qu’il a. De même, tout ce que font les hommes pour faire régner plus de justice, une fraternité plus large, un ordre plus humain dans les rapports sociaux, dépasse en valeur les progrès techniques.

    Concile Vatican II
    Constitution dogmatique sur l’Église dans le monde de ce temps « Gaudium et spes », § 33-35

     

     

     

     

  • Martyre de Saint Jean-Baptiste (mémoire)

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    ean-Baptiste, inspiré par l’Esprit de Dieu, se retira au désert pour mieux conserver son innocence et cultiver les dons extraordinaires dont il avait été favorisé. Il y vécut, depuis son enfance jusqu’à trente ans, dans la pénitence, la prière et la contemplation. Sa trentième année, il parut dans le monde pour y prêcher la pénitence et donner le baptême, qui en était le signe, d’où lui est venu le nom de Baptiste ou Baptiseur.

    Déjà le Sauveur lui-même avait reçu le baptême des mains de Jean-Baptiste, et celui-ci avait rendu à l’Agneau de Dieu les plus glorieux témoignages. La vie du saint Précurseur touchait à son terme ; il ne lui restait plus qu’à sceller de son sang la divinité de sa mission. Hérode, gouverneur de la Galilée, menait une vie irrégulière avec Hérodiade, sa belle-sœur ; saint Jean, à différentes reprises, blâma avec force un pareil scandale ; aussi Hérodiade cherchait-elle l’occasion de se venger.

    Depuis trois mois déjà, le courageux défenseur de la vertu était en prison ; mais cette vengeance ne suffisait pas à une femme voluptueuse et cruelle. Un jour qu’Hérode, pour célébrer l’anniversaire de sa naissance, donnait un festin à tous les grands de sa cour, Salomé, fille d’Hérodiade, dansa devant le prince avec tant de grâce, qu’Hérode s’engagea par serment à lui donner tout ce qu’elle demanderait, fût-ce la moitié de son royaume. La jeune fille sortit et courut raconter à sa mère la promesse dont elle venait d’être l’objet : « Que dois-je demander ? dit-elle à Hérodiade. – Demande la tête de Jean-Baptiste » répond la haineuse femme. Salomé vint aussitôt annoncer à Hérode le choix qu’elle avait fait. Hérode était plus corrompu que cruel ; il regretta sa promesse, il fut attristé de la demande ; mais il mit un fatal point d’honneur à ne pas manquer à sa parole devant toute l’assistance, et il envoya un garde trancher la tête de Jean-Baptiste ; celui-ci vint présenter à la princesse, dans un bassin, la tête du martyr, qu’elle alla aussitôt montrer à sa mère. Quand cette nouvelle fut annoncée à Jésus, qui la connaissait déjà par sa science divine, il manifesta une profonde douleur.

    Le crime ne resta pas impuni, car Hérode, vaincu par ses ennemis, perdit sa couronne et périt misérablement. La fin d’Hérodiade et de sa fille ne fut pas plus heureuse. Il est à remarquer que la plupart de ceux qui ont joué un rôle odieux, dans l’Évangile, ont subi dès cette vie le châtiment de leur impiété et de leurs crimes.

    Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

     

     

     

  • Le Christ appelle tous les hommes à s’ouvrir au pardon de Dieu

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    Vous pourriez me dire : l’Église est formée de pécheurs, nous le voyons chaque jour. Et cela est vrai, nous sommes une Église de pécheurs ; et nous, pécheurs, sommes appelés à nous laisser transformer, renouveler, sanctifier par Dieu. Certains au cours de l’histoire ont été tentés d’affirmer : l’Église est seulement l’Église des purs, de ceux qui vivent de façon totalement cohérente, et les autres en sont exclus. Ce n’est pas vrai ! C’est une hérésie ! L’Église, qui est sainte, ne rejette pas les pécheurs ; elle ne nous rejette pas. Elle ne rejette pas parce qu’elle appelle chacun de nous, elle nous accueille, elle est ouverte aussi à ceux qui sont le plus éloignés. Elle nous appelle tous à nous laisser envelopper par la miséricorde, par la tendresse et par le pardon du Père, qui offre à tous la possibilité de le rencontrer, de marcher vers la sainteté…

    Dans l’Église, le Dieu que nous rencontrons n’est pas un juge impitoyable, mais il est comme le père de la parabole de l’Évangile (Lc 15,11s). Tu peux être comme le fils qui a quitté la maison, qui a touché le fond de l’éloignement de Dieu. Lorsque tu as la force de dire : je veux rentrer à la maison, tu trouveras la porte ouverte. Dieu vient à ta rencontre parce qu’il t’attend toujours. Dieu t’attend toujours, Dieu te prend dans ses bras, il t’embrasse, et se réjouit. Ainsi est le Seigneur, ainsi est la tendresse de notre Père qui est aux cieux.

    Le Seigneur veut que nous fassions partie d’une Église qui sait ouvrir ses bras pour accueillir tout le monde, qui n’est pas la maison d’un petit nombre, mais la maison de tous, où tous puissent être renouvelés, transformés, sanctifiés par son amour, les plus forts et les plus faibles, les pécheurs, les indifférents, ceux qui se sentent découragés et perdus.

    Pape François
    Audience générale du 02/10/2013 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

     

  • Le Christ appelle tous les hommes à la sainteté.

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    Dans le Credo, après avoir professé : « Je crois en l’Église »…nous ajoutons l’adjectif « sainte » ; c’est-à-dire que nous affirmons la sainteté de l’Église. C’est une caractéristique qui est présente depuis le début dans la conscience des premiers chrétiens, qui s’appelaient tout simplement « les saints » (Ac 9,13.32.41; Rm 8,27; 1Co 6,1), parce qu’ils avaient la certitude que c’est l’action de Dieu, l’Esprit Saint, qui sanctifie l’Église.

    Mais dans quel sens l’Église est-elle sainte, quand on voit que l’Église historique, dans son chemin tout au long des siècles, a connu tant de difficultés, de problèmes, de périodes sombres ? Comment une Église constituée d’êtres humains, de pécheurs, peut-elle être sainte ? Une Église faite d’hommes pécheurs, de femmes pécheresses, de prêtres pécheurs, de religieuses pécheresses, d’évêques pécheurs, de cardinaux pécheurs, d’un pape pécheur ? Tous. Comment une telle Église peut-elle être sainte ?

    Pour répondre à cette question, je voudrais me laisser guider par un passage de la lettre de saint Paul aux chrétiens d’Éphèse. L’apôtre, en prenant comme exemple les relations familiales, affirme que « le Christ a aimé l’Église : il s’est livré pour elle, afin de la sanctifier » (5,25s). Le Christ a aimé l’Église, en se donnant tout entier sur la croix. Cela signifie que l’Église est sainte parce qu’elle procède de Dieu qui est saint. Il lui est fidèle ; il ne l’abandonne pas au pouvoir de la mort et du mal (Mt 16,18). Elle est sainte parce que Jésus Christ, le Saint de Dieu (Mc 1,24), est uni à elle de façon indissoluble (Mt 28,20). Elle est sainte parce qu’elle est guidée par l’Esprit Saint qui purifie, transforme, renouvelle. Elle n’est pas sainte du fait de nos mérites, mais parce que Dieu la rend sainte. Elle est le fruit de l’Esprit Saint et de ses dons. Ce n’est pas nous qui la rendons sainte, c’est Dieu, l’Esprit Saint, qui dans son amour rend l’Église sainte.

    Pape François
    Audience générale du 02/10/2013 (trad.  © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. »

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    Le ministère de Pierre demeure toujours dans l’Église…en la personne de ceux qui lui ont succédé ; il faut comprendre que la bénédiction du Seigneur prononcée d’abord sur lui descend aussi sur le moindre de ses serviteurs qui « gardent ce qui leur a été confié » (1Tm 6,20). Pierre les représente et les symbolise tous.

    « Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux… » Promesse sacrée et glorieuse ! Serait-il possible qu’elle s’épuise tout entière en la personne de Pierre, quelque grand que soit ce noble apôtre ? Est-elle insérée dans « l’Évangile éternel » (Ap 14,6) pour témoigner simplement en faveur de quelqu’un qui a disparu depuis longtemps ?

    D’ailleurs est-ce que généralement la Parole inspirée de Dieu exalte les personnes ? La richesse de cette bénédiction du Christ ne résiste-t-elle pas à toute interprétation minimaliste qu’on pourrait en donner ? Ne déborde-t-elle pas, quoi que nous fassions, jusqu’à ce que notre manque de foi soit vaincu par la bonté de celui qui s’est engagé ainsi ? Bref, n’est-ce pas un ensemble de préjugés qui empêche tant de gens d’accueillir cette promesse du Christ faite à Pierre selon la plénitude de la grâce qui l’a accompagnée ?… Si les promesses faites aux apôtres par le Christ ne s’accomplissent pas dans l’Église tout au long de sa durée, comment l’efficacité des sacrements s’étendrait-elle au-delà de l’âge de ses débuts ?

    Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre
    Sermon « The Christian Ministry », PPS, vol. 2, n°25

     

     

     

  • Désert

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    Livre d’Isaïe 35,1-10
    Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse, qu’il se couvre de fleurs des champs ! 
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    On a retrouvé, dans le désert du Sahara, bien des fossiles marins, qui témoignent d’un temps où cette vaste étendue était traversée de mers et de lacs qui rendaient verdoyante une terre aujourd’hui aride et désolée. En certains endroits, il suffit de se baisser pour ramasser d’anciens coquillages, signes de cette époque révolue. On le sait bien : le désert peut progresser, et assécher les plus riants paysages. Ne le craignons-nous pas, en ces temps de réchauffement climatique ? Curieusement, l’inverse est en revanche inimaginable. Comme une application de plus de la fameuse loi de Murphy, selon laquelle « tout ce qui peut mal tourner va mal tourner », le désert peut progresser, mais non reculer. Alors quand Dieu promet de faire fleurir le désert, comme il le fait par la bouche du prophète Isaïe, nous pouvons bien être du bitatifs.
    Qu’annonce Isaïe à un peuple d’Israël découragé, vaincu, exilé loin de sa terre ? Que Dieu n’a pas cessé d’être le Créateur qui, au premier matin du monde, a regardé le néant en face pour y faire surgir des merveilles. Que nos déserts de désespoir, d’ennui ou de médiocrité peuvent être, si nous l’acceptons, ce néant où Dieu peut encore créer, comme au premier jour. Notre découragement n’est bien souvent qu’un manque d’imagination : aucune fatalité ne s’impose au Créateur.Le jardin d’Éden dont furent chassés Adam et Eve, et dont la nostalgie nous habite, repose sans doute en nous sous de grandes quantités de sable. Laisserons-nous Dieu y faire toute chose nouvelle ?
    Frère Adrien Candiard, dominicain
    couvent du Caire
    Signe dans la Bible
  • Ste Marie Reine – mémoire

     

    Sans doute, seul Jésus-Christ, Dieu et homme est Roi, au sens plein, propre et absolu du mot ; Marie, toutefois, participe aussi à sa dignité royale, bien que d’une manière limitée et analogique parce qu’elle est la Mère du Christ Dieu et qu’elle est associée à l’œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre les ennemis et au triomphe qu’il a obtenu sur eux tous. En effet par cette union avec le Christ Roi elle atteint une gloire tellement sublime qu’elle dépasse l’excellence de toutes les choses créées : de cette même union avec le Christ, découle la puissance royale qui l’autorise à distribuer les trésors du Royaume du Divin Rédempteur ; enfin cette même union avec le Christ est source de l’efficacité inépuisable de son intercession maternelle auprès du Fils et du Père.

    Que tous s’efforcent selon leur condition de reproduire dans leur cœur et dans leur vie, avec un zèle vigilant et attentif, les grandes vertus de la Reine du Ciel, Notre Mère très aimante. Il s’ensuivra en effet que les chrétiens, en honorant et imitant une si grande Reine, se sentiront enfin vraiment frères et, bannissant l’envie et les désirs immodérés des richesses, développeront la charité sociale, respecteront les droits des pauvres et aimeront la paix. Que personne, donc, ne se croie fils de Marie, digne d’être accueilli sous sa puissante protection, si, à son exemple, il ne se montre doux, juste et chaste, et ne contribue avec amour à la vraie fraternité, soucieuse non de blesser et de nuire, mais d’aider et de consoler.

    Vivement désireux que la Reine et Mère du peuple chrétien accueille ces vœux et réjouisse de sa paix la terre secouée par la haine et, après cet exil, nous montre à tous Jésus qui sera notre paix et notre joie pour l’éternité, à vous Vénérables Frères et à vos fidèles, Nous accordons de tout cœur, comme gage du secours du Dieu tout-puissant et comme preuve de notre affection, la Bénédiction Apostolique.

    Extraits de l’Encyclique du Vénérable Pie XII
    (Eugenio Pacelli, 1939-1958)
    « Ad Cæli Reginam » §22-26, §36, §39

     

     

     

  • « Venez au repas de noce ! »

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    « Appelez ceux qui sont invités à la noce, tout est prêt. » Mais les invités s’excusent : « l’un s’en alla à son champ, l’autre à son commerce »… Cet affairement étonnant et cette agitation continuelle qui remuent le monde, on ne les voit malheureusement que trop dans le monde entier. Ce qu’on a de vêtements, de nourriture, de constructions et de beaucoup de choses est tellement prodigieux que la tête vous en tourne : la moitié suffirait amplement. Cette vie ne devrait être qu’un passage vers l’éternité… De toutes nos forces nous devons nous arracher à cette exubérance d’activité et de multiplicité, à tout ce qui n’est pas besoin absolu, et nous recueillir en nous-mêmes, nous attacher à notre vocation, considérer où, comment, et de quelle manière le Seigneur nous a appelés, l’un à la contemplation intérieure, l’autre à l’action, et un troisième…au repos intérieur, dans le calme silence des ténèbres divines, dans l’unité de l’esprit.

    Même ces derniers, Dieu les appelle parfois à l’action extérieure, parfois à l’intérieure, selon son bon plaisir, mais l’homme n’est pas attentif à son appel… Si l’homme appelé intérieurement au silence noble et calme voulait à cause de cela s’abstenir continuellement de toute œuvre de charité, ce ne serait pas bien ; et malheureusement, aujourd’hui très rares sont ceux qui veulent faire des œuvres de charité extraordinaires… L’Évangile raconte que le maître a trouvé un de ses hôtes assis au festin sans le vêtement de noce… Le vêtement qui manquait à ce convive, c’est la pure, vraie, et divine charité, cette intention véritable de chercher Dieu qui exclut tout amour de soi et tout ce qui est étranger à Dieu, qui ne veut que Dieu… À ceux qui se cherchent eux-mêmes notre Seigneur dit : « Ami, comment es-tu venu ici sans l’habit de la vraie charité ? » Ils ont recherché les dons de Dieu plutôt que Dieu lui-même.

    Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
    Sermon 74, en l’honneur de sainte Cordula (trad. Cerf 1991, p. 603 rev.)

     

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 20,1-16a.

    Jésus disait cette parabole : « Le Royaume des cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit au petit jour afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
    Il se mit d’accord avec eux sur un salaire d’une pièce d’argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne.
    Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans travail.
    Il leur dit : ‘Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste. ‘
    Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
    Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : ‘Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? ‘
    Ils lui répondirent : ‘Parce que personne ne nous a embauchés. ‘ Il leur dit : ‘Allez, vous aussi, à ma vigne. ‘
    Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers. ‘
    Ceux qui n’avaient commencé qu’à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’argent.
    Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’argent.
    En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
    ‘Ces derniers venus n’ont fait qu’une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur ! ‘
    Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : ‘Mon ami, je ne te fais aucun tort. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour une pièce d’argent ?
    Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi :
    n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? ‘
    Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

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    Les justes venus au monde au début, comme Abel et Noé, ont été, pour ainsi dire, appelés à la première heure, et ils obtiendront le bonheur de la résurrection en même temps que nous. D’autres justes venus après eux, Abraham, Isaac, Jacob et tous ceux qui vivaient à leur époque, ont été appelés à la troisième heure, et ils obtiendront le bonheur de la résurrection en même temps que nous. Il en ira de même pour ces autres justes Moïse, Aaron et tous ceux qui ont été appelés avec eux à la sixième heure ; puis les suivants, les saints prophètes, appelés à la neuvième heure, goûteront le même bonheur que nous.

    À la fin du monde, les chrétiens, qui sont comme appelés à la onzième heure, recevront avec eux le bonheur de la résurrection. Tous le recevront ensemble. Voyez pourtant combien de temps les premiers attendront avant d’y parvenir. Ainsi ils obtiendront ce bonheur après une longue période, et nous, après peu de temps. Bien que nous devions le recevoir avec les autres, on peut dire que nous serons les premiers, puisque notre récompense ne se fera pas attendre.

    Quand il s’agira de recevoir la récompense, nous serons tous à égalité, les premiers comme s’ils étaient les derniers, et les derniers comme s’ils étaient les premiers… Parce que la pièce d’argent, c’est la vie éternelle.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 87,1.4-6 ; PL 38, 530-533 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 139)

     

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 19,16-22.

    Quelqu’un s’approcha de Jésus et lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? »
    Jésus lui dit : « Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Il n’y a qu’un seul être qui soit bon ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. –
    Lesquels ? » lui dit-il. Jésus reprit : « Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage.
    Honore ton père et ta mère. Et aussi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
    Le jeune homme lui dit : « Tout cela, je l’ai observé : que me manque-t-il encore ? »
    Jésus lui répondit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. »
    A ces mots, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

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    Ce jeune homme sent bien que si rien ne manque à sa vertu, la vie lui fait encore défaut. C’est pourquoi il vient la demander à celui-là seul qui peut l’accorder. Il est sûr d’être en règle avec la Loi ; cependant il implore le Fils de Dieu. D’une foi il passe à une autre foi. Les amarres de la Loi le défendaient mal du roulis ; inquiet, il quitte ce mouillage dangereux et vient jeter l’ancre au port du Sauveur.

    Jésus ne lui reproche pas d’avoir manqué à quelque article de la Loi, mais il se met à l’aimer (Mc 10,21), ému par cette application de bon élève. Toutefois il le déclare encore imparfait… : il est bon ouvrier de la Loi, mais paresseux pour la vie éternelle. C’est déjà bien, sans aucun doute ; « la sainte Loi » est comme un pédagogue (Rm 7,12; Ga 3,24) qui instruit par la crainte et achemine vers les commandements sublimes de Jésus et vers sa grâce. « Jésus est la plénitude de la Loi pour justifier tous ceux qui croient en lui » (Rm 10,4). Il n’est pas un esclave fabriquant d’esclaves, mais il donne la qualité de fils, frères, cohéritiers, à tous ceux qui accomplissent la volonté du Père (Rm 8,17; Mt 12,50)…

    Ce mot « si tu veux » montre admirablement la liberté du jeune homme ; il ne tient qu’à lui de choisir, il est maître de sa décision. Mais c’est Dieu qui donne, parce qu’il est le Seigneur. Il donne à tous ceux qui désirent et y emploient toute leur ardeur et prient, afin que le salut soit leur propre choix. Ennemi de la violence, Dieu ne contraint personne, mais il tend la grâce à ceux qui la cherchent, l’offre à ceux qui la demandent, ouvre à ceux qui frappent (Mt 7,7).

    Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215), théologien
    Homélie « Quel riche peut être sauvé ? », 8-9 ; PG 9,603 (trad. coll. Ichtus, t. 6, p. 29 rev.)