Catégorie : Ecritures

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,36-38.

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
    Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
    Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

     

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  • Convertissez-vous !

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    « Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas » (Marc 4,12). Comment peut-on regarder sans voir ou écouter sans comprendre ? Notre monde est fait de communication. Lorsqu’il s’agit de transmettre des reportages sur des événements, comme le font les informations télévisées ou radiodiffusées, en général on n’a pas de mal à comprendre, même si certaines interprétations sont discutables. Lorsqu’il s’agit d’un cours scientifique ou d’une réflexion philosophique, l’étudiant a parfois du mal à suivre et doit se mettre à investiguer. Lorsqu’il s’agit en revanche de l’Évangile du Royaume, on a beau écouter « convertissez-vous » (Marc 1,15), la vie suit son cours vers la ruine du péché ; on a beau assister à des miracles de la grâce de Dieu (conversion, guérison), la foi n’en est pas augmentée. Pourquoi ? Le message est-il trop compliqué ou abstrait ?
    L’appel prophétique direct est souvent entendu comme un message qui concerne « les autres », « la société », bref tout le monde, sauf la propre vie ; l’esprit du monde cache un scepticisme déguisé en « pensée critique ». En échange, la Parabole enrobe le message en des problématiques de la vie courante, communément acceptées : la tentation sceptique est acculée et ne peut faire autre qu’accepter.
    Le message du Seigneur contient une leçon : la qualité de notre existence (ce que nous en faisons), telle une terre, se mesure par le fruit qu’elle fait porter à la semence. La foi et l’adhésion à Dieu, le choix de nos préoccupations, qui sont un langage d’amour, la profondeur de notre espérance parlent de l’accueil que chacun réserve à l’appel du Seigneur dans sa conscience ; elles sont les attitudes que décrivent les trois types de terrain où la semence se perd. Le quatrième terrain est fertile ; sa bonne disposition n’est pas un privilège réservé à un cercle d’initiés : il dépend de notre option de vie.
    La Parole divine va bien au-delà d’une dimension purement conceptuelle (intellectuelle) ; il s’agit de la vie de grâce semée en notre âme, qui se développe par une vie vertueuse, docile à l’action de l’Esprit Saint. Elle a porté de nombreux fruits dans l’histoire de l’Église : les Saints ! Jésus est reproduit à raison de trente, soixante ou cent pour un… Et chaque Saint aura attiré les hommes et les femmes à une rencontre avec le Christ, à l’amitié, jusqu’à l’imitation de Jésus Christ : trente, soixante, cent pour un… En raison de la potentialité extraordinaire de la Parole de Dieu, les fruits sont innombrables. La Parole n’a pas besoin de nous pour porter du fruit. C’est nous qui avons besoin d’elle : alors, pourquoi encore hésiter ?

    Père Jaroslav de Lobkowicz, LC
    Méditation quotidienne 28/01/2015
    catholique.org

    http://escapamargue.blogspot.fr

     

  • « Va d’abord te réconcilier avec ton frère. »

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    Voici ce que je proclame, ce que j’atteste, ce que je dis à voix retentissante : Qu’aucun de ceux qui ont un ennemi n’approche de la table sainte et ne reçoive le Corps du Seigneur ! Qu’aucun de ceux qui s’approche n’ait un ennemi ! Tu as un ennemi ? N’approche pas ! Si tu veux le faire, alors, va d’abord te réconcilier, puis reçois le sacrement.

    Ce n’est pas moi qui parle ainsi, c’est le Seigneur qui le dit, lui qui a été crucifié pour nous ; pour te réconcilier à son Père, il n’a pas refusé d’être immolé ni de répandre son sang ; et toi, pour te réconcilier avec ton frère, tu ne veux même pas dire un mot, et prendre l’initiative d’aller le trouver ? Écoute ce que dit le Seigneur à propos de ceux qui te ressemblent : « Si tu présentes ton offrande à l’autel, et que là, tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi … » Il ne dit pas : « Attends qu’il vienne te trouver, ou qu’il reçoive la visite d’un de tes amis comme réconciliateur », ou encore : « Envoie-lui quelqu’un d’autre », mais bien : « Toi, en personne, cours vers lui ! » « Va-t-en, dit-il, va d’abord te réconcilier avec ton frère. »

    Incroyable ! Alors que Dieu ne se tient pas pour déshonoré de voir laissé de côté le don qu’on allait lui offrir, toi, tu t’estimerais déshonoré de faire le premier pas pour te réconcilier avec ton frère ? Où trouver une excuse à pareille conduite ? Lorsque tu vois l’un de tes membres coupé, n’essaies-tu pas, par tous les moyens, de le réunir au reste de ton corps ? Agis ainsi pour tes frères : lorsque tu les verras séparés de ton amitié, vite, ramène-les, n’attends pas qu’ils se présentent les premiers, mais toi, le premier, hâte-toi de réussir.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies au peuple d’Antioche, XX, 5 et 6 (trad. Tardif)

     

     

  • « Demandez, cherchez, frappez. »

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    Efforce-toi de plaire au Seigneur, attends-le intérieurement sans te lasser, cherche-le au moyen de tes pensées, fais violence à ta volonté et à ses décisions, contrains-les pour qu’elles tendent continuellement vers lui. Et tu verras comment il vient auprès de toi et y établit sa demeure (Jn 14,23)… Il se tient là, observant ton raisonnement, tes pensées, tes réflexions, examinant comment tu le cherches, si c’est de toute ton âme, ou bien avec mollesse et négligence. Et quand il verra que tu le cherches avec ardeur, aussitôt il se manifestera à toi, il t’apparaîtra, t’accordera son secours, te donnera la victoire et te délivrera de tes ennemis. Quand il aura vu, en effet, comment tu le cherches, comment tu places continuellement toute ton espérance en lui, alors il t’instruira, t’apprendra la prière véritable, te donnera cette charité véritable qu’il est lui-même. Il deviendra alors pour toi toutes choses : paradis, arbre de vie, perle précieuse, couronne, architecte, cultivateur, un être soumis à la souffrance mais non atteint par la souffrance, homme, Dieu, vin, eau vive, brebis, époux, combattant, armure, le Christ « tout en tous » (1Co 15,28).

    De même qu’un enfant ne peut pas se nourrir lui-même ni prendre soin de lui-même, mais ne peut que regarder vers sa mère en pleurant, jusqu’à ce qu’elle soit touchée de compassion et s’occupe de lui, ainsi les âmes croyantes espèrent toujours dans le Christ et lui attribuent toute justice. Comme le sarment se dessèche s’il est séparé de la vigne (Jn 15,6), ainsi fait celui qui veut être juste sans le Christ. De même que « celui-là est un brigand et un voleur qui n’entre pas par la porte, mais pénètre par une autre voie » (Jn 10,1), ainsi en est-il de celui qui veut se rendre juste sans celui qui justifie.

    Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390), moine
    Homélies spirituelles n° 30, 3-4 (trad. coll. SO 40, Bellefontaine, p. 286 rev.)

     

     

     

  • La prière des enfants de Dieu

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15. 


    En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
    Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.
    Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
    que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
    Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
    Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
    Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
    Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
    Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes.

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    La prière, pour être féconde, doit venir du cœur et pouvoir toucher le cœur de Dieu. Vois comment Jésus a enseigné à ses disciples à prier. Chaque fois que nous prononçons le « Notre Père », Dieu, je le crois, porte le regard sur ses mains, là où il nous a gravés : « Je t’ai gravé sur la paume de ma main » (Is 49,16). Il contemple ses mains et il nous voit là, blottis en elles. Quelle merveille que la tendresse de Dieu ! 

    Prions, disons le « Notre Père ». Vivons-le et alors nous serons des saints. Tout y est : Dieu, moi-même, le prochain. Si je pardonne, alors je peux être saint, je peux prier. Tout provient d’un cœur humble ; ayant un tel cœur, nous saurons comment aimer Dieu, nous aimer nous-mêmes et aimer notre prochain (Mt 22,37s). Il n’y a là rien de compliqué et pourtant nous compliquons tant nos vies, les aggravant de tant de surcharges. Une seule chose compte : être humble et prier. Plus vous prierez, mieux vous prierez.

    Un enfant ne rencontre aucune difficulté à exprimer son intelligence candide en des termes simples qui disent beaucoup. Jésus n’a-t-il pas fait comprendre à Nicodème qu’il faut devenir comme un petit enfant ? (Jn 3,3) Si nous prions selon l’Évangile, nous permettrons au Christ de grandir en nous. Prie donc avec amour, à la manière des enfants, avec l’ardent désir de beaucoup aimer, et de rendre aimé celui qui ne l’est pas.

    Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    No Greater Love (trad. Pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 28)

     

     

  • « C’est à moi que vous l’avez fait »

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    T’imagines-tu que la charité ne soit pas obligatoire mais libre ? Qu’elle ne soit pas une loi, mais un simple conseil ? Je le voudrais bien moi aussi et le penserais volontiers. Mais la main gauche de Dieu m’effraie, là où il a placé les boucs pour leur adresser ses reproches, non parce qu’ils ont volé, pillé, commis l’adultère ou perpétré d’autres délits de cet ordre, mais parce qu’ils n’ont pas honoré le Christ dans la personne de ses pauvres.

    Si vous voulez m’en croire, vous les serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers, tant qu’il n’est pas trop tard, visitons le Christ, servons le Christ, nourrissons le Christ, vêtons le Christ, accueillons le Christ, honorons le Christ, et non pas seulement en lui offrant un repas comme certains, ou du parfum comme Marie Madeleine, ou une sépulture comme Joseph d’Arimathie, ou les devoirs funèbres comme Nicodème, ou de l’or, de l’encens et de la myrrhe comme les mages.

    « C’est la miséricorde et non les sacrifices » (Mt 9,13) que désire le Seigneur de l’univers, la compassion plutôt que des milliers d’agneaux gras. Présentons-la-lui donc par la main de ceux qui sont abattus par la misère, et le jour où nous quitterons ce monde, ils nous « recevront dans les tentes éternelles » (Lc 16,9), dans le Christ lui-même, notre Seigneur à qui appartient la gloire pour l’éternité.

    Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l’Église
    Sermon 14, sur l’amour des pauvres, 27, 28, 39-40 ; PG 35, 891s (trad. Orval ; cf bréviaire 3e samedi de Carême)

     

     

     

  • Chaire de saint Pierre, apôtre, fête

    Bernini_The_Throne_of_Saint_PeterLa fête de la Chaire de Saint Pierre était à l’origine célébrée le 18 janvier en Gaule et le 22 février à Rome même. En 1558, le Pape Paul IV introduisit la fête du 18 janvier à Rome qui devint fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome tandis que la fête du 22 février pris le titre de Chaire de Saint Pierre à Antioche.

    La réforme du calendrier de Saint Jean XXIII a supprimé la fête du 18 janvier dont il ne reste plus que le jour octave le 25 janvier avec la fête de la Conversion de saint Paul.

    L’Église célèbre solennellement, en ce jour, le souvenir de l’entrée du Prince des Apôtres à Rome et de sa prise de possession du siège épiscopal de la ville éternelle. Les Actes des Apôtres font allusion à cet événement d’une importance primordiale dans l’histoire du monde. Quand saint Pierre, emprisonné par le roi Hérode, eut été délivré par l’ange, il  visita dans la nuit la communauté chrétienne rassemblée, lui donna les recommandations nécessaires puis, disent les Actes, « il se leva et se  rendit dans un autre lieu » (Act. XII, 17). Où se rendit Pierre ? Les  Actes ne le disent pas, peut-être pour ne pas trahir sa résidence, mais  la tradition indique Rome. C’était en l’an 42 après J.-C. C’est pourquoi la Tradition admet que Pierre a été évêque de Rome pendant 25 ans. En  1558, Paul IV décida que l’accession de Pierre au siège de Rome serait célébrée solennellement, le 18 janvier. Jusque là on ne célébrait que le  pontificat de Pierre (le 22 février). Dès lors, le 18 janvier fut  consacré à la Chaire de saint Pierre à Rome, et le 22 février, on fêta  la fondation de l’Église d Antioche, la première que saint Pierre ait  gouvernée. Il y a maintenant dans l’Église deux fêtes de la Chaire de Saint-Pierre. La vénérable Chaire de Pierre qui, jusqu’au Ve siècle se trouvait dans le Baptistère de Saint-Pierre, se trouve aujourd’hui dans  l’abside de la basilique vaticane. La précieuse relique ne se compose  plus que de quelques morceaux de bois, reliés depuis les temps anciens par des plaques d’ivoire, sur lesquelles se trouvent des figures. Malheureusement, le Pape ne peut plus s’asseoir sur cette antique Chaire, car, au temps de la Renaissance, elle fut renfermée dans un  reliquaire colossal, œuvre de Bernin.

    La messe (Statuit)

    La messe (assez récente) place au  milieu de nous le premier évêque de Rome, saint Pierre. A l’Introït,  nous le voyons dans la personne du prêtre célébrant. A l’Épître, nous l’entendons nous parler, à nous « les élus étrangers de la dispersion » et il nous annonce le message vraiment joyeux de l’héritage que rien ne peut détruire ni corrompre ni flétrir, qui nous est réservé dans le ciel  et dont le gage est la Sainte Eucharistie. Assurément il vaut la peine  d’être, « pendant un court temps », purifiés comme l’or dans le feu des  épreuves, pour la manifestation de Jésus-Christ, qui se réalise  aujourd’hui au Saint-Sacrifice. A l’Évangile, nous revivons, avec saint  Pierre, le grand jour de Césarée de Philippe où le Christ l’établit le rocher de son Église. Mais notre âme, à nous aussi, doit être ferme  comme le roc, afin que le Christ y bâtisse le royaume de Dieu. Cette  parole : « Tu es Petrus » est le leitmotiv de la messe (All., Off., Comm.) et elle s’applique non seulement à Pierre, mais à nous. Au  Graduel, l’Église chante l’exaltation de saint Pierre sur sa Chaire. Dans l’Eucharistie, le Seigneur bâtit en nous son Église (Comm.).

    L’Église romaine.

    La fête d’aujourd’hui a, pour notre vie liturgique, une grande importance. Nous rendons-nous bien compte que  toute notre liturgie est, à proprement parler, celle de la ville de  Rome ? Nous célébrons, en majorité, des saints romains, nous célébrons  la dédicace des églises romaines. Bien plus, dans l’office des stations,  la liturgie nous conduit, une centaine de fois, dans la ville de Rome  où nous assistons aux solennités de la messe, avec l’évêque de Rome. Or  il importe que nous puissions nous sentir membres de l’Église de Rome, que cette Église soit notre diocèse. C’est ce qu’exige le développement  actuel de la liturgie occidentale. Les choses auraient pu se passer  autrement. Si la liturgie avait suivi la ligne des trois premiers siècles, les diverses nations auraient pu avoir un patriarcat spécial et une liturgie particulière, à laquelle il aurait été plus facile de s’accoutumer. Mais il faut tenir compte de ce qui existe. Il faut nous unir à l’Église romaine, nous sommes membres de la communauté romaine.  Dans l’église de chez nous, il faut voir souvent une église de Rome et célébrer les saints mystères avec l’évêque de Rome. De cette façon, la liturgie romaine nous deviendra familière. Quelle différence y a-t-il  maintenant entre la fête d’aujourd’hui et la fête de saint Pierre et de  saint Paul ? C’est que, le 29 juin, nous célébrons l’Apôtre et le  Vicaire de Jésus-Christ, le Pape de l’Église universelle. Aujourd’hui nous fêtons l’Évêque de l’Église romaine à laquelle nous sommes incorporés (c’est pourquoi on a, au bréviaire, le commun des confesseurs Pontifes). C’est comme une fête patronale de notre liturgie romaine.

    @Evangelizo.org

     

     

     

  • Le mercredi des Cendres

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    1. « Sonnez du cor à Sion ! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, réunissez le peuple, convoquez la communauté » (Jl 2, 15-16).

    Ces paroles du prophète Joël mettent en lumière la dimension communautaire de la pénitence. Certes, le repentir ne peut provenir que du cœur, siège, selon l’anthropologie biblique, des intentions profondes de l’homme. Toutefois, les actes de pénitence exigent d’être vécus également avec les membres de la communauté.

    En particulier dans les moments difficiles, suite à des difficultés ou face à un danger, la Parole de Dieu, à travers la bouche des prophètes, appelait les croyants à une mobilisation pénitentielle : tous sont convoqués, sans aucune exception, des personnes âgées aux enfants ; tous unis pour implorer de Dieu la compassion et le pardon (cf. Jl 2, 16-18).

    2. La communauté chrétienne écoute cette puissante invitation à la conversion, au moment où elle s’apprête à entreprendre l’itinéraire quadragésimal, qui est inauguré par l’antique rite de l’imposition des cendres. Ce geste, que certains pourraient considérer comme appartenant à d’autres temps, contraste certainement avec la mentalité de l’homme moderne, mais cela nous pousse à en approfondir le sens en découvrant sa force et son impact particuliers.

    En déposant les cendres sur le front des fidèles, le célébrant répète : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ». Retourner à la poussière est le destin qui apparemment lie les hommes et les animaux. Toutefois, l’être humain n’est pas seulement chair, mais également esprit ; si la chair a pour destin la poussière, l’esprit est voué à l’immortalité. En outre, le croyant sait que le Christ est ressuscité, remportant également dans son corps une victoire sur la mort. Lui aussi marche dans l’espérance vers cette perspective.

    3. Recevoir les cendres sur le front signifie donc se reconnaître comme créatures, faites de glaise et destinées à la glaise (cf. Gn 3, 19) ; cela signifie dans le même temps se proclamer pécheurs, ayant besoin du pardon de Dieu pour pouvoir vivre selon l’Évangile (cf. Mc 1, 15) ; cela signifie, enfin, raviver l’espérance de la rencontre définitive avec le Christ dans la gloire et dans la paix du Ciel.

    Cette perspective de joie engage les croyants à faire tout leur possible pour anticiper dans le temps présent une partie de la paix future. Cela suppose la purification du cœur et l’affermissement de la communion avec Dieu et les frères. C’est à cela que visent la prière et le jeûne auxquels, face aux menaces de guerre qui pèsent sur le monde, j’ai invité les fidèles.

    À travers la prière, nous nous plaçons entièrement entre les mains de Dieu, et ce n’est que de Lui que nous attendons la paix authentique. À travers le jeûne, nous préparons notre cœur à recevoir la paix du Seigneur, don par excellence et signe privilégié de la venue de son Royaume.

    4. La prière et le jeûne doivent donc être accompagnés par des œuvres de justice ; la conversion doit se traduire en accueil et en solidarité. À ce sujet, l’ancien prophète admoneste : « N’est-ce pas plutôt ceci le jeûne que je préfère: défaire les chaînes injustes, délier les liens du joug; renvoyer libres les opprimés, et briser tous les jougs? » (Is 58, 6).

    Il n’y aura pas de paix sur terre tant que perdureront les oppressions des peuples, les injustices sociales et les déséquilibres économiques encore existants. Mais pour les grands changements structurels souhaités, les initiatives et les interventions extérieures ne suffisent pas ; il faut avant tout une conversion commune des cœurs à l’amour.

    5. « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2, 12). Nous pourrions dire que le message de la célébration d’aujourd’hui se résume dans cette exhortation implorante de Dieu à la conversion du cœur.

    Cette invitation est répétée par l’apôtre Paul dans la seconde lecture: « Nous vous en supplions au nom du Christ: laissez-vous réconcilier avec Dieu […] Le voici maintenant le moment favorable; le voici maintenant le jour du salut » (2 Co 5, 20; 6, 2).

    Chers frères et sœurs, voici le moment favorable pour revoir notre attitude à l’égard de Dieu et de nos frères.

    Voici le jour du salut, au cours duquel nous examinons profondément les critères qui nous orientent dans notre conduite quotidienne.

    Seigneur, aide-nous à retourner de tout cœur à Toi, Chemin qui conduis au salut, Vérité qui rends libres, Vie qui ne connais pas la mort.

    Basilique Sainte-Sabine sur l’Aventin

    Homélie de Saint Jean-Paul II

    Mercredi des Cendres, 5 mars 2003

    Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

  • « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? »

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    Admirez les merveilles de Dieu ; sortez de votre sommeil. Vous admirez seulement les prodiges extraordinaires ? Mais sont-ils plus grands que ceux qui se produisent tous les jours sous vos yeux ? Les hommes s’étonnent que notre Seigneur Jésus Christ ait rassasié plusieurs milliers de personnes avec cinq pains (Mt 14,19s), et ils ne s’étonnent pas que quelques graines suffisent pour couvrir la terre de moissons abondantes ? Ils sont saisis d’admiration en voyant le Sauveur changer l’eau en vin (Jn 2,19) ; n’est-ce pas la même chose quand la pluie passe par les racines de la vigne ? L’auteur de ces prodiges est le même…

    Le Seigneur a opéré des prodiges, et cependant un grand nombre l’ont méprisé… Ils se disaient : « Ces œuvres sont divines, mais lui, il n’est qu’un homme. » Tu vois donc deux choses : d’une part des œuvres divines, et de l’autre un homme. Si ces œuvres divines ne peuvent être faites que par Dieu, ne serait-ce pas parce que Dieu se cache en cet homme ? Oui, sois bien attentif à ce que tu vois, et crois ce que tu ne vois pas. Celui qui t’appelle à croire ne t’a pas abandonné à toi-même ; même s’il te demande de croire ce que tu ne peux pas voir, il ne t’a pas laissé sans rien à voir pour t’aider à croire ce que tu ne vois pas. Est-ce que la création elle-même est un faible signe, une faible manifestation du Créateur ? En plus, le voici qui vient dans le monde et qui fait des miracles. Tu ne pouvais pas voir Dieu, mais tu pouvais voir un homme : alors Dieu s’est fait homme, pour que ne fasse plus qu’un pour toi ce que tu vois et ce que tu crois.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 126, 4-5

     

     

     

     

  • « Je le veux, sois purifié. »

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    Le Seigneur guérit chaque jour l’âme de tout homme qui l’implore, l’adore pieusement et proclame avec foi ces paroles : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier », et cela quel que soit le nombre de ses fautes. « Car celui qui croit du fond du cœur devient juste » (Rm 10,10). Il nous faut donc adresser à Dieu nos demandes en toute confiance, sans mettre nullement en doute sa puissance… C’est la raison pour laquelle le Seigneur répond aussitôt au lépreux qui le supplie : « Je le veux ». Car, à peine le pécheur commence-t-il à prier avec foi, que la main du Seigneur se met à soigner la lèpre de son âme…

    Ce lépreux nous donne un très bon conseil sur la façon de prier. Il ne met pas en doute la volonté du Seigneur, comme s’il refusait de croire en sa bonté. Mais, conscient de la gravité de ses fautes, il ne veut pas présumer de cette volonté. En disant que le Seigneur, s’il le veut, peut le purifier, il affirme que ce pouvoir appartient au Seigneur, en même temps qu’il affirme sa foi… Si la foi est faible, elle doit d’abord être fortifiée. C’est alors seulement qu’elle révélera toute sa puissance pour obtenir la guérison de l’âme et du corps.

    L’apôtre Pierre parle sans aucun doute de cette foi quand il dit : « Il a purifié leurs cœurs par la foi » (Ac 15,9)… La foi pure, vécue dans l’amour, maintenue par la persévérance, patiente dans l’attente, humble dans son affirmation, ferme dans sa confiance, pleine de respect dans sa prière et de sagesse dans ce qu’elle demande, est certaine d’entendre en toute circonstance cette parole du Seigneur : « Je le veux ».

    Saint Paschase Radbert (?-v. 849), moine bénédictin
    Commentaire sur l’évangile de Matthieu, 5, 8; CCM 56 A, 475-476 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 243)