Catégorie : Ecritures

  • Notre demeure véritable

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    Il convient de ne jamais perdre de vue, chers frères, que nous avons renoncé au monde et que nous vivons ici-bas comme des hôtes de passage, comme des étrangers (He 11,13). Bénissons le jour qui assigne à chacun sa demeure véritable, et qui, après nous avoir arrachés à ce monde et dégagés de ses liens, nous rend au paradis et au Royaume des cieux. Quel est celui qui ne se hâterait pas de regagner sa patrie après quelque temps passé à l’étranger ? Quel est celui qui…ne souhaiterait pas un vent favorable pour voguer pour embrasser les siens plus rapidement ? Notre patrie, c’est le paradis ; dès le début, nous avons eu les patriarches pour pères.

    Pourquoi ne nous hâtons-nous donc pas de voir notre patrie, pourquoi ne courons-nous pas saluer nos parents ? Une foule d’êtres chers nous attendent là-bas : des parents, des frères, des enfants, sûrs déjà de leur propre salut mais préoccupés encore par le nôtre ; ils aspirent à nous voir parmi eux… C’est là que se trouvent le chœur glorieux des apôtres, la foule animée des prophètes, l’armée innombrable des martyrs couronnés de leurs succès contre l’ennemi et la souffrance…; c’est là que rayonnent les vierges…; c’est là enfin que sont récompensés les hommes qui ont fait preuve de compassion, qui ont multiplié les actes de charité en subvenant aux besoins des pauvres et qui, fidèles aux préceptes du Seigneur, sont parvenus à s’élever des biens terrestres aux trésors du ciel.

    Hâtons-nous donc de satisfaire notre impatience de les rejoindre et de comparaître au plus vite devant le Christ. Que Dieu découvre en nous cette aspiration…, lui qui accorde la récompense suprême de sa gloire à ceux qui l’auront désiré avec le plus d’ardeur.

    Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
    Sur la mort ; PL 4, 583s (trad. DDB 1980, coll. Pères dans la foi n° 14, p. 35 rev.)

     

     

     

  • Solennité de la Toussaint

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    Après avoir confessé « la sainte Église catholique », le Credo des apôtres ajoute « la communion des saints ». Cet article est, d’une certaine façon, une explicitation du précédent : « Qu’est-ce que l’Église sinon l’assemblée de tous les saints ? » (Nicétas) La communion des saints est précisément l’Église…

    La communion de l’Église du ciel et de la terre : « L’union de ceux qui sont encore en chemin avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du Christ ne connaît pas la moindre intermittence ; au contraire, selon la foi constante de l’Église, cette union est renforcée par l’échange des biens spirituels » (Vatican II, LG 49). L’intercession des saints : « Étant plus intimement liés avec le Christ, les habitants du ciel contribuent à affermir plus solidement l’Église en sainteté… Ainsi leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité » (LG 49). « Ne pleurez pas, je vous serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement que pendant ma vie » (S. Dominique) ; « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre » (Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus).

    La communion avec les saints… : « Tout comme la communion entre les chrétiens de la terre nous approche de plus près du Christ, ainsi la communauté avec les saints nous unit au Christ de qui découlent…toute grâce et la vie du Peuple de Dieu lui-même » (LG 50)… Dans l’unique famille de Dieu : « Lorsque la charité mutuelle et la louange unanime de la Très Sainte Trinité nous font communier les uns aux autres, nous tous, enfants de Dieu qui ne faisons dans le Christ qu’une seule famille, nous répondons à la vocation profonde de l’Église » (LG 51).

    En bref : L’Église est « communion des saints » : cette expression désigne d’abord les « choses saintes », et avant tout l’eucharistie, par laquelle « est représentée et réalisée l’unité des fidèles qui, dans le Christ, forment un seul Corps » (LG 3). Ce terme désigne aussi la communion des « personnes saintes » dans le Christ qui est « mort pour tous » (2Co 5,14), de sorte que ce que chacun fait ou souffre dans et pour le Christ porte du fruit pour tous.

    Catéchisme de l’Église catholique
    § 946, 955-961

     

     

     

     

  • Zachée découvre le seul bien véritable

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    Notre Seigneur a appelé Zachée du sycomore sur lequel il était monté, et aussitôt Zachée s’est empressé de descendre et l’a reçu dans sa maison. C’était parce que, avant même d’être appelé, il espérait le voir et devenir son disciple. C’est une chose admirable qu’il ait cru en lui sans que Notre Seigneur lui ait parlé et sans l’avoir vu avec les yeux du corps, mais simplement sur la parole des autres. La foi qui était en lui avait été gardée dans sa vie et sa santé naturelles. Et cette foi a été manifestée quand il a cru en Notre Seigneur au moment même où il a appris son arrivée. La simplicité de sa foi est apparue lorsqu’il a promis de donner la moitié de ses biens aux pauvres et de rendre au quadruple ce qu’il avait pris d’une manière malhonnête.

    En effet, si l’esprit de Zachée n’avait pas été rempli à ce moment-là de la simplicité qui convient à la foi, il n’aurait pas fait cette promesse à Jésus et il n’aurait pas dépensé et distribué en peu de temps ce qu’il avait amassé pendant tant d’années de travail. La simplicité a répandu de tous côtés ce que la ruse avait amassé, la pureté de l’âme a dispersé ce que la tromperie avait acquis et la foi a renoncé à ce que l’injustice avait obtenu et possédé et elle a proclamé que cela ne lui appartenait pas.

    Car Dieu est le seul bien de la foi, et elle refuse de posséder d’autres biens avec lui. Tous les biens sont de peu d’importance pour elle, en dehors de ce seul bien durable qui est Dieu. Nous avons reçu en nous la foi pour trouver Dieu et ne posséder que lui, et pour voir que tout ce qui est en dehors de lui ne sert à rien.

    Philoxène de Mabboug (?-v. 523), évêque en Syrie
    Homélie 4, 79-80 (trad. SC 44, p. 97 rev. ; cf Delhougne, p. 456)

     

     

  • Donner à Dieu la première place

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    Celui qui se chérit lui-même ne peut pas aimer Dieu ; mais celui qui ne se chérit pas lui-même à cause des richesses supérieures de la charité divine, celui-là aime Dieu. C’est pourquoi un tel homme ne cherche jamais sa propre gloire, mais celle de Dieu ; car celui qui se chérit lui-même cherche sa propre gloire. Celui qui chérit Dieu aime la gloire de son créateur. C’est, en effet, le propre d’une âme intérieure et amie de Dieu de chercher constamment la gloire de Dieu dans tous les commandements qu’elle accomplit, et de jouir de son propre abaissement. Car à Dieu convient la gloire du fait de sa grandeur, à l’homme l’abaissement ; par ce moyen, il devient le familier de Dieu. Si nous agissons ainsi, nous réjouissant de la gloire du Seigneur, à l’exemple de saint Jean Baptiste, nous commencerons à dire sans fin : « Il faut qu’il croisse et que je diminue » (Jn 3,30).

    Je connais quelqu’un qui aime tellement Dieu, bien qu’il gémisse de ne pas l’aimer comme il voudrait, que son âme brûle sans cesse du désir de voir Dieu glorifié en lui, et de se voir lui-même comme s’il n’était pas. Cet homme-là ne sait pas ce qu’il est, même lorsqu’on fait son éloge, en paroles ; car dans son grand désir d’abaissement il ne pense pas à sa propre dignité. Il s’acquitte du service divin comme il convient aux prêtres, mais dans son extrême disposition d’amour pour Dieu il dérobe le souvenir de sa propre dignité dans l’abîme de sa charité pour son Dieu, enfouissant dans d’humbles pensées la gloire qu’il en retirerait. En tout temps, à ses propres yeux, il ne parait ainsi qu’un serviteur inutile ; son désir d’abaissement l’exclut en quelque sorte de sa propre dignité. Voilà ce que nous devons faire, nous aussi, de façon à fuir tout honneur, toute gloire, en raison de la richesse débordante de l’amour de Celui qui nous a tant aimés.

    Diadoque de Photicé (v. 400-?), évêque
    Sur la perfection spirituelle, 12-15 (trad. Brésard, 2000 ans C, p. 240)

     

     

     

  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 2,19-22

     

     

    Frères, Maintenant, dans le Christ Jésus, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu,
    car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même.
    En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur.
    En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.

     

     

     

     

     

     

     

  • « Combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins, et vous n’avez pas voulu. »

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    Jérusalem était une ville de paix, et elle a été aussi une ville de tourment, car Jésus y a immensément souffert et y est mort très douloureusement. C’est dans cette ville que nous devons être ses témoins, et non pas en paroles mais en vérité, par notre vie, en l’imitant autant que nous le pouvons. Beaucoup d’hommes seraient volontiers les témoins de Dieu dans la paix, à condition que tout aille à leur gré. Ils seraient volontiers des saints, à la condition de ne rien trouver d’amer dans les exercices et le travail de la sainteté. Ils voudraient goûter, désirer et connaître les douceurs divines, sans devoir passer par aucune amertume, peine et désolation. Dès que leur arrivent de fortes tentations, des ténèbres, dès qu’ils n’ont plus le sentiment et la conscience de Dieu, dès qu’ils se sentent délaissés intérieurement et extérieurement, alors ils se détournent et ne sont pas ainsi de vrais témoins.

    Tous les hommes cherchent la paix. Partout, dans leurs œuvres et de toute manière, ils cherchent la paix. Ah ! puissions-nous nous affranchir de cette recherche, et puissions-nous chercher, nous, la paix dans le tourment. C’est là seulement que naît la vraie paix, celle qui demeure et qui dure… Cherchons la paix dans le tourment, la joie dans la tristesse, la simplicité dans la multiplicité, la consolation dans l’amertume ; c’est ainsi que nous deviendrons en vérité les témoins de Dieu.

    Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
    Sermon 21, 4e pour l’Ascension (trad. Cerf, 1991, p. 156)

     

     

     

  • « Alors on viendra de l’Orient et de l’Occident, du nord et du midi prendre place dans le royaume de Dieu. »

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    La promesse faite jadis par Dieu à Abraham demeure stable. Il lui avait dit, en effet : « Lève les yeux et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et vers le midi, vers l’orient et vers la mer : toute la terre que tu vois, je la donnerai à toi et à ta postérité à jamais » (Gn 13,14-15)… Pourtant Abraham n’a reçu sur terre aucun héritage, « pas même de quoi poser le pied », mais toujours il y a été « un étranger et un hôte de passage » (Ac 7,5 ; Gn 23,4)… Si donc Dieu lui a promis l’héritage de la terre et s’il ne l’a pas reçu durant tout son séjour ici-bas, il faut qu’il le reçoive avec sa postérité, c’est-à-dire avec ceux qui craignent Dieu et croient en lui, lors de la résurrection des justes.

    Or sa postérité, c’est l’Église, qui, par le Seigneur, reçoit la filiation adoptive à l’égard d’Abraham, comme le dit Jean Baptiste : « Dieu peut, avec des pierres, faire surgir des enfants à Abraham » (Mt 3,9). L’apôtre Paul aussi dit dans son épître aux Galates : « Vous, frères, comme Isaac, vous êtes les enfants de la promesse » (Ga 4,28). Il dit encore clairement dans la même épître que ceux qui ont cru au Christ reçoivent, par le Christ, la promesse faite à Abraham : « Abraham a reçu les promesses pour lui et pour sa descendance. L’Écriture ne dit pas : ‘et à ses descendants’, au pluriel, mais au singulier : ‘et à sa descendance’, qui n’est autre que le Christ » (3,16). Et, pour confirmer tout cela, il dit encore : « C’est ainsi qu’Abraham crut en Dieu et cela lui fut compté comme justice. Reconnaissez-le donc : ceux qui se réclament de la foi, ce sont eux les fils d’Abraham. Prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, l’Écriture annonça d’avance à Abraham cette bonne nouvelle : Toutes les nations seront bénies en toi » (3,6-8)…

    Si donc ni Abraham ni sa descendance, c’est-à-dire ceux qui sont justifiés par la foi, ne reçoivent maintenant d’héritage sur terre, ils le recevront lors de la résurrection des justes, car Dieu est véridique et stable en toutes choses. Et c’est pour ce motif que le Seigneur disait : « Bienheureux les doux, parce qu’ils posséde­ront la terre en héritage » (Mt 5,5).

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr
    Contre les hérésies, V, 32, 2 ; SC 153 (trad. SC p. 399s)

     

     

     

  • La graine de moutarde

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    Voyons pourquoi le Royaume des cieux est comparé à une graine de moutarde ; un autre passage évoquant la graine de moutarde me revient ; elle est comparée à la foi quand le Seigneur dit : « Si vous avez de la foi comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : Va te jeter dans la mer » (Mt 17,20)… Si donc le Royaume des cieux est comme une graine de moutarde et la foi comme une graine de moutarde, la foi est assurément le Royaume des cieux et le Royaume des cieux est la foi. Avoir la foi, c’est avoir le Royaume des cieux… C’est pourquoi Pierre, qui avait vraiment la foi, a reçu les clefs du Royaume des cieux pour l’ouvrir également aux autres (Mt 16,19).

    Apprécions maintenant quelle est la portée de la comparaison. Cette graine est à coup sûr une chose commune et simple, mais si on la broie, elle répand sa force. De même la foi semble simple de prime abord, mais foulée par l’adversité, elle répand sa force… Grains de moutarde, nos martyrs Félix, Nabor et Victor : ils avaient le parfum de la foi, mais on les ignorait. La persécution est venue, ils ont déposé les armes, ont tendu le cou et, abattus par le glaive, ont répandu la beauté de leur martyre « jusqu’aux confins de la terre » (Ps 18,5)…

    Mais le Seigneur lui-même est une graine de moutarde : tant qu’il n’avait pas subi d’atteinte, le peuple ne le connaissait pas ; il a choisi d’être broyé…; il a choisi d’être pressé, si bien que Pierre a dit : « Les foules te pressent » (Lc 8,45) ; il a choisi d’être semé, comme le grain « que quelqu’un prend pour le jeter dans son jardin ». Car c’est dans un jardin que le Christ a été arrêté et enseveli ; il a grandi dans ce jardin, il y est même ressuscité… Donc vous aussi, semez le Christ dans votre jardin… Semez le Seigneur Jésus : il est grain quand on l’arrête, arbre quand il ressuscite, arbre ombrageant le monde ; il est grain quand on l’ensevelit en terre, arbre quand il s’élève au ciel.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de Luc, VII, 176-180 ; SC 52 (trad. cf SC p. 74)

     

     

     

  • « Le publicain… n’osait même pas lever les yeux vers le ciel. »

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    Quel est le vase où la grâce se déverse de préférence ? Si la confiance est faite pour recevoir en elle la miséricorde, et la patience pour recueillir la justice, quel récipient pourrons-nous proposer qui soit apte à recevoir la grâce ? Il s’agit d’un baume très pur et il lui faut un vase très solide. Or quoi de plus pur et quoi de plus solide que l’humilité du cœur ? C’est pourquoi Dieu « donne sa grâce aux humbles » (Jc 4,6) ; c’est à juste titre qu’il « a posé son regard sur l’humilité de sa servante » (Lc 1,48). À juste titre parce qu’un cœur humble ne se laisse pas occuper par le mérite humain et que la plénitude de la grâce peut s’y répandre d’autant plus librement…

    Avez-vous observé ce pharisien en prière ? Il n’était ni un voleur, ni injuste, ni adultère. Il ne négligeait pas non plus la pénitence. Il jeûnait deux fois par semaine, il donnait le dixième de tout ce qu’il possédait… Mais il n’était pas vide de lui-même, il ne s’était pas dépouillé lui-même (Ph 2,7), il n’était pas humble, mais au contraire élevé. En effet, il ne s’est pas soucié de savoir ce qui lui manquait encore, mais il s’est exagéré son mérite ; il n’était pas plein, mais enflé. Et il s’en est allé vide pour avoir simulé la plénitude. Le publicain, au contraire, parce qu’il s’est humilié lui-même et qu’il a pris soin de se présenter comme un vase vide, a pu emporter une grâce d’autant plus abondante.

    Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
    3e sermon sur l’Annonciation, 9-10

     

     

     

  • Savoir juger les signes des temps

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    Dans un contexte de pluralisme culturel et religieux plus marqué, tel qu’il est prévisible dans la société du nouveau millénaire, le dialogue interreligieux est important pour assurer les conditions de la paix et éloigner le spectre épouvantable des guerres de religion qui ont ensanglanté tant de périodes de l’histoire humaine. Le nom du Dieu unique doit devenir toujours plus ce qu’il est, un nom de paix et un impératif de paix.

    Mais ce dialogue ne peut pas être fondé sur l’indifférentisme religieux, et nous avons le devoir, nous chrétiens, de le développer en offrant le témoignage plénier de l’espérance qui est en nous (1P 3,15)… Mais notre devoir missionnaire d’annoncer le Christ ne nous empêche pas d’entrer dans le dialogue avec un cœur profondément ouvert à l’écoute. Nous savons en effet que, face au mystère de la grâce infiniment riche de dimensions et d’implications pour la vie et l’histoire de l’homme, l’Église elle-même ne finira jamais d’approfondir sa recherche, en s’appuyant sur l’assistance du Paraclet, l’Esprit de vérité (Jn 14,17), qui doit précisément la conduire à la « plénitude de la vérité » (Jn 16,13).

    Ce principe est à la base non seulement de l’inépuisable approfondissement théologique de la vérité chrétienne, mais aussi du dialogue chrétien avec les philosophies, les cultures, les religions. Souvent, l’Esprit de Dieu, qui « souffle où il veut » (Jn 3,8), suscite dans l’expérience humaine universelle, en dépit des nombreuses contradictions de cette dernière, des signes de sa présence, qui aident les disciples mêmes du Christ à comprendre plus profondément le message dont ils sont porteurs. N’est-ce pas dans cette attitude d’ouverture humble et confiante que le Concile Vatican II s’est attaché à « lire les signes des temps » ? (Gaudium et spes, §4) Tout en se livrant soigneusement à un discernement attentif pour recueillir les « signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu » (§11), l’Église reconnaît que, non seulement elle a donné, mais qu’elle a aussi « reçu de l’histoire et de l’évolution du genre humain » (§44). Le Concile a aussi invité à adopter à l’égard des autres religions cette attitude d’ouverture et en même temps de discernement attentif.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Lettre apostolique Novo millenio ineunte, 6/01/2001, § 55-56 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)